Cette michna traite de la manière de remettre le guet, et pour la comprendre, nous devons poser trois principes préalables :
Le mari doit remettre le guet à sa femme en lui faisant comprendre qu'il lui est donné à titre de divorce. Si elle pense qu'il s'agit d'un document d'un autre type, ce n'est pas un guet valable.
C'est lui qui doit lui remettre le guet ; elle ne peut pas le prendre elle-même.
Le guet doit parvenir dans un lieu relevant de son domaine à elle, un lieu où elle est en mesure de le garder et d'en avoir le contrôle.
"Amar la : kansi chetar 'hov zé, o chematsato mé'a'horav, koraa vaharé guita - eino guet, ad chéyomar la : ha guitekh" :
"Kansi chetar 'hov zé" - le mari lui remet le document et lui dit qu'il s'agit d'un billet de prêt, et non d'un guet.
"O chematsato mé'a'horav" - elle trouve le document derrière son dos à lui. La Guemara explique qu'il s'agit d'un cas où il a orienté son dos vers elle, de sorte que c'est lui qui lui donne le guet, et non elle qui le prend de lui.
Dans ces deux cas, bien qu'elle ait lu le document et vu qu'il s'agit d'un guet - "eino guet", ce n'est pas un guet valable, "ad chéyomar la : ha guitekh". Le mari doit lui expliquer que c'est son guet, et ce n'est qu'après qu'il l'aura fait que le document pourra être un guet valable.
"Natan bayada vehi yechéna, nia'ora koraa vaharé guita - eino guet, ad chéyomar la : hi guitekh" :
Il a placé le guet dans sa main alors qu'elle dormait, et lorsqu'elle s'est réveillée, elle l'a lu et a vu qu'il s'agissait de son guet - ce n'est pas un guet valable, tant que le mari ne lui dit pas : "voici ton guet".
"Hayeta omédet birchout harabim vézarako la" :
"Karov la" - elle est divorcée.
"Karov lo" - elle n'est pas divorcée.
"Me'hetsa al me'hetsa" - lorsque le guet est tombé exactement au milieu : elle est divorcée et n'est pas divorcée, c'est-à-dire qu'il y a un doute quant à savoir si le guet est valable ou non.
Explication de la Guemara sur "karov la" et "karov lo" :
Au premier abord, nous aurions compris que, tant que le guet entre à l'intérieur de ses quatre coudées, il est considéré comme relevant de son domaine. Cependant, selon la compréhension de Rabbi Yo'hanan dans la Guemara, même si le guet est tombé en dehors de ses quatre coudées, si elle est en mesure de le garder et que lui n'est pas en mesure de le garder, par exemple si une rivière les sépare, alors elle est divorcée et le guet est considéré comme valable. Car, bien qu'en général ce qui se trouve en dehors des quatre coudées d'une personne ne soit pas considéré comme lui appartenant, les Sages ont décrété que la règle serait ainsi dans ce cas, afin de garantir que les femmes puissent divorcer.
Selon cette compréhension, les propos de la michna s'expliquent ainsi :
"Karov lo" - un lieu où elle ne peut pas garder le guet alors que lui le peut, et c'est pourquoi ce n'est pas un guet valable.
"Me'hetsa al me'hetsa" - un lieu où ni l'un ni l'autre ne peut le garder, ou bien où tous deux peuvent le garder ensemble. Dans un tel cas, "elle est divorcée et n'est pas divorcée", et il y a un doute quant à savoir si c'est un guet valable, puisque tous deux en ont le contrôle.
En résumé : nous avons appris dans les trois lois de la michna que la remise d'un guet requiert trois conditions : que la femme sache qu'il s'agit d'un guet et non d'un autre document, et c'est pourquoi le mari doit lui dire "ha guitekh" - tant dans le cas où il a dit "kansi chetar 'hov zé" ou qu'elle l'a trouvé derrière son dos, que dans le cas où il l'a placé dans sa main alors qu'elle dormait ; que le mari soit celui qui donne et non elle celle qui prend ; et que le guet parvienne dans un lieu relevant de son domaine, d'où les distinctions entre "karov la", "karov lo" et "me'hetsa al me'hetsa" selon lequel des deux est en mesure de le garder.