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Chapitre 23 - Les gardes des Lévites

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Le chapitre 23 ouvre une nouvelle étape dans le livre : le roi David parvient à un âge avancé, et avant sa mort, il se consacre aux derniers préparatifs pour le Beth Hamikdache. Après avoir intronisé son fils Salomon, il organise les gardes sacerdotales et lévitiques, transmet ses instructions à Salomon, puis est réuni à ses pères. Le présent chapitre est consacré aux classes des Lévites : leur répartition par maisons patriarcales, leur nombre, leur âge et leurs fonctions dans le service de la Maison de Dieu.

David, âgé et rassasié de jours - Le recensement des Lévites
וְדָוִיד זָקֵן וְשָׂבַע יָמִים וַיַּמְלֵךְ אֶת־שְׁלֹמֹה בְנוֹ עַל־יִשְׂרָאֵל׃ - « David était âgé et rassasié de jours, et il établit roi son fils Salomon sur Israël. »

Le roi David est déjà âgé de soixante-dix ans, rassasié de jours, et nous nous trouvons vers la fin de sa vie. Le texte décrit ce que David accomplit à cette étape : il intronisa Salomon, se prépara à suivre la voie de toute la terre et organisa les gardes de la prêtrise et des Lévites - cela fait également partie intégrante de la préparation du Beth Hamikdache.

וַיֶּאֱסֹף אֶת־כׇּל־שָׂרֵי יִשְׂרָאֵל וְהַכֹּהֲנִים וְהַלְוִיִּם׃ וַיִּסָּפְרוּ הַלְוִיִּם מִבֶּן שְׁלֹשִׁים שָׁנָה וָמָעְלָה וַיְהִי מִסְפָּרָם לְגֻלְגְּלֹתָם לִגְבָרִים שְׁלֹשִׁים וּשְׁמוֹנָה אָלֶף׃ - « Il rassembla tous les chefs d'Israël, ainsi que les Cohanim et les Lévites. On dénombra les Lévites depuis l'âge de trente ans et au-dessus, et leur nombre, par tête et par homme, fut de trente-huit mille. »

David réunit tous les princes d'Israël, les Cohanim et les Lévites afin d'organiser les gardes - désigner qui assurera le service au Beth Hamikdache. C'est pourquoi il dénombre les Lévites à partir de trente ans et plus, âge auquel débute le plein service, et leur nombre s'élève à trente-huit mille hommes. Bien qu'il soit écrit « leur nombre par tête », cela ne signifie pas qu'il les compta tête par tête directement, mais au moyen d'une pièce de monnaie, à la manière dont Moïse dénombrait le peuple.

Diriger l'œuvre de la Maison de Dieu - Qu'est-ce que le « Nitsoua'h » ?
מֵאֵלֶּה לְנַצֵּחַ עַל־מְלֶאכֶת בֵּית־יְהֹוָה עֶשְׂרִים וְאַרְבָּעָה אָלֶף וְשֹׁטְרִים וְשֹׁפְטִים שֵׁשֶׁת אֲלָפִים׃ - « Parmi eux, vingt-quatre mille étaient destinés à diriger l'œuvre de la Maison de l'Éternel, et six mille étaient officiers et juges. »

Parmi les Lévites, David désigna des hommes pour « diriger l'œuvre de la Maison de Dieu », c'est-à-dire les responsables du service lié à l'autel. Le Metsoudat David explique que l'art du chant lui-même est appelé « Nitsoua'h » - à l'image du terme « Lamnatséa'h » dans les Psaumes, et tout comme le responsable d'un chœur ou d'un ensemble musical est appelé « Menatséa'h ». La raison de cette appellation est particulièrement intéressante : l'habitude des chanteurs est de chercher à se surpasser mutuellement en élevant la voix et en faisant prévaloir la mélodie. Lorsque plusieurs chantent ensemble, chacun cherche à faire porter son chant pour dominer la voix de ses compagnons, et c'est pourquoi cette tâche est appelée « Nitsoua'h ». Quant aux « officiers » (Choterim), ce sont les préposés qui contraignent à l'exécution des décisions des juges : le juge tranche, et l'officier constitue le bras exécutif.

וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים שֹׁעֲרִים וְאַרְבַּעַת אֲלָפִים מְהַלְלִים לַיהֹוָה בַּכֵּלִים אֲשֶׁר עָשִׂיתִי לְהַלֵּל׃ - « Quatre mille étaient portiers, et quatre mille louaient l'Éternel avec les instruments que j'ai faits pour célébrer. »

Le Malbim fait remarquer avec précision que tous ces versets - depuis « Parmi eux, pour diriger l'œuvre de la Maison de Dieu » - sont les paroles mêmes de David. La preuve en est fournie par ce verset : « avec les instruments que j'ai faits pour célébrer » - David s'exprime à la première personne au sujet des instruments qu'il a confectionnés. Dès lors, la répartition s'éclaire : vingt-quatre mille étaient chantres vocaux, quatre mille portiers, et quatre mille louaient avec des instruments de musique. C'est à partir de là que David ordonnera comment ils se répartiront dans leur charge.

La répartition des fils de Lévi - Guerchon, Kehat et Merari
וַיֶּחָלְקֵם דָּוִיד מַחְלְקוֹת לִבְנֵי לֵוִי לְגֵרְשׁוֹן קְהָת וּמְרָרִי׃ לַגֵּרְשֻׁנִּי לַעְדָּן וְשִׁמְעִי׃ - David les divisa en sections selon les fils de Lévi : Guershon, Kehat et Merari. Des Guershonites : Ladan et Chim'i.

« Vayeḥalkeim » - explique le Malbim, équivaut à « vayeḥalékem », mais sous une forme grammaticale plus lourde (le pi'el). Et « maḥlekot » signifie des divisions ou des sections. David divisa les fils de Lévi selon les trois chefs de famille : Guershon, Kehat et Merari. Et nous retrouvons ici la difficulté propre à l'ensemble du livre de Divré Hayamim concernant les noms : la nécessité d'harmoniser les noms mentionnés ici avec ceux d'autres passages, de discerner quels noms sont identiques avec une légère variante, et de comprendre comment un personnage peut apparaître ici comme un fils et ailleurs comme un frère. Pour ceux qui auraient oublié les dix premiers chapitres du livre, en voici un rappel. « Ladan » est Livni, mentionné dans la Torah comme le fils de Guershon, et Guershon avait pour fils Ladan et Chim'i.

בְּנֵי לַעְדָּן הָרֹאשׁ יְחִיאֵל וְזֵתָם וְיוֹאֵל שְׁלֹשָׁה׃ - Les fils de Ladan : le chef Ye'hiel, puis Zétam et Yoël, trois en tout.

Comment lire ce verset ? « Les fils de Ladan, le chef » - puis « Ye'hiel, Zétam et Yoël, au nombre de trois » ; ou bien « Les fils de Ladan » - puis « le chef Ye'hiel » ? Qui est ce « chef » (harosh), Ladan ou Ye'hiel ? Le Radak explique que le mot « harosh » n'est pas tranché : il se rapporte à la fois à ce qui précède et à ce qui suit. Et cela concorde parfaitement : Livni, c'est-à-dire Ladan, était le premier-né de Guershon, et Ye'hiel était lui aussi le premier-né de Ladan - tous deux sont donc qualifiés de « chef ».

Autre difficulté : ailleurs, nous trouvons que Zétam et Yoël sont les fils de Ye'hiel, et donc les petits-fils de Ladan, alors qu'ici, il semble que tous les trois - Ye'hiel, Zétam et Yoël - soient les fils de Ladan. Ne t'en étonne pas, dit le Radak, et c'est une réponse que nous avons souvent rencontrée : le texte énumère les petits-fils parmi les fils, et il y a de nombreux exemples de ce genre dans le livre. Il s'ensuit que le fils de Ladan était Ye'hiel, et que Zétam et Yoël étaient les fils de Ye'hiel. Autre possibilité, elle aussi bien connue : il n'y a là aucune contradiction et les deux affirmations sont exactes - les fils de Ladan étaient Ye'hiel, Zétam et Yoël, et Ye'hiel avait lui aussi des fils nommés Zétam et Yoël, ayant donné à ses fils les noms de ses frères. Et une troisième possibilité : la lettre Vav de liaison manque ici, comme s'il était dit « les fils de Ye'hiel, et Zétam et Yoël ses frères », c'est-à-dire que Zétam et Yoël sont les frères de Ye'hiel et non ses fils.

