Guitin, chapitre 8, michna 3. Dans la michna précédente, nous avons appris que celui qui lance un guet à sa femme dans le domaine public : si le guet est proche d'elle, elle est divorcée ; s'il est proche de lui, elle n'est pas divorcée ; et s'il se trouve à mi-distance, elle est divorcée et non divorcée, c'est-à-dire un doute de divorce. Nous avons également appris que le critère établi par la Guemara est la capacité de surveillance : si elle peut le surveiller et que lui ne le peut pas, il est considéré comme proche d'elle ; et si c'est l'inverse, proche de lui ; et si tous deux peuvent le surveiller, ou si tous deux ne peuvent pas le surveiller, c'est le cas intermédiaire.
"Vékhen léin'yane kiddouchin" - de même pour les kiddouchin :
Notre michna établit que la même loi s'applique aussi aux kiddouchin. Celui qui lance à une femme une bague ou de l'argent en vue de la sanctifier : proche d'elle, elle est sanctifiée ; proche de lui, elle n'est pas sanctifiée ; et si c'était à mi-distance, c'est un doute.
La raison de cette comparaison est le hekech qui existe toujours entre les guitin et les kiddouchin, car il est dit : "Elle sortira de sa maison, s'en ira et deviendra la femme d'un autre homme" - la femme sort de sa maison par le guet, puis s'en va et épouse un autre homme. De là, on rapproche la havaya (l'union) de la yetsia (la sortie) : la havaya, terme employé pour les kiddouchin, est juxtaposée à la yetsia qui est le divorce, et c'est pourquoi leurs lois sont déduites l'une de l'autre.
"Vékhen léin'yane 'hov" - de même pour une dette :
La michna poursuit et applique cette loi même au paiement d'une dette, et l'illustre ainsi : "Amar lo ba'al 'hovo zerok li 'hovi vézarako lo" - un créancier se tenant dans le domaine public dit à l'emprunteur de lui lancer l'argent qu'il lui doit, et l'emprunteur le lance. Et voici ses lois :
Proche du créancier - "l'emprunteur est acquitté". Dès que l'argent est tombé dans les quatre coudées du créancier ou sous son contrôle, l'emprunteur est acquitté, car c'est à son avantage que la dette soit remboursée.
Proche de l'emprunteur - "l'emprunteur reste redevable". L'argent est tombé dans son domaine, à un endroit où il peut le surveiller, et par conséquent le prêt n'est pas encore remboursé, et il lui incombe de le rembourser.
À mi-distance - "tous deux partageront", car il y a doute si la dette a été remboursée ou non.
La Guemara situe cette loi dans un cas particulier, où le créancier a dit à l'emprunteur : "Lance-moi le paiement selon la règle des guitin" - que la chose s'applique de la même manière qu'agit un guet. Mais s'il n'a pas posé cette condition, et a simplement dit "lance-moi ce que tu me dois", il incombe à l'emprunteur de s'assurer que l'argent parvienne effectivement en la possession du créancier, et tant qu'il n'est pas véritablement entré en sa possession, ce n'est pas considéré comme un remboursement. Car l'intention du créancier en disant "lance-moi" est que l'emprunteur soit responsable de surveiller l'argent jusqu'à ce qu'il parvienne réellement en ses mains, et s'il est perdu en chemin, la dette n'est pas remboursée.
Le lancer d'un guet vers le toit et depuis le toit :
"Hay'ta 'omedet 'al roch hagag vézarako la" - la femme se tient sur un toit qui lui appartient, et le mari lui lance le guet. "Keivan chéhigui'a laavir hagag harei zo mégourechet" - dès que le guet parvient dans l'espace aérien du toit, c'est-à-dire dans les trois téfa'him qui lui sont adjacents, lesquels, par la règle du lavoud, sont considérés comme rattachés au toit, c'est comme s'il s'était effectivement posé bien qu'il ne se soit pas encore posé. Et à partir de cet instant elle est divorcée, et même s'il arrive quelque chose au guet par la suite et qu'il ne se pose pas du tout (il est brûlé ou effacé), le guet est valide et le divorce prend effet.
"Hou milma'la véhi milmata" - lui se tient sur son toit et elle dans la cour en bas qui lui appartient, et il lui lance le guet. "Keivan chéyatsa méréchout hagag nim'ha o nisraf harei zo mégourechet" - dès que le guet sort de l'espace aérien du toit sur lequel il se tient, même si par la suite il est effacé par l'eau ou brûlé, elle est divorcée, car il est déjà entré dans l'espace aérien de la cour qui est son domaine.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris que les lois du lancer énoncées à propos du guet s'appliquent aussi aux kiddouchin, en vertu du hekech de la havaya à la yetsia, et aussi au paiement d'une dette : proche du créancier l'emprunteur est acquitté, proche de l'emprunteur il reste redevable, et à mi-distance ils partagent, à condition que le créancier ait dit de lancer selon la règle des guitin. Nous avons également appris que dès que le guet parvient dans l'espace aérien du domaine de la femme, ou dès qu'il sort du domaine du toit sur lequel se tient le mari, elle est divorcée, et même s'il est effacé ou brûlé par la suite.