La cent-quarante-quatrième "pièce" dans le palais du Hayom Yom.
Mardi 15 Nissan, 1er jour de Chag HaMatzot 5703.
Tout d'abord, nous allons examiner le nom de Chag HaMatzot. On aurait pu l'appeler la fête de Pessa'h, mais dans le calendrier du Hayom Yom, le Rabbi indique "Chag HaMatzot". Premièrement, c'est le nom écrit dans la Torah - dans la Torah, la fête est appelée "Chag HaMatzot". Et l'on sait aussi ce que le Rabbi rapporte dans son explication sur la Haggadah au nom de Rabbi Levi Yitzchak de Berditchev, concernant les différents noms de la fête: l'appellation "Chag HaMatzot" est celle que le Saint béni soit-Il utilise dans la Torah, afin de faire l'éloge du peuple d'Israël - car ils sont sortis d'Égypte sans emporter de provisions pour la route, au point que leur pâte n'a même pas eu le temps de lever. Ainsi, l'éloge fait au peuple d'Israël est "Chag HaMatzot"; tandis que nous l'appelons "fête de Pessa'h", car notre volonté est de louer le Saint béni soit-Il qui a sauté sur les maisons de nos ancêtres en Égypte. Mais l'éloge au peuple d'Israël est "Chag HaMatzot".
Dans l'enseignement quotidien, plusieurs points et pratiques liés au Seder sont mentionnés, suivis de l'enseignement, avec au milieu les leçons du jour. Commençons par les pratiques soulignées ici pour la nuit du Seder.
Le premier point: "Pour le maror et la 'hazeret - tant le chrain que la salade". Cela apparaît dans le journal rédigé par le Rabbi lorsqu'il a observé la pratique du Rabbi Rayatz à la fête de Pessa'h dans les années 5691 à 5695: c'est ainsi que procédait le Rabbi Rayatz, lors de la nuit du Seder, pour la consommation du maror et de la 'hazeret, il prenait pour les deux à la fois du chrain et de la salade de laitue. Quel est le point ici? Dans la Michna, il est écrit "maror" et "'hazeret", et ce sont en réalité deux légumes différents: ce qui est appelé "'hazeret" dans la Michna correspond à notre laitue, et ce qui est appelé "maror" correspond au raifort, ce que l'on appelle "chrain". Ce sont deux des six signes présents sur le plateau (ka'ara).
En pratique, dans la Haggadah, on utilise les deux noms - à un endroit il est écrit "maror" et à un autre "'hazeret". Pourquoi ne les appelle-t-on pas par le même nom? Le Rabbi écrit à ce sujet dans ses explications sur la Haggadah, que l'explication repose uniquement sur le Sod: selon le Sod, il y a une allusion dans les lettres de M-R-O-R, et une allusion dans les lettres de H-Z-R-T, et selon la kabbale, le maror est lié au ségol supérieur et la 'hazeret au ségol inférieur, c'est pourquoi leurs noms sont modifiés. Mais en vérité, en pratique, on prend ces deux mêmes composants, tant là où il est écrit "maror" que là où il est écrit "'hazeret". Tel est le premier minag.
La deuxième chose: "Le Kiddouch debout". Comme le Rabbi l'écrit également dans son explication de la Haggadah de Pessa'h, nous avons la coutume de réciter le Kiddouch debout, aussi bien le Chabbat et Yom Tov qu'à Pessa'h. Il y a différentes opinions à ce sujet; certains pensent qu'il faut réciter le Kiddouch précisément assis, car c'est une marque de liberté. Et là aussi, dans le journal du Rabbi de l'année 5695, il a vu le Rabbi Rayatz faire le Kiddouch, et l'a interrogé sur la position debout, et le Rabbi Rayatz lui a répondu: "Chez nous, on a toujours fait le Kiddouch debout".
