Nazir, chapitre 6, michna 4. Cette michna traite de la question suivante : combien de séries de coups (malkot) une personne peut-elle encourir pour de multiples transgressions des lois du naziréat.
Le principe de l'avertissement :
Pour encourir les coups (malkot), un avertissement est nécessaire : une mise en garde verbale prononcée par des témoins de ne pas transgresser l'interdit. De là découle le principe sur lequel repose la michna : un nazir qui a transgressé son naziréat de nombreuses fois mais qui n'a reçu qu'un seul avertissement n'encourt qu'une seule série de coups ; en revanche, s'il a été averti avant chaque acte, chaque acte est considéré comme une transgression distincte, et il encourt donc pour chacun une série de coups à part.
Les trois cas de la michna :
"Nazir chéhaya choté yayin kol hayom - eïno 'hayav ela a'hat" - un nazir qui a bu du vin toute la journée n'encourt qu'une seule série de coups. La consommation de vin lui est bien sûr interdite, mais puisqu'il n'a reçu qu'un seul avertissement, il n'encourt qu'une seule série de coups pour l'ensemble de ce qu'il a bu. Mais "amrou lo : al tichté, al tichté, véhou choté - 'hayav al kol a'hat véa'hat" - quand on l'avertit à chaque fois de ne pas boire et qu'il boit après l'avertissement, il y a ici une transgression distincte et une punition distincte pour chaque consommation.
"Haya mégalé'ah kol hayom - eïno 'hayav ela a'hat" - un nazir qui transgresse son naziréat en se rasant les cheveux toute la journée n'encourt qu'une seule série de coups s'il n'a reçu qu'un seul avertissement. Mais "amrou lo : al tégala'h, al tégala'h, véhou mégalé'ah - 'hayav al kol a'hat véa'hat" - quand on l'avertit avant chaque acte de ne pas se raser ni couper ses cheveux, et qu'il continue de se raser après chaque avertissement, il encourt une série de coups pour chaque fois séparément.
"Haya mitamé lémét kol hayom - eïno 'hayav ela a'hat" - un nazir qui s'est rendu impur au contact d'un mort toute la journée n'encourt qu'une seule série de coups. Mais "amrou lo : al titamé, al titamé, véhou mitamé - 'hayav al kol a'hat véa'hat" - chaque fois qu'on l'a averti de ne pas se rendre impur, et qu'il entre à nouveau en contact avec le mort, il encourt une série de coups à part pour chaque fois.
En résumé : cette michna établit que le nombre de séries de coups n'est pas déterminé uniquement par le nombre d'actes de transgression, mais par le nombre d'avertissements. Pour les trois interdits du naziréat (la consommation de vin, le rasage et l'impureté au contact d'un mort), celui qui transgresse toute la journée avec un seul avertissement n'encourt qu'une seule série de coups, tandis que celui qui est averti avant chaque acte encourt une série de coups pour chacun.