Le chapitre 29 du deuxième livre des Chroniques ouvre une page entièrement nouvelle. Après un roi impie tel qu'A'haz, qui avait brisé les ustensiles de la Maison de Dieu, fermé les portes du Beth Hamikdach ainsi que les portes des maisons d'étude, et détourné le peuple de la Demeure d'Hachem - arrive un roi tsaddik, Ye'hizkiyahu, qui, dès le début de son parcours, rouvre ce que son père avait fermé.
יְחִזְקִיָּהוּ מָלַךְ בֶּן־עֶשְׂרִים וְחָמֵשׁ שָׁנָה וְעֶשְׂרִים וָתֵשַׁע שָׁנָה מָלַךְ בִּירוּשָׁלָ͏ִם וְשֵׁם אִמּוֹ אֲבִיָּה בַּת־זְכַרְיָהוּ׃ וַיַּעַשׂ הַיָּשָׁר בְּעֵינֵי יְהֹוָה כְּכֹל אֲשֶׁר־עָשָׂה דָּוִיד אָבִיו׃ הוּא בַשָּׁנָה הָרִאשׁוֹנָה לְמׇלְכוֹ בַּחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן פָּתַח אֶת־דַּלְתוֹת בֵּית־יְהֹוָה וַיְחַזְּקֵם׃ - Ye'hizkiyahu devint roi à l'âge de vingt-cinq ans, et il régna vingt-neuf ans à Jérusalem ; le nom de sa mère était Aviyah, fille de Zekharyahu. Il fit ce qui est droit aux yeux d'Hachem, tout comme avait fait David son père. Dès la première année de son règne, au premier mois, il ouvrit les portes de la Maison d'Hachem et les restaura.
Ye'hizkiyahu commença à régner à l'âge de vingt-cinq ans, et son règne dura vingt-neuf ans. Il fit ce qui est droit aux yeux d'Hachem, et dès la première année de son règne, au premier mois, il ouvrit les portes de la Maison d'Hachem et les consolida. Au sujet de ce « premier mois », le Malbim rapporte les propos de nos Sages selon lesquels Ye'hizkiyahu avait alors intercalé l'année - il avait ajouté un mois de Nissan en Nissan - et c'est pourquoi le texte l'appelle le premier mois de son règne, car selon sa conception, il s'agissait encore du mois d'Adar.
À propos du nom « Ye'hizkiyahu », remarquons ce que nous avons déjà mentionné à plusieurs reprises au nom du Radak : dans les Neviim, un même personnage apparaît sous différentes variantes de nom - Yeshaya et Yeshayahu, 'Hizkiya, 'Hizkiyahu et Ye'hizkiyahu, Yoyakhin et Yehoyakhin. C'est l'usage dans le monde qu'un individu soit appelé de plusieurs façons, tout comme un homme peut être appelé Yaakov, Yanky, Kobi, Yànkele ou autre - et il s'agit toujours de la même personne.
וַיָּבֵא אֶת־הַכֹּהֲנִים וְאֶת־הַלְוִיִּם וַיַּאַסְפֵם לִרְחוֹב הַמִּזְרָח׃ וַיֹּאמֶר לָהֶם שְׁמָעוּנִי הַלְוִיִּם עַתָּה הִתְקַדְּשׁוּ וְקַדְּשׁוּ אֶת־בֵּית יְהֹוָה אֱלֹהֵי אֲבֹתֵיכֶם וְהוֹצִיאוּ אֶת־הַנִּדָּה מִן־הַקֹּדֶשׁ׃ - Il fit venir les Cohanim et les Léviim, et les rassembla sur la place orientale. Et il leur dit : Écoutez-moi, Léviim ! Sanctifiez-vous maintenant, sanctifiez la Maison d'Hachem, le Dieu de vos pères, et faites sortir l'impureté du Sanctuaire.
Ye'hizkiyahu rassemble les Cohanim et les Léviim sur la place orientale du mont du Temple, car il souhaite rétablir et réactiver le service du Beth Hamikdach, et il a besoin d'eux pour cela. Dans ses propos, il y a deux étapes, comme le souligne le Malbim : d'abord « sanctifiez-vous » - vous-mêmes ; et seulement ensuite « sanctifiez la Maison d'Hachem, le Dieu de vos pères ». On en tire le principe fondamental de « Hitkochechou vakochou » - corrige-toi d'abord toi-même, puis corrige les autres, à l'image de « et il expiera pour lui-même, pour sa maison et pour toute l'assemblée d'Israël ». L'homme doit d'abord se rectifier et se purifier lui-même, et ce n'est qu'ensuite qu'il peut venir rectifier et purifier autrui.
Quelle est cette « niddah » qu'il faut faire sortir du Sanctuaire ? Le Radak explique que le terme niddah dérive de l'idée d'éloignement - une femme écartée de la maison de son mari, « et ils hochèrent la tête » (vayyanidou roch), déplacer une chose de sa place. La niddah est mise à l'écart, et à leur époque, on lui réservait parfois un espace séparé, car tout ce qu'elle touchait ou sur quoi elle s'asseyait devenait impur. « La chose rejetée et impure » désigne ici l'idolâtrie, tout comme dans l'expression « ils ont jeté une pierre sur moi » (vayadou even bi), qui traduit également une idée de rejet et d'expulsion. Faites donc sortir l'idolâtrie du Sanctuaire et de l'autel d'Hachem, où A'haz avait installé son culte idolâtre.
Le Malbim explique qu'il s'agissait de purifier le Temple de la souillure de l'idolâtrie, ainsi que des figures qu'A'haz avait gravées sur les murs de l'édifice - il fallait les nettoyer et les gratter ; quant aux ustensiles qui avaient servi à l'idolâtrie, il fallait les enfouir et en fabriquer d'autres à leur place. Et pourquoi employer précisément le terme de « niddah » ? Parce que c'est de là que nos Sages ont déduit : « D'où sait-on que l'idolâtrie rend impur par le port comme la niddah ? » - tel est le lien entre les deux, et voilà pourquoi l'Écriture qualifie l'idolâtrie de « niddah ».
כִּי־מָעֲלוּ אֲבֹתֵינוּ וְעָשׂוּ הָרַע בְּעֵינֵי יְהֹוָה־אֱלֹהֵינוּ וַיַּעַזְבֻהוּ וַיַּסֵּבּוּ פְנֵיהֶם מִמִּשְׁכַּן יְהֹוָה וַיִּתְּנוּ־עֹרֶף׃ - Car nos pères ont commis une infidélité, ils ont fait ce qui est mal aux yeux d'Hachem notre Dieu et L'ont abandonné ; ils ont détourné leurs visages de la Demeure d'Hachem et Lui ont tourné le dos.
