Nedarim, chapitre 10, michna 3. Avant d'aborder l'étude de la michna, il convient d'introduire un fait fondamental sans lequel ses propos ne pourront être compris : la différence entre le mari et le fiancé quant au pouvoir d'annulation.
Le mari : une fois le mariage accompli - la seconde étape qui suit les fiançailles - il peut annuler les voeux de sa femme, mais il ne peut annuler "les antérieurs", c'est à dire les voeux qu'elle a prononcés auparavant.
Le fiancé : tant qu'il n'y a eu que les fiançailles seules, il peut annuler même "les antérieurs" - même les voeux qui ont précédé les fiançailles, comme nous l'enseigne notre michna.
Texte de la michna :
"nadera vehi aroussa" - elle a prononcé un voeu alors qu'elle était fiancée.
"nitgarcha bo bayom" - elle a divorcé de lui ce même jour.
"nitarssa bo bayom" - et elle s'est fiancée à un autre homme ce jour même.
"afilou lemeah" - et même à cent hommes différents, théoriquement.
"aviha oubaala haaharon mefirin nedareha" - son père et son dernier mari, bien qu'il soit le dernier de tous, annulent ensemble ses voeux, et même les voeux qu'elle a prononcés auparavant lors des fiançailles précédentes. Et la raison, comme il a été dit : le fiancé, avec le père, annule même les antérieurs.
"ze haklal" :
La michna conclut par une règle générale : "kol chelo yatsat lirchout atsma chaa ahat" - tant que la fille n'est pas sortie de son propre chef ne serait ce qu'un instant, c'est à dire qu'elle n'est pas complètement sortie de l'autorité de son père. La sortie de son propre chef se fait de deux manières : lorsqu'elle atteint sa majorité, ou par le mariage. Et tant qu'elle n'en est pas sortie, même si elle s'est fiancée à plusieurs reprises - "aviha oubaala haaharon mefirin nedareha" : son père et son mari actuel annulent ensemble ses voeux.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris la différence entre le mari et le fiancé - que le mari n'annule pas les voeux antérieurs alors que le fiancé annule même les antérieurs. De là qu'une femme qui a prononcé un voeu alors qu'elle était fiancée, a divorcé puis s'est fiancée de nouveau le même jour, et même à cent hommes, son père et son dernier mari annulent ses voeux. Et telle est la règle : tant qu'elle n'est pas sortie de son propre chef ne serait ce qu'un instant - que ce soit par la majorité ou par le mariage - son père et son dernier mari annulent ses voeux.