Berachot, chapitre deux, michna 4. La michna traite des ouvriers occupés à leur travail au moment où arrive l'heure de la récitation du Chema :
"Haoumanine korine beroch haïlane o beroch hanidbach" :
Les artisans, c'est à dire les ouvriers, ont le droit de réciter le Chema à l'endroit où ils se tiennent, et même tout en étant occupés à leur travail :
"Beroch haïlane" - alors qu'ils se tiennent en haut de l'arbre et font leur ouvrage.
"Beroch hanidbach" - en haut de la rangée de pierres du mur qu'ils construisent.
Ces deux endroits sont des lieux dangereux, et l'ouvrier doit prêter grande attention à son travail, ce qui rend difficile sa concentration lors de la récitation du Chema. Néanmoins, puisque l'obligation d'intention (kavana) dans le Chema ne porte que sur le premier verset, ils sont tenus de réciter le Chema même en se tenant à ces endroits.
"Ma cheène rachaïne laassot kène betefila" :
Pour la prière de la Amida (Chemoné Essré), cela n'est pas possible. Dans la Chemoné Essré, l'intention est requise tout au long de la prière, ainsi que l'attention au contenu des mots, car elle est tout entière une demande de miséricorde devant le Saint béni soit-Il. Il n'est donc pas possible de la dire à ces endroits, et l'ouvrier doit descendre de sa place pour prier.
En résumé : le Chema peut être récité sur le lieu de travail, en haut de l'arbre ou en haut de la rangée de pierres, car l'intention n'est requise que pour le premier verset ; en revanche, la prière de la Chemoné Essré, qui est tout entière une demande de miséricorde et exige l'intention du début à la fin, ne s'y dit pas, et il faut descendre du lieu de travail pour la réciter.