Maasser Cheni, chapitre 4, michna 5. Cette michna continue à traiter des moyens de contourner l'obligation de payer le quint lors du rachat du maasser cheni. Le cas qui nous occupe : un homme se tient dans l'aire de battage où l'on travaille le grain et le maasser cheni, et il n'a pas d'argent sur lui. N'ayant pas d'argent, il ne peut pas donner des pièces à son compagnon qui se trouve là et lui dire : "Rachète les fruits avec cet argent."
La solution proposée par la michna :
Il dit à son compagnon : ces fruits te sont donnés en cadeau. Dès lors que la récolte appartient à son compagnon, il peut de nouveau dire : que ces fruits soient désacralisés et deviennent profanes, c'est à dire qu'ils cessent d'être du maasser cheni, sur l'argent que j'ai chez moi. Dans les termes de la michna citée plus haut : "Ein beyadi kessef, aval yech li kessef babayit" - je n'ai pas d'argent sur moi, mais j'ai de l'argent à la maison. Autrement dit, avec l'argent qui se trouve chez lui, il rachète la récolte de son compagnon, cette récolte qu'il vient de lui donner en cadeau. Et bien entendu, il fait confiance à son compagnon et sait qu'il lui rendra ensuite les fruits.
Difficulté : or on ne donne pas de maasser cheni en cadeau :
Comme nous l'avons déjà mentionné dans la michna précédente, on n'a pas le droit de donner du maasser cheni en cadeau. Il faut donc l'expliquer de deux manières :
La michna parle d'une situation où les fruits sont encore tével, avant que le maasser cheni n'en ait été prélevé, et c'est le compagnon qui prélèvera le maasser cheni.
Ou bien, cette michna suit l'avis de Rabbi Yehouda, selon lequel le maasser cheni n'est pas un bien du Très Haut et n'appartient pas à Hachem, mais est un bien du propriétaire, qui lui appartient, et il peut donc être donné en cadeau.
La précision de la Guemara :
La Guemara indique qu'il s'agit nécessairement d'un cas où le compagnon non plus n'a pas d'argent chez lui. Car si le compagnon avait de l'argent à la maison, il n'y aurait aucune nécessité de lui transférer les fruits en cadeau : il lui dirait simplement : "Rends moi service et rachète ce maasser cheni sur l'argent que tu as chez toi." On en déduit que le compagnon n'a pas d'argent chez lui. On peut aussi dire que même s'il en a, il se peut qu'il ne souhaite pas transférer la sainteté du maasser cheni sur ses pièces, car il devrait alors monter cet argent à Jérusalem.
En résumé : la michna enseigne que lorsqu'un homme n'a pas d'argent sur lui dans l'aire de battage, il donne les fruits à son compagnon en cadeau, puis rachète lui même les fruits de maasser cheni de son compagnon sur l'argent qui se trouve chez lui, et il se dispense ainsi de l'ajout du quint.