Hizkiyahu confesse également la faute des pères, selon le principe énoncé dans le verset : « Ils confesseront leur faute et la faute de leurs pères ». Le Malbim détaille les étapes : d'abord « ils ont été infidèles et ont fait ce qui est mal », c'est-à-dire qu'ils ont transgressé la Torah. Ensuite, « ils ont détourné leurs visages du sanctuaire de l'Éternel », allant servir le Baal et le soleil. Le soleil se lève à l'est, et la direction de l'est fait face au mont des Oliviers ; or, quiconque se tourne vers là-bas tourne le dos au Heikhal de l'Éternel. Ils sortaient à cheval pour aller à la rencontre du soleil levant, adorateurs du soleil (les hammanim), se prosternant vers l'orient, le dos tourné vers le sanctuaire de l'Éternel et le visage dirigé vers le soleil levant.
גַּם סָגְרוּ דַּלְתוֹת הָאוּלָם וַיְכַבּוּ אֶת־הַנֵּרוֹת וּקְטֹרֶת לֹא הִקְטִירוּ וְעֹלָה לֹא־הֶעֱלוּ בַקֹּדֶשׁ לֵאלֹהֵי יִשְׂרָאֵל׃ - « Ils ont même fermé les portes du Portique, éteint les lampes, n'ont point fait brûler d'encens et n'ont point offert d'holocauste dans le sanctuaire au Dieu d'Israël. »
La troisième étape fut l'abolition totale du service du Temple : la fermeture des portes du Portique (l'Oulam), ce qui survint à l'apogée des méfaits et de la perversité d'Ahaz, comme l'explique le Malbim. Ils éteignirent les lumières de la Menora, ne brûlèrent plus d'encens sur l'autel d'or et n'offrirent plus d'holocauste sur l'autel des sacrifices.
וַיְהִי קֶצֶף יְהֹוָה עַל־יְהוּדָה וִירוּשָׁלָ͏ִם וַיִּתְּנֵם לְזַעֲוָה לְשַׁמָּה וְלִשְׁרֵקָה כַּאֲשֶׁר אַתֶּם רֹאִים בְּעֵינֵיכֶם׃ וְהִנֵּה נָפְלוּ אֲבוֹתֵינוּ בֶּחָרֶב וּבָנֵינוּ וּבְנוֹתֵינוּ וְנָשֵׁינוּ בַּשְּׁבִי עַל־זֹאת׃ - « La colère de l'Éternel s'est abattue sur Juda et Jérusalem, et Il les a livrés à l'épouvante, à la désolation et aux sifflements de stupeur, comme vous le voyez de vos propres yeux. Et voici que nos pères sont tombés par l'épée, et nos fils, nos filles et nos femmes sont en captivité à cause de cela. »
Le terme « za'avah » (épouvante) désigne une frayeur intense : quiconque en entend le récit tremble et sursaute, comme quelqu'un qui tressaille de saisissement. « Le-chammah » (désolation) évoque un état de ruine et d'effarement, où l'on reste interdit et stupéfait : comment une telle chose a-t-elle pu se produire ? « Ve-lichrekah » (sifflement) renvoie, selon le Metsoudat Tsiyone, au son produit en pinçant les lèvres, « geste habituel des hommes face à la ruine d'une grandeur passée ». On siffle d'étonnement ; c'est peut-être moins courant aujourd'hui, mais les anciens se souviennent que la stupéfaction s'exprimait autrefois par un sifflement de saisissement. C'est également ce qu'exprime le verset : « Quiconque passera près d'elle sera stupéfait et sifflera », ou encore dans Jérémie : « Je ferai de cette ville un objet de désolation et de sifflement ».
Le Malbim établit ici un parallèle remarquable : face aux trois degrés de leur déchéance - d'abord « nos pères ont été infidèles et ont fait ce qui est mal », puis ils ont tourné le dos au sanctuaire de l'Éternel pour se prosterner vers l'est, et enfin ils ont fermé les portes du Portique et aboli totalement le culte - se dressent trois degrés de châtiment : d'abord la « terreur », ensuite la « désolation et le sifflement », et finalement « ils sont tombés par l'épée », conformément aux prophéties d'avertissement de la Tokhe'ha.
עַתָּה עִם־לְבָבִי לִכְרוֹת בְּרִית לַיהֹוָה אֱלֹהֵי יִשְׂרָאֵל וְיָשֹׁב מִמֶּנּוּ חֲרוֹן אַפּוֹ׃ - « Maintenant, j'ai à cœur de conclure une alliance avec l'Éternel, le Dieu d'Israël, afin que son ardente colère se détourne de nous. »
« J'ai à cœur » (im levavi) signifie : telle est ma volonté. Cette alliance qui avait été rompue jusqu'ici, comme nous l'avons constaté, j'entends la renouveler avec le Saint béni soit-Il. La Torah l'annonçait déjà : « Dans ta détresse, quand toutes ces choses t'auront atteint... tu retourneras à l'Éternel ton Dieu », et « Alors l'Éternel ton Dieu ramènera tes captifs ». En d'autres termes : renouvelons l'alliance afin de pouvoir recommencer à servir l'Éternel comme il se doit, et le Saint béni soit-Il se tournera de nouveau vers nous pour nous protéger et veiller sur nous.
בָּנַי עַתָּה אַל־תִּשָּׁלוּ כִּי־בָכֶם בָּחַר יְהֹוָה לַעֲמֹד לְפָנָיו לְשָׁרְתוֹ וְלִהְיוֹת לוֹ מְשָׁרְתִים וּמַקְטִרִים׃ - « Mes fils, ne soyez pas négligents à présent, car c'est vous que l'Éternel a choisis pour vous tenir devant Lui, pour Le servir, et pour être ses ministres et Lui faire brûler l'encens. »
« Al tichalou » (ne soyez pas négligents) dérive de la racine évoquant l'inadvertance (chegaga) ; le Targoum traduit en effet « bichegaga » par « bechalu ». Le sens en est : qu'il n'y ait en vous ni mégarde ni oubli en ce domaine ; purifiez le sanctuaire comme il convient, avec rigueur et plénitude, sans trébucher sur le moindre détail. Et pourquoi ajoute-t-il : « car c'est vous que l'Éternel a choisis pour vous tenir devant Lui » ? Le Metsoudat David explique : dès lors, il vous incombe d'être scrupuleux dans le service de l'Éternel, car cette responsabilité repose sur vos épaules et l'on compte sur vous. Quant à la redondance « pour Le servir, et pour être ses ministres et Lui faire brûler l'encens », le Malbim l'élucide ainsi : « pour Le servir » s'adresse aux Léviim, tandis que « pour être ses ministres et Lui faire brûler l'encens » vise les Cohanim, car la fumigation - celle des graisses sacrificielles comme celle de l'encens - n'incombe nullement aux Léviim, mais exclusivement aux Cohanim.
