Chapitre 6, michna 4. Dans la michna précédente, nous avons traité des cas des débuts de rangées et de la gerbe que l'on avait saisie pour la transporter et que l'on a oubliée. Notre michna, selon l'explication du Rav, vient élargir la compréhension de ces deux cas.
"Veèlou hen rachei chourot" :
La michna définit ce que sont ces débuts de rangées dont il a été dit dans la michna précédente qu'ils ne sont pas considérés comme un oubli : "Chenayim chehit'hilou meèmtsa hachoura" - deux personnes qui commencent à ramasser les gerbes de blé depuis le milieu de la rangée, l'une se tournant vers le nord et l'autre vers le sud, car dans le champ il y a des rangées allant du nord au sud et des rangées allant d'est en ouest. "Vechake'hou lifneihem oule'a'hareihem" - ils ont oublié des gerbes tant dans la direction de leur marche qu'au point d'où ils sont partis, qui se trouve derrière le dos de chacun des deux.
"Chelifneihem - chekha" : une gerbe oubliée dans la direction de la marche de chacun d'eux, après qu'il l'a dépassée au cours de sa marche, est considérée comme un oubli.
"Vechele'a'hareihem - eino chekha" : la gerbe restée derrière les deux, à l'endroit d'où ils ont commencé, n'est pas considérée comme un oubli.
Le Rav et les Tossafot en expliquent la raison : puisque cette gerbe est posée entre les deux, chacun compte sur son compagnon pour la prendre. Or il n'y a de loi d'oubli que lorsque la personne oublie par elle-même ; mais lorsque l'oubli provient de l'association avec autrui, ce n'est pas un oubli. C'est pourquoi celle qui se trouve derrière les deux n'est pas un oubli, tandis que celles qu'ils ont dépassées dans leur marche sont considérées comme un oubli.
Une personne seule qui a commencé au début de la rangée :
Selon la compréhension du Rav, la suite de la michna élargit la loi de "la gerbe que l'on a saisie pour la transporter" énoncée dans la michna précédente. Il s'agit à présent d'une personne seule qui commence à ramasser les gerbes depuis le début de la rangée, "vechakha' lefanav oule'a'harav" - "derrière lui" désigne des gerbes qu'il a déjà dépassées, et "devant lui" désigne des gerbes qu'il n'a pas encore atteintes, et il s'en va en les laissant.
"Chelefanav - eino chekha" : la gerbe qu'il n'a pas encore atteinte n'est pas considérée comme un oubli, puisqu'il ne l'a pas dépassée.
"Vechele'a'harav - chekha" : la gerbe qu'il a déjà dépassée est considérée comme un oubli, "mipnei chehou bebal tachouv" - l'interdiction de la Torah s'applique à elle, celle de ne pas revenir prendre ce que l'on a oublié.
Une raison supplémentaire pour laquelle la gerbe qui est devant lui n'est pas un oubli : elle répond au critère de "la gerbe que l'on a saisie pour la transporter" de la michna précédente. Comme cela a été expliqué, puisque dans le champ il y a des rangées allant du nord au sud et des rangées allant d'est en ouest, celui qui va du nord au sud et laisse de côté une gerbe encore devant lui a peut-être l'intention de la ramasser ensuite, dans sa marche depuis l'autre direction, d'est en ouest. C'est pourquoi cette gerbe n'est pas touchée par l'oubli, puisqu'elle est destinée à être ramassée.
"Zé haklal" :
La michna conclut par une règle : "Kol chehou bebal tachouv - chekha" - toute gerbe oubliée à laquelle peut s'appliquer le verset "lo tachouv leka'hto" (tu ne reviendras pas la prendre) est considérée comme un oubli. "Vecheeino bebal tachouv - eino chekha" - une gerbe à laquelle ne s'applique pas le "lo tachouv", parce qu'il ne l'a pas encore atteinte et que l'on peut dire qu'il est destiné à la ramasser depuis une autre direction, n'est pas considérée comme un oubli.