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Beitsa Chapitre 4, Michna 7: produire du feu, cuire des tuiles, et le mouktsé

"Ein motsiin et haech" :

La michna établit qu'on ne produit pas de feu à Yom Tov, c'est à dire qu'on ne peut allumer un feu nouveau. Quatre procédés sont mentionnés dans la michna :

  • Min haetsim - à partir du bois : en frottant des bâtons l'un contre l'autre.

  • Min haavanim - à partir des pierres : en frottant des pierres l'une contre l'autre jusqu'à en faire jaillir une étincelle.

  • Min heafar - à partir de la terre : une terre dure capable de produire du feu, contenant peut-être certaines substances chimiques.

  • Min hamayim - à partir de l'eau : on avait coutume de mettre de l'eau dans un verre, à la manière d'une loupe, et au moyen des rayons du soleil on enflammait ainsi quelque chose.

La raison de l'interdiction relève de molid (produire) : dès lors que cela ressemble à la création d'une chose nouvelle, cela apparaît comme un travail, et les Sages l'ont interdit. Il n'est permis de prendre du feu qu'à partir d'un feu déjà existant.

"Veein massikin et hareafim litslot bahen" :

La Guemara explique qu'il s'agit de tuiles neuves. Les chauffer et les blanchir lorsqu'elles sont neuves - le blanchiment signifiant les rendre incandescentes et blanches sous l'effet de la chaleur - constitue une forme de finition de l'ustensile (tikoun keli), car c'est l'étape finale de leur fabrication. Pour cette raison il est interdit de les chauffer à Yom Tov, puisqu'on les parachève ainsi.

L'indulgence de Rabbi Éliézer concernant le mouktsé :

Rabbi Éliézer, dont l'avis a déjà été rapporté dans la michna précédente au sujet de prendre un cure dent pour se curer les dents, est mentionné aussi dans notre michna pour une indulgence supplémentaire, une indulgence en matière de mouktsé. Il convient de souligner que le mouktsé désigné ici n'est pas la notion connue d'une chose mise à l'écart par la volonté de l'homme et qu'on ne peut déplacer à Yom Tov, mais un nom de lieu : l'espace où l'on étalait les figues et les raisins pour qu'ils sèchent.

Selon Rabbi Éliézer, un homme se tient près du mouktsé la veille de Chabbat pendant l'année de la Chemita et dit : "Mikan oumikan ani okhel lemahar" - de cette zone ci et de cette zone là je prendrai pour manger demain, quand les fruits seront secs et propres à la consommation. Une préparation par cette déclaration générale suffit, selon lui.

Pourquoi la michna a t elle choisi précisément la veille de Chabbat de l'année de la Chemita ? Parce que dans les autres années, les fruits posés dans le mouktsé pour sécher n'ont pas encore été prélevés de leurs terouma et maasserot, et ne sont donc pas prêts à être mangés, et il est impossible d'en prélever la terouma et les maasserot le Chabbat ou à Yom Tov. C'est pourquoi il s'agit de l'année de la Chemita, où il n'y a pas d'obligation de prélever la terouma et les maasserot, et le seul problème restant est le besoin de les identifier à l'avance comme des fruits qu'il a l'intention de manger à l'entrée du Chabbat.

Et la raison de la nécessité de cette préparation : dès lors que l'homme les a posés dans le mouktsé avant Chabbat pour qu'ils sèchent, il les a écartés de la consommation. C'est pourquoi il doit annuler cette mise à l'écart et les identifier comme des fruits qu'il a l'intention de manger, et alors ils ne sont plus mouktsé.

Les Sages sont en désaccord et disent : "Ad chéyirchom veyomar : mikan vead kan" - jusqu'à ce qu'il identifie effectivement les fruits qu'il a l'intention de manger. Une déclaration générale ne suffit pas, à la manière dont l'a enseigné Rabbi Éliézer, à savoir que quelque part dans ce mouktsé il mangera demain.

Et certains disent que le point de désaccord entre Rabbi Éliézer et les Sages porte sur la question de savoir si l'on dit 'yech beréra' (il y a détermination rétroactive) : peut on dire que le fruit qu'il prendra finalement est celui dont il s'avère rétroactivement qu'il avait l'intention de le manger dès le départ ? Les Sages estiment que la chose ne se détermine pas rétroactivement, mais qu'il faut identifier avant Chabbat quels fruits ne sont plus mouktsé et sont destinés à la consommation.