La troisième chose: "Ha la'hma - le hé avec un tséré". Quelle est l'importance ici? De nombreuses communautés ont l'habitude de dire "Hâ la'hma", le hé avec un kamats; et ici le Rabbi souligne qu'il faut prononcer le hé non pas avec un kamats mais avec un tséré - "Hé la'hma". L'origine de cela se trouve dans les écrits du Arizal, et le Rabbi l'explique très largement dans les Likkoutei Si'hot, volume 1, page 98 et suivantes jusqu'à la fin de la si'ha. Lorsque Yossef haTzaddik a dit aux Égyptiens "Hé la'khem zera", il a ainsi ajouté de la vitalité dans les klipot, et la réparation (tikkoun) se fait lorsque nous disons "Hé la'hma" dans le même langage. Et comme le Rabbi l'explique longuement dans cette si'ha, dans tout ce passage se trouve une directive sur la façon de réparer l'action de Yossef. Il convient d'étudier la si'ha dans le texte et de voir comment le Rabbi explique la suite du sujet; mais l'allusion réside dans le fait que l'on commence précisément par un hé avec un tséré, pour souligner, comme il est écrit dans le Arizal, que cela vient réparer le hé de Yossef haTzaddik.
Le point suivant dans les pratiques: "Lors de la bénédiction pour la consommation du maror, on a l'intention d'inclure également le maror du kore'h". Que signifie cela? Il y a une divergence d'opinions entre les Sages et Hillel sur la façon de manger la matsa et le maror - doit-on manger chacun séparément, la matsa seule et le maror seul, ou bien les enveloppe-t-on ensemble pour les manger ensemble, comme le faisait Hillel (à l'époque du Temple, avec le sacrifice de Pessa'h). Et puisqu'il y a une divergence, nous avons la coutume de manger à la fois selon l'avis des Sages - chacun séparément, et à la fois selon l'avis de Hillel - enveloppés ensemble dans le kore'h.
Seulement, lorsqu'on récite la bénédiction de la matsa et la bénédiction du maror mangés chacun séparément, il est écrit dans le Choul'han Aroukh que ces bénédictions sont censées inclure également ce qui sera mangé par la suite dans le kore'h. Autrement dit, lors de la bénédiction de la matsa, il faut avoir l'intention d'inclure la matsa qui sera mangée ensuite dans le kore'h, et lors de la bénédiction du maror, il faut avoir l'intention d'inclure le maror qui sera mangé plus tard dans le kore'h. Dans la Haggadah elle-même, lorsque l'Admour Hazaken indique les pratiques, il mentionne seulement le fait qu'il faut avoir l'intention lors de la consommation de la première matsa d'inclure le kore'h, mais il ne le mentionne pas pour le maror. Et le Rabbi écrit à ce sujet "tsarikh iyoune" (nécessite réflexion) - pourquoi n'a-t-il pas copié le Choul'han Aroukh. Et pour que l'on ne pense pas qu'il y a ici un changement pratique, et qu'il ne faille pas avoir cette intention lors de la bénédiction du maror, le Rabbi indique ici dans la pratique que lors de la bénédiction pour la consommation du maror, il faut effectivement avoir l'intention, comme il est écrit dans le Choul'han Aroukh, d'inclure le maror du kore'h, malgré l'omission de l'Admour Hazaken sur ce point dans le siddour qui reste en tsarikh iyoune.
Leçons: 'Houmach, A'harei-Mot, Chelichi, avec le commentaire de Rachi.
Tehillim, 15 du mois, deux chapitres - chapitre 77 et chapitre 78.
Tanya, ce jour-ci on dit encore le chapitre 41. La leçon quotidienne commence au mot "Vehiné", et se termine à la page 114 avec les mots "oulevoucheihem kanz'al".
Ici, il y a une référence à une autre pratique et un enseignement liés à la nuit du Seder: "Au premier Seder, mon père le Rabbi [le Rabbi Rachab] abrégeait afin de manger l'afikoman avant 'hatsot". Il est en effet écrit dans le Choul'han Aroukh qu'il faut veiller à manger l'afikoman avant la moitié de la nuit ('hatsot), car il ressemble au sacrifice de Pessa'h: tout comme on mangeait le sacrifice de Pessa'h avant 'hatsot, de même l'afikoman doit être mangé avant 'hatsot. Et c'est ainsi qu'ils agissaient réellement, comme il est écrit dans le Choul'han Aroukh, en veillant la première nuit à ce que ce soit avant 'hatsot.