וַיָּקֻמוּ הַלְוִיִּם מַחַת בֶּן־עֲמָשַׂי וְיוֹאֵל בֶּן־עֲזַרְיָהוּ מִן־בְּנֵי הַקְּהָתִי וּמִן־בְּנֵי מְרָרִי קִישׁ בֶּן־עַבְדִּי וַעֲזַרְיָהוּ בֶּן־יְהַלֶּלְאֵל וּמִן־הַגֵּרְשֻׁנִּי יוֹאָח בֶּן־זִמָּה וְעֵדֶן בֶּן־יוֹאָח׃ - Les Léviim se levèrent : Ma'hat fils d'Amassaï, et Yoël fils d'Azaryahou, d'entre les fils de Kehat ; et parmi les fils de Merari : Kich fils d'Abdi, et Azaryahou fils de Yehalléleel ; et d'entre les Guerchonites : Yoa'h fils de Zimma, et Éden fils de Yoa'h.
וַיַּאַסְפוּ אֶת־אֲחֵיהֶם וַיִּתְקַדְּשׁוּ וַיָּבֹאוּ כְמִצְוַת־הַמֶּלֶךְ בְּדִבְרֵי יְהֹוָה לְטַהֵר בֵּית יְהֹוָה׃ - Ils rassemblèrent leurs frères, se sanctifièrent et vinrent, selon l'ordre du roi inspiré par les paroles de Hachem, pour purifier la Maison de Hachem.
Le texte énumère nommément les fils de Kehat, de Merari et de Guerchon, les descendants d'Elitsafan, d'Assaf, d'Héman et de Yedoutoun. On constate que le prophète tient toujours à mentionner le nom de ceux qui se dévouent pour accomplir une mitsva, et à les graver pour l'éternité - ce sont ces hommes qui se sont portés volontaires et sont venus les premiers pour purifier la Maison de Hachem. "Selon les paroles de Hachem pour purifier la Maison de Hachem" - c'est là un véritable service divin, purifier le Temple afin qu'il soit digne d'accueillir les sacrifices.
וַיָּבֹאוּ הַכֹּהֲנִים לִפְנִימָה בֵית־יְהֹוָה לְטַהֵר וַיּוֹצִיאוּ אֵת כׇּל־הַטֻּמְאָה אֲשֶׁר מָצְאוּ בְּהֵיכַל יְהֹוָה לַחֲצַר בֵּית יְהֹוָה וַיְקַבְּלוּ הַלְוִיִּם לְהוֹצִיא לְנַחַל־קִדְרוֹן חוּצָה׃ - Les Kohanim entrèrent à l'intérieur de la Maison de Hachem pour la purifier ; ils firent sortir toute l'impureté qu'ils trouvèrent dans le sanctuaire de Hachem vers la cour de la Maison de Hachem, et les Léviim la reçurent pour l'évacuer dehors, vers le torrent du Kidron.
L'insistance spécifique sur "les Kohanim" n'a rien de fortuit : seuls les Kohanim ont le droit d'entrer à l'intérieur, et non les Léviim, conformément à la règle mentionnée à la fin du traité Érouvin, comme le souligne le Malbim. "Toute l'impureté" désigne l'idolâtrie qu'on avait introduite dans la Maison de Hachem. Les Kohanim la transportèrent jusqu'au parvis du Temple, où les Léviim la réceptionnèrent - car ces derniers ne peuvent pas pénétrer à l'intérieur - pour l'évacuer hors de la ville, vers la vallée du Kidron, afin de l'y brûler.
וַיָּחֵלּוּ בְּאֶחָד לַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן לְקַדֵּשׁ וּבְיוֹם שְׁמוֹנָה לַחֹדֶשׁ בָּאוּ לְאוּלָם יְהֹוָה וַיְקַדְּשׁוּ אֶת־בֵּית־יְהֹוָה לְיָמִים שְׁמוֹנָה וּבְיוֹם שִׁשָּׁה עָשָׂר לַחֹדֶשׁ הָרִאשׁוֹן כִּלּוּ׃ - Ils commencèrent la sanctification le premier jour du premier mois, arrivèrent au portique de Hachem le huitième jour du mois, sanctifièrent la Maison de Hachem pendant huit jours, et achevèrent le seizième jour du premier mois.
Ils commencèrent le premier jour du premier mois, parvinrent au portique le huit, et terminèrent le seize - près d'un demi-mois entier consacré à la purification du Temple. Dans le commentaire attribué à Rachi, il est expliqué qu'A'haz avait recouvert tous les murs de figures et de bas-reliefs idolâtres, selon l'expression "des images de Chaldéens gravées au vermillon" - il avait gravé et peint des idoles sur les parois du Temple, et il fallut huit jours pour effacer ces représentations des murs, car il fallait gratter la pierre ; et le seizième jour du mois, ils achevèrent la purification de tout l'édifice et de la cour. Voilà pourquoi cela prit autant de temps : à première vue, évacuer des idoles matérielles d'un lieu ne demande qu'une journée de travail, mais lorsque tous les murs sont incrustés de figures d'idolâtrie et qu'il faut tout décaper, c'est une tâche de longue haleine.
Le Malbim s'interroge sur la division même de cette période : que s'est-il passé jusqu'au huit du mois, et que s'est-il passé jusqu'au seize ? Au début, ils sanctifièrent les ustensiles ; or la purification d'ustensiles atteints par l'impureté d'un cadavre exige l'aspersion aux troisième et septième jours, si bien que la purification ne fut achevée que le huitième jour. Ensuite, les Kohanim eux-mêmes, qui avaient touché ces impuretés, durent également se purifier - ce qui prit huit jours supplémentaires, soit seize jours en tout. De plus, le Talmud de Jérusalem rapporte qu'il y avait là une réelle impureté liée à un mort : on trouva sous l'autel le crâne d'Aravna le Yébousite, de sorte qu'ils étaient impurs et nécessitaient l'aspersion des troisième et septième jours. Et bien que certains soutiennent qu'un non-Juif ne transmet pas l'impureté sous une tente, ce n'est pas la halakha retenue, car la halakha tranche qu'un non-Juif transmet également l'impureté sous la tente.
