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Péa Chapitre 8, Michna 5: les mesures du maasser des pauvres

Péa chapitre 8, michna 5. La plupart des dons destinés aux pauvres sont ramassés par les pauvres eux-mêmes dans le champ : la péa, le lékèt, la chikh'ha, le pérèt, les ollélot et autres. En revanche, le maasser des pauvres est distribué et donné par la main du propriétaire, car il s'agit d'une part qu'il prélève de sa propre récolte. Le Rambam écrit que le propriétaire donne à chaque pauvre qui se présente à lui de quoi le rassasier, c'est à dire une quantité suffisante pour combler son besoin, comme il est dit à propos du maasser des pauvres : "Veakhlou bicheareikha vesavéou" - qu'ils puissent manger dans tes portes et être rassasiés. La question est de savoir quelle est la mesure de ce "de quoi le rassasier", et c'est ce dont traite notre michna pour chaque produit.

Les mesures du don à l'aire de battage :

La michna commence : "Ein poh'atin laaniyim bagorèn" - on ne donne pas aux pauvres qui viennent à l'aire de battage moins que les mesures suivantes :

  • "Meh'atsi kav h'itim" - on ne donne pas au pauvre moins d'un demi kav de blé.

  • "Vekav seorim" - le double du blé. Rabbi Meïr dit : "H'atsi kav" - pour l'orge aussi la mesure est d'un demi kav, exactement comme pour le blé.

  • "Kav vah'atsi koussmin" - un kav et demi d'épeautre.

  • "Vekav gerogarot" - lorsqu'il s'agit de figues sèches, on lui donne un kav.

  • "O manè develah" - les figues pressées ne se donnent pas selon leur volume mais selon leur poids, et leur mesure est un mané, qui est le poids de cent dinars. Rabbi Akiva dit : la moitié de cette quantité, un demi mané de figues pressées.

  • "H'atsi log yayin" - combien de vin lui donne-t-on ? Un demi log. Rabbi Akiva dit qu'on lui donne la moitié de cela : un réviit, un quart de log de vin, et c'est là la mesure qui le rassasie.

  • "Réviit chémen" - selon le tana kama, un quart de log d'huile. Rabbi Akiva dit : un huitième de cela.

  • "Ouchear kol hapérot" - pour tous les fruits qui n'ont pas été énumérés ci dessus, Abba Chaoul a dit : "Kedei cheyimkerèm veyikah' bahèm mazon chtei séoudot" - qu'on lui donne une quantité qu'il puisse vendre et acheter avec son prix de quoi faire deux repas.

Entre l'aire de battage et la ville :

Toutefois, expliquent les commentateurs, ces règles ne s'appliquent que lorsque le pauvre sort vers l'aire de battage, vers la zone de battage du champ, et se donne la peine de faire tout ce chemin : alors le propriétaire est tenu de lui donner selon ces mesures. Mais en ville même, quand le pauvre vient à la porte de sa maison, le propriétaire peut lui donner à sa guise, même l'équivalent d'un kazayit seulement. La raison en est la suivante : en ville, de nombreuses personnes lui donnent, et il peut additionner les dons de tous pour arriver à une grande quantité ; tandis que dans le champ, il s'est déplacé spécialement vers le champ de celui ci, et c'est pourquoi il incombe à ce dernier de lui donner de quoi le rassasier.