Maasser Sheni, chapitre deux, michna dix. La michna traite d'un homme dont une partie des fils sont impurs et une autre partie purs, et qui souhaite leur donner une jarre de vin dont tous pourront boire.
La difficulté :
Le père souhaite que le vin que boiront les fils purs soit acquis avec l'argent du maasser sheni, car ils se trouvent à Jérusalem et peuvent le consommer en état de pureté. En revanche, les fils impurs ne peuvent pas consommer le maasser sheni. Il en ressort que si tous boivent de la même jarre, une partie du vin devra être rachetée avec l'argent du maasser sheni tandis qu'une autre ne pourra pas l'être, car la boisson que boiront les fils impurs ne peut recevoir le statut de maasser sheni en raison de leur impureté.
La solution de la michna :
Il pose un sela de maasser sheni et dit : "Kol ma chéhatehorim omdim lichtot - yehé hasela hazé mehoulal al ota kamout" - tout ce que les purs vont boire, que ce sela soit transféré sur cette quantité. De cette manière, les fils purs boivent du maasser sheni.
L'explication du Yerouchalmi :
Le Yerouchalmi précise que la chose n'est pas si simple : comment se peut-il que le maasser sheni et le 'houlin soient mêlés ensemble dans une même jarre ? C'est pourquoi le sens de ses paroles est que tout ce que les purs boivent effectivement, à cet instant précis, au moment de leur consommation, le sela sera transféré et racheté sur ce vin. Seulement, le rachat doit prendre effet dès maintenant, à partir du moment où il pose la condition, et rétroactivement pour le moment de la consommation. Il en résulte qu'ils boivent du maasser sheni, mais que le maasser sheni qu'ils boivent n'a jamais été mêlé au 'houlin propre à la consommation d'un impur. Il ressort ainsi que, de cette façon, tant les fils purs que les fils qui ne sont pas purs peuvent boire de la même jarre.
La question de l'impureté liée au contact avec la jarre :
Le Yerouchalmi note encore que si les fils touchent la jarre elle-même, il s'agit nécessairement de fils qui sont impurs par contact avec un mort, lesquels ne transmettent pas l'impureté par déplacement (héssét), c'est-à-dire qu'ils ne rendent pas une chose impure en la déplaçant. De même, il faut dire que la jarre est un ustensile de terre cuite, qui ne devient pas impur par son dos, et que par conséquent un contact de l'extérieur ne le rend pas impur. En revanche, s'il s'était agi d'un zav, qui transmet l'impureté par déplacement en bougeant la jarre, la chose aurait été problématique.
On peut aussi expliquer qu'il s'agit d'une situation où une tierce personne leur verse le vin dans leurs verres.