וַיָּבוֹאוּ פְנִימָה אֶל־חִזְקִיָּהוּ הַמֶּלֶךְ וַיֹּאמְרוּ טִהַרְנוּ אֶת־כׇּל־בֵּית יְהֹוָה אֶת־מִזְבַּח הָעוֹלָה וְאֶת־כׇּל־כֵּלָיו וְאֶת־שֻׁלְחַן הַמַּעֲרֶכֶת וְאֶת־כׇּל־כֵּלָיו׃ - Ils vinrent à l'intérieur auprès du roi 'Hizkiyahou et dirent : Nous avons purifié toute la Maison de l'Éternel, l'autel de l'holocauste et tous ses ustensiles, ainsi que la table de disposition et tous ses ustensiles.
« À l'intérieur » signifie ici dans le palais intérieur, la résidence du roi. Ils viennent lui annoncer qu'ils ont achevé la tâche qu'il leur avait confiée. La « table de disposition » est la table sur laquelle on disposait les pains de proposition (le'hem hapanim), et c'est en raison de cette disposition (ma'arekhet) qu'elle est ainsi nommée.
À ce propos, il convient de faire une remarque sur l'emprunt de termes sacrés pour des usages profanes. De nos jours, on s'empare de concepts de sainteté pour les séculariser. « Hékhal » (temple, palais) est une expression sainte ; « 'hachmal » est un concept mystique sublime et très élevé qui apparaît dans les textes sacrés, c'est pourquoi on a l'usage de l'écrire en séparant les lettres. C'est aussi pour cela que l'on constate que les Poskim (décisionnaires) n'écrivaient pas 'hachmal mais « électric ». Le lecteur peut s'étonner : pourquoi s'obstiner à employer un mot étranger alors qu'il existe un mot hébreu ? La réponse est que le mot hébreu est un terme sacré que l'on a détourné et appliqué à des réalités profanes, et qu'il n'était pas convenable de l'employer ainsi.
וְאֵת כׇּל־הַכֵּלִים אֲשֶׁר הִזְנִיחַ הַמֶּלֶךְ אָחָז בְּמַלְכוּתוֹ בְּמַעֲלוֹ הֵכַנּוּ וְהִקְדָּשְׁנוּ וְהִנָּם לִפְנֵי מִזְבַּח יְהֹוָה׃ - Et tous les ustensiles que le roi A'haz avait profanés sous son règne par son infidélité, nous les avons préparés et sanctifiés, et les voici devant l'autel de l'Éternel.
Selon le sens littéral, il semblerait que l'on ait préparé et sanctifié les ustensiles mêmes qu'A'haz avait profanés. Pourtant, la Guémara dans Avoda Zara explique : « Nous avons préparé » signifie que nous les avons enfouis (mis à la Guéniza), et « nous avons sanctifié » signifie que nous en avons consacré d'autres à leur place. N'allez pas penser que les ustensiles ayant servi à l'idolâtrie soient retournés au service du sanctuaire, absolument pas ! On n'emploie pour le sacré ni des pierres ayant servi à l'idolâtrie, ni des ustensiles ayant servi à l'idolâtrie, pas plus qu'un Cohen ayant officié pour un culte idolâtre : un Cohen qui a servi l'idolâtrie est à jamais disqualifié pour officier sur l'autel de l'Éternel. Tout ce qui a servi à l'idolâtrie ne peut plus jamais servir dans la Maison de l'Éternel.
C'est également ce qu'écrit le Radak : selon le sens simple, « nous avons préparé » signifie que nous les avons purifiés et consacrés à l'Éternel comme à l'origine ; mais nos Sages ont expliqué que « nous avons préparé » veut dire que nous les avons dissimulés, car ils n'étaient plus dignes de servir pour l'Éternel, et « nous avons sanctifié » signifie que nous en avons consacré d'autres à leur place. Le Malbim, quant à lui, convient que l'on a consacré de nouveaux ustensiles, mais il interprète « nous avons préparé » non pas au sens de mise en réserve, mais au sens propre de préparation : nous avons préparé d'autres ustensiles en remplacement de ceux qu'A'haz avait souillés, et ce sont ceux-là que nous avons consacrés au Très-Haut.
וַיַּשְׁכֵּם יְחִזְקִיָּהוּ הַמֶּלֶךְ וַיֶּאֱסֹף אֵת שָׂרֵי הָעִיר וַיַּעַל בֵּית יְהֹוָה׃ - Le roi 'Hizkiyahou se leva de bon matin, rassembla les chefs de la ville et monta à la Maison de l'Éternel.
וַיָּבִיאוּ פָרִים־שִׁבְעָה וְאֵילִים שִׁבְעָה וּכְבָשִׂים שִׁבְעָה וּצְפִירֵי עִזִּים שִׁבְעָה לְחַטָּאת עַל־הַמַּמְלָכָה וְעַל־הַמִּקְדָּשׁ וְעַל־יְהוּדָה וַיֹּאמֶר לִבְנֵי אַהֲרֹן הַכֹּהֲנִים לְהַעֲלוֹת עַל־מִזְבַּח יְהֹוָה׃ - Ils amenèrent sept taureaux, sept béliers, sept agneaux et sept boucs en sacrifice expiatoire pour le royaume, pour le sanctuaire et pour Juda ; et il ordonna aux Cohanim, les descendants d'Aaron, de les offrir sur l'autel de l'Éternel.
Le commentaire attribué à Rachi précise qu'il s'agissait là d'une prescription ponctuelle (Horaat cha'ah), et l'accent est mis sur « sur l'autel de l'Éternel » - et non sur les autels qu'A'haz avait dressés. Les sacrifices venaient expier pour le royaume, pour le sanctuaire et pour Juda : tous avaient besoin de pardon.