Il est intéressant de noter que lorsque le Rabbi dirigeait les repas du Seder en présence du public, dans les années 5720, il y avait un certain ba'hour qui avait une "kviout" (fonction fixe): le Rabbi lui demandait à chaque Seder, peu avant 'hatsot: "Quelle heure est-il?", et il disait l'heure, et le Rabbi abrégeait en conséquence afin que ce soit avant 'hatsot. Une année, on a placé une horloge à côté du Rabbi, car la grande horloge murale était en panne. Mais pour ne pas retirer au ba'hour sa fonction, en arrivant près de 'hatsot, le Rabbi demanda au ba'hour: "Alors, quelle heure est-il maintenant?"; le ba'hour regarda automatiquement l'horloge fixe et dit "neuf heures", car c'est ce qui était écrit sur l'horloge. Le Rabbi sourit et passa bien sûr à l'afikoman. On veillait la première nuit à manger avant 'hatsot.
"Mais la deuxième nuit, il prolongeait". Cependant, la deuxième nuit du Seder, on ne veillait pas à manger avant 'hatsot. Comme il le rappelle ici au sujet du Rabbi Rachab, le Rabbi Rayatz agissait de même, et on raconte également sur l'Admour Hazaken que la deuxième nuit, il prolongeait le Seder, dans les explications et le repas lui-même - "il commence avant la neuvième heure et termine à 3-4 heures après 'hatsot", quelque part vers trois ou quatre heures du matin, bien après 'hatsot; car la deuxième nuit, on ne prêtait pas attention à cette question de 'hatsot, "et il prolongeait l'explication de la Haggadah".
Le dernier point: "L'Admour Hazaken disait: Meichla deMeheimnouta - la première nuit, Meichla deAssouta - la deuxième nuit". Qu'est-ce que cela signifie? Il est écrit dans le Zohar que la matsa possède deux vertus: à un endroit dans le Zohar, il est écrit que la matsa est appelée "le pain de la foi", et à un autre endroit, il est écrit que la matsa est appelée "le pain de la guérison". On raconte que les disciples 'hassidim à l'époque de l'Admour Haemtzaï peinaient à comprendre l'ordre des choses - est-ce que c'est d'abord la vertu de "Meichla deMeheimnouta", la nourriture de la foi, qui commence, puis la vertu de la guérison, ou l'inverse. N'arrivant pas à trancher, ils allèrent interroger l'Admour Haemtzaï, qui était alors en charge des jeunes ba'hourim au nom de son père. Il leur répondit, en précisant que l'Admour Hazaken - son père - disait: d'abord "Meichla deMeheimnouta", la nourriture de la foi, et ensuite "Meichla deAssouta", la nourriture de la guérison. C'est-à-dire que l'ordre est que la première nuit commence principalement le sujet de la foi, et la deuxième nuit commence principalement le sujet de la guérison. Dans les deux nuits se trouvent toutes les vertus, mais la première nuit l'accent commence par la foi, et la deuxième nuit commence par la guérison.
Et quelle est la différence si, en fin de compte, nous avons les deux - si l'on commence par la foi ou par la guérison? L'Admour Hazaken explique: "Lorsque la guérison amène la foi en disant 'Merci à Toi Créateur pour ma guérison'", si un homme était malade, qu'à Dieu ne plaise, et que le Saint béni soit-Il l'a aidé et guéri, la guérison l'a amené à renforcer sa foi dans le Saint béni soit-Il - "Voilà, Tu m'as apporté la guérison, et c'est pourquoi je crois en Toi; merci à Toi, Maître de l'univers, de m'avoir guéri".
"Il était donc malade". Mais si tel est l'ordre, il y a un problème ici: il était malade et est devenu en bonne santé, et ce n'est qu'à la fin qu'il croit; bien qu'il ait à la fois la guérison et la foi, entre-temps il y a eu une période où il était malade.
"Mais lorsque la foi amène la guérison - il n'y a pas de maladie dès le départ". Mais si l'on commence à l'inverse - d'abord la foi - il n'a pas besoin d'attendre de traverser l'épreuve de la maladie et d'en guérir pour croire; il croit dès le début, sans l'épreuve. Et lorsqu'on commence d'abord par la foi, et que la foi amène la guérison, alors dès le départ il n'était pas malade du tout, il était en bonne santé dès le début. Et c'est la raison pour laquelle l'Admour Hazaken a dit que c'est la première nuit et ça la deuxième nuit: lorsqu'on commence la première nuit par le sujet de la foi, il n'est pas nécessaire d'arriver, à Dieu ne plaise, à une expérience désagréable, mais au contraire, la foi apporte avec elle la guérison.