Halla, chapitre 4, michna 10. Dans le traité Chevi'it, nous avons appris que l'on n'apporte pas de Terouma de l'étranger vers la terre d'Israël, et la loi est identique concernant la Halla. Notre michna rapporte trois cas dans lesquels des dons furent apportés de manière non conforme, et où on ne les accepta pas.
Le premier cas - Nataï, homme de Tekoa :
"Nataï ich Tekoa hévi 'hallot miBétar, velo kiblou mimeno" - Nataï, un homme de la ville de Tekoa, apporta des 'hallot de Bétar. Il ne s'agit pas de la Bétar située en terre d'Israël, mais d'une ville portant ce nom à l'étranger. C'est pourquoi on n'accepta pas de lui ces 'hallot, car on n'apporte pas de Halla de l'étranger vers la terre d'Israël.
Le deuxième cas - les gens d'Alexandrie :
"Anché Alexandria hévi'ou 'hallotam méAlexandria, velo kiblou méhem" - les gens d'Alexandrie, en Égypte, apportèrent leurs 'hallot d'Alexandrie, et d'eux non plus on n'accepta pas.
Que faire de ces 'hallot apportées de l'étranger ?
Les manger : impossible, car elles ont contracté la toum'a de la terre des nations, qui est l'impureté existant hors de la terre d'Israël.
Les brûler : impossible, car la toum'a de la terre des nations n'est pas connue de tous, et l'on craint que ceux qui voient ne disent que l'on brûle ici une Halla pure.
Les renvoyer à l'étranger : impossible, car on dirait : nous avons vu de la Terouma sortir de la terre d'Israël vers l'étranger, chose qui n'est pas permise.
C'est pourquoi on les laissait jusqu'à la veille de Pessa'h, et on les brûlait avec le 'hamets.
Des Bikourim apportés avant Atséret :
"Anché Har Tsevoïm hévi'ou bikouréhem kodem la'Atséret, velo kiblou méhem" - un autre cas semblable, qui ne concerne pas la Halla mais des gens ayant apporté un don hors de son temps : les gens de Har Tsevoïm apportèrent leurs Bikourim, c'est-à-dire leurs premiers fruits, avant la fête de Chavouot, et on ne les accepta pas.
Quelle en est la raison ? Il est dit dans la Torah : "Ve'hag hakatsir bikouré ma'assékha achèr tizra bassadé". Le verset se réfère à la fête de Chavouot, qui est la fête de la moisson, et qui est "bikouré ma'assékha" - les prémices du fruit de ton labeur que tu as semé dans le champ. Chavouot est le premier moment où l'on apporte les fruits nouveaux ; les Bikourim sont offerts à partir de Chavouot et au-delà, mais pas avant, et c'est pourquoi on ne les accepta pas.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris trois cas dans lesquels on n'accepta pas les dons : des 'hallot que Nataï, homme de Tekoa, apporta de Bétar, à l'étranger ; des 'hallot que les gens d'Alexandrie apportèrent d'Égypte - et puisqu'il était impossible de les manger, de les brûler ou de les renvoyer, on les laissait jusqu'à la veille de Pessa'h et on les brûlait avec le 'hamets ; et des Bikourim que les gens de Har Tsevoïm apportèrent avant Atséret, hors de leur temps.