Le Malbim propose une autre explication : il s'agit ici de sacrifices comparables au 'Hatat et à la 'Ola que l'on apporte pour une faute commise par égarement de la communauté (He'lem davar chel tsibour), où l'on offre un taureau en holocauste et un bouc en sacrifice expiatoire. Or, une partie des tribus n'était déjà plus là - Réouven, Gad, la demi-tribu de Ménaché, Zvouloun et Naftali avaient été exilés auparavant - et il ne restait que sept tribus. C'est pourquoi il apporte sept animaux de chaque espèce, afin d'expier pour les sept tribus restantes. Et bien que, d'ordinaire, les tribus présentes entraînent avec elles le reste de la nation, le Malbim précise que cela ne vaut que lorsqu'elles résident en terre d'Israël ; or, ici, une partie ayant été exilée et seules sept étant restées, on n'en apporte que sept. C'est pourquoi le verset précise : « pour le royaume, pour le sanctuaire et pour Juda » - car ceux qui étaient présents n'étaient que ceux de Juda.
Et pourquoi cela est-il considéré comme un he'elem davar (une décision erronée passée inaperçue) ? Parce qu'A'haz, de concert avec les grands de la génération, a induit le peuple en erreur, et le peuple est considéré comme ayant agi par inadvertance (shogeg) - à l'image d'une erreur de décision collective (shiggat hora'a) du Sanhédrin. Et puisque le peuple était dans l'erreur involontaire, il fallait apporter un sacrifice pour lui ; c'est pourquoi on offre une sorte de 'hattath (expiatoire) et d'ola (holocauste) de he'elem davar. Les béliers et les agneaux, quant à eux, étaient des offrandes volontaires.
וַיִּשְׁחֲטוּ הַבָּקָר וַיְקַבְּלוּ הַכֹּהֲנִים אֶת־הַדָּם וַיִּזְרְקוּ הַמִּזְבֵּחָה וַיִּשְׁחֲטוּ הָאֵלִים וַיִּזְרְקוּ הַדָּם הַמִּזְבֵּחָה וַיִּשְׁחֲטוּ הַכְּבָשִׂים וַיִּזְרְקוּ הַדָּם הַמִּזְבֵּחָה׃ - Ils égorgèrent le gros bétail, les prêtres recueillirent le sang et en firent l'aspersion sur l'autel ; ils égorgèrent les béliers et en répandirent le sang sur l'autel, et ils égorgèrent les agneaux et en répandirent le sang sur l'autel.
Le Malbim pose une question : le sang du 'hattath précède pourtant toujours celui de l'ola, pourquoi donc a-t-on fait passer ici le gros bétail, les béliers et les agneaux en premier ? Il répond : dans le cas du he'elem davar, l'ordre est inversé - l'ola précède le 'hattath. Et puisqu'on a fait passer l'ola en premier, on a également offert dans la foulée les béliers, qui n'étaient qu'une offrande volontaire.
וַיַּגִּישׁוּ אֶת־שְׂעִירֵי הַחַטָּאת לִפְנֵי הַמֶּלֶךְ וְהַקָּהָל וַיִּסְמְכוּ יְדֵיהֶם עֲלֵיהֶם׃ - Ils approchèrent les boucs du sacrifice d'expiation devant le roi et l'assemblée, et ils posèrent leurs mains sur eux.
Comme il est dit : « Les anciens de la communauté poseront leurs mains » - le roi et deux membres du Sanhédrin accomplissent la semikha (l'imposition des mains) ; et selon l'avis de Rabbi Chimon, ils sont cinq à poser les mains. D'après le Talmud de Jérusalem, ce sont les princes des tribus qui posent les mains lorsqu'il s'agit d'une faute imputable à l'assemblée tout entière. C'est pourquoi on les amena ici devant le roi et l'assemblée, et ils posèrent leurs mains sur eux.
וַיִּשְׁחָטוּם הַכֹּהֲנִים וַיְחַטְּאוּ אֶת־דָּמָם הַמִּזְבֵּחָה לְכַפֵּר עַל־כׇּל־יִשְׂרָאֵל כִּי לְכׇל־יִשְׂרָאֵל אָמַר הַמֶּלֶךְ הָעוֹלָה וְהַחַטָּאת׃ - Les prêtres les égorgèrent et appliquèrent leur sang pour purifier l'autel, afin de faire expiation pour tout Israël, car c'est pour tout Israël que le roi avait ordonné l'holocauste et le sacrifice d'expiation.
L'application du sang avec le doigt sur les cornes de l'autel est appelée 'hitouy (purification expiatoire). L'expiation s'applique à tout Israël, comme l'explique le Malbim : sur le he'elem davar, sur l'idolâtrie dans laquelle l'ensemble d'Israël avait trébuché, et c'est pourquoi le roi ordonna de tout sacrifier. Le sacrifice d'expiation requiert cette application au doigt sur les quatre cornes de l'autel ; et le Malbim ajoute qu'une aspersion purificatrice était également nécessaire sur l'autel d'or, car le sang du sacrifice de he'elem davar doit être projeté à l'intérieur du Sanctuaire - d'où la formule : « pour faire expiation pour tout Israël ».
וַיַּעֲמֵד אֶת־הַלְוִיִּם בֵּית יְהֹוָה בִּמְצִלְתַּיִם בִּנְבָלִים וּבְכִנֹּרוֹת בְּמִצְוַת דָּוִיד וְגָד חֹזֵה־הַמֶּלֶךְ וְנָתָן הַנָּבִיא כִּי בְיַד־יְהֹוָה הַמִּצְוָה בְּיַד־נְבִיאָיו׃ - Il posta les Lévites dans la Maison de l'Éternel avec des cymbales, des luths et des harpes, selon l'ordre de David, de Gad le voyant du roi et de Nathan le prophète, car c'était un commandement de l'Éternel transmis par Ses prophètes.
Le chant des Lévites accompagné d'instruments de musique n'est pas explicitement mentionné dans la Torah - il n'est nulle part écrit dans le texte biblique que le sacrifice exige un chant ; c'est l'Éternel qui a ordonné par l'intermédiaire des prophètes de chanter lors de l'offrande. Nos Sages, dans le traité Arakhin, se demandent d'où l'on tire que les Lévites doivent chanter avec des instruments, et ils l'apprennent de l'expression « 'avodat 'avoda » (un service de service) : quel est le service qui nécessite un autre service à ses côtés ? C'est le chant accompagné d'instruments de musique - la mélodie des cymbales et des harpes constitue ce « service de service ». Et le commentaire attribué à Rachi ajoute que l'expression « 'avodat massa » (service de portage ou d'élévation) peut également s'appliquer au chant, comme il est écrit : « Et Kenaniahou, chef des Lévites pour le chant (bémassa), car il était expert » - il était chargé d'élever la voix pour entonner le chant ; on voit donc que la musique sacrée est également qualifiée de massa.
