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Péa Chapitre 1, Michna 3: donner la péa depuis le début du champ ou depuis son milieu

La troisième Michna du traité Péa traite de l'endroit où l'on donne la péa dans le champ. On conçoit généralement la péa comme quelque chose que l'on laisse à la fin du champ, sur ses bords ou dans son coin, car l'expression de la Torah "lo te'khalé peat sadékha" semble faire allusion à la fin du champ. Vient alors la Michna nous enseigner que l'on peut donner la péa dès le tout début du champ, dès l'instant où l'on commence à moissonner, et même depuis son milieu.

La position de Rabbi Chimon :

Rabbi Chimon ajoute une condition : cela n'est valable qu'à condition qu'à la fin du champ on laisse la quantité requise, un soixantième. Sur la compréhension de ses propos, deux opinions ont été exprimées :

  1. Un soixantième de l'ensemble du champ.

  2. Un soixantième en y ajoutant la péa déjà donnée au début du champ ou en son milieu.

Quel est donc l'intérêt de donner la péa au début ou au milieu ?

Selon l'opinion qui additionne les deux dons l'un à l'autre, l'avantage se comprend. Mais selon la première opinion, d'après laquelle il doit donner à la fin un soixantième de l'ensemble du champ, le don précédent ne semble d'aucune utilité : car s'il a donné à la fin la quantité requise, pourquoi la première part serait-elle également considérée comme péa ?

La différence concerne l'obligation des Teroumot et des Maasserot : ce qui a le statut de péa est exempt du Maasser, et il n'est pas nécessaire d'en prélever les Teroumot et les Maasserot, tandis que ce qui n'est pas considéré comme péa y est soumis. C'est pourquoi Rabbi Chimon dit : s'il a donné à la fin du champ la quantité valable, alors même ce qu'il a donné comme péa auparavant conserve son statut halakhique de péa, et il n'y a pas sur cela d'obligation de Teroumot et de Maasserot.

La position de Rabbi Yehouda :

Rabbi Yehouda propose un autre point de vue : s'il a laissé à la fin du champ au moins une tige, il peut s'appuyer sur elle et donner le reste de la péa au début du champ ou en son milieu. De cette manière, le principe selon lequel la péa se donne à la fin est respecté, et pourtant il n'est pas obligé d'y donner toute la quantité, mais il a le droit de la donner au début ou au milieu, à condition que ce soit encore attaché, et qu'il reste à la fin du champ ne serait-ce qu'une seule tige.

"vé'im lav - éno notèn éla michoum hefker" :

S'il n'est pas resté à la fin du champ ne serait-ce qu'une seule tige, son don n'est pas considéré comme péa. Celui qui veut s'exempter du Maasser ne pourra le faire que s'il donne la récolte aux pauvres au titre de hefker (bien sans propriétaire) : il déclare qu'elle n'a pas de propriétaire, et tout ce qui est hefker n'est pas soumis aux Teroumot et aux Maasserot. De cette façon, il donne aux pauvres sous la définition de hefker.

Quelle est donc la différence entre le hefker et la péa ?

  • Le point commun : tous deux sont exempts du Maasser, et tous deux peuvent être donnés aux pauvres.

  • La différence : ce qui est simplement hefker est permis même à celui qui n'est pas pauvre, au riche, qui n'a pas le droit de prendre la péa mais a le droit de prendre le hefker ; tandis que ce qui a le statut de péa n'est permis qu'aux pauvres uniquement.