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Moed Katan Chapitre 1, Michna 2: les travaux d'intérêt public pendant Hol HaMoéd et l'année chemita

Moéd Katan, chapitre 1, michna 2. La michna s'ouvre sur les paroles de Rabbi Elazar ben Azaria : "Ein ossin amat hamayim betehila bamoéd oubachviit" - on ne creuse pas un canal d'eau pour la première fois pendant la fête ni pendant l'année chemita. Une 'ama' est une rigole dans laquelle l'eau s'écoule, et elle porte ce nom parce que sa profondeur est d'une coudée et sa largeur d'une coudée.

La divergence entre Rabbi Elazar ben Azaria et les Sages :

  • Rabbi Elazar ben Azaria : on ne doit pas creuser un nouveau canal pendant la fête ni pendant l'année chemita, c'est à dire pendant Hol HaMoéd et pendant la chemita, parce que ce travail exige une peine et un effort considérables que l'on ne veut pas voir accomplir en ces temps, et parce que la chose ressemble à celui qui bine la terre, un travail interdit pendant l'année chemita.

  • Les Sages : "Ossin ama betehila bachviit" - il est permis de creuser un nouveau canal d'eau pendant la chemita, car selon eux la chose ne ressemble pas à celui qui bine. Et de toute façon, la terre ne reste pas dans le champ mais en est sortie vers l'extérieur, alors que celui qui bine laisse la terre à sa place.

Les besoins d'intérêt public que l'on accomplit pendant la fête :

  • "Oumetaknin et kilkoulé hamayim" - les canaux d'eau qui ont besoin d'être réparés, ou qui se sont bouchés avec de la terre, on les répare pendant Hol HaMoéd afin qu'ils soient de nouveau utilisables.

  • "Chebirechout harabim" - même les problèmes d'acheminement de l'eau qui se trouvent dans le domaine public, comme des conduites situées dans le domaine public qui se sont détériorées, il est permis de les réparer pendant la fête, parce que la chose se fait pour l'usage du public.

  • "Vehotsvin tinarot" - on les nettoie de la saleté, des pierres et des choses qui s'y sont accumulées.

  • "Oumesaknin et haderahim veet harehovot" - on répare les sentiers et les rues.

  • "Veet mikvot hamayim" - on répare les mikvaot et on les nettoie de tout ce qui s'y est accumulé au cours de l'hiver et de la saison des pluies.

"Veossin kol tsorhé harabim" (et l'on accomplit tous les besoins d'intérêt public) :

Cette formulation est perçue par la Guemara comme un ajout qui, a priori, n'était pas nécessaire, car on a déjà énuméré plusieurs des besoins publics accomplis pendant Hol HaMoéd. C'est pourquoi la Guemara explique que l'intention est qu'il est permis d'ouvrir les réservoirs d'eau accumulée durant les mois d'hiver et de les mettre à la disposition du public. Le Roch ajoute que cette formulation vient inclure le fait que le tribunal a le droit de juger de nombreuses questions, qui sont toutes des besoins publics : depuis le rachat de choses consacrées, en passant par l'abreuvement de la sota avec les eaux de la sota et le brûlage de la vache rousse, et bien d'autres questions encore.

Bien plus, la michna dit que l'on marque aussi les tombes : on avait coutume de mettre de la peinture ou une sorte de chaux sur les tombes afin de signaler qu'il y a là une impureté, et ce travail se fait pendant la fête parce que les marques se sont effacées au cours de l'hiver.

De même, on envoyait des émissaires du tribunal pour s'occuper des questions de kilaïm, lorsque des gens avaient fait pousser dans leurs champs des mélanges interdits. On les avertissait avant la fête d'enlever les kilaïm et de déraciner les mélanges, et s'ils ne s'en étaient pas occupés, on envoyait les émissaires pour s'assurer que la question était traitée.

Les ouvriers qui accomplissent ces travaux sont rémunérés sur la teroumat halichka, les fonds consacrés, et c'est pourquoi on est vigilant à leur égard. Comme le peuple n'est pas occupé à son travail pendant Hol HaMoéd, il est plus facile de trouver en ces jours de la main d'oeuvre à bas prix. Et bien que le travail soit généralement interdit pendant Hol HaMoéd, puisqu'il s'agit d'un travail requis par le tribunal, et que c'est un moment où le salaire du travail est meilleur marché, le tribunal a le droit d'user de cette prérogative et d'embaucher les ouvriers précisément pendant Hol HaMoéd.

En résumé : dans cette michna nous avons appris la divergence entre Rabbi Elazar ben Azaria et les Sages au sujet du creusement d'un canal d'eau pour la première fois pendant la fête et pendant l'année chemita, ainsi que la liste des besoins d'intérêt public accomplis pendant Hol HaMoéd : la réparation des détériorations des canaux d'eau et même de ceux du domaine public, le nettoyage des tinarot, la réparation des routes et des rues et des mikvaot. Nous nous sommes arrêtés sur la règle "Veossin kol tsorhé harabim" et sur les explications de la Guemara et du Roch à son sujet, sur le marquage des tombes et sur les émissaires du tribunal qui sortaient pour les questions de kilaïm, ainsi que sur la permission d'embaucher les ouvriers sur la teroumat halichka précisément en ce temps.