Michna 7. Dans cette michna également, nous revenons aux conduites et aux paroles de Rabban Gamliel. Dans la michna précédente, nous avons énuméré trois rigueurs qu'il adoptait conformément aux paroles de Beth Chammaï, et en regard de celles-ci, Rabban Gamliel a énoncé trois choses qu'il convient d'alléger à Yom Tov.
"Mekhabdin ben ha-mitot" :
Les lits mentionnés ici sont les lits d'accoudement, sur lesquels on avait coutume dans les temps anciens de prendre ses repas. Le balayage se faisait sur un sol de terre battue, d'où la crainte : le balayage risque de niveler des creux, les cavités du sol se rempliraient et s'égaliseraient, et cela relèverait alors du travail de construction à Yom Tov.
Toutefois, Rabban Gamliel a établi que cette crainte concerne le balayage de toute la maison, et non pas seulement le balayage entre les lits. En effet, comme il s'agit d'un espace restreint, balayé uniquement pour que la poussière ne s'accumule pas sur ceux qui sont attablés, on peut supposer qu'il ne s'y trouve pas de creux nécessitant un nivellement. Car on y balayait régulièrement, chaque jour, et de ce fait les cavités de cet endroit étaient déjà nivelées durant les jours ordinaires, et il est rare que l'on y trouve des creux à Yom Tov. C'est pourquoi il a permis la chose.
"Ou-manihin et ha-mougmar be-Yom Tov" :
La deuxième permission consiste à prendre de l'encens et à le déposer sur des braises à Yom Tov afin de faire monter de la fumée. Le principe en la matière est que l'on ne permet pas un plaisir lié à un travail, à moins qu'il ne s'agisse d'un plaisir dont tout le monde profite ; mais une chose propre à certaines personnes raffinées seulement, on ne la permet pas. Les Sages estimaient que faire brûler l'encens parfumé ne fait pas partie des plaisirs permis, tandis que Rabban Gamliel a établi qu'il s'agit d'un plaisir courant et répandu, et il l'a donc permis à Yom Tov.
"Ve-ossin guedi mekoulas be-lelé Pessahim" :
Cette loi, bien qu'elle survienne à Yom Tov, ne concerne pas les lois de Yom Tov en elles-mêmes, mais le sujet du sacrifice pascal. Le 'mekoulas' est un agneau ou un jeune chevreau rôti entier, et Rabban Gamliel a permis de le préparer la nuit de Pessah, même en dehors de Jérusalem, bien que ce ne soit nullement un sacrifice.
La crainte des Sages était celle de l'apparence des choses, à savoir que cela semble comme si l'on sacrifiait et mangeait des offrandes consacrées à l'extérieur, en dehors de Jérusalem, ce qui constitue bien entendu un problème grave. Mais Rabban Gamliel a permis, car puisqu'il ne s'agit nullement d'offrandes consacrées, il n'y a pas lieu de craindre l'apparence d'offrandes consacrées à elle seule.
En résumé : sur ces trois questions, les Sages étaient en désaccord avec lui, "ve-hakhamim ossrin" : on ne balaie pas, même entre les lits, on ne dépose pas l'encens sur les braises à Yom Tov, et on ne prépare pas de chevreau mekoulas les nuits de Pessah.