Pessa'him, chapitre 4, michna 4. Cette michna énumère plusieurs sortes de coutumes locales, que certains endroits ont adoptées et d'autres non. La première concerne le sacrifice de Pessa'h.
Manger du rôti les soirs de Pessa'h :
"Makom chenahagou le'echol tsali belilé Pessa'him - okhlin ; makom chenahagou chelo le'echol - én okhlin" - à l'endroit où la coutume est de manger de la viande rôtie les soirs de Pessa'h, il est permis d'en manger ; et à l'endroit où la coutume est de ne pas en manger, on n'en mange pas.
Quelle est la raison de la coutume de ne pas manger de viande rôtie ? Puisque nous ne sommes pas à l'époque du Temple, la chose donne l'impression que l'on mange de la viande du sacrifice de Pessa'h en dehors de Jérusalem et en dehors du Temple, ce qui est bien entendu interdit. Pour éviter cette apparence trompeuse, certains endroits ont adopté la coutume de ne pas manger de viande rôtie le soir de Pessa'h, tandis que d'autres endroits ont adopté la coutume d'en manger.
Allumer la bougie le soir de Yom Kippour :
La michna poursuit et rapporte une autre coutume, celle de Yom Kippour : "Makom chenahagou lehadlik ète haner belilé Yom hakippourim - madlikin ; makom chenahagou chelo lehadlik - én madlikin".
La Guemara explique que les deux coutumes, celle de ceux qui allument une bougie comme celle de ceux qui n'allument pas, visent un même résultat. En effet, les relations conjugales sont interdites le soir de Yom Kippour, et pour s'assurer que l'on n'en vienne pas à cela, les coutumes divergent :
Ceux qui allument : puisqu'une personne n'a pas de relations conjugales dans une pièce éclairée, il se trouve que la lumière elle-même les empêche d'avoir des relations.
Ceux qui n'allument pas : au contraire, la lumière amène l'attirance mutuelle, alors que dans l'obscurité ils ne seront pas attirés l'un vers l'autre, et c'est pourquoi il ne faut pas allumer de bougie.
Bien que les deux coutumes visent un même but, la michna conclut et établit : "Oumadlikin bevaté khenessiote ouvevaté midrachote ouvamvo'ote ha'afélim ve'al gabé ha'holim" - dans les synagogues et les maisons d'étude, dans les ruelles sombres et pour les besoins des malades. En tout lieu de ce genre, où un mari et sa femme ne dorment pas, la crainte n'est absolument pas pertinente, et il n'y existe ni coutume d'allumer ni coutume de ne pas allumer. Selon les deux coutumes également, il est permis d'y allumer une bougie, car aucun couple n'y dort.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris deux coutumes locales : manger du rôti les soirs de Pessa'h, au sujet de laquelle les endroits divergent en raison de l'apparence trompeuse de manger du sacrifice de Pessa'h en dehors de son lieu ; et allumer la bougie le soir de Yom Kippour, dont les deux coutumes visent un même but, éviter un interdit. Et nous avons appris que dans les endroits où il n'y a aucune crainte, comme les synagogues, les maisons d'étude, les ruelles sombres et auprès des malades, on allume selon tous les avis.