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Péa Chapitre 8, Michna 7: La Koupa et le Tam'houy

Péah, chapitre 8, michna 7. Pour comprendre cette michna, il nous faut préciser au préalable que depuis l'époque de nos Sages, deux types de caisses avaient cours en Israël au bénéfice des pauvres :

  • La Koupa : la caisse de tsedaka était destinée aux pauvres de la ville, à ceux qui y résidaient de manière permanente. La Koupa subvenait à leurs besoins hebdomadaires, et chacun en recevait la somme qui lui convenait, suffisante pour la semaine en cours. La distribution se faisait chaque veille de Chabbat.

  • Le Tam'houy : un plat de collecte de denrées alimentaires et d'argent, avec lequel on passait chaque matin entre les maisons de la ville pour recueillir nourriture et argent. Le Tam'houy était destiné aux pauvres itinérants qui passaient de ville en ville et séjournaient sur place de manière seulement temporaire, et il subvenait donc uniquement à leurs besoins quotidiens.

La mesure du don au pauvre qui passe d'un endroit à l'autre :

La michna commence par dire : "Ein poh'atin le'ani ha'over mimakom lemakom mikikar bepoundion mearba séin bessela" - au pauvre qui erre d'un endroit à l'autre, on ne donne pas moins qu'une miche de pain vendue pour un poundion, à l'époque où quatre séa de blé se vendent pour un séla.

Sans entrer dans le détail des calculs, il suffit de dire que cette mesure représente une miche de pain d'un quart de kav, soit la mesure de six œufs, ce qui correspond à la quantité habituelle de deux repas. Il apparaît donc qu'on donne à chaque pauvre une miche suffisante pour ses besoins quotidiens : deux repas par jour.

  • "Lan - notnin lo parnassat lina" - si le pauvre reste passer la nuit sur place, on lui donne ce qu'il faut pour dormir : un lit et la literie qui l'accompagne.

  • "Chabbat - notnin lo mazon chaloch séoudot" - s'il séjourne sur place durant Chabbat, on lui donne de quoi faire trois repas, selon le nombre des repas de Chabbat.

Qui ne prend ni du Tam'houy ni de la Koupa :

  • "Mi cheyèch lo mazon chté séoudot - lo yitol min hatam'houy" - le Tam'houy est destiné à celui qui n'a rien à manger, même pour ce jour-là ; c'est pourquoi celui qui possède de quoi faire deux repas, qui sont les besoins de ce jour, n'en prend pas.

  • "Mi cheyèch lo mazon arba essré séoudot - lo yitol min hakoupa" - celui qui a en main de quoi subvenir à toute la semaine ne doit pas prendre non plus la somme hebdomadaire distribuée par la Koupa, car il possède déjà une quantité suffisante pour cette semaine.

On peut se demander : pourquoi quatorze repas seulement ? On aurait dû, semble-t-il, en compter quinze, à cause des trois repas de Chabbat. Mais on ne compte pas le repas du soir à la sortie de Chabbat, car il est couvert par la séouda chelichit, et il apparaît donc qu'il n'y a effectivement dans la semaine que quatorze repas.

Le mode de collecte et de distribution :

La Koupa, qui fonctionne sur une base hebdomadaire, est collectée par deux personnes, deux gabaïm. Le mot 'gabaïm' vient du terme signifiant collecte et rassemblement, et son sens originel est celui de collecteurs. La raison pour laquelle deux personnes collectent est qu'on ne confie aucune fonction touchant au public et à la communauté qu'à deux personnes au minimum, par respect pour le public.

En revanche, la distribution aux pauvres se fait à trois, car la répartition de la tsedaka et la décision de savoir qui reçoit et ce qu'il reçoit sont considérées comme des questions de dinei mamonot (droit patrimonial), qui requièrent trois juges. Les trois responsables de la répartition doivent statuer sur les situations particulières de chaque pauvre, et leur nombre correspond donc à celui d'un beit din.

Telle est la loi de la Koupa. Le Tam'houy, en revanche, est collecté à trois et distribué à trois. La raison en est que, puisque le Tam'houy fonctionne sur une base quotidienne, la répartition et le don se faisaient immédiatement après la collecte ; c'est pourquoi on laissait ces trois mêmes personnes pour les deux fonctions.

Le Rambam explique une raison supplémentaire pour laquelle le Tam'houy est collecté à trois : la détermination de la somme que chacun donne au Tam'houy n'est pas une somme fixe, et elle requiert donc une détermination continue. C'est pourquoi trois personnes sont nécessaires pour servir de trois juges afin de fixer combien chacun doit donner, contrairement à la Koupa, où la somme est fixée à l'avance.

En résumé : dans cette michna, nous avons appris les deux institutions de tsedaka de la ville : la Koupa hebdomadaire pour les pauvres de l'endroit et le Tam'houy quotidien pour les pauvres qui passent d'un endroit à l'autre ; la mesure du don au pauvre qui passe d'un endroit à l'autre, à celui qui y dort et à celui qui y séjourne durant Chabbat ; la quantité en possession d'une personne qui la dispense de prendre du Tam'houy (de quoi faire deux repas) et de la Koupa (de quoi faire quatorze repas) ; et le mode de collecte et de distribution : la Koupa est collectée à deux et distribuée à trois, tandis que le Tam'houy est collecté et distribué à trois.