La deux cent troisième "chambre" dans le palais du Hayom Yom.
Vendredi 15 Sivan 5703.
Cours : 'Houmach, Behaalotecha, Chichi, avec le commentaire de Rachi.
Tehillim, pour le 15 du mois, on récite deux chapitres - le chapitre 77 et le chapitre 78.
Tanya, ce jour-là on termine le chapitre 4 du "Chaar HaYi'houd VehaEmounah". Le cours commence au début des parenthèses, par les mots "Vehineh be'hinat", à la page 158, et se termine sur la même page à la fin du chapitre, par le mot "leyodeihem".
La source de l'enseignement quotidien se trouve dans une lettre écrite par le Rabbi Rayatz au mois de Sivan 5681. Le Rabbi Rayatz y détaille les différentes étapes du développement de la manière dont Admour Hazaken disait la Torah et la chassidus, par rapport à la manière de son fils, Admour Haemtzai, ou du Tzemach Tzedek. Chez Admour Haemtzai et le Tzemach Tzedek, les Maamarim étaient généralement tous d'un style similaire, et s'il y avait des directives particulières pour certains 'hassidim, elles étaient généralement transmises en ye'hidout. Mais chez Admour Hazaken, il y avait différents styles dans ses Maamarim, de sorte, comme l'écrit le Rabbi Rayatz, que chaque 'hassid trouvait dans son avodah le contenu spécifique qui lui convenait. C'est-à-dire qu'il y avait différents styles dans la transmission de la Torah par Admour Hazaken, et ici le Rabbi Rayatz détaille toutes les étapes, ainsi que le nom donné à chaque étape.
Voici ce qu'il dit : "Au début, notre grand maître prononçait des Drouchim très courts, qui bouleversaient le cœur et enflammaient grandement, et ils étaient appelés du nom de Derachim". La première étape s'appelle "Derachim". Ce style est similaire à presque toutes les paroles que nous avons des grands maîtres de la chassidus, depuis le Baal Shem Tov : des idées très concentrées, écrites en quelques mots, percutants et courts, qui impressionnent beaucoup celui qui les lit et les étudie - selon ses mots ici, "qui bouleversaient le cœur et enflammaient grandement". Quelque chose de court et précis. C'était le style du Baal Shem Tov et de ses élèves, et tel fut aussi au début le style des paroles de Torah d'Admour Hazaken, qui fut appelé "Derachim".
Ensuite, il continue : "Ensuite, ils furent appelés Igrot et ils sont plus longs". Ici commençait déjà à s'exprimer la singularité de la Torah de 'Habad - le fait que l'on transmet les choses et que l'on cultive la compréhension et l'intellect de l'étudiant. Dans les Igrot, il s'agit d'une idée spécifique, détaillée et expliquée de manière très approfondie, et il n'est pas nécessaire d'être doté de sens particuliers pour saisir le sujet - comme c'était le cas pour les "Derachim", le niveau précédent, où il fallait une sensibilité spéciale pour capter la profondeur de la courte parole - mais même une personne sans facultés particulièrement développées peut comprendre le sujet expliqué. Cependant, ce n'était pas encore une voie propre uniquement à Admour Hazaken ; on peut trouver un style similaire dans les écrits de Torah de plusieurs Admourim de la chassidus de cette époque - par exemple dans le "Kedoushat Levi" de Rabbi Levi Yits'hak de Berditchev, et dans le "Noam Elimelech" de Rabbi Elimelech de Lijensk - où l'on trouve également un point spécifique expliqué plus en détail. Chez Admour Hazaken, cela s'appelait "Igrot". C'est la deuxième étape.
Il poursuit : "Ensuite, cela a évolué vers ce qu'on appelait Torot, qui sont les racines des Drouchim dans Torah Or et dans Likkutei Torah". La troisième étape s'appelle "Torot". Qu'est-ce qui a changé ici par rapport aux "Igrot" précédentes ? Il ne s'agit plus ici d'une seule idée expliquée en détail, mais de plusieurs idées, qui forment même un vaste ensemble visant à expliquer plusieurs sujets - l'un se comprenant par l'autre, et l'un renforçant l'autre - comme on peut le trouver dans le style des Maamarim de Likkutei Torah et Torah Or ["pour comprendre ce sujet, introduisons un autre sujet", et "ceci renforcera cela", etc.]. C'est déjà une structure beaucoup plus large que les "Igrot", et à plus forte raison que les "Derachim". C'est l'étape spéciale appelée "Torot".
Puis vient la fin du passage : "Ensuite, ils furent un peu plus longs et appelés Ktavim, consistant en une explication avec une large compréhension de façon proportionnée". La quatrième étape est "Ktavim". Quelle est leur singularité ? On y voit déjà de manière frappante tout ce qui est impliqué dans la Torah de 'Habad. Il s'agit de livres entiers qui prennent un seul sujet et l'éclaircissent sous tous les angles et de toutes les manières, en détail, dans un exposé long, complet et très détaillé. C'est quelque chose d'unique qui n'a aucun équivalent chez aucun des autres élèves de la chassidus du Baal Shem Tov. C'est la partie principale appelée "Ktavim", chez Admour Haemtzai. Chez Admour Hazaken lui-même, il y avait dès le départ ce style de "Ktavim", et de même certainement chez les Rebbeim qui ont suivi. Et c'est ainsi que nous avons appris ici le développement de ces choses chez Admour Hazaken à travers ces quatre étapes.