Ketoubot chapitre 1, michna 1. Cette michna traite des jours de la semaine où il convient qu'une femme se marie, et pour la comprendre il faut d'abord poser un principe important : le mariage (nissouïn) constitue la seconde moitié du processus, l'étape où les époux commencent à vivre ensemble comme mari et femme. Dans l'Antiquité, les fiançailles (kiddouchin), qui destinent la femme à son mari et l'interdisent à tout autre homme, avaient lieu quelque temps auparavant. Cette circonstance est la clé pour comprendre les propos de la michna.
Texte de la michna :
"Betoula nisset le-yom ha-revi'i ve-almana le-yom ha-hamichi" - une vierge, une femme qui n'a pas eu de relation physique auparavant, se marie le mercredi, et c'est le jour qui lui convient ; une veuve se marie le jeudi.
La raison concernant la veuve :
Commençons justement par la veuve, car la raison concernant la vierge est explicite dans la michna elle-même, tandis que la loi de la veuve n'y est pas traitée mais est expliquée dans la Guemara : pour la veuve il n'y a pas d'obligation de sept jours de réjouissance, et malgré tout les Sages ont voulu que son mari soit présent auprès d'elle au moins trois jours, toute son attention tournée vers elle. Celle qui se marie le jeudi : ce jour-là il est disponible pour elle, le vendredi il ne part pas à son travail car c'est la veille du Chabbat, et vient ensuite le Chabbat. Ce n'est que le dimanche qu'il retourne à son travail, de sorte que pendant les trois premiers jours elle a bénéficié de l'attention qui lui revient.
La raison concernant la vierge :
Sur ce point la michna explique : "che-pa'amayim be-chabbat batei dinin yochvin ba-ayarot, be-yom ha-cheni ou-ve-yom ha-hamichi" - depuis l'institution d'Ezra le Scribe au début de l'époque du second Temple, les tribunaux siégeaient dans les villes deux fois par semaine, les lundis et les jeudis. Et pour cette raison "che-im haya lo ta'anat betoulim haya machkim le-veit din" - si le mari a une réclamation selon laquelle lors de la première union elle n'a pas été trouvée vierge comme elle aurait dû l'être, il pourra se lever tôt le lendemain matin, le jeudi, à l'heure où le tribunal se réunit, et porter son affaire devant lui.
Et pourquoi les Sages y ont-ils tant tenu, sans laisser le mari remettre la chose à plus tard ? Puisque les fiançailles ont eu lieu quelque temps avant le mariage, s'il s'avère qu'elle a déjà eu des relations avec un autre homme, il faut craindre que cela ne se soit produit durant la période située entre les fiançailles et le mariage. Et s'il en est ainsi, elle est interdite à son mari car elle a été infidèle sous son autorité. C'est pourquoi les Sages ont voulu qu'il ait la première occasion, dès le lendemain, de se rendre au tribunal pour établir ce qui s'est réellement passé et si elle lui est effectivement devenue interdite.
Pourquoi ne se marierait-elle pas le dimanche ?
La Guemara demande : le tribunal siège aussi le lundi, alors pourquoi a-t-on fixé justement le mercredi, proche du jeudi, et non le dimanche, proche du lundi ? La raison est que les Sages "chakdou", ils ont consacré du temps et une attention particulière à l'institution en faveur des filles d'Israël, afin qu'elles disposent d'au moins trois jours de préparation en vue du repas de noces : dimanche, lundi et mardi, et le mercredi elles se marient. Si elles se mariaient le dimanche, il ne resterait presque aucun temps pour les préparatifs. Il faut se souvenir qu'il s'agit d'une époque antérieure aux moyens de réfrigération, et qu'il n'était pas possible de préparer quoi que ce soit longtemps à l'avance.
En résumé : dans cette michna nous avons appris qu'une vierge se marie le mercredi et une veuve le jeudi. Pour la veuve : afin que le mari ait trois jours pour lui consacrer son attention. Pour la vierge : afin que, s'il a une réclamation au sujet de la virginité, il se rende tôt au tribunal qui siège le jeudi, par crainte qu'elle ne lui soit devenue interdite durant la période située entre les fiançailles et le mariage ; et le dimanche n'a pas été fixé, car les Sages ont veillé à l'institution en faveur des filles d'Israël afin qu'elles disposent de trois jours de préparation pour le repas de noces.