Le Malbim explique que ce qui s'est déroulé ici s'apparentait à une inauguration ('hinoukh) du Temple. Comme on le sait, lorsqu'on bâtit le Temple, il faut l'inaugurer, ainsi que nous l'avons vu à l'époque de Salomon, et de même, lorsqu'on agrandit les parvis, il convient d'inaugurer le lieu - et cette inauguration s'accomplit par des sacrifices et par le chant. Ici, dans la mesure où le service divin avait été interrompu pendant de nombreuses années, il s'agissait d'une sorte de réinauguration ; c'est pourquoi il posta les prêtres avec des trompettes, à l'image de ce qui s'était fait lors de l'inauguration du Temple par Salomon et lors de celle du Second Temple. Et c'est là le sens de ce qu'il dira plus loin : « Vous vous êtes consacrés (milètem yetkhem, littéralement rempli votre main) à l'Éternel » - car l'inauguration est appelée une investiture (milouy yad).
וַיַּעַמְדוּ הַלְוִיִּם בִּכְלֵי דָוִיד וְהַכֹּהֲנִים בַּחֲצֹצְרוֹת׃ - Les Lévites se tinrent debout avec les instruments de David, et les prêtres avec les trompettes.
וַיֹּאמֶר חִזְקִיָּהוּ לְהַעֲלוֹת הָעֹלָה לְהַמִּזְבֵּחַ וּבְעֵת הֵחֵל הָעוֹלָה הֵחֵל שִׁיר־יְהֹוָה וְהַחֲצֹצְרוֹת וְעַל־יְדֵי כְּלֵי דָּוִיד מֶלֶךְ־יִשְׂרָאֵל׃ - Ézéchias ordonna d'offrir l'holocauste sur l'autel ; et au moment où l'holocauste commença, débuta le chant de l'Éternel avec les trompettes, accompagné par les instruments de David, roi d'Israël.
Les Léviim se tiennent avec les instruments que David leur a préparés, et les Cohanim avec les trompettes pour en sonner. Dès le début de l'élévation de l'holocauste, le chant de l'Éternel et les trompettes retentissent, et tous jouent des instruments de David. C'est ce qui a été dit plus tôt : « selon le commandement de David » - ces instruments ont été confectionnés sur ordre de David, et la chose s'est faite d'après la parole prophétique : « et de Gad, le voyant du roi, et de Nathan le prophète, car c'est de par l'Éternel que venait ce commandement, par l'entremise de Ses prophètes ». Qu'on n'aille pas croire qu'ils ont innové quoi que ce soit de leur propre chef : tout provient de l'Éternel par Ses prophètes.
וְכׇל־הַקָּהָל מִשְׁתַּחֲוִים וְהַשִּׁיר מְשׁוֹרֵר וְהַחֲצֹצְרוֹת מַחְצְרִים הַכֹּל עַד לִכְלוֹת הָעֹלָה׃ - Toute l'assemblée se prosternait, le chant résonnait et les trompettes sonnaient, tout cela jusqu'à l'achèvement de l'holocauste.
L'expression « et le chant résonnait » (vehachir mechorèr) s'explique de deux manières. Le Radak explique qu'il s'agit d'une formulation abrégée : le maître du chant chante, comme s'il était écrit « et le chantre chante » ; ou bien le sens est que le chant se fait entendre et se déploie. Il ne s'agit nullement de corriger le texte biblique, mais de comprendre ce que dit le verset. « Et les trompettes sonnaient » (veha'hatsotsrot ma'hatserim) : les trompettes jouaient ; et le Radak fait remarquer que bien que le texte écrit (Ketiv) porte « ma'hatsitsrim », la lecture traditionnelle (Qeri) est « ma'hatserim », le second Tsadé n'étant pas prononcé.
וּכְכַלּוֹת לְהַעֲלוֹת כָּרְעוּ הַמֶּלֶךְ וְכׇל־הַנִּמְצְאִים אִתּוֹ וַיִּשְׁתַּחֲווּ׃ - Lorsqu'on eut achevé d'offrir l'holocauste, le roi et tous ceux qui se trouvaient avec lui fléchirent les genoux et se prosternèrent.
Dès que l'on eut fini d'offrir les sacrifices, tous tombèrent à genoux et se prosternèrent.
וַיֹּאמֶר יְחִזְקִיָּהוּ הַמֶּלֶךְ וְהַשָּׂרִים לַלְוִיִּם לְהַלֵּל לַיהֹוָה בְּדִבְרֵי דָוִיד וְאָסָף הַחֹזֶה וַיְהַלְלוּ עַד־לְשִׂמְחָה וַיִּקְּדוּ וַיִּשְׁתַּחֲווּ׃ - Le roi Ézéchias et les princes ordonnèrent aux Léviim de louer l'Éternel avec les paroles de David et d'Assaf le voyant ; ils louèrent avec une grande joie, puis s'inclinèrent et se prosternèrent.
Ézéchias et les ministres demandent aux Léviim de poursuivre et de louer Dieu avec les paroles de David et d'Assaf, qui comptait lui aussi parmi les chantres. Le commentaire attribué à Rachi explique qu'il s'agit du psaume « Célébrez l'Éternel, invoquez Son nom », déjà mentionné dans les Chroniques. « Ils louèrent jusqu'à la joie » : c'est au sein même de la louange, du chant et de la glorification qu'ils se sont élevés jusqu'au niveau de la véritable joie. C'est un principe fondamental : les cœurs sont entraînés par les actes - par le chant, la voix de la mélodie et la louange, ils ont atteint ce degré de joie spirituelle.
וַיַּעַן יְחִזְקִיָּהוּ וַיֹּאמֶר עַתָּה מִלֵּאתֶם יֶדְכֶם לַיהֹוָה גֹּשׁוּ וְהָבִיאוּ זְבָחִים וְתוֹדוֹת לְבֵית יְהֹוָה וַיָּבִיאוּ הַקָּהָל זְבָחִים וְתוֹדוֹת וְכׇל־נְדִיב לֵב עֹלוֹת׃ - Ézéchias prit la parole et dit : « À présent que vous vous êtes consacrés à l'Éternel, approchez et apportez des sacrifices et des offrandes de reconnaissance à la Maison de l'Éternel ». L'assemblée apporta des sacrifices et des offrandes de reconnaissance, et quiconque avait le cœur généreux apporta des holocaustes.