בְּנֵי שִׁמְעִי שְׁלֹמִית וַחֲזִיאֵל וְהָרָן שְׁלֹשָׁה אֵלֶּה רָאשֵׁי הָאָבוֹת לְלַעְדָּן׃ - Les fils de Chim'i : Chelomit, 'Haziel et Haran, trois en tout ; tels sont les chefs de famille pour Ladan.

Tout d'abord, nous apprenons que le nom « Chelomit » désigne ici un homme : Chim'i avait trois fils, et Chelomit était l'un d'eux. Dans la Torah, nous trouvons « Chelomit fille de Divri » comme nom de femme, mais ici c'est un nom d'homme. Il existe ainsi des noms portés par les deux sexes, homme et femme - à l'image du nom « Yona », qui est un nom masculin chez les Ashkénazes et un nom féminin chez les Yéménites et les Séfarades. Le Radak précise qu'il ne s'agit pas ici de Chim'i fils de Guershon, mais d'un descendant de Ladan nommé Chim'i, dont les fils devinrent les chefs de famille de Ladan.

וּבְנֵי שִׁמְעִי יַחַת זִינָא וִיעוּשׁ וּבְרִיעָה אֵלֶּה בְנֵי־שִׁמְעִי אַרְבָּעָה׃ - Et les fils de Chim'i : Ya'hat, Zina, Yé'ouch et Beri'a ; tels sont les quatre fils de Chim'i.

Ici, précise le Radak, il s'agit de Chim'i fils de Guershon, contrairement au verset précédent où Chim'i était un descendant de Ladan. Le Radak explique que le Ladan mentionné des versets 7 à 9 est Livni, mentionné dans la Torah et que nous avons déjà rencontré plus haut dans le livre ; selon cette vue, Ye'hiel, Zétam et Yoël mentionnés chez nous correspondent à Ya'hat, Zina et Yoa'h cités ailleurs - et les noms sont en effet très proches. Mais le Malbim écrit que tout cela est une méprise, car plus haut, le texte énumère de père en fils, comme cela y est prouvé, et l'essentiel est que Ladan n'est pas du tout Livni, mais l'un des fils de Livni, à partir duquel s'est constituée une maison patriarcale (beit av). Et le Chim'i du verset 9 est Chim'i fils de Ya'hat, fils de Livni. Selon cette explication, on comprend comment deux maisons patriarcales sont issues de Livni : Ladan fils de Livni - dont le fils était Ye'hiel, et Zétam et Yoël étaient les fils de Ye'hiel. Le Malbim ajoute que, d'après l'ordre des générations, il apparaît que Ye'hiel et Zétam étaient séparés de Livni par plusieurs générations.

וַיְהִי־יַחַת הָרֹאשׁ וְזִיזָה הַשֵּׁנִי וִיעוּשׁ וּבְרִיעָה לֹא־הִרְבּוּ בָנִים וַיִּהְיוּ לְבֵית אָב לִפְקֻדָּה אֶחָת׃ - Ya'hat était le premier et Ziza le second ; mais Yé'ouch et Beri'a n'eurent pas beaucoup d'enfants, et ils ne formèrent qu'une seule maison patriarcale pour un même recensement.

Ya'hat constituait la première maison patriarcale parmi les fils de Chim'i. « Ziza » est le même que le « Zina » mentionné précédemment : il portait deux noms. Quant à Yé'ouch et Beri'a, ils n'eurent pas beaucoup d'enfants ; c'est pourquoi, explique le Métsoudat David, ils furent réunis en un seul groupe et en une seule maison patriarcale, ayant un unique chef à leur tête. Le terme « pekoudah » évoque une charge, une intendance, c'est-à-dire celui qui est préposé à leur tête. Le Malbim en déduit que Guershon comptait neuf maisons patriarcales, et il rejette l'opinion selon laquelle ils ne furent réunis en une seule maison patriarcale qu'à l'époque d'Ezra : en effet, le texte se réfère ici à l'époque de David, ce qui implique qu'ils ne formaient déjà qu'une seule maison patriarcale dès cette époque.

