Bikourim, chapitre 3, michna 9. Cette michna traite des ornements des Bikourim, à savoir des éléments ajoutés pour parer les Bikourim, et de la question de savoir dans quelle mesure ils doivent suivre la même loi que les Bikourim eux-mêmes.
Deux avis dans la michna :
"Meatrin ète haBikourim 'houts michivat haminim" - selon le premier avis, il est permis de parer les Bikourim même avec des fruits qui ne font pas partie des sept espèces.
Rabbi Akiva : "Ein meatrin ète haBikourim èla michivat haminim" - Rabbi Akiva n'est pas de cet avis et estime que l'ornementation ne se fait qu'avec des fruits des sept espèces, exactement comme les Bikourim eux-mêmes.
L'ornementation se faisait, comme cela a été mentionné précédemment, avant d'entrer à Jérusalem : on embellissait les Bikourim et on les décorait de beaux fruits, afin qu'ils apparaissent sous leur meilleur jour. Selon le premier avis, on pouvait utiliser à cette fin même des pommes, des oranges et autres fruits semblables, qui ne comptent pas parmi les sept espèces.
La raison de Rabbi Akiva :
Le Yerouchalmi explique que Rabbi Akiva a institué un décret, afin qu'on n'en vienne pas à se tromper au sujet de l'ornementation à cause des Bikourim eux-mêmes : si quelqu'un apporte des ornements de Bikourim provenant d'espèces qui ne font pas partie des sept espèces, ceux qui les voient pourraient penser que même les Bikourim eux-mêmes sont apportés de fruits qui ne font pas partie des sept espèces.
Pour cette même raison, Rabbi Akiva estimera que l'on ne fait les ornements des Bikourim qu'avec des fruits de la terre d'Israël, car la terre d'Israël est le seul endroit d'où l'on apporte des Bikourim.
En résumé : dans cette michna, les Tannaïm sont en désaccord sur la loi des ornements des Bikourim : selon le premier avis, on pare même avec des fruits qui ne font pas partie des sept espèces, et selon l'avis de Rabbi Akiva, uniquement avec des fruits des sept espèces, de crainte que l'on ne se trompe en disant que même les Bikourim eux-mêmes proviennent d'autres espèces. Pour cette même raison, il est requis que les ornements soient précisément constitués de fruits de la terre d'Israël.