Haguiga, chapitre 1, michna 7. Dans la michna précédente, nous avons appris que celui qui n'a pas apporté ses sacrifices de fête pendant l'un des jours de la fête ne peut plus les compléter par la suite et a manqué son temps ; à ce propos, la michna a cité le verset de Kohélet : "Ce qui est courbé ne pourra être redressé, et ce qui manque ne pourra être compté." Dans notre michna sont apportées d'autres interprétations de ce même verset, qui le rapportent à des sujets tout à fait différents.
Rabbi Chimon ben Menassia dit :
"Ezehou meavat cheeino yakhol letaken ? Zé haba al haerva vehalid mimena mamzer" - Quel est le tort qui ne peut être redressé ? Celui qui a eu une relation avec une femme interdite et en a engendré un mamzer. Celui qui a eu une relation avec une femme qui lui est interdite et dont naît un mamzer a causé une distorsion sans remède. Le mamzer ne peut épouser une fille d'Israël ; et même s'il épouse une mamzeret, ce qui lui est permis, naîtront de lui d'autres mamzerim.
La michna oppose ces propos à d'autres transgressions : "Im tomar begonev vegozel, yakhol hou lehahaziro veyetaken" - Si tu parles du voleur et du brigand, il peut restituer et réparer. Le voleur et le brigand, bien que leurs actes soient graves, ont la possibilité de rendre l'objet et de réparer ce qu'ils ont abîmé. Mais celui qui a engendré un mamzer a introduit dans le monde une réalité nouvelle qu'il n'est pas en son pouvoir d'annuler.
Rabbi Chimon ben Yohaï dit :
"Ein korin meavat ela lemi chehaya metoukan batehila venitaavet" - On n'appelle 'courbé' que ce qui était droit et en ordre au départ, et qui ne s'est courbé qu'ensuite. On n'emploie le terme 'meavat' que pour une chose qui était droite et en ordre dès le départ, et qui seulement par la suite s'est tordue. "Veeizé ? Zé talmid hakham haporesh min hatorah" - Et lequel ? C'est le talmid hakham qui se détourne de la Torah. Un talmid hakham qui était droit et en ordre, et qui s'est détourné de l'étude de la Torah, que le Miséricordieux nous en préserve. C'est lui qui devient 'courbé', et c'est là "ce qui est courbé et ne pourra être redressé" - à moins qu'il ne fasse techouva.
En résumé : dans cette michna, deux interprétations supplémentaires du verset "ce qui est courbé ne pourra être redressé" ont été enseignées : selon Rabbi Chimon ben Menassia, il s'agit de celui qui a eu une relation avec une femme interdite et en a engendré un mamzer, qui n'a pas le pouvoir de ramener la situation à son état antérieur, à la différence du voleur et du brigand qui peuvent restituer et réparer ; et selon Rabbi Chimon ben Yohaï, on n'emploie le terme 'courbé' que pour celui qui était en ordre et s'est courbé, à savoir le talmid hakham qui se détourne de la Torah, dont le remède réside dans la techouva.