« Remplir les mains » (milouï yadaïm) désigne l'inauguration d'une fonction et son entrée en activité, à l'image de « tu investiras Aaron » (ou-miléta yad Aharon). Ézéchias leur dit : jusqu'à présent, vous n'accomplissiez pas le service dans le Temple ; désormais, vous commencez ce service et inaugurez à nouveau la Maison. De là découle la nuance exprimée dans le verset : le peuple a apporté des « sacrifices et des offrandes de reconnaissance », tandis que les « holocaustes » ne furent offerts que par les cœurs généreux. Pourquoi ? Parce que dans les sacrifices de paix et de reconnaissance, celui qui offre en retire aussi une part - il consomme de la viande, ce qui n'exige pas une grandeur d'âme exceptionnelle ; en revanche, l'holocauste est intégralement consumé sur l'autel, et pour l'apporter, il faut une vraie générosité de cœur, car l'on offre la totalité à l'Éternel.
וְכׇל־נְדִיב לֵב עֹלוֹת - Et quiconque avait le cœur généreux [offrit] des holocaustes
De là découle la Halakha bien connue selon laquelle une personne qui a formé dans son cœur la pensée de donner de la Tsédaka est tenue de donner ce qu'elle a pensé, même si elle ne l'a pas formulé de sa bouche. C'est une situation très fréquente, et beaucoup trébuchent sur ce point. Quelqu'un vient collecter de la Tsédaka, et l'on se dit en son cœur : « Lorsqu'il passera par ici, je lui donnerai cinq chekels ». Et s'il ne passe pas, on se dit : « Baroukh Hachem qu'il ne soit pas passé ». Il n'y a pas de « Baroukh Hachem » - on a l'obligation de donner ! Il faut sortir à sa poursuite et le rattraper. Et si on ne le trouve pas, on doit donner pour le même objectif : s'il collectait pour l'aide aux jeunes mariées (Hakhnassat Kala), on donnera pour des mariées ; si c'était pour des orphelins, pour des orphelins. Mais si on le retrouve, c'est à lui qu'il faut donner.
D'où cela vient-il ? Dans la Torah, il est dit à plusieurs reprises « que son cœur y incite », et dans la Paracha de Vayakhel, il est écrit « quiconque a le cœur généreux ». La Guémara dans Chévou'ot (26b) enseigne : « Ce qui est sorti de tes lèvres, tu l'observeras et tu l'accompliras » - cela ne m'enseigne que le cas où il l'a exprimé de ses lèvres ; d'où sait-on qu'il en est de même s'il l'a simplement résolu en son cœur ? Le texte dit : « quiconque a le cœur généreux ». On voit ainsi que le Hekdech (la consécration) prend effet par la simple pensée. Et c'est ce que l'on déduit également de notre verset : « Et quiconque avait le cœur généreux [offrit] des holocaustes » - une personne qui a résolu en son cœur d'apporter un holocauste est d'ores et déjà tenue de l'apporter.
Le Rama, au chapitre 258 (Yoré Dé'a), rapporte deux avis sur la question de savoir si cela s'applique par la pensée à la Tsédaka comme au Hekdech, et tranche que l'avis principal est que oui. C'est également ainsi que le Michna Beroura tranche la Halakha : quiconque a pensé donner une certaine somme à la Tsédaka est tenu de la donner. Et cela n'a rien à voir avec les enchères à la synagogue : lorsqu'on vend une Mitsva et que l'un propose trente, un autre quarante, cinquante, soixante-dix, quatre-vingts, et que c'est adjugé à cent - celui qui a proposé quatre-vingts n'est pas tenu de payer cette somme, car dès le départ, son intention était de ne payer que s'il emportait l'enchère. En revanche, si une personne avait l'intention quoi qu'il arrive de donner de la Tsédaka, et qu'au final elle ne donne pas, elle transgresse le principe de « quiconque a le cœur généreux », et c'est comparable à un vœu par lequel elle s'est engagée.
Le meilleur conseil est donc le suivant : lorsqu'un collecteur arrive, qu'on se dise en son cœur : « Bli néder, s'il passe par chez moi, je lui donnerai ». Il n'est pas nécessaire de dire « je fais le vœu » - la pensée du cœur suffit ; mais que l'on pense bien que c'est uniquement s'il passe qu'on donnera, c'est-à-dire sans prendre d'engagement absolu - et alors aucune obligation ne pèse sur soi.
La règle de la pensée du cœur ne concerne que les sacrifices et la Tsédaka, et non les autres domaines. En revanche, pour ce qui est de la parole explicite, la Guémara dans le traité Nédarim déclare à propos de celui qui dit « demain, je me lèverai et j'étudierai ce chapitre » : « Il a prononcé un grand vœu envers le D.ieu d'Israël ». C'est une erreur extrêmement répandue : on est souvent persuadé de ne pas avoir de problème avec les vœux, mais si l'on s'examine attentivement, on verra combien de fois on a trébuché à ce sujet. On demande à quelqu'un : « Que se passe-t-il, on ne te voit plus ? », et il répond : « Demain, je viens prier au lever du soleil (Netz) » - c'est un vœu, et il a l'obligation de venir demain ! « Demain, je viens au cours, tu me verras le premier » - c'est un vœu, et l'on doit arriver le premier. « D'ici la fin de la semaine, je termine le traité » - c'est un vœu. « Demain, je lirai tant de psaumes » - c'est un vœu. « Je vais appeler mes parents » - c'est un vœu, car cela relève du respect des parents (Kiboud Av Vaèm). Toute parole prononcée relative à une Mitsva constitue un vœu.
Dans les affaires profanes, ce n'est pas un vœu : celui qui dit « demain, j'irai à Tel Aviv » ne fait pas de vœu, à moins de déclarer expressément « je fais le vœu » ou « je le jure ». Mais pour les Mitsvot, il n'est nullement nécessaire d'employer les termes de vœu : le simple fait de dire « je ferai cette chose » constitue un vœu. C'est pourquoi chacun doit s'habituer, dès qu'il mentionne l'accomplissement d'une Mitsva - « je donnerai de la Tsédaka », « je ferai ainsi », « je viendrai », « j'étudierai », « je t'appellerai », « je t'apporterai » - à toujours ajouter « Bli néder » (sans engagement de vœu), et que cette expression lui soit familière afin de ne pas trébucher sur l'interdit des vœux.
