Haguiga, chapitre 3, michna 7. A la fin de la michna précédente, nous avons appris que pendant la fête, au cours des jours de la fête, tous les ignorants (amei haaretz) étaient considérés comme des «haverim», et étaient dignes de foi concernant la pureté et l'impureté, même pour la Terouma. Toutefois, cette fiabilité ne valait que pendant le jour de fête lui-même ; une fois la fête passée, ils ne sont plus dignes de foi. De là surgit la question : quel est le statut des choses qui ont été ouvertes et que les ignorants ont touchées pendant la fête, une fois celle-ci terminée ?
"Hapoteah ète 'havito vehamathil be'issato al gav haréguel" :
La michna traite de celui qui a ouvert un tonneau afin de vendre du vin à Jérusalem, et qu'à cause de la fête les ignorants y ont touché, ainsi que de celui qui a commencé à préparer sa pâte à cause de la fête et que les ignorants y ont touché. Pendant la fête, ils sont dignes de foi, et tout est considéré comme pur. La question est de savoir quel est le statut des restes, le vin resté dans le tonneau et la pâte restée, une fois la fête passée.
Rabbi Yehouda dit : "yigmor" - il lui est permis d'achever et de conserver ce qui reste dans sa pureté même après la fête. La Guemara explique la raison : si nous ne lui permettions pas d'achever et de conserver la chose comme pure après la fête, personne n'accepterait de commencer du tout, ce qui provoquerait une pénurie d'approvisionnement pour les pèlerins venus à Jérusalem y séjourner pendant la fête.
"Va'hakhamim omrim : lo yigmor" - les Sages sont en désaccord avec Rabbi Yehouda et estiment qu'une fois la fête passée, on ne considère plus ce qui reste comme présumé pur.
La pureté de la 'azara (parvis) après la fête :
La suite de la michna rapporte un fait historique et une consigne pratique dans le Temple : "Miché'avar haréguel hayou ma'avirin al taharat ha'azara" - on retirait les ustensiles du Temple de leur place afin de les immerger dans un mikvé. La raison en est la suivante : les ignorants avaient touché les ustensiles pendant la fête, et pendant la fête cela ne posait pas de problème ; mais une fois la fête passée, les ustensiles sont considérés comme impurs rétroactivement, et il faut donc les immerger dans un mikvé et les purifier.
Quand accomplissait-on ce processus de "ma'avirin al taharat ha'azara" ?
"'Avar haréguel beyom chichi - lo hayou ma'avirin mipné kevod haChabbat" : lorsque le dernier jour de la fête tombait un jeudi et que le lendemain de la fête (issrou 'hag) tombait un vendredi, on ne procédait pas à la purification de la 'azara le vendredi, par respect pour le Chabbat, car les kohanim étaient occupés aux préparatifs du Chabbat et aux besoins de leur maison ; c'est pourquoi on repoussait la purification des ustensiles jusqu'après le Chabbat.
Rabbi Yehouda dit : même lorsque le dernier jour de la fête tombait un mercredi et que le lendemain de la fête tombait un jeudi, on ne procédait pas à la purification, car même alors les kohanim n'étaient pas disponibles : ils étaient occupés à retirer les cendres qui s'étaient accumulées sur l'autel, un travail qui prenait du temps ; et le vendredi ils étaient de nouveau accaparés par les préparatifs du Chabbat. Il en ressort que la purification des ustensiles était repoussée jusqu'après la sortie du Chabbat.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris la loi de celui qui ouvre son tonneau et commence sa pâte à cause de la fête - s'il lui est permis d'achever et de conserver le reste en pureté même après la fête (Rabbi Yehouda) ou non (les Sages), ainsi que l'ordre de la purification de la 'azara après la fête : l'immersion des ustensiles que les ignorants ont touchés, et le report de la purification par respect pour le Chabbat et à cause de l'occupation des kohanim au retrait des cendres de l'autel.