Les fils de Kehat - La mise à part d'Aharon pour le Saint des Saints
בְּנֵי קְהָת עַמְרָם יִצְהָר חֶבְרוֹן וְעֻזִּיאֵל אַרְבָּעָה׃ - Fils de Qehath : Amram, Yitshar, Hevron et Ouziel, au nombre de quatre.
בְּנֵי עַמְרָם אַהֲרֹן וּמֹשֶׁה וַיִּבָּדֵל אַהֲרֹן לְהַקְדִּישׁוֹ קֹדֶשׁ קׇדָשִׁים הוּא־וּבָנָיו עַד־עוֹלָם לְהַקְטִיר לִפְנֵי יְהֹוָה לְשָׁרְתוֹ וּלְבָרֵךְ בִּשְׁמוֹ עַד־עוֹלָם׃ - Fils d'Amram : Aharon et Moché ; et Aharon fut mis à part pour être consacré comme saint des saints, lui et ses fils à jamais, pour faire brûler les encens devant l'Éternel, pour Le servir et pour bénir en Son Nom à perpétuité.

Les fils de Qehath apparaissent ici sous leurs noms mentionnés dans la Torah. Aharon fut mis à part, car la lignée sacerdotale commence avec lui - pour faire brûler l'encens devant l'Éternel, Le servir et bénir en Son Nom à jamais. « Et pour bénir en Son Nom à perpétuité » fait référence à la bénédiction des Cohanim (Birkat Cohanim), qui subsiste éternellement, puisque de nos jours encore, les Cohanim accomplissent ce commandement positif en bénissant Son peuple Israël avec amour.

« Ne réponds pas à l'insensé selon sa folie » - Une anecdote sur le Malbim

Une anecdote intéressante est rapportée au sujet de ce verset. Le Malbim avait coutume de donner chaque vendredi soir un cours sur la parachah de la semaine, et le public affluait en nombre pour entendre ses explications lumineuses sur le déroulement du texte. Même des notables proches du mouvement des Maskilim (les partisans des « Lumières ») appréciaient grandement ses développements novateurs et assistaient au cours ; bien que le Malbim lui-même fût l'un des plus ardents opposants à la Haskalah, nul ne pouvait ignorer sa vivacité d'esprit, sa profonde compréhension du sens littéral (Pshat) et la précision exemplaire de ses explications étymologiques et lexicales à travers tout le Tanakh.

Un Chabbat, lors de la parachah Tetsavé, le Malbim conclut son cours par le verset « c'est un saint des saints pour l'Éternel » (Qodech Qodachim Hou l'Achem). Il cita l'explication de Rachi selon laquelle cette expression se rapporte à l'autel, puis ajouta que l'on pouvait l'interpréter autrement : « Aharon fera expiation sur ses cornes... c'est un saint des saints pour l'Éternel » - cela s'applique à Aharon le Cohen qui accomplit l'expiation, et non à l'autel. Dès lors, s'éclaire la raison pour laquelle Aharon fut précisément choisi pour ce service sacré : puisque Aharon est lui-même saint des saints pour l'Éternel, doté d'une sainteté suprême, il a la force d'accomplir ce service, d'expier et de purifier l'autel.

En entendant cette interprétation, les Maskilim se mirent à ricaner : comment ose-t-il proposer un Pshat différent de celui de Rachi, d'autant plus que ce sens paraît absurde - se peut-il que la Torah qualifie un être de chair et de sang de « saint des saints » ? Une telle formule ne convient qu'au Saint, béni soit-Il, Lui-même ! Ils trouvèrent là matière à tourner les maîtres d'Israël en dérision. L'un des proches du Malbim vint lui rapporter leurs railleries et lui demanda : peut-être la rigueur de la langue nous a-t-elle échappé, et le Rav s'est-il trompé dans son explication ? Le Malbim resta impassible et balaya la remarque : que m'importe leurs moqueries ! Son proche insista : mais il y a là une objection sur le fond. Le Malbim lui répondit : si quelqu'un a le moindre doute sur mes propos, je les répéterai au début du cours de la semaine prochaine.

