La quatre cent soixantième "pièce" dans le palais du Hayom Yom.
Jeudi 1 Iyar, 2ème jour de Roch Hodech, 16ème jour du Omer, 5703.
Cours : Houmach, Kedochim, Chamichi, avec le commentaire de Rachi.
Tehillim, 1er jour du mois, on récite les premiers chapitres, du chapitre 1 au chapitre 9 inclus.
Tanya, chapitre 44. L'étude quotidienne commence à la page 126 par les mots "Vehineh bet", et se termine à la page 64 par les mots "Ahavat olam".
Le passage qui suit apparaît dans un farbrengen prononcé par le Rabbi Rayatz à la fête de Chavouot 5702. Dans sa siha, il décrit une occasion particulière où s'est tenu le farbrengen dont il est question dans cet enseignement. Il raconte, en guise de contexte, que dans les années 5651-5653 il y avait un usage à Loubavitch selon lequel, après Pessah, on sortait pour se reposer ; et comment se traduisait cette sortie ? On sortait sur le balcon de la maison pour respirer l'air et on s'y asseyait - c'était cela le repos.
Il raconte que lors d'un des farbrengens, où étaient assis le Rebbe Rashab et d'autres hassidim, le Rabbi Rayatz était également présent, alors qu'il n'était qu'un enfant d'environ onze ou douze ans. Il avait un melamed, du nom de Rabbi Nissan le Melamed, qui était là avec d'autres hassidim. Rabbi Nissan le Melamed raconta au nom de son beau-père, Rabbi Pessah le Melamed, qu'il avait entendu de son père, Rabbi Avraham le Melamed, qui comptait parmi les hassidim de l'Admour Hazaken. Ainsi, un homme l'a reçu d'un autre homme - Rabbi Nissan de son beau-père, de son père.
Et qu'a-t-il décrit ? C'est l'enseignement étudié aujourd'hui. Il est dit ainsi : "Lors d'une certaine occasion, dans un farbrengen des jours de la Sefira dans les années 5651-53, on a dit à mon père" - le Rabbi Rayatz dit que l'on a parlé devant son père, le Rebbe Rashab. Cela s'est passé lors d'un farbrengen pendant les jours de Sefirat Haomer, après Pessah, au cours de l'une des années 5651-5653, pendant lesquelles ils sortaient se reposer sur le balcon.
Et qu'y a-t-il été dit, au nom de Rabbi Avraham ? "Les hassidim de l'Admour Hazaken comptaient toujours". Et il a expliqué ce que signifiait le fait de toujours compter - ils chérissaient chaque instant et le comptaient, tout comme un enfant compte les bonbons qu'il possède ; ils comptaient chaque instant.
Le Rabbi Rayatz décrit : "Cet enseignement plut beaucoup à mon père" - le fait que les hassidim de l'Admour Hazaken comptaient toujours. "Et il dit" - le Rebbe Rashab réagit alors à ce qu'il venait d'entendre : "C'est cela le concept de 'avodah' ; les heures doivent être comptées, et alors les jours sont aussi comptés". C'est-à-dire que si les heures sont comptées, les jours le sont naturellement aussi ; car chaque heure a un sens, et par conséquent chaque jour, qui est un ensemble de plusieurs heures, a également son sens.
"Lorsqu'un jour s'en va, il faut savoir ce que l'on a accompli et ce que l'on doit accomplir à l'avenir" - quand le jour passe, la personne doit savoir ce qu'elle a accompli aujourd'hui, et ce qu'elle doit accomplir demain. Dès lors que les jours et les heures sont comptés, chaque jour a une signification, et la personne sait ce qu'elle a fait et vers quoi elle se dirige. "En général, il faut s'efforcer de faire en sorte que demain soit beaucoup plus "beau" qu'aujourd'hui".
[Au passage, l'enseignement apparaît ici le 1 Iyar, et le lendemain du 1 Iyar est le 2 Iyar - car dans Sefirat Haomer le compte du 2 Iyar est "Tiferet chebeTiferet", le plus beau du beau. Il dit qu'il faut veiller à ce que demain soit plus beau qu'aujourd'hui, et tel est ce lendemain - Tiferet chebeTiferet].
Le Rabbi Rayatz a raconté cet enseignement en 5702, à propos d'un événement survenu cinquante ans auparavant, en 5651-5652. Et trente ans plus tard, à la fête de Chavouot 5732, le Rabbi a répété cet enseignement, en disant "Et ce fut à la trentième année", et a répété à nouveau toute l'histoire.
Le Rabbi a ajouté une précision sur ce sujet : lorsqu'une personne compte une chose, cela a une signification - c'est le signe que cette chose compte pour elle. Et le Rabbi a dit que lorsqu'on compte le temps, c'est beaucoup plus significatif que de compter de l'argent ou de compter des objets. Quand une personne compte des objets ou de l'argent - des choses qu'elle possède - elle compte parce qu'il y a là un calcul : savoir combien il y en a, s'il en manque, et ce que l'on peut ajouter. Mais quand une personne compte le temps - elle ne peut pas changer le temps ; le temps ne dépend pas d'elle, il est impossible d'y ajouter ou d'en retrancher. Et lorsqu'elle compte le temps, cela montre encore plus qu'elle le chérit et que la chose est importante pour elle - non pas en raison du calcul de "combien il y a", mais parce que la chose lui est précieuse et importante.
Le Rabbi a également souligné que dans le compte, il y a une signification : la façon dont je compte aujourd'hui déterminera à quoi ressemblera demain, et à quoi ressemblera la période suivante. Et il a donné un exemple tiré de Sefirat Haomer - si une personne cesse de compter un jour, elle ne peut plus compter avec la bénédiction les jours suivants, car elle a perdu la continuité. Dans le fait de compter, le comportement de la personne et la valeur qu'elle accorde au temps affectent tout le reste de son temps.
Une personne qui souhaite parvenir dans ses vieux jours à un état significatif dans la vie ne peut pas dire "Quand j'arriverai à la vieillesse et à la retraite, alors je commencerai à prêter attention à ce qui m'arrive" ; si elle n'a pas chéri son temps dans sa jeunesse, il ne s'accumulera rien qui donnera un sens à ses jours dans sa vieillesse. Car si l'on veut que le temps ait un sens par la suite, le fait de compter concerne l'instant présent, et c'est ainsi que l'on construit toute la suite du temps. C'est un point dont le Rabbi a parlé en 5732.
Terminons par un point intéressant. Sefirat Haomer a déjà commencé en Nissan, et le Rabbi a choisi d'insérer cet enseignement sur la valeur du compte précisément le 1 Iyar, bien que nous soyons déjà dans Sefirat Haomer depuis Pessah. Il est connu d'après les sihot que, bien que l'on compte Sefirat Haomer en Nissan et en Sivan, le mois principal dont l'essence est Sefirat Haomer est précisément Iyar ; car en Nissan on ne compte pas tout le mois mais seulement depuis Pessah, et en Sivan c'est également seulement jusqu'à la fête de Chavouot. Le seul mois où chaque jour, tout au long du mois, comporte la mitsva de Sefirat Haomer, est Iyar.
Par conséquent, dès l'entrée dans le mois d'Iyar, le 1er du mois - le mois dont le thème est le compte - vient cet enseignement, montrant à quel point le fait de compter est une chose significative et importante, et combien c'est, selon les termes du Rebbe Rashab, toute l'essence de la avodah.