Kidouchin, chapitre deux, michna deux. Cette michna traite des cas où la femme a cru que l'objet par lequel l'homme la fiance était un objet particulier, par exemple lorsqu'il faisait sombre et qu'elle ne voyait pas, et où il s'avère ensuite que ce n'est pas l'objet auquel elle pensait et auquel elle avait consenti.
Les cas de la michna :
"Hitkadechi li békos zé chel yayin" - sois fiancée à moi par cette coupe de vin, et il s'avère qu'elle était de miel, et de même à l'inverse : il a dit "chel dvach" - de miel, et il s'avère qu'elle était de vin. Dans un cas comme dans l'autre, ce n'est pas ce qu'elle pensait ni ce à quoi elle avait consenti.
"Bédinar zé chel kessef" - par ce dinar d'argent, et il s'avère qu'il était d'or, c'est-à-dire que la pièce qu'il a donnée était d'or, dont la valeur est plus grande ; et de même à l'inverse : il a dit "chel zahav" - d'or, et il s'avère qu'il était d'argent.
"Al menat cheani achir" - à condition que je sois riche, et il s'avère qu'il est pauvre, et de même à l'inverse : il a dit "al menat cheani ani" - à condition que je sois pauvre, et il s'avère qu'il est riche.
Dans tous ces cas, la michna établit : "Eina mékoudéchet" - elle n'est pas fiancée, car ce n'est pas la chose à laquelle elle avait consenti. Et bien qu'à première vue l'un des objets paraisse plus estimable que l'autre, cela n'est pas forcément le cas : même un mariage avec un homme pauvre peut parfois présenter un avantage par rapport à un mariage avec un homme riche, et tout dépend des circonstances.
La position de Rabbi Chimon :
Rabbi Chimon dit : "Im hita léchévah - haré zo mékoudéchet" - s'il l'a induite en erreur en mieux, elle est fiancée. C'est-à-dire, s'il l'a induite en erreur sur une chose qui est positive et plus estimable que ce qu'il avait dit, elle est fiancée.
La Guémara explique que la controverse de Rabbi Chimon avec le premier tana ne s'applique pas dans tous les cas. Lorsque la femme reçoit elle-même les fiançailles, Rabbi Chimon lui-même admet que, même si l'objet paraît plus estimable, elle n'est pas fiancée. Le seul cas dans lequel il diverge est celui où la femme a désigné un émissaire pour recevoir ses fiançailles et lui a dit : va recevoir pour moi les fiançailles d'untel, qui a dit qu'il me fiance par un dinar d'argent, et l'émissaire est allé recevoir un dinar d'or.
Selon le premier tana : elle n'est pas fiancée, car elle voulait recevoir précisément un dinar d'argent et non un dinar d'or.
Selon Rabbi Chimon : elle est fiancée, car en disant "un dinar d'argent" elle n'a pas été précise dans ses paroles mais a seulement donné à l'émissaire une "indication du lieu" : elle lui a simplement transmis l'information qui lui avait été dite, et il est certain que s'il reçoit un objet plus estimable, elle y consentira.
Il en ressort que lorsque la femme transmet des paroles à un émissaire, elle n'est pas précise dans son langage mais lui transmet seulement une information ; mais lorsqu'elle se tient directement face à celui qui la fiance, les fiançailles doivent être exactement telles qu'il l'a dit.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris que des fiançailles conclues par erreur, que ce soit sur le type d'objet (vin et miel, argent et or) ou sur le statut de celui qui fiance (riche et pauvre), ne prennent pas effet, même lorsque l'erreur est apparemment en mieux, car ce qu'elle a reçu n'est pas ce à quoi elle avait consenti. Rabbi Chimon estime que "s'il l'a induite en erreur en mieux, elle est fiancée", et sa controverse ne s'applique précisément qu'au cas où la femme a désigné un émissaire pour recevoir ses fiançailles, où son langage est considéré comme une simple "indication du lieu".