Le Chabbat suivant, la synagogue était comble. Tous étaient venus voir comment le Malbim se rétracterait de cette étrange explication, ou quelles contorsions il inventerait pour la justifier. Le Malbim prit la parole et dit : avant d'aborder la parachah Ki Tissa, je désire revenir sur le dernier verset de la parachah Tetsavé. Et il répéta mot pour mot la même explication, montrant que l'on peut appliquer « saint des saints pour l'Éternel » à Aharon, et que c'est pour cette raison qu'il fut choisi pour ce service. Comme pour signifier : riez et moquez-vous, ce que je vous ai enseigné est la vérité. L'auditoire s'étonna que le Rav n'eût rien corrigé, et le lendemain, on vint l'interroger. Il leur dit : ces propos ne comportent aucune erreur, ils reposent sur un appui explicite dans les Chroniques - « Fils d'Amram : Aharon et Moché ; et Aharon fut mis à part pour être consacré comme saint des saints, lui et ses fils à jamais ». Voici qu'il est écrit textuellement qu'Aharon est saint des saints ! Ils lui demandèrent : mais pourquoi le Rav n'a-t-il pas cité ce verset pendant le cours pour rabattre le caquet de ces Maskilim ? Il répondit : « Ne réponds pas à l'insensé selon sa folie ». C'est pourquoi il jugea bon de répéter l'explication seule, sans en dévoiler la preuve.

Quelque temps plus tard, ce proche monta en Terre d'Israël, se rendit chez le Maharil Diskin et lui raconta toute l'histoire. Aussitôt, le Maharil Diskin s'exclama : et as-tu pu imaginer un seul instant que le Malbim, à Dieu ne plaise, pût se tromper ? Il était si évident pour lui que lorsqu'une explication émanait du Malbim, elle reposait nécessairement sur des fondations et des preuves inébranlables, sans l'ombre d'une erreur. Nous découvrons là également toute la grandeur d'âme du Malbim : n'importe qui d'autre, face aux railleries et aux murmures sceptiques, se serait empressé de produire ses preuves, de clouer le bec à ses détracteurs et de dévoiler leur ignorance. Or le Malbim, non content de ne pas vouloir prêter attention à leurs propos dès le départ, répéta son explication trait pour trait sans apporter la moindre preuve. Qu'en est-il des humiliations et du désagrément subi ? Le Malbim ne s'embarrassait point de tels calculs. Son unique dessein était d'accomplir la volonté divine ; et puisqu'il estimait que la volonté d'Hachem exigeait ici d'appliquer « Ne réponds pas à l'insensé selon sa folie », bien qu'il pût en tirer de la gloire, impressionner son auditoire et remporter la joute, il s'abstint de répliquer. Admirable grandeur d'âme, digne d'émerveillement.

Les fils de Moché : des Léviim et non des Cohanim
וּמֹשֶׁה אִישׁ הָאֱלֹהִים בָּנָיו יִקָּרְאוּ עַל־שֵׁבֶט הַלֵּוִי׃ - Et Moché, l'homme de Dieu : ses fils furent rattachés à la tribu de Lévi.

Le verset vient nous enseigner : ne considère pas les fils de Moché comme des Cohanim. Seuls les fils d'Aharon sont désignés et mis à part pour la prêtrise, et non l'ensemble des descendants d'Amram - uniquement la postérité d'Aharon. Les fils de Moché demeureront des Léviim et sont rattachés à la tribu de Lévi. Il est fort probable que cet enseignement soit novateur précisément parce que Moché lui-même officia en qualité de Grand Prêtre durant les jours d'investiture (Milouïm) ; on aurait ainsi pu penser que, même si la prêtrise ne se perpétua pas pour lui-même, peut-être ses fils deviendraient-ils Cohanim. C'est cela même que le verset vient exclure : bien qu'il ait exercé comme Grand Prêtre pendant une brève période, et bien qu'il soit écrit qu'il était destiné à la grande prêtrise mais qu'il la perdit pour avoir hésité pendant sept jours à répondre à l'appel divin, ne pense pas qu'il ne l'a perdue que pour lui-même et non pour sa descendance. Le texte vient nous faire entendre (Ka machma lan) qu'après lui, ses fils demeureront eux aussi, pour toujours, des Léviim et non des Cohanim.

בְּנֵי מֹשֶׁה גֵּרְשׁוֹם וֶאֱלִיעֶזֶר׃ בְּנֵי גֵרְשׁוֹם שְׁבוּאֵל הָרֹאשׁ׃ - Fils de Moché : Guerchom et Eliézer. Fils de Guerchom : Chevouel, le chef.

