Meguila, chapitre 4, michna 3. Cette michna énumère différentes choses que l'on ne fait qu'avec dix personnes, c'est-à-dire avec un minyan.
Les choses qui nécessitent dix personnes :
"Ein porssin èt Chema" - c'est une expression difficile à traduire littéralement, et nous avons choisi ici l'explication la plus simple : on n'ouvre pas par les berachot de la lecture du Chema. Une personne récitait la berachah, et les autres l'écoutaient et s'acquittaient ainsi de leur obligation. C'est ainsi que le Ran explique le sens de cette formule ; Rachi en donne une autre explication, un peu plus complexe.
"Ein ovrin lifné hatéva" - sans minyan, personne ne s'approche du pupitre pour être officiant et dire la répétition de la Amida par le chalia'h tsibbour.
"Ein nossin èt kapéhem" - les kohanim ne lèvent pas les mains pour bénir le peuple d'Israël.
"Ein korin baTora" - on ne fait pas de lecture dans le Séfer Torah.
"Veein maftirin béNavi" - on ne dit pas de Haftara dans les Prophètes.
"Ein ossin maamad oumochav" - lors des funérailles. Il était d'usage de s'arrêter sept fois en chemin vers l'enterrement du défunt, de s'asseoir et de pleurer, de se lever puis de se rasseoir, et tout le monde le faisait. Selon certaines versions, on procédait ainsi également lors du retour depuis la tombe. Aujourd'hui, il ne reste de cette coutume qu'une version abrégée, et même celle-ci ne se fait qu'avec un minyan.
"Ein omrim birkat avélim vetan'houmé avélim" - la berachah des endeuillés est mentionnée dans la Guemara au traité Ketoubot : à leur retour d'avoir accompagné le défunt, ils se tenaient dehors, et une personne bénissait les endeuillés. Tan'houmé avélim - se tenir sur deux rangées pour consoler les endeuillés, coutume que nous pratiquons encore aujourd'hui. Cela aussi nécessite un minyan.
"Ouvirkat 'hatanim" - les sept berachot nécessitent dix hommes, et le marié lui-même peut être compté parmi eux.
"Veein mezamnin baChem" - on ne mentionne pas le nom de Hachem dans le zimoun. C'est seulement lorsqu'il y a un minyan que l'on peut dire "Elokénou".
Toutes ces choses ne se font pas avec moins de dix hommes.
Et pour les terres, neuf et un kohen :
La michna ajoute une halacha intéressante : celui qui a consacré une terre au Beth Hamikdach et souhaite maintenant la racheter doit procéder à une estimation par neuf personnes et un kohen - dix hommes dont l'un est kohen. Cette halacha est déduite d'un verset du livre de Vayikra.
"Veadam kayotsé bahen" - il en va de même pour une personne qui se consacre elle-même, c'est-à-dire qui dit que sa valeur sera donnée au hekdech. De même que pour une terre il faut calculer sa valeur afin de la racheter et d'en donner le montant au hekdech, il en va de même pour une personne : tant la terre que la personne sont estimées par dix hommes, dont l'un est kohen.
En résumé : cette michna a énuméré les choses que l'on ne fait qu'avec dix personnes - la pretissat Chema, la descente devant le pupitre, la nessiat kapayim, la lecture de la Torah et la Haftara dans les Prophètes, le maamad oumochav des funérailles, la birkat avélim et les tan'houmé avélim, la birkat 'hatanim et le zimoun avec le nom ; et à leurs côtés l'estimation des terres consacrées au hekdech et l'estimation de la valeur d'une personne, qui se font avec neuf hommes et un kohen.