Quant à l'annulation des vœux (Hatarat Nédarim) : l'annulation générale n'est efficace que pour les vœux dont on ne se souvient plus si on les a formulés, ainsi que pour les engagements de ce type où l'on a simplement dit qu'on accomplirait une Mitsva. Mais lorsqu'on se souvient d'un vœu précis, il faut détailler expressément ce vœu devant un Talmid 'Hakham ; si on ne le précise pas, l'annulation n'est pas valide. On doit se présenter devant un sage, qui l'écoutera, lui trouvera une ouverture (Péta'h) et un regret sincère (Harata), et alors il lui annulera le vœu.
וַיְהִי מִסְפַּר הָעֹלָה אֲשֶׁר הֵבִיאוּ הַקָּהָל בָּקָר שִׁבְעִים אֵילִים מֵאָה כְּבָשִׂים מָאתָיִם לְעֹלָה לַיהֹוָה כׇּל־אֵלֶּה׃ וְהַקֳּדָשִׁים בָּקָר שֵׁשׁ מֵאוֹת וְצֹאן שְׁלֹשֶׁת אֲלָפִים׃ - Le nombre des holocaustes offerts par l'assemblée fut de soixante-dix gros bétails, cent béliers, deux cents agneaux, tout cela en holocauste pour l'Éternel. Et les sacrifices consacrés comptaient six cents têtes de gros bétail et trois mille de petit bétail.
« Tout cela en holocauste pour l'Éternel » est précisé à titre d'explication supplémentaire, comme le relève le Metsoudat David. Quant aux « sacrifices consacrés », il s'agit des Kodachim Kalim (sacrifices de moindre sainteté), des sacrifices et des Chlamim dont les propriétaires consomment une part ; parmi ceux-ci, ils apportèrent six cents têtes de gros bétail et trois mille ovins.
רַק הַכֹּהֲנִים הָיוּ לִמְעָט וְלֹא יָכְלוּ לְהַפְשִׁיט אֶת־כׇּל־הָעֹלוֹת וַיְחַזְּקוּם אֲחֵיהֶם הַלְוִיִּם עַד־כְּלוֹת הַמְּלָאכָה וְעַד יִתְקַדְּשׁוּ הַכֹּהֲנִים כִּי הַלְוִיִּם יִשְׁרֵי לֵבָב לְהִתְקַדֵּשׁ מֵהַכֹּהֲנִים׃ - Mais les Cohanim étaient trop peu nombreux et ne purent dépouiller tous les holocaustes ; leurs frères les Léviim leur prêtèrent main-forte jusqu'à ce que le travail fût achevé et que les Cohanim se fussent sanctifiés, car les Léviim avaient le cœur plus droit pour se sanctifier que les Cohanim.
Les Cohanim étaient peu nombreux et ne parvenaient pas à dépouiller tous les holocaustes ; les Léviim leur vinrent donc en aide jusqu'à l'achèvement de la tâche. Le Malbim relève ici deux raisons : la tâche ce jour-là était immense et les Cohanim en sous-nombre ; de plus, beaucoup de Cohanim ne s'étaient pas encore purifiés ni sanctifiés, d'où la précision : « et jusqu'à ce que les Cohanim se fussent sanctifiés ». Et pourquoi les Léviim s'étaient-ils sanctifiés plus rapidement ? « Car les Léviim avaient le cœur plus droit » : ils s'étaient montrés plus empressés pour se sanctifier. Qu'entend-on par « le cœur droit » ? Le Malbim l'explique : ils se détachent des désirs matériels, et leur cœur est gouverné par la crainte de D.ieu selon la droiture ancrée en eux. C'est ce qui les poussa à hâter leur sanctification, et ils purent dès lors prêter main-forte aux Cohanim.
וְגַם־עֹלָה לָרֹב בְּחֶלְבֵי הַשְּׁלָמִים וּבַנְּסָכִים לָעֹלָה וַתִּכּוֹן עֲבוֹדַת בֵּית־יְהֹוָה׃ - Il y avait en outre des holocaustes en abondance, avec les graisses des sacrifices de paix et les libations pour chaque holocauste. Ainsi fut rétabli le service de la Maison de l'Éternel.
Le Metsoudat David explique que pour cet aspect également, on eut besoin de l'aide des Léviim en raison de l'ampleur de la tâche : on offrait de nombreux holocaustes avec les graisses des Chlamim et les libations, et les Cohanim ne pouvaient pas à la fois offrir tout cela sur l'autel et dépouiller les bêtes. C'est pourquoi « ainsi fut rétabli le service de la Maison de l'Éternel » : les Léviim apportèrent leur concours au dépouillement, et de la sorte, le culte du Temple put s'accomplir selon les règles. Le Malbim ajoute qu'une troisième raison est ici suggérée : en plus d'être peu nombreux et non encore tous sanctifiés, les Cohanim étaient accaparés par l'élévation des membres et l'offrande de la multitude de sacrifices. D'une part, les holocaustes sont entièrement consumés, et chaque holocauste requiert l'intervention de plusieurs Cohanim, comme l'enseigne la Michna dans Yoma. D'autre part, il leur incombait aussi de faire fumer les graisses des Chlamim et de verser les libations des holocaustes, offices qu'il est absolument exclu de confier aux Léviim et que seuls les Cohanim sont habilités à accomplir. C'est pourquoi ils eurent besoin de l'aide des Léviim précisément pour le dépouillement des bêtes.
וַיִּשְׂמַח יְחִזְקִיָּהוּ וְכׇל־הָעָם עַל הַהֵכִין הָאֱלֹהִים לָעָם כִּי בְּפִתְאֹם הָיָה הַדָּבָר׃ - Hizkiyahou et tout le peuple se réjouirent de ce que D.ieu avait préparé pour le peuple, car la chose s'était faite subitement.
Hizkiyahou et tout le peuple se réjouirent de ce que D.ieu avait disposé pour le peuple : tout s'était déroulé dans un ordre admirable, et tout s'était accompli « subitement », c'est-à-dire avec une grande promptitude et sans préparatifs de longue main. Le Malbim explique : l'élan initial est venu d'un réveil d'en bas, mais ils ont ressenti qu'il procédait en réalité d'un réveil d'en haut, le Saint, béni soit-Il, ayant disposé leur cœur à la sainteté et à la pureté, et leur ayant préparé une abondance de sacrifices à la mesure de la joie de ce jour.