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Pessahim Chapitre 10, Michna 8: On ne conclut pas le sacrifice pascal par un afikomane

Pessa'him, chapitre dix, michna 8. La michna avance vers la fin de la Haggada et du déroulement de la nuit, et énonce : "veéin maftirine a'har hapessa'h afikomane".

"éin maftirine a'har hapessa'h afikomane" :

Il ne faut pas terminer la consommation du sacrifice pascal par un afikomane, c'est à dire par un dessert de quelque sorte que ce soit, qui ôte de la bouche le goût du sacrifice. Dans la guemara, les avis divergent sur la question de savoir si cette règle s'applique aussi à la matsa mangée de nos jours à la place du sacrifice pascal, appelée elle aussi 'afikomane'. La halakha tranche selon l'avis selon lequel, même après avoir mangé l'afikomane, on ne consomme plus rien : il est permis de boire de l'eau, mais nous voulons que le goût de la matsa demeure dans la bouche, tout comme on voulait qu'y demeure le goût du sacrifice pascal.

Un groupe qui s'endort au milieu du repas :

La suite de la michna suit l'opinion de Rabbi Yehouda, selon laquelle un même groupe ne mange pas le sacrifice pascal en deux endroits. De là la question dont traite la michna : quelle est la règle lorsque les membres du groupe se sont endormis au milieu du repas ? Le sommeil est-il considéré comme un passage vers un autre endroit ?

  • "yachnou miktsatane - yokhelou" - si seule une partie des membres du groupe s'est endormie, à leur réveil ils peuvent reprendre et continuer à manger, car les autres membres du groupe n'ont pas détourné leur pensée du fait de participer à la consommation de ce sacrifice pascal.

  • "koulane - lo yokhelou" - si tous les membres du groupe se sont endormis, ils ne mangent plus, car c'est comme si l'on recommençait à nouveau dans un autre endroit.

L'avis de Rabbi Yossé :

Rabbi Yossé nuance et énonce : "nitnamnemou - yokhelou, nirdemou - lo yokhelou". La guemara définit 'nitnamnem' comme celui qui n'est pas plongé dans un sommeil profond : si on l'appelle par son nom, il est capable de répondre. Concernant la compréhension de la nuance de Rabbi Yossé, deux explications ont été proposées :

  1. Rabbi Yossé est plus rigoureux : la règle énoncée pour une partie du groupe, à savoir qu'ils peuvent reprendre et manger, ne vaut que lorsqu'ils ont somnolé. Mais s'ils sont tombés dans un sommeil profond, même à leur réveil ils ne pourront pas continuer à manger, et cela même si les autres ne se sont pas endormis.

  2. Rabbi Yossé est plus indulgent : ce qui a été dit, à savoir que si tous se sont endormis ils ne continuent pas à manger, ne vaut que lorsqu'ils se sont endormis d'un sommeil complet. Mais s'ils n'ont que légèrement somnolé, même si le groupe entier a fait ainsi, ils peuvent continuer à manger.