« 'Heder » trois cent cinquante-cinq dans le palais du Hayom Yom.
Mercredi 19 Cheshvan 5704.
Chiourim : 'Houmach, 'Hayé Sarah, revii, avec le commentaire de Rachi.
Tehilim, 19 du mois, du chapitre 90 au chapitre 96 inclus.
Tanya, en ce jour on poursuit l'Iguéret 29. Le chiour quotidien commence à la page 149 par les mots « vehiné or », et se termine à la page 298 par le mot « 'had ».
La source de la pensée du jour se trouve dans une si'ha prononcée par le Rebbe Rayats à Sim'hat Torah de l'année 5701. Il y a là une introduction qui précède ce passage, et il vaut la peine de la rapporter pour comprendre l'enchaînement. On y raconte l'histoire de l'un des 'hassidim de l'Admour Hazakène et de l'Admour Haemtsaï, que l'on appelait Reb Zalman Zezmer. Reb Zalman Zezmer racontait toujours que, dans sa ville, vivait un Juif grand lamdan, doté de bonnes midot d'une manière extraordinaire et rare - il était difficile de trouver des hommes possédant de telles midot ; seulement, ce Juif ne connaissait rien à la 'hassidout.
Un jour, ce Juif demanda à Reb Zalman : quelle est la nouveauté qu'a apportée la 'hassidout ? Reb Zalman lui répondit : « La 'hassidout a élevé les mo'hine au-dessus des midot » - la 'hassidout a donné aux mo'hine un poids plus grand qu'aux midot.
Quelque temps plus tard, ce Juif se rendit chez l'Admour Hazakène, entra en ye'hidout et posa la même question : quelle est la nouveauté qu'a apportée la 'hassidout ? L'Admour Hazakène lui dit d'abord : écoute, les animaux aussi ont des midot, sauf que chez eux les midot sont naturelles - par exemple, le corbeau est cruel par nature et l'aigle est miséricordieux par nature ; tandis que chez les êtres humains, les midot ne sont pas naturelles, mais découlent de l'intellect. Et pourquoi le Saint béni soit-Il n'a-t-Il pas fait en sorte que chez les êtres humains aussi les midot soient naturelles ? Parce que le Saint béni soit-Il a voulu que chez un Juif les midot soient le résultat de son avodah, et non le résultat d'un instinct naturel.
Ce lamdan, homme aux midot immenses, entendit ces paroles, commença à s'examiner lui-même, et parvint à la conclusion que toutes les bonnes midot qu'il possédait jusqu'à ce jour étaient en réalité comme celles d'un animal - c'est sa nature, et il n'avait pas encore travaillé sur lui-même. Il prit cela à cœur d'une manière si intérieure qu'il s'évanouit sur place, en pleine ye'hidout.
Au bout d'un moment il se réveilla, et lorsqu'il revint à lui, il demanda de nouveau à l'Admour Hazakène - après avoir compris que son état n'était pas bon - eh bien, et maintenant ? Qu'est-ce que la 'hassidout ? À cela l'Admour Hazakène lui répondit, et c'est la pensée du jour dans le Hayom Yom : « Réponse de Rabbénou Hazakène lors d'une ye'hidout : la 'hassidout, c'est Chema Israël » - l'essence de la 'hassidout s'exprime dans les deux mots « Chema Israël ».
Quelle est la signification de « Chema Israël », et quelle est l'allusion contenue là-dedans ? L'Admour Hazakène explique : « Chema - initiales de Seou marom éné'hem (levez vos yeux vers les hauteurs) ». Autrement dit, quand un Juif dit « Chema », il doit contempler les hauteurs. « Et il est dit 'marom' et non 'chamayim' », et au milieu de ses propos l'Admour Hazakène ajouta un mot qui n'est pas rapporté ici : « comme l'explication de Ibn Ezra » - car Ibn Ezra distingue et dit qu'il existe deux niveaux : il y a des étoiles que l'on peut voir et peut-être même compter, et il y a des étoiles d'un niveau plus élevé, dont nous n'avons même pas la moindre idée de leur nombre. C'est-à-dire que « chamayim » est le niveau inférieur, que l'on a peut-être la capacité de saisir, tandis que « marom » est bien plus élevé.
Alors l'Admour Hazakène lui dit : « 'Marom' est haut, haut » - « marom » est haut et encore plus haut, c'est-à-dire totalement au-dessus de la saisie de l'homme. Ainsi, lorsqu'on dit à un Juif « levez vos yeux vers les hauteurs », le but est « d'atteindre [ce qui est] au-dessus de l'intellect » - qu'il parvienne et se relie à des niveaux qu'il est absolument impossible de saisir par la raison et la compréhension, parce qu'ils sont très élevés.
Mais d'un autre côté, dans la suite du verset - après « levez vos yeux vers les hauteurs » - l'Écriture dit « et voyez qui a créé ces choses ». Que signifie cette seconde partie ? « Et cela même - [il faut] le comprendre par l'intellect, comme il est dit « et voyez qui a créé ces choses » » - c'est-à-dire que la 'hassidout consiste à prendre les choses les plus élevées, celles qui sont totalement au-dessus de la raison et de la compréhension et de toute saisie, et à voir comment on les fait descendre également dans l'intellect, afin que l'intellect saisisse même ce qui est au-dessus de l'intellect - comme il est dit « et voyez qui a créé ces choses », où « voyez » signifie que l'homme voit, intériorise et se relie à ce qui est au-dessus de l'intellect. Voilà la 'hassidout : prendre les choses les plus abstraites et les plus élevées et les faire descendre dans la raison et la compréhension.
Il est intéressant de citer une expression que le Rebbe écrivit un jour à Shazar. Durant l'été 5717, le Rebbe lui envoie une si'ha qu'il avait prononcée devant des enfants revenus de la colonie de vacances, et il y joint cette phrase : « Au cours de mon travail de rapprochement des esprits » - le Rebbe écrit à propos de lui-même - « j'ai constaté que l'une des choses les plus difficiles est de transposer des sujets de la Torat ha'hassidout dans un langage compréhensible même pour ceux qui se trouvent pour l'instant à l'extérieur ». C'est-à-dire prendre les choses les plus profondes et les faire descendre dans un langage compréhensible même pour ceux qui sont à l'extérieur ; c'est l'une des choses les plus difficiles, mais c'est en réalité l'œuvre même de la 'hassidout - faire descendre le « marom », ce qui est totalement au-dessus de l'intellect, ici-bas, d'une manière telle qu'on puisse le comprendre aussi par l'intellect.