Les fils de Moché sont Guerchom et Eliézer, comme mentionné dans la Torah. Et le fils de Guerchom est Chevouel. C'est à son sujet qu'il est rapporté qu'il fut préposé à l'idolâtrie - on était allé chercher un descendant de Moché pour être préposé à ce culte idolâtre, et la Guémara précise qu'il était avide d'argent. Dans un deuxième temps, le roi David voulut le ramener dans le droit chemin : il lui confia la gestion d'autres fonds et le nomma responsable des trésors royaux. Plus tard, Chlomo constata qu'il avait une faiblesse et ne lui fit plus confiance ; il le renvoya, et Chevouel retourna à ses égarements.

וַיִּהְיוּ בְנֵי־אֱלִיעֶזֶר רְחַבְיָה הָרֹאשׁ וְלֹא־הָיָה לֶאֱלִיעֶזֶר בָּנִים אֲחֵרִים וּבְנֵי רְחַבְיָה רָבוּ לְמָעְלָה׃ - Les fils d'Eliézer furent : Re'havia, le chef ; Eliézer n'eut pas d'autres fils, et les fils de Re'havia s'élevèrent grandement.

Le Malbim explique : plus loin, au chapitre 26, il est dit « Pour Eliézer : Re'havia son fils, et Yéchaya son fils », ce qui pourrait laisser croire à tort que Yéchaya était lui aussi le fils d'Eliézer - or, comment est-il affirmé ici qu'il n'avait pas d'autres fils ? La réponse est la suivante : Re'havia était le fils d'Eliézer, et Yéchaya était le fils de Re'havia ; Eliézer n'eut donc véritablement pas d'autres fils.

« Et les fils de Re'havia s'élevèrent grandement » (ravou lema'la) - le Metsoudat David l'interprète au sens de la quantité, indiquant qu'ils devinrent extrêmement nombreux. Mais le Malbim l'explique au sens de grandeur et d'élévation, du mot « ravouta », c'est-à-dire qu'ils accédèrent à une haute distinction. En effet, on constate dans la suite que Chelomit descendait de Re'havia, et que lui et ses frères étaient préposés à tous les trésors consacrés pour le Beth Hamikdach - des réserves considérables et des richesses immenses, que l'on ne confie qu'à des hommes de très haute stature et non à des individus ordinaires. Tel est le sens de « ravou lema'la » : ils possédaient une autorité éminente, des fonctions des plus prestigieuses et de grandes vertus.

בְּנֵי יִצְהָר שְׁלֹמִית הָרֹאשׁ׃ בְּנֵי חֶבְרוֹן יְרִיָּהוּ הָרֹאשׁ אֲמַרְיָה הַשֵּׁנִי יַחֲזִיאֵל הַשְּׁלִישִׁי וִיקַמְעָם הָרְבִיעִי׃ בְּנֵי עֻזִּיאֵל מִיכָה הָרֹאשׁ וְיִשִּׁיָּה הַשֵּׁנִי׃ - Fils de Yitshar : Chelomit, le chef. Fils de 'Hévron : Yeriyaou le chef, Amaria le deuxième, Ya'haziel le troisième et Yékam'am le quatrième. Fils d'Ouziel : Mikha le chef et Yichiya le deuxième.

Qu'on ne s'imagine pas qu'Amaria, Ya'haziel et Yékam'am soient d'autres fils de 'Hévron ; ces trois derniers sont en réalité les fils de Yeriyaou. C'est comme s'il était dit : les fils de 'Hévron sont Yeriyaou le chef, et les fils de celui-ci sont Amaria le deuxième, Ya'haziel le troisième et Yékam'am le quatrième. C'est d'ailleurs ce qui est explicité plus loin au chapitre 24, d'où la nécessité d'interpréter ainsi le passage ici présent.

Les fils de Merari et le parachèvement des vingt-quatre gardes
בְּנֵי מְרָרִי מַחְלִי וּמוּשִׁי בְּנֵי מַחְלִי אֶלְעָזָר וְקִישׁ׃ וַיָּמׇת אֶלְעָזָר וְלֹא־הָיוּ לוֹ בָּנִים כִּי אִם־בָּנוֹת וַיִּשָּׂאוּם בְּנֵי־קִישׁ אֲחֵיהֶם׃ - Fils de Merari : Ma'hli et Mouchi. Fils de Ma'hli : Eléazar et Kich. Eléazar mourut sans avoir de fils, mais seulement des filles, et les fils de Kich, leurs cousins, les épousèrent.

