Pessa'him, chapitre 4, michna 1. Cette michna traite de l'interdiction d'effectuer un travail la veille de Pessa'h, à l'heure où l'on a l'habitude d'offrir le sacrifice de Pessa'h, à savoir à partir de l'après-midi. Le principe est le suivant : il ne convient pas qu'une personne soit absorbée par son travail à l'heure où elle doit s'occuper d'apporter le sacrifice de Pessa'h, et cela même si quelqu'un l'offre à sa place.
La loi qui dépend de la coutume du lieu :
La question que soulève la michna est de savoir si les Sages ont étendu cette loi à toute la journée, et sa réponse dépend de la coutume : "Makom chenahagou laassot melakha bearvei fessa'him ad 'hatsot - ossin ; makom chenahagou chelo laassot - ein ossin" - dans un lieu où l'on a coutume d'effectuer un travail la veille de Pessa'h jusqu'à midi, on en effectue ; dans un lieu où l'on a coutume de ne pas en effectuer, on n'en effectue pas. Dans un lieu où l'on a coutume d'effectuer un travail la veille de Pessa'h jusqu'à midi, chacun est autorisé à le faire ; et dans un lieu où l'on a coutume de ne pas travailler, on ne doit pas le faire, mais il faut se conformer à la coutume du lieu. La règle générale est la suivante : chacun agit selon la coutume de son lieu.
Celui qui se déplace d'un lieu à un autre :
De là, la michna soulève une autre question : quel est le statut de celui qui change de lieu ? Qu'il soit allé d'un lieu où l'on travaille la veille de Pessa'h au matin vers un lieu où l'on ne travaille pas, ou qu'il soit allé d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille, on lui impose les rigueurs des deux lieux : les rigueurs du lieu qu'il a quitté et les rigueurs du lieu où il s'est rendu.
La michna conclut qu'"al yechanè adam" - qu'une personne ne s'écarte pas de la coutume du lieu où elle se trouve, car il ne faut pas que cela mène à une dispute, du fait qu'elle n'agit pas selon la coutume de cette région.
Le désaccord entre Abayé et Rava dans l'explication de la fin de la michna :
Dans la Guemara, Abayé et Rava sont en désaccord sur la compréhension de la finalité de cette dernière phrase :
Selon Abayé : les propos se rapportent à celui qui est allé d'un lieu où l'on travaille vers un lieu où l'on ne travaille pas. On vient lui dire : ne t'écarte pas de la coutume du lieu où tu es arrivé, et n'y effectue pas de travail, car on n'y travaille pas, sinon cela mènerait à une dispute. Mais celui qui va d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille conserve la rigueur du lieu d'où il vient et n'effectue pas de travail.
Selon Rava : la dernière phrase traite précisément de celui qui est allé d'un lieu où l'on ne travaille pas vers un lieu où l'on travaille, et vient nous enseigner que, bien qu'il se trouve à présent dans un lieu dont la coutume est de travailler et qu'il ne travaille pas, il n'a pas à s'inquiéter. En effet, toute la finalité de cette loi est de ne pas provoquer de dispute, et son abstention de travail n'est ni un signe ni une cause de dispute, car de nombreuses personnes n'ont pas de travail et n'ont rien à faire. Il en ressort que le fait de ne pas travailler ne témoigne en rien qu'il s'oppose à la coutume du lieu.
Une remarque importante concernant cette michna : toute cette loi, selon laquelle il doit conserver la coutume du lieu d'où il vient, n'a été énoncée que lorsqu'il a l'intention d'y retourner. En revanche, s'il s'est installé dans le nouveau lieu de façon définitive, il agit entièrement selon la coutume de ce nouveau lieu où il se trouve.