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29 Shevat

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La soixante-neuvième "chambre" dans le palais du Hayom Yom.

Jeudi 29 Shevat 5703.

Cours : 'Houmach, Michpatim, chamichi, avec le commentaire de Rachi.

Tehilim, 29 du mois, du chapitre 140 jusqu'au chapitre 144 inclus.

Tanya, nous sommes encore au chapitre 25. Le cours quotidien va du mot "beyi'houd" jusqu'à la page 32, qui se termine par les mots "comme il est écrit ailleurs".

La source de la parole du jour se trouve dans une si'ha dite par le Rabbi Rayatz. Introduisons quelques mots de contexte qui sont racontés dans la source avant l'apparition de cette parole. Il est rapporté ce que le Rabbi Rachab a raconté au sujet de son père, le Rabbi Maharach : lorsque le Maharach eut l'âge de la bar mitsva, treize ans, son père, le Rabbi Tsema'h Tsedek, lui donna comme directive de commencer à étudier le 'Houmach avec le commentaire du Ramban. Il lui indiqua également de diviser l'étude du Ramban en trois parties réparties sur trois années, au terme desquelles il achèverait tout le 'Houmach avec le commentaire du Ramban. Ensuite, la troisième année, il lui dit d'étudier aussi le commentaire de Even-Ezra.

Et qu'en est-il de Rachi ? À ce sujet, le Rabbi Rayatz dit que le commentaire de Rachi, il l'étudiait toujours, ce qui signifie que les autres commentaires venaient s'ajouter à Rachi. C'est alors que son père, le Rabbi Tsema'h Tsedek, lui dit au nom de l'Admour Hazaken la parole que nous allons à présent étudier sur la grandeur du commentaire de Rachi.

Qu'a dit l'Admour Hazaken ? "L'Admour Hazaken a dit un jour", en une certaine occasion, que "le commentaire de Rachi sur le 'Houmach est le vin de la Torah". Quel est le sens simple de l'expression "le vin de la Torah" ? Il y a une explication dans les si'hot du Rabbi - comme on le sait, à partir de 5725 le Rabbi a parlé du commentaire de Rachi et expliquait à chaque farbrengen un verset avec le commentaire de Rachi - et le Rabbi explique que "le vin de la Torah" désigne la penimiyout haTorah, ce que l'on appelle "razin deOraïta". Il est clair que Rachi dit avant tout le sens simple, comme Rachi lui-même en témoigne à propos de son commentaire : "je ne suis venu que pour le sens simple du verset", mais en même temps il y a dans le commentaire de Rachi "le vin de la Torah", selon les paroles de l'Admour Hazaken.

Le Rabbi a souligné une fois dans l'une de ses si'hot que, a priori, le commentaire du sod, qui est "le vin de la Torah", et le pchat sont deux extrêmes : le sod est le plus élevé, et le pchat est le plus bas. Et l'on ne dit pas que dans chaque commentaire de Rachi il y a du drouch ou du remez, mais bien que dans chaque commentaire de Rachi il y a du sod.

Le Rabbi a tiré le fondement de cette idée de ce qui est écrit dans le Likoutei Torah de l'Admour Hazaken. Il y est cité le verset : "tout ce qui est appelé par Mon nom et que J'ai créé pour Ma gloire, Je l'ai formé, oui, Je l'ai fait". A priori une question se pose : le verset mentionne le monde de la Beriya, le monde de la Yetsira et le monde de l'Assiya, et qu'en est-il du monde de l'Atsilout, où est-il ? L'Admour Hazaken explique que le monde de l'Atsilout est allusionné dans le mot "af" ("oui", "même"), qui vient inclure : "Je l'ai créé, Je l'ai formé" - Beriya et Yetsira, "oui, Je l'ai fait" - et le mot "af" fait allusion au monde de l'Atsilout.

A priori il y a ici quelque chose d'incompréhensible dans l'ordre des choses, car le monde de l'Atsilout est le monde le plus élevé de tous les mondes, et il ressort ici qu'il est mentionné juste à côté de "Je l'ai fait", à côté de l'Assiya. Mais le Rabbi dit que l'on voit de là que c'est précisément dans l'Assiya que l'on peut recevoir l'Atsilout et s'y relier, et il en va de même dans les quatre parties des commentaires de la Torah : il y a la partie la plus élevée, qui est le sod, et la partie la plus basse, qui est le pchat. Et où peut-on recevoir le sod de la Torah ? Précisément dans le pchat, dans "Je l'ai fait". Tout le commentaire de Rachi est dit dans le pchat, et c'est là la voie pour recevoir le sod, mais on ne voit pas le sod immédiatement. Lorsque tu te tiens devant le commentaire de Rachi sur le 'Houmach, tu vois le pchat ; vois-tu aussitôt également le sod ? Non. Le sod est conforme à son nom : un secret.

Dans une autre si'ha, le Rabbi a dit que cela ressemble au vin, puisque l'expression de l'Admour Hazaken est "le vin de la Torah". Dans une note du Likoutei Si'hot volume 5, dès la toute première page, le Rabbi demande pourquoi on appelle cela "vin", et il explique : de même que le vin se trouve d'abord à l'intérieur des raisins et y est dissimulé, et plus il reste longtemps dissimulé dans les raisins, plus il se bonifie et devient meilleur. Le Rabbi rapporte que c'est pourquoi des raisins qui n'ont pas été correctement foulés, le vin qui en sort n'est pas si fort, parce qu'il ne s'est pas attardé longtemps dans le raisin.

