Beitsa, chapitre 5, michna 1. Cette michna tourne autour de la notion d'effort pénible : nos Sages n'ont pas voulu qu'une personne se donne un mal excessif pendant Yom Tov, car c'est un temps destiné au repos, et c'est pourquoi ils ont interdit de nombreuses actions fatigantes.
La michna traite du cas d'un homme dont les fruits sont posés à sécher sur le toit de sa maison, et qui sent que la tempête approche et que la pluie est sur le point de tomber. Comme il ne veut pas que les fruits soient endommagés, il souhaite les faire rentrer dans la maison. Il s'agit d'un cas où il existe une ouverture dans le toit (une lucarne) par laquelle on peut aisément jeter les fruits à l'intérieur de la maison.
"Machilin pérot dérekh aroubah beyom tov, aval lo bechabbat":
Il est permis de faire descendre les fruits par la lucarne, cette ouverture du toit, pendant Yom Tov. Pour Yom Tov les Sages ont été indulgents, mais pas pour Chabbat.
La particularité de la lucarne est que jeter les fruits par elle est plus facile que de les faire passer par une fenêtre. Si l'entrée dans la maison se faisait par une fenêtre fixée dans le mur proche du toit, l'homme devrait soulever les fruits et les introduire dans la fenêtre, alors que vers la lucarne il suffit de les pousser. C'est pourquoi la michna n'a autorisé que cette voie, car les faire rentrer par la fenêtre constitue un effort excessif au-delà du permis.
"Oumékhassin pérot bekhélim mipné hadélef":
Ici aussi il s'agit de protéger de la pluie : des fruits posés à l'intérieur de la maison, avec une goutte qui suinte du toit sur eux. Il est permis de les couvrir avec des récipients, et cela ne constitue pas un effort excessif. Bien plus, même si les fruits étaient tével et donc mouktsé, il est permis de déplacer un récipient afin de protéger une chose qui est mouktsé.
"Vékhén kli yayin oukhli chémen" - la même règle s'applique aussi aux jarres de vin et aux jarres d'huile, dont il ne veut pas que la pluie y tombe, même si elles sont tével.
"Vénotnin kli tahat hadélef bechabbat":
Il est permis de poser un récipient sous la goutte pour recueillir l'eau de pluie qui suinte dans la maison, et cela même pendant Chabbat et non seulement pendant Yom Tov. Dans les autres cas la michna traitait de ce qui est permis pendant Yom Tov, tandis qu'ici l'autorisation s'étend même à Chabbat. Il est aussi permis de vider l'eau lorsque le récipient se remplit, à condition que l'eau soit propre à l'usage, c'est-à-dire propre à la consommation. Une eau claire de ce genre, on peut la boire ou même s'y laver.
Mais une eau qui n'est pas propre à l'usage, non seulement on ne la remplace ni ne la vide, mais il est même interdit de poser le récipient sous la goutte pendant Chabbat dès le départ. Cette règle, nous l'avons déjà apprise dans le traité Chabbat : on ne doit pas laisser une chose mouktsé pénétrer dans un récipient pendant Chabbat de telle manière qu'on ne puisse plus déplacer le récipient. C'est comme si l'on fixait le récipient à sa place, et nos Sages l'ont interdit par décret rabbinique.