Guitin, chapitre 3, michna 4. Dans la michna précédente, nous avons traité de la notion de présomption (hazaka), à savoir l'hypothèse selon laquelle une personne est encore en vie pour diverses lois. Notre michna poursuit ce même sujet et le développe.
"Chelocha devarim amar Rabbi Elazar ben Perata lifné 'hakhamim, vékiyemou ète devarav" - Rabbi Elazar ben Perata a énoncé trois choses devant les Sages, et ceux-ci ont confirmé sa position et approuvé ses paroles.
Les trois situations dans lesquelles la personne demeure présumée vivante :
"Al ir chéhikifouha karkom" - une ville encerclée par un siège militaire.
"Véal hasfina hamiterefète bayam" - un navire qui lutte contre la mer pour rester à flot.
"Véal hayotsé lidon" - une personne qui se rend au tribunal pour une faute passible de la peine de mort, et qui risque d'être exécutée à la suite du verdict. Mais elle n'a pas encore été exécutée, et le verdict n'a même pas encore été rendu ; elle va simplement être jugée à ce sujet.
Dans ces trois situations - "chéhèn bé'hézkate kayamin" - on peut présumer qu'ils sont encore en vie. Par exemple, s'il s'agit d'un kohen, son épouse continue de manger de la Terouma, et ainsi de suite.
À l'inverse, trois situations dans lesquelles la présomption s'annule :
"Ir chékavcha karkom" - une ville déjà conquise par le siège, dont l'ennemi a réussi à s'emparer.
"Vésfina chéavda bayam" - un navire qui a déjà coulé.
"Véhayotsé léhérag" - celui dont le verdict a déjà été prononcé et qui a été déclaré coupable, et qu'on conduit à l'exécution.
À leur sujet, il est dit : "noténin aléhèm 'houmré 'hayim vé'houmré métim" - il faut être rigoureux à la fois en raison de la possibilité qu'ils soient vivants et en raison de la possibilité qu'ils soient morts.
Voici comment cela se traduit concrètement :
Une fille d'Israël mariée à un kohen : elle ne mange de la Terouma que tant que son mari est en vie ; on ne lui permettra donc pas de manger de la Terouma, en raison de la possibilité qu'il soit déjà mort - c'est la rigueur des morts.
Une fille de kohen mariée à un Israël : s'il était mort, elle recommencerait à manger de la Terouma si elle n'a pas d'enfants de lui ; mais s'il est encore vivant, elle ne peut pas manger de Terouma - c'est la rigueur des vivants.
Il en ressort que dans les deux cas - "lo tokhal biterouma", car on est rigoureux tant sur la possibilité qu'il soit vivant que sur la possibilité qu'il ne soit plus en vie.
En résumé : dans cette michna, nous avons étudié les trois choses que Rabbi Elazar ben Perata a énoncées devant les Sages et qu'ils ont confirmées : une ville encerclée par un siège, un navire qui lutte contre la mer et celui qui va être jugé - qui sont présumés vivants ; et à l'inverse, une ville déjà conquise par le siège, un navire qui a coulé et celui qu'on conduit à l'exécution - à leur sujet on applique la rigueur des vivants et la rigueur des morts, et c'est pourquoi la fille d'Israël mariée à un kohen et la fille de kohen mariée à un Israël ne mangeront pas de Terouma.