Meguila, chapitre deux, michna 1. La michna s'ouvre sur la loi de l'ordre de la lecture : "Hakoré ète hameguila lemafréa - lo yatsa" - celui qui lit la Meguila à l'envers ne s'est pas acquitté de son obligation. Celui qui lit la Meguila sans respecter son ordre ne s'est pas acquitté de son obligation.
La source de cette loi se trouve dans le verset "et ces jours seront rappelés et accomplis", d'où l'on tire un rapprochement (hékech) entre le rappel et l'accomplissement : de même qu'il est impossible d'accomplir les faits sans respecter leur ordre, et qu'il ne se peut que le quinze précède le quatorze, de même le rappel des événements du récit de Pourim doit se faire dans l'ordre, et l'on ne peut le faire à l'envers.
La langue de la lecture et son écriture :
La michna poursuit en énumérant d'autres cas dans lesquels on ne s'acquitte pas de son obligation :
"Kara al pé" - il a lu par cœur, sans qu'un rouleau écrit soit posé devant lui.
"Kara targoum" - il a lu en langue araméenne qu'il ne comprend pas.
"Bekhol lachone" - de même dans toute autre langue : même si la Meguila est écrite dans cette langue, tant qu'il ne la comprend pas, il ne s'est pas acquitté de l'obligation de la mitsva.
Toutefois, la michna apporte une nuance : "Aval korine otah leloazote belaaz" - il est permis de lire la Meguila à ceux qui parlent une langue étrangère dans cette même langue étrangère qu'ils comprennent.
"Vehaloaz chechama achourite - yatsa" - celui qui parle une langue étrangère et ne comprend pas l'hébreu, s'il a entendu la Meguila lue en hébreu et en écriture hébraïque (achourite), s'est acquitté de son obligation.
La règle qui en découle : une lecture en hébreu et en écriture hébraïque est valable pour tous, même pour ceux qui n'en comprennent pas la langue ; tandis qu'une lecture dans une autre langue n'est valable que pour celui qui comprend cette langue.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris deux principes concernant la lecture de la Meguila : celui qui lit à l'envers ne s'acquitte pas, comme on l'apprend du rapprochement tiré du verset "rappelés et accomplis" ; et celui qui lit par cœur, ou en traduction et dans toute langue qu'il ne comprend pas, ne s'acquitte pas non plus. En revanche, à ceux qui parlent une langue étrangère on lit dans cette langue, et celui qui parle une langue étrangère et a entendu l'achourite s'est acquitté, car la lecture en langue sainte et en écriture hébraïque acquitte tout le monde.