Nedarim, chapitre 2, michna 5. Dans la michna précédente, nous avons appris la règle "setam nedarim lehachmir oufeiroucham lehakel" : lorsqu'une personne fait un vœu et compare son vœu à une chose que l'on peut interpréter de deux façons, soit comme un objet voué, interdit par un vœu, auquel cas la chose à laquelle on le compare devient elle aussi interdite, soit comme une chose déjà interdite par la Torah, auquel cas le vœu n'a aucune validité, on suit dans le cas indéterminé l'aspect le plus rigoureux, et la chose est considérée comme interdite. Cependant, lorsque celui qui fait le vœu précise lui-même ce à quoi il pensait, on ne suit plus le cas indéterminé mais son explication, même si cette explication conduit à une indulgence.
Notre michna apporte des exemples de cette règle :
"nadar becherem, veamar : lo nadarti ela becherem chel yam" - un cherem ordinaire désigne un cherem consacré au Ciel, qui est un objet voué, et en cela il faut être rigoureux. Mais celui qui fait le vœu précise qu'il ne pensait pas à un cherem ayant un statut halakhique, mais à un 'cherem' qui est un filet de pêcheurs.
"bekorban, veamar : lo nadarti ela bekorbanot chel melakhim" - son intention n'est pas de désigner un sacrifice offert sur l'autel, mais les présents que l'on offre aux rois, qui n'ont aucun rapport avec une chose interdite.
"harei atsmi korban, veamar : lo nadarti ela beetsem chehinachti li lihyot noder bo" - a priori, il s'est interdit lui-même à son prochain comme un sacrifice, et son prochain n'a pas le droit d'en tirer profit. Mais il précise qu'il ne pensait pas à son propre corps, mais à un os (etsem) qu'il avait mis de côté à l'avance afin de faire un vœu sur lui, de sorte que ses paroles ressemblent à un vœu alors qu'en réalité il n'y a ici aucun vœu sur lui-même.
"konam ichti neheneit li, veamar : lo nadarti ela beichti harichona chegueirachti" - son intention ne concerne pas sa femme actuelle, mais sa première femme qu'il a déjà divorcée.
Dans tous ces cas, "al koulan ein nichalin lahem" - celui qui fait le vœu n'a pas besoin de demander l'annulation de son vœu ni de solliciter un Sage pour qu'il le lui délie, car comme nous l'avons appris "feiroucham lehakel", et sa propre explication suffit à permettre la chose.
Et quelle est la loi s'il vient malgré tout demander l'annulation de son vœu ?
Si cette personne, qui a expliqué ses paroles dès le départ, vient malgré tout auprès des Sages et demande : "J'ai fait tel vœu, mais voici ce à quoi je pensais" - il s'agit alors de quelqu'un qui n'est pas suffisamment versé et qui risque d'agir avec négligence. C'est pourquoi "veim nichalou, onchin otan oumachmirin aleihen".
Et quelle est la punition ? S'ils se sont montrés indulgents envers eux-mêmes et n'ont pas observé l'interdit dans cette chose, on les oblige à l'observer comme interdit pendant la même durée, disons vingt jours, durant laquelle ils se l'étaient permis. De même "machmirin aleihen", en ce sens qu'on ne se montre pas indulgent envers eux pour délier facilement leur vœu.
"divrei rabbi Meir" - telle est l'opinion de Rabbi Meir, qui estime que l'on ne fait pas entièrement confiance aux gens du peuple (ammei haaretz), qui ne sont pas versés dans la halakha, quant aux explications qu'ils donnent à leurs paroles. Il faut donc se montrer rigoureux avec eux, afin qu'ils ne prennent pas l'habitude de tels vœux.
L'opinion des Sages :
"vachakhamim omrim : potchin lahem petach mimakom acher" - les Sages n'acceptent pas sa prétention comme un fait établi. Il affirme certes qu'il n'y a pas ici de vœu, puisqu'il pensait non pas à sa femme actuelle mais à la femme précédente, mais les Sages supposent qu'il s'agissait d'un vœu valide, et ils cherchent un motif et une ouverture autre pour l'annuler : s'il avait su combien la chose serait difficile, il n'aurait pas fait ce vœu. Autrement dit, on procède avec lui à une véritable annulation de vœu.
"oumelamdin otan" - Rachi explique qu'il ne s'agit pas seulement d'enseignement, mais d'un véritable reproche. Et la raison en est "kedei chelo yinhagou kalout roch benedarim" - afin qu'ils ne prennent pas les vœux à la légère, mais qu'ils les considèrent avec sérieux et comprennent qu'il faut faire très attention aux déclarations qui sortent de la bouche.