Moèd Katan, chapitre 3, michna 1. Avant d'aborder la michna elle-même, précisons que nos Sages ont interdit de couper les cheveux, de se raser et de laver les vêtements pendant 'Hol Hamoèd. La raison de cette interdiction : afin qu'une personne ne repousse pas son rasage, sa coupe de cheveux ou sa lessive à 'Hol Hamoèd, période où elle est libérée de son travail et dispose de temps devant elle. Elle entrerait ainsi dans la fête négligée et sans allure convenable.
C'est pourquoi il n'est pas permis de faire cela pendant 'Hol Hamoèd, mais il faut s'y prendre à l'avance, avant la fête. Il existe toutefois des exceptions, qui sont l'objet de notre michna et des michnayot suivantes.
Texte de la michna :
"Vééllou meghal'hin bamoèd" - voici les personnes à qui il est permis de se raser et de se couper les cheveux pendant 'Hol Hamoèd :
"Haba mimedinat hayam" - celui qui est arrivé de l'étranger pendant 'Hol Hamoèd ou juste avant la fête, et qui n'a pas eu le temps de se faire couper les cheveux auparavant. Cette permission ne concerne que celui qui s'était rendu à l'étranger pour ses affaires ou pour un autre besoin impératif ; mais celui qui s'y était rendu par simple agrément, cela ne constitue pas une excuse suffisante.
"Véhayotsé mibeit hachivya" - celui qui avait été fait prisonnier par des non-Juifs.
"Véhayotsé mibeit haassourim" - celui qui sort de prison, même d'une prison juive. Dans ces deux cas, il lui est permis de se couper les cheveux, car tant qu'il était en captivité ou en détention, on n'agit pas ainsi, étant plongé dans la peine et dans une situation difficile. Une fois libéré, il lui est permis de se raser même pendant 'Hol Hamoèd.
"Véhamnoudè chehitirou lo 'hakhamim" - celui que le tribunal a mis au ban et frappé d'excommunication, et à qui l'on a levé le ban pendant 'Hol Hamoèd. Une personne au ban n'a pas le droit de se couper les cheveux, de les tailler ni de laver ses vêtements, de sorte qu'elle ne pouvait pas le faire auparavant ; et une fois le ban levé, il lui est permis de se raser.
"Oumi chenichal le'hakham vehoutar" - celui qui avait fait le vœu de ne pas se couper les cheveux, et qui n'avait pas eu l'occasion de se rendre chez un sage pour faire annuler son vœu, ou qui n'avait pas saisi l'occasion qui s'était présentée à lui, ou qui n'avait pas réussi à trouver un moyen de se délier de son vœu, jusqu'à ce qu'arrive 'Hol Hamoèd où il consulta un sage qui le lui annula.
"Véhanazir" - un nazir dont les jours de nazirout se sont achevés pendant 'Hol Hamoèd. La halakha veut que le rasage de la tête fasse partie du processus de fin du naziréat, et il lui est donc permis de se raser même pendant la fête.
"Véhamétsora haolè mitoumato letahara" - un lépreux qui passe d'un état d'impureté à un état de pureté, que la halakha oblige à se raser les cheveux dans le cadre de son processus de purification, et à qui il est assurément permis de le faire pendant 'Hol Hamoèd.
En résumé : nos Sages ont interdit la coupe de cheveux, le rasage et la lessive pendant 'Hol Hamoèd, afin qu'une personne ne repousse pas ses préparatifs et n'entre pas dans la fête négligée. Dans cette michna, ils ont énuméré six exceptions, qui ont toutes en commun la raison suivante : la personne n'avait pas eu la possibilité de se raser à l'avance, avant la fête. Il s'agit de celui qui arrive de l'étranger, de celui qui sort de captivité, de celui qui sort de prison, de celui qui était au ban et à qui les Sages l'ont levé, de celui qui a consulté un sage et dont le vœu a été annulé, du nazir et du lépreux qui passe de l'impureté à la pureté.