Nazir, chapitre 6, michna 5. Cette michna compare les trois interdits auxquels le nazir est soumis, et enseigne dans quels aspects chacun d'eux est plus rigoureux ou plus léger que les autres.
"Chelocha minim assourim banazir" - Trois catégories sont interdites au nazir :
"Hatoum'a" - ne pas se rendre impur au contact d'un mort.
"Vehatiglachat" - ne pas raser ses cheveux.
"Vehayotsé min hagefen" - ne pas manger ni boire quoi que ce soit qui provienne de la vigne du raisin.
"Chomer betoum'a ouvetiglachat mibeyotsé min hagefen" - En quoi l'impureté et le rasage sont plus rigoureux que ce qui provient de la vigne :
La raison de cette rigueur est "chehatoum'a vehatiglachat sotrim" - celui qui transgresse l'un de ces deux interdits annule sa nezirout et ses conditions. Celui qui entre en contact avec un mort perd tous les jours de sa nezirout (tout dépend du type d'impureté), et celui qui rase ses cheveux doit les faire repousser trente jours à nouveau. En revanche, "vehayotsé min hagefen eino soter" - celui qui boit du vin transgresse bien sa nezirout, mais n'en annule rien, et la nezirout reste intacte.
"Chomer beyotsé min hagefen mibetoum'a ouvetiglachat" - En quoi ce qui provient de la vigne est plus rigoureux que l'impureté et le rasage :
La rigueur de ce qui provient de la vigne est "chehayotsé min hagefen lo houtar mikelalo" - jamais les produits de la vigne du raisin ne deviennent permis de manière générale, pas même pour les besoins d'une mitsva. Par exemple, celui qui a juré de boire du vin, puis a fait un voeu de nezirout, n'a pas le droit de boire ce vin, bien qu'il ait l'obligation de le boire en raison de son serment. Et à plus forte raison lui est-il interdit d'accomplir les mitsvot de kiddouch et de havdala, qui ne sont que d'ordre rabbinique.
Alors que pour l'impureté et le rasage il existe une indulgence, "chehoutrou mikelalan" - il arrive qu'ils deviennent permis :
Le rasage d'une mitsva : un nazir devenu metsora (lépreux) - le metsora, lorsqu'il se purifie de sa lèpre, doit raser tous ses cheveux. La mitsva du rasage est une mitsva positive, tandis que l'interdiction de raser qui pèse sur le nazir est une mitsva négative, et nous avons pour règle que "une mitsva positive repousse une mitsva négative". C'est pourquoi il rase ses cheveux dans cette situation.
Le mort d'une mitsva (met mitsva) : le nazir n'entre pas en contact avec un mort, ni même avec ses proches. Mais s'agissant d'un met mitsva, dont personne ne peut s'occuper, même un nazir se rend impur pour lui et doit s'en occuper.
Il en ressort que ce qui provient de la vigne comporte une rigueur, car jamais il ne devient permis, contrairement à l'impureté et au rasage, qui dans certaines circonstances deviennent permis.
"Chomer betoum'a mibetiglachat" - En quoi l'impureté est plus rigoureuse que le rasage :
Entre l'impureté et le rasage eux-mêmes il existe une différence, et l'impureté est plus rigoureuse que le rasage sur deux points :
"Chehatoum'a soteret et hakol" - celui qui devient impur perd tous les jours de sa nezirout, tandis que le rasage "eina soteret ela chelochim yom" - il lui suffit de laisser repousser ses cheveux durant trente jours supplémentaires.
"Vechayav bahava'at korban" - celui qui devient impur apporte un korban en raison de son impureté, tandis que pour celui qui rase, "ein chayav bahava'at korban".
En résumé : dans cette michna, nous avons comparé les trois interdits qui s'appliquent au nazir : l'impureté, le rasage et ce qui provient de la vigne. L'impureté et le rasage sont plus rigoureux en ce qu'ils annulent la nezirout, alors que ce qui provient de la vigne ne l'annule pas ; ce qui provient de la vigne est plus rigoureux en ce qu'il ne devient jamais permis, pas même pour les besoins d'une mitsva, alors que l'impureté et le rasage deviennent permis dans le cas du rasage d'une mitsva et du met mitsva ; et entre les deux, l'impureté est plus rigoureuse que le rasage, car elle annule tout et rend obligatoire un korban.