Il en va de même dans le nimchal, pour les secrets de la Torah cachés à l'intérieur du commentaire de Rachi : ils sont cachés à l'intérieur, cachés dans le pchat. Et pour les recevoir, plus tu peines dans le pchat - ce qui est comme le vin qui s'attarde dans le raisin - plus tu peines à comprendre le pchat, plus tu disposes de la voie pour recevoir le vin de la Torah. Et le Rabbi, dans ses si'hot, nous a dévoilé de très nombreuses fois le vin de la Torah contenu dans le commentaire de Rachi.

Poursuivons la parole du jour dans son contexte. Après les mots selon lesquels le commentaire de Rachi sur le 'Houmach est le vin de la Torah, le Rabbi Rayatz explique ce que produit le vin de la Torah, ce que produit le commentaire de Rachi du fait qu'il contient le vin de la Torah. Il y a ici une expression intéressante : "il ouvre le coeur et révèle un amour et une crainte essentiels". Que cela signifie-t-il ? Tout d'abord, dans une autre si'ha du Rabbi Rayatz, la même idée est rapportée dans une version légèrement différente : que cela révèle "un amour et une crainte intérieurs" ; et dans une autre version : que cela révèle "une crainte du Ciel intérieure". Il existe différentes versions, et il y a des explications sur ces variantes, mais ici le Rabbi a choisi la version "révèle un amour et une crainte essentiels".

Que signifie "un amour et une crainte essentiels" ? Dans le sentiment d'amour et de crainte, l'amour de Hachem ou la crainte de Hachem, il y a un amour et une crainte qui naissent à la suite de quelque chose d'extérieur : tu as médité sur un sujet donné, tu as compris et tu t'es éveillé à un sentiment. Il en va de même dans les affaires du monde : une personne s'éveille à un sentiment envers une certaine chose, mais ce n'est pas une part de sa vie, ce n'est pas une chose sans laquelle elle ne peut pas vivre ; c'est simplement parce qu'elle y a réfléchi et a compris que cela lui apporterait un bénéfice qu'elle aime cette chose ; et puisque ce n'est pas une part d'elle-même, que ce n'est pas elle-même, cela peut aussi cesser.

Mais le Juif possède, au plus profond de son âme, dans l'essence de l'âme, un amour pour le Saint béni soit-Il : c'est un amour et une crainte essentiels. Et lorsqu'ils se révèlent, ton amour et ta crainte sont d'une grande force ; ils ne disparaissent pas, car c'est une chose essentielle. Et qu'est-ce qui révèle l'amour et la crainte essentiels du Juif ? La penimiyout haTorah, razin deOraïta, qui est le vin de la Torah. Lorsqu'on étudie le commentaire de Rachi sur la Torah, qu'on se renforce dans le pchat et qu'on révèle le vin qui est à l'intérieur, cela ouvre le coeur et révèle un amour et une crainte essentiels. C'est un cadeau immense que nous avons par ce moyen.

À présent, la parole complète les propos de l'Admour Hazaken. Après avoir fini de parler du commentaire de Rachi sur le 'Houmach, l'Admour Hazaken dit qu'il y a aussi le commentaire de Rachi sur la Guemara, qui est d'une autre nature : le même Rachi, mais un autre sujet et un autre parcours. Et selon les termes de la parole : "le commentaire de Rachi sur la Guemara ouvre le cerveau et révèle une intelligence essentielle". Le commentaire de Rachi sur la Guemara ouvre le cerveau de l'homme et révèle une intelligence essentielle ; dans l'intellect aussi il en est ainsi : il y a un intellect ordinaire, qui est un intellect extérieur - soit l'homme sait et comprend, soit il ne comprend pas ; mais il y a un intellect qui se trouve très profondément dans l'essence de l'âme, la part de 'ho'hma et de bina dans l'essence de l'âme, une part extrêmement profonde. Le commentaire de Rachi sur la Guemara te donne la capacité de révéler les forces intellectuelles essentielles enfouies au plus profond de l'âme de l'homme ; Rachi sur la Guemara donne la voie pour cela.

Il faut bien sûr peiner et être précis dans ses paroles, mais il faut savoir que Rachi sur la Torah et Rachi sur la Guemara sont des cadeaux merveilleux que le Saint béni soit-Il nous apporte par l'intermédiaire du commentaire de Rachi.

Je terminerai en lien avec le cycle d'étude du Rambam. Nous sommes arrivés ici à la fin du Sefer Nachim. Dans le Sefer Nachim nous avons étudié l'allusion pour les Hil'hot Ichout, Guiroushin, Yiboum ve'Halitsa et Naara Betoula, et nous sommes arrivés aux dernières lois qui s'y trouvent : Hil'hot Sota. Comme nous l'avons étudié, si vous vous souvenez de la parole sur les Hil'hot Guiroushin, qui parlait de l'amour qui unit et relie les 'hassidim, on voit que c'est le côté opposé du divorce, le côté spirituel et intérieur de la chose.

Ici aussi, dans les Hil'hot Sota, il y a une allusion au côté opposé. Car la Guemara dit au début du traité Sota : "celui qui voit une sota dans sa dégradation, qu'il s'abstienne du vin" - une personne qui voit une sota doit savoir qu'elle doit s'éloigner du vin, car le vin et la boisson ont causé cette chute. Et ici il est question du côté opposé, positif : de même qu'il existe un vin matériel qui mène, à Dieu ne plaise, à la chute, sache qu'il existe aussi un vin spirituel, un vin positif, un bon vin auquel, au contraire, il faut se relier afin d'atteindre l'intériorité de l'essence de l'âme, et c'est "le vin de la Torah" dont il est question dans la parole du jour, qui correspond à cette partie des Hil'hot Sota où nous nous trouvons.