Maasser Chéni, chapitre 4, michna 8. Cette michna traite des détails du calcul du montant de maasser chéni qu'il est possible de racheter au moyen d'une pièce donnée.
La variation de la valeur de la pièce d'un endroit à l'autre :
"Hamania'h issar véa'hal alav 'hetsyo" - une personne qui consacre une pièce d'issar au rachat du maasser chéni. L'issar se compose de huit peroutot, et elle a mangé en contrepartie la moitié de sa valeur, de la nourriture d'une valeur de quatre peroutot.
"Véhala'h lémakom a'her véharé hou yotsé béfoundyon" - dans le nouvel endroit, la valeur de la pièce est double, car un poundyon vaut deux issarim. Il se trouve donc que la pièce d'origine vaut ici deux issarim, et bien qu'elle ait mangé en contrepartie de sa moitié, la moitié restante vaut désormais un issar entier.
"O'hel alav od issar" - c'est pourquoi elle peut manger en contrepartie une valeur d'un issar, et non d'un demi-issar, parce que sa valeur a augmenté.
Et dans le cas inverse :
"Hamania'h poundyon véa'hal alav 'hetsyo" - elle a mis de côté un poundyon, qui vaut deux issarim, et a mangé en contrepartie sa moitié : des fruits d'une valeur d'un issar.
"Véhala'h lémakom a'her véharé hou yotsé béissar" - dans le nouvel endroit, la valeur du poundyon a baissé de moitié, au point qu'il ne vaut plus qu'un issar.
"O'hel alav od pélag" - elle ne peut manger qu'une valeur d'un demi-issar. Dans son premier endroit, il lui restait une valeur d'un issar, mais dès qu'elle est passée dans un endroit où sa valeur est la moitié du montant, il ne lui reste qu'une valeur d'un demi-issar à manger en contrepartie.
À partir de quand la pièce est-elle considérée comme entièrement rachetée ?
La partie suivante de la michna traite de celui qui a en main une pièce de maasser chéni et qui mange des fruits en s'appuyant sur cette pièce. À quel stade la pièce est-elle considérée comme entièrement rachetée, comme entièrement utilisée, et comme ne portant plus la sainteté du maasser chéni ? Autrement dit, combien de fruits doit-il manger en contrepartie de la pièce pour que le reliquat qui y demeure soit si négligeable qu'il soit permis d'utiliser la pièce comme du 'houlin.
"Hamania'h issar chel maasser chéni, o'hel alav a'had asar béissar véé'had mimééa béissar" - celui qui a mis de côté une pièce d'issar de maasser chéni mange en contrepartie jusqu'à un onzième d'issar, ou jusqu'à un centième d'issar. Que sont ces deux mesures ?
Un onzième : pour le maasser chéni de dmaï, dont nous ne savons pas avec certitude s'il a été acheté auprès d'un am haarets, quelqu'un qui n'observe pas correctement les lois du maasser, et dont, par précaution, nous avons de nouveau prélevé le maasser chéni. Pour le maasser chéni de ce type, il peut manger jusqu'à un onzième.
Un centième : pour le maasser chéni certain, qui est assurément du maasser chéni, cela ne suffit pas, mais il faut qu'il ne reste qu'un centième.
Et que veut dire cela ? Par exemple : onze grenades qui se vendent pour un issar. Une fois qu'il a mangé dix grenades dans la sainteté du maasser chéni et selon les conditions du maasser chéni, ce onzième de l'issar en contrepartie duquel il aurait pu manger une grenade supplémentaire en maasser chéni n'a pas besoin d'être mangé. Cette quantité d'un onzième de la pièce restée sans rachat est annulée et n'a aucune importance, et il n'y a pas lieu de s'en soucier ni de manger la onzième grenade. Il en va de même pour le centième : si l'on peut acheter cent grenades pour un issar, il faut en manger quatre-vingt-dix-neuf, et la dernière, ce centième, est considérée comme annulée.
La divergence entre Beth Chammaï et Beth Hillel :
Telle est la première opinion de la michna, sur laquelle ils divergent :
"Beth Chammaï omrim : hakol assara" - tout repose sur une seule mesure d'un dixième, et il suffit qu'il ait mangé neuf parts. Que ce soit pour le dmaï ou pour le certain, dans les deux cas la mesure est d'un dixième.
"Ouvéth Hillel omrim : bévadaï a'had asar, ouvidmaï assara" - pour le maasser chéni certain, la mesure est d'un onzième, et pour le dmaï, d'un dixième.
Nous n'entrerons pas dans les détails du calcul, mais seulement dans la distinction fondamentale entre ces deux cas : lorsqu'une personne rachète du maasser chéni certain, elle doit ajouter un cinquième, tandis que pour le rachat du maasser chéni de dmaï, elle n'a pas à ajouter un cinquième. Et le calcul aboutit à ceci : s'il reste dans la pièce un onzième, même en y ajoutant le cinquième, cela n'atteint pas la valeur d'une perouta, et tout ce qui est inférieur à une perouta est considéré comme sans valeur. C'est pourquoi, dès lors qu'un onzième avec le cinquième n'atteint pas la valeur d'une perouta, il n'y a pas lieu de s'en soucier. Et pour le dmaï, comme on n'ajoute pas de cinquième, un dixième seul se trouve être inférieur à une perouta, et il est donc annulé et il n'y a pas lieu de s'en soucier.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris deux sujets. Le premier : la variation de la valeur de la pièce d'un endroit à l'autre : si sa valeur augmente d'un issar à un poundyon, il mange en contrepartie du reliquat une valeur d'un issar ; si sa valeur baisse d'un poundyon à un issar, il mange en contrepartie une valeur d'un demi-issar seulement. Le second : la mesure à partir de laquelle la pièce est considérée comme entièrement rachetée : selon la première opinion, pour le dmaï un onzième et pour le certain un centième ; pour Beth Chammaï, un dixième dans les deux cas ; et pour Beth Hillel, pour le certain un onzième et pour le dmaï un dixième - parce que pour le certain le cinquième s'ajoute au calcul et pour le dmaï il ne s'ajoute pas, et dans les deux cas le reliquat n'atteint pas la valeur d'une perouta et il est donc annulé.