A priori, puisque Eléazar, qui faisait partie des gardes, est mort sans laisser de fils mais uniquement des filles, il s'ensuivrait que nous n'avons que vingt-deux gardes. Cependant, les paroles de la Torah sont pauvres en un endroit et riches en un autre, explique le Malbim : plus loin, il est écrit « Fils de Merari : Ma'hli et Mouchi... fils de Ya'aziyaou son fils : Choham, Zakour et Ivri ». De Ma'hli est issu Ya'aziyaou, qui est le descendant mentionné plus haut dans la chaîne généalogique « De Ma'hli : Livni son fils, Chimi son fils, Ouza son fils, Chim'a son fils », et Ouza n'est autre que Ya'aziyaou. Le fils de Ya'aziyaou est Choham, qui est le Chim'a mentionné plus haut, et Choham eut deux fils - Zakour et Ivri. Ils devinrent chefs de familles patriarcales après la disparition d'Eléazar sans descendance mâle, et ce sont eux deux qui complètent l'effectif des vingt-quatre gardes : neuf maisons patriarcales issues de Guerchon, neuf de Kehat, et six de Merari. Notons bien qu'il s'agit ici des gardes des Léviim ; nous traiterons des gardes des Cohanim par la suite.

Dès l'âge de vingt ans et au-dessus - Pourquoi David a-t-il modifié la règle ?
אֵלֶּה בְנֵי־לֵוִי לְבֵית אֲבוֹתֵיהֶם רָאשֵׁי הָאָבוֹת לִפְקוּדֵיהֶם בְּמִסְפַּר שֵׁמוֹת לְגֻלְגְּלֹתָם עֹשֵׂה הַמְּלָאכָה לַעֲבֹדַת בֵּית יְהֹוָה מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וָמָעְלָה׃ - Tels sont les fils de Lévi selon leurs maisons patriarcales, les chefs de famille selon leurs recensements, d'après le compte des noms, tête par tête, exécutant la tâche pour le service de la Maison de l'Éternel, dès l'âge de vingt ans et au-dessus.

"Ceux qui faisaient le travail" - ce sont les chantres, les portiers et les préposés ; tel était le rôle des lévites. Comme on le sait, les lévites ne montaient pas sur l'autel, mais servaient de force d'appui pour le service du Beth HaMikdach, comme nous le verrons par la suite. Leurs deux fonctions principales étaient le chant et la garde des portes, ainsi que d'autres tâches annexes que le Malbim expliquera.

כִּי אָמַר דָּוִיד הֵנִיחַ יְהֹוָה אֱלֹהֵי־יִשְׂרָאֵל לְעַמּוֹ וַיִּשְׁכֹּן בִּירוּשָׁלִַם עַד־לְעוֹלָם׃ וְגַם לַלְוִיִּם אֵין־לָשֵׂאת אֶת־הַמִּשְׁכָּן וְאֶת־כׇּל־כֵּלָיו לַעֲבֹדָתוֹ׃ - Car David dit : L'Éternel, le Dieu d'Israël, a accordé le repos à Son peuple, et Il réside à Jérusalem pour toujours. Et les lévites n'ont plus non plus à porter le Tabernacle et tous ses ustensiles pour son service.

Ici, le texte vient expliquer pourquoi David les dénombra à partir de vingt ans et plus, alors que la Torah les comptait dès l'âge de trente ans, et que David lui-même, au verset 3, les avait recensés à partir de trente ans. La réponse : Hachem a accordé le repos à Son peuple et a fait résider Sa Présence à Jérusalem pour toujours, sans jamais l'en retirer. Par conséquent - comme l'explique le Radak - les lévites n'avaient plus de travail de portage, qui constituait une part importante de leur service dans le désert : démonter le Tabernacle, le transporter ainsi que ses ustensiles. Il ne leur restait plus essentiellement que le service du chant, et selon le Metsoudat David, pour le chant, il n'est nullement nécessaire d'avoir trente ans, vingt ans suffisent. En effet, l'âge de trente ans était requis pour la vigueur physique nécessaire au transport : le portage du Tabernacle était particulièrement lourd, avec des poutres de cinq mètres de long, de lourds chariots et d'imposantes charges, réclamant des hommes vigoureux. Et bien que les jeunes s'imaginent qu'à dix-huit ans on est au sommet de sa force, en réalité, c'est à trente ans qu'on possède la pleine vigueur. En outre, le Malbim rapporte au nom du Kessef Michné que l'âge de trente ans était réservé au service du chant, tandis que les jeunes lévites de vingt ans étaient affectés à d'autres besognes nécessaires, comme nous allons le voir immédiatement.

