La michna 1 traite d'un homme dont l'esprit a été troublé de manière temporaire, et de la question de savoir comment considérer ses instructions concernant la rédaction du guet, ainsi que du statut de celui qui est devenu muet et ne peut communiquer par la parole.
"Mi cheahazo kordikos" :
"Mi cheahazo kordikos veamar : kitvou guet leichti" - celui qui a été saisi par le kordikos, une sorte de folie passagère, et qui, dans cet état, a dit que l'on écrive un guet pour sa femme, et même s'il a ajouté "kitvou outnou" (écrivez et donnez) - "lo amar keloum". Ses paroles n'ont aucune consistance et ne sont nullement valables. Et même après sa guérison, on n'écrit pas le guet sur la base de cette instruction, mais il faut recevoir de lui une nouvelle instruction.
Il a parlé alors qu'il était sain d'esprit puis est devenu fou :
"Amar : kitvou guet leichti, veakhar kakh nichtata, vehazar veamar : al tikhtevou" - un homme qui était parfaitement sain d'esprit et a ordonné d'écrire un guet pour sa femme, puis dont l'esprit a été troublé, et qui, dans cet état, s'est rétracté en disant que l'on n'écrive pas le guet. La michna établit : "ein devarav haaharonim keloum" - sa seconde parole, prononcée au moment où il était devenu fou, est dénuée de signification. Par conséquent, même une fois guéri, on peut écrire le guet sur la base de sa première instruction prononcée alors qu'il était sain d'esprit, et bien qu'au moment de sa folie passagère il ait dit qu'il ne voulait pas de la rédaction du guet, cela n'a aucune consistance, et il faut se fier à ses paroles initiales.
Celui qui est devenu muet :
Un autre cas : un homme qui est devenu muet et ne peut communiquer par la parole directe. "Veamrou lo : nikhtov guet leichtekha ?", "veirkhin berocho" - on lui a demandé si l'on devait écrire un guet pour sa femme, et il a fait signe de la tête pour dire oui. On ne peut pas se fier à ce signe immédiatement, car il est possible qu'il soit atteint d'une autre maladie ou d'une sorte de folie dont nous n'avons pas conscience. C'est pourquoi "bodkin oto chelocha peamim" - il faut l'examiner trois fois afin de s'assurer que son esprit est sain.
"Im amar al lav lav veal hen hen - harei elou yikhtevou veyitnou" - si, sur des choses auxquelles il convient de répondre par la négative, il a répondu par la négative, et sur des choses auxquelles il convient de répondre par l'affirmative, il a répondu par l'affirmative, alors on peut écrire le guet et le donner sur la base de ses signes.
Les commentateurs expliquent que même si on ne l'a interrogé que sur la rédaction du guet et non sur sa remise, on est en droit de remettre le guet sur la base de son instruction de l'écrire. La raison en est la suivante : ce cas ressemble aux cas que nous avons étudiés dans le chapitre précédent au sujet d'un homme malade, où, s'il a dit seulement d'écrire, on peut aussi remettre sur cette base, car le fait qu'il n'ait pas précisé la remise découle de sa préoccupation liée à sa maladie et à l'état de danger dans lequel il se trouve. De ce fait, on suppose qu'il souhaite que le guet soit aussi remis, et cette même logique s'applique également au cas qui nous occupe.
En résumé : dans cette michna, nous avons étudié trois lois : une instruction de guet donnée au moment d'une folie passagère est entièrement caduque, et même après la guérison on ne peut s'y fier ; l'annulation d'une instruction donnée au moment de la folie n'annule pas l'instruction donnée auparavant en état de santé mentale ; et celui qui est devenu muet et a fait signe de la tête - on l'examine trois fois, et s'il a répondu comme il convient sur le non et sur le oui, on écrit et on donne.