Nedarim, chapitre 4, michna 8. Cette michna est la suite directe de la michna précédente, dans laquelle nous avons appris comment une personne soumise à un voeu lui interdisant de tirer profit d'un individu déterminé peut malgré tout recevoir de lui un bénéfice de manière indirecte, par l'intermédiaire d'un tiers. Notre michna vient traiter du cas où cette voie indirecte n'est pas possible : que faire lorsqu'aucun tiers n'est disponible ?
Rappel de la michna précédente :
Deux hommes cheminaient ensemble sur la route, et l'un d'eux avait l'interdiction de tirer profit de son compagnon. Réouven a l'interdiction de tirer profit de Chimon, et Réouven n'a rien à manger. Lorsqu'un troisième homme, Lévi, se trouve avec eux, Chimon peut donner la nourriture à Lévi en cadeau, et Réouven est autorisé à la recevoir de Lévi.
Le cas de notre michna - lorsqu'il n'y a pas de tiers :
Quelle est la loi lorsqu'il n'y a personne d'autre avec eux, mais seulement eux deux ? La michna indique un ordre d'actions :
Chimon pose la nourriture sur une étagère ou sur une clôture.
Il la déclare "hefker lekhol mi cherotsé" - abandonnée à quiconque le souhaite.
Réouven vient, prend la nourriture et la mange.
Cette autorisation est accordée en raison des circonstances difficiles dans lesquelles se trouve Réouven, et tant que Chimon ne lui donne pas la nourriture directement de main à main.
Cependant, la michna se termine par un avis divergent : Rabbi Yossi interdit, car il voit là une réception de bénéfice trop directe.
En résumé : la michna enseigne que lorsqu'il n'y a pas de tiers par l'intermédiaire duquel la nourriture pourrait être transmise, on peut recourir au hefker (l'abandon) : poser la nourriture sur une étagère ou sur une clôture et la déclarer abandonnée à tous, à condition qu'il n'y ait pas de don direct. Rabbi Yossi diverge et interdit, car selon lui il y a encore ici un bénéfice trop direct.