Nazir, chapitre 3, michna 1. La michna traite de la question de la fin de la nezirout : lorsqu'une personne s'est engagée dans la nezirout, on sait qu'une nezirout ordinaire dure trente jours. Quel jour doit-elle accomplir sa nezirout, c'est à dire se raser la tête et apporter ses sacrifices ?
"Mi cheamar hareini nazir" - une nezirout ordinaire :
La michna établit : "Megalea'h yom chelochim ve'e'had" - a priori, il doit se raser la tête et apporter ses sacrifices le trente et unième jour, car il a alors accompli trente jours entiers de nezirout.
Mais la michna poursuit : "Veim gila'h leyom chelochim - yatsa" - a posteriori, s'il a devancé et s'est rasé la tête et a apporté ses sacrifices le trentième jour lui même, il s'est acquitté de son obligation. La raison en est la règle 'miktsat hayom kekoulo' : une partie du jour compte comme le jour entier. Puisqu'il a été nazir pendant une partie du trentième jour, cela suffit, car il ne s'est engagé que dans une nezirout ordinaire.
"Hareini nazir chelochim yom" :
En revanche, celui qui a dit explicitement qu'il se voue nazir pour trente jours ne s'appuie pas sur la loi de la nezirout ordinaire, mais a précisé dans ses paroles un nombre de jours. Cette précision même montre qu'il ne veut pas une nezirout ordinaire, mais trente jours entiers.
C'est pourquoi la michna tranche : "Im gila'h leyom chelochim - lo yatsa" - même s'il s'est rasé après qu'une grande partie du jour se soit écoulée, puisqu'un jour entier n'est pas passé, il ne s'est pas acquitté de son obligation de nezirout. Car dire "trente jours" signifie trente jours entiers, et dans ce cas on ne dit pas 'miktsat hayom kekoulo'.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris la distinction entre deux formulations de l'engagement dans la nezirout :
"Hareini nazir" : a priori il se rase le trente et unième jour, et s'il s'est rasé le trentième jour, il s'est acquitté, en vertu de la règle 'miktsat hayom kekoulo'.
"Hareini nazir chelochim yom" : puisqu'il a précisé trente jours entiers, s'il s'est rasé le trentième jour, il ne s'est pas acquitté, et on n'applique pas ici la règle 'miktsat hayom kekoulo'.