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Péa Chapitre 2, Michna 3: Ce qui sépare les parties d'un champ pour la péa

Péa, chapitre 2, michna 3. Les deux michnayot précédentes ont énuméré différents éléments considérés comme une séparation entre deux parties d'un champ, capables de transformer ces deux parties en deux champs distincts pour ce qui concerne la Péa. Notre michna s'ouvre par une règle générale :

"Hakol mafsik lezéra'im" -

Tous les éléments énumérés dans les deux michnayot précédentes servent de séparation et de division pour les zéra'im, c'est à dire les végétaux qui poussent dans le champ. Dans un champ où pousse du blé, ou diverses espèces de légumes et autres semblables, ces éléments constituent une séparation et transforment ses deux parties en deux champs distincts pour ce qui concerne la Péa.

"Véén mafsik la'ilan éla gader" -

En revanche, lorsqu'il s'agit d'un verger - lorsqu'il y a des arbres dans le champ et qu'il est obligatoire de donner la Péa aussi sur les fruits des arbres - rien ne constitue une séparation, hormis une clôture. Il faut une clôture réelle qui les sépare, et tout ce qui est moindre n'est pas considéré comme une séparation, l'ensemble étant traité comme un seul verger et un seul champ. Même si un cours d'eau y coule, ou qu'un chemin privé ou un chemin public y passe, aucun des éléments énumérés précédemment n'est considéré comme une séparation, et l'ensemble constitue un seul verger pour ce qui concerne la Péa, à moins qu'il n'existe une clôture réelle.

"Véim haya sé'ar kochéch - éno mafsik, éla notnin péa lakol" -

'Sé'ar' signifie en général chevelure, mais dans ce contexte il désigne les branches qui s'entrelacent et retombent par dessus la clôture. Dans un tel cas, la clôture elle même n'est pas non plus considérée comme une séparation, et il est obligatoire de donner la Péa sur l'ensemble du verger : même la partie située de l'autre côté de la clôture est considérée comme un seul champ, et on ne doit donner qu'une seule Péa pour ce champ, et non deux Péa distinctes.

Ajout du Yerouchalmi :

Le Yerouchalmi remarque que l'expression "Hakol mafsik lezéra'im" est une formulation d'inclusion, qui vient inclure un élément qui n'a pas été mentionné dans les michnayot précédentes pour ce qui concerne les zéra'im : un rocher qui traverse le champ. Si le laboureur est contraint de soulever la charrue pour passer par dessus le rocher et ne pouvait pas labourer à travers, le rocher est considéré comme une séparation pour ce qui concerne les zéra'im.

En résumé : dans cette michna, nous avons appris que tous les éléments énumérés ci dessus constituent une séparation pour les zéra'im, tandis que pour les arbres il n'y a de séparation qu'une clôture réelle ; et même cette clôture perd sa valeur de séparation lorsque des branches retombent par dessus, et l'on donne alors une seule Péa pour l'ensemble. Nous avons également appris du Yerouchalmi que le terme "Hakol" inclut aussi un rocher que la charrue ne peut pas franchir.