Nous étudions ici la michna 6 du chapitre 3 du traité Haguiga, qui traite de la crédibilité des amei haaretz en matière de pureté : la crédibilité des collecteurs d'impôts et des voleurs qui restituent leur larcin, ainsi que la crédibilité des amei haaretz à Jérusalem.
"Hagabaïn chénikhnessou letokh habayit" :
Les gabaïm étaient des juifs qui percevaient les impôts au nom du pouvoir, et comme ils étaient des amei haaretz, tout objet qu'ils touchaient risquait d'être considéré comme impur. Ces collecteurs entraient dans les maisons privées des gens, et le but de leur venue était de prendre un gage pour les impôts dont ces personnes étaient redevables.
À leurs côtés, la michna mentionne un autre groupe : "vékhén hagananvim chéhèhziru èt hakélim" - des voleurs qui avaient dérobé des ustensiles, puis avaient fait techouva et venaient restituer ces ustensiles à leurs propriétaires.
Concernant ces deux groupes, la michna énonce : "néémanin lomar lo naga'nou" - les collecteurs ont certes touché les ustensiles qu'ils ont pris en gage, mais pour tout autre ustensile qu'ils n'ont pas pris, ils sont dignes de foi lorsqu'ils affirment qu'ils ne l'ont pas touché, et ces ustensiles demeurent présumés purs.
Quant aux voleurs qui restituent les ustensiles, il est certain qu'ils ont touché les ustensiles eux-mêmes. Cependant, lorsqu'il s'agit d'ustensiles en terre cuite, qui ne contractent pas l'impureté par leur face externe, ils sont dignes de foi lorsqu'ils affirment n'avoir touché que l'extérieur des ustensiles et non leur intérieur.
"Ouviyerouchalayim néémanin al hakodèch" :
À Jérusalem même, les amei haaretz étaient dignes de foi même en ce qui concerne le kodèch, et en réalité tout particulièrement à son égard, car en matière de kodèch on veillait à s'assurer qu'il reste dans sa pureté.
La Guemara rapporte une braïta qui explique qu'à Jérusalem les amei haaretz étaient dignes de foi pour tous les ustensiles en terre cuite, qu'ils soient grands ou petits, lorsqu'ils affirmaient qu'ils étaient purs pour le kodèch. Dans la michna précédente, nous avons appris qu'à partir de la ville de Modiin et vers l'intérieur, les amei haaretz étaient dignes de foi pour les ustensiles en terre cuite, mais uniquement pour les petits ustensiles en terre cuite. Notre michna traite de Jérusalem même, qui se trouve elle aussi dans la zone à partir de Modiin et vers l'intérieur, et où ils étaient dignes de foi pour tous les ustensiles en terre cuite.
La raison en est la suivante : on ne fabriquait pas d'ustensiles en terre cuite à Jérusalem, car on ne voulait pas y allumer les fours à cause de la pollution qu'ils causaient. De ce fait, les ustensiles en terre cuite n'y étaient pas abondants, alors qu'ils étaient nécessaires pour les korbanot. C'est pourquoi on a fait preuve d'une indulgence particulière et l'on a accordé foi aux amei haaretz à l'intérieur de Jérusalem même concernant l'usage de tous les ustensiles en terre cuite.
"Ouvich'at haréguèl af al haterouma" :
Au moment de la fête - à Pessah, à Chavouot et à Souccot - les amei haaretz à Jérusalem étaient dignes de foi même en ce qui concerne la Terouma, et non seulement en ce qui concerne le kodèch.
En résumé : dans cette michna, nous avons appris que les collecteurs d'impôts et les voleurs qui restituent les ustensiles sont dignes de foi lorsqu'ils affirment qu'ils n'ont pas touché les autres ustensiles, et que pour les ustensiles en terre cuite ils sont dignes de foi lorsqu'ils affirment n'avoir touché que l'extérieur ; qu'à Jérusalem les amei haaretz sont dignes de foi pour le kodèch et pour tous les ustensiles en terre cuite, car on n'y fabriquait pas d'ustensiles en terre cuite ; et qu'au moment de la fête, leur crédibilité s'étend même à la Terouma.