Maasser Cheni, chapitre 4, michna 1. Cette michna traite de la question du prix auquel on rachète le maasser cheni, selon le lieu du rachat. Le Rambam nous enseigne qu'à priori il ne faut pas transporter les fruits du maasser cheni d'un endroit à un autre afin de les racheter ailleurs selon le prix qui y a cours ; mais si on l'a fait, c'est de cela que traite notre michna.
"Il le rachète selon le prix de son lieu" :
"Hamolikh perot maasser cheni mimekom hayoker limkom hazol, o mimekom hazol limkom hayoker" - la michna énumère deux cas :
D'un lieu où c'est cher vers un lieu où c'est bon marché - il a transporté les fruits du maasser cheni d'un endroit où les fruits se vendent cher vers un endroit où ils sont moins chers.
D'un lieu où c'est bon marché vers un lieu où c'est cher - il les a transportés d'un endroit où les fruits se vendent à bas prix vers un endroit plus cher.
Dans les deux cas, la loi est la même : "podehou kechaar mekomo" - le rachat se fait selon le prix et la valeur en vigueur à l'endroit où le rachat s'effectue réellement. Partout où le rachat est effectué, c'est ce prix qui sert de base au rachat des fruits.
"La plus-value revient au maasser cheni et la dépense sort de sa poche" :
"Hamevi perot min hagoren lair, vekhadei yayin min hagat lair" - il a apporté des fruits de l'aire de battage, du lieu de battage où ils ont poussé et été travaillés, vers la ville, ou bien il a transporté des cruches de vin du pressoir vers la ville. Sur le lieu de production, les prix sont toujours plus bas, et en ville il paiera davantage : il se trouve donc que la valeur des fruits a augmenté. A priori il n'aurait pas dû les transporter, car c'est là leur lieu de production.
"Hachevah lacheni" - le supplément de valeur est considéré comme appartenant au maasser cheni : le rachat se fera selon le prix le plus élevé, et de ce fait l'argent du maasser cheni augmentera.
"Vehahotsaa mibeito" - les frais de transport et autres sortent de la poche du propriétaire, et le maasser cheni n'en est pas responsable.
Il se trouve donc que lorsqu'il rachète le maasser cheni, il rachète une somme plus élevée, et il aura entre les mains davantage d'argent de maasser cheni à dépenser à Jérusalem.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris que celui qui rachète des fruits de maasser cheni les rachète selon le prix du lieu où le rachat est effectué, qu'il les ait transportés d'un lieu où c'est cher vers un lieu où c'est bon marché, ou d'un lieu où c'est bon marché vers un lieu où c'est cher. Et lorsqu'il a apporté des fruits de l'aire de battage ou des cruches de vin du pressoir vers la ville, et que leur valeur a augmenté, la plus-value entre dans l'argent du maasser cheni, tandis que les frais de transport incombent au propriétaire et sortent de sa poche.