Nedarim, chapitre 11, michna 12 - la dernière michna du traité Nedarim. A priori son sujet n'est pas lié au thème du traité, mais elle est enseignée ici parce que l'un des cas qu'elle présente concerne un voeu entre un homme et sa femme.
La michna commence : "Baricho'na hayou omrim chaloch nachim yotsot venotlot ketouba" - au début, les Sages avaient établi trois cas dans lesquels la femme a le droit de réclamer le divorce et de percevoir sa ketouba sur la seule base de sa déclaration. Comme nous le verrons dans la suite de la michna, cette règle a finalement changé.
Les trois femmes et leurs déclarations :
"Ha'omeret temea ani lecha" - l'épouse d'un kohen qui affirme avoir été violée par un autre homme. La règle est qu'une femme violée est interdite à son mari kohen, car toute relation avec un autre homme la lui interdit, et il ne peut plus vivre avec elle. Ils doivent donc divorcer, et puisque cela s'est produit alors qu'elle était sous sa responsabilité, nos Sages emploient l'expression "nistaHafa sadéhou" - comme si le champ du mari avait été inondé. C'est un cas de force majeure qui lui est arrivé, et donc la responsabilité financière lui incombe et il est tenu de payer la ketouba.
"Chamayim beni levinech" - une formulation pudique pour désigner un problème connu d'eux seuls : le mari est physiquement incapable d'avoir des relations conjugales avec elle, et ils ne peuvent avoir d'enfants. Elle sous-entend ainsi que seul Celui qui siège dans les cieux connaît le problème qui existe entre eux. Certains expliquent que cela renvoie à la distance : comme l'écart entre le ciel et la terre, ils sont éloignés l'un de l'autre sur le plan physique. Par cette déclaration, elle a le droit de réclamer le divorce et de percevoir sa ketouba.
"Netoula ani min hayehoudim" - une expression signifiant qu'elle s'est interdite par voeu d'avoir des relations conjugales avec tout juif, y compris son mari. On suppose qu'elle a formulé un tel voeu parce que cela lui est très difficile sur le plan physique, et elle se trouve donc dans la situation d'une femme contrainte - une femme qui s'abstient de relations malgré elle et n'a pas le choix. Elle peut donc réclamer le divorce et percevoir sa ketouba.
Au début donc, les Sages accordaient créance à chacune de ces femmes dans sa déclaration, car elles étaient prêtes à dire une chose qu'il leur est difficile et désagréable de dire sur elles-mêmes et sur leur situation. Puisqu'on leur accordait créance, elles pouvaient percevoir leur ketouba.
Les Sages se sont rétractés :
Par la suite, nos Sages ont établi qu'il ne faut pas accorder créance à la femme sur la seule base de ces déclarations, et la raison en est : "chelo tehe icha noténet éneha be'aHer oumkalkelet al ba'ala" - de peur qu'elle ne jette son regard sur un autre homme et ne veuille l'épouser, et qu'elle ne trouve un moyen de sortir du mariage avec sa ketouba intacte en main. En raison de cette crainte, nous ne lui accordons pas créance que ses propos sont vrais.
La règle pratique dans les trois cas :
"Ha'omeret temea ani lecha" - elle doit apporter une preuve de ses propos. Sa seule affirmation ne suffit pas pour lui accorder créance, et nous ne la croyons pas quant au fait qu'elle serait devenue interdite à son mari.
"Chamayim beni levinech" - "ya'assou derech bakacha". Les Sages s'efforcent de concilier les deux et d'examiner s'il est possible de les ramener l'un vers l'autre.
"Netoula ani min hayehoudim" - "yafer Helko". Le mari annule sa part du voeu, c'est-à-dire ce qui le concerne, et désormais ils sont autorisés l'un à l'autre, "outhe mechamachto". Mais "outhe netoula min hayehoudim" - elle reste interdite à tout autre juif, car l'annulation du mari ne porte que sur ce qui existe entre lui et elle, et le reste du voeu demeure en vigueur.
Nous avons ainsi achevé l'étude du traité Nedarim. J'espère que vous nous rejoindrez pour le prochain traité, le traité Nazir.