כִּי בְדִבְרֵי דָוִיד הָאַחֲרוֹנִים הֵמָּה מִסְפַּר בְּנֵי־לֵוִי מִבֶּן עֶשְׂרִים שָׁנָה וּלְמָעְלָה׃ - Car selon les dernières paroles de David, le dénombrement des fils de Lévi se fit depuis l'âge de vingt ans et au-dessus.

De là se résout la contradiction : le dénombrement à partir de trente ans eut lieu au début des propos de David, tandis que « selon les dernières paroles de David » - à la fin de sa vie - il les compta dès l'âge de vingt ans. Au début, il pensait maintenir la règle telle qu'elle figure dans la Torah, puis il conclut finalement qu'on pouvait les dénombrer dès vingt ans : soit parce qu'ils n'avaient plus de tâche de portage sur l'épaule, soit parce que les plus jeunes prêteraient main-forte pour les tâches annexes que nous allons voir dans un instant.

תפקידי הלויים - סיוע לכהנים וטהרת הקודש
כִּי מַעֲמָדָם לְיַד־בְּנֵי אַהֲרֹן לַעֲבֹדַת בֵּית יְהֹוָה עַל־הַחֲצֵרוֹת וְעַל־הַלְּשָׁכוֹת וְעַל־טׇהֳרַת לְכׇל־קֹדֶשׁ וּמַעֲשֵׂה עֲבֹדַת בֵּית הָאֱלֹהִים׃ - Car leur poste était aux côtés des fils d'Aaron pour le service de la Maison de l'Éternel, pour les parvis, pour les chambres, pour la purification de toute chose sainte et pour l'accomplissement du service de la Maison de Dieu.

« Car leur poste était aux côtés des fils d'Aaron » - le commentaire attribué à Rachi l'explique dans le sens du verset « ils s'adjoindront à toi et te serviront », indiquant qu'ils assistaient les fils d'Aaron. « Et pour la purification de toute chose sainte » - si le Temple ou ses ustensiles venaient à contracter une impureté, les lévites étaient chargés de les purifier, comme nous le trouvons à l'époque de Hizkiyahou : « Et les lévites se chargèrent de l'emporter dehors vers le torrent de Cédron », et il est écrit : « Ils commencèrent la sanctification le premier jour du premier mois » - il fallait purifier le Beth HaMikdach après qu'il eut été souillé, et ces opérations étaient accomplies par les lévites. Et « l'accomplissement du service de la Maison de Dieu » - qu'ils soient disponibles pour toute tâche, en tant qu'aides et assistants.

Le Malbim explique qu'il y avait de multiples besognes et que les lévites de trente ans et plus ne suffisaient pas en nombre. Cela rejoint un fait bien connu : les lévites ne sont pas montés en masse lors du retour d'Ezra et Néhémie ; lorsqu'on les recensa, on s'aperçut qu'ils étaient très peu nombreux. C'est à ce même constat que se rattache le fait que les Juifs du Yémen ne prirent pas part à cette alyah, sachant d'avance que le Temple serait détruit, et beaucoup parmi les Yéménites sont lévites alors qu'on y compte peu de Cohanim : on trouve de nombreuses synagogues yéménites sans un seul Cohen, mais des lévites dans chacune d'entre elles. Il s'avère donc qu'il y avait une pénurie de lévites ; c'est pourquoi, précise le Malbim, on confia les tâches secondaires à ceux qui avaient moins de trente ans, n'ayant pas encore atteint l'âge de leur plein service au Sanctuaire, et les charges importantes aux trentenaires et plus. C'est ce qui est mentionné ici : la purification des impuretés du Sanctuaire, l'entretien des cours, la purification des ustensiles sacrés. En revanche, pour faire sortir l'impureté située à l'intérieur du Heikhal, cette mitsva incombait exclusivement aux Cohanim, comme le Malbim le déduit de la Guémara à la fin du traité Erouvin. Purifier : c'était l'œuvre des jeunes lévites ; évacuer l'impureté du sanctuaire intérieur : celle des Cohanim.

לחם המערכת והמידות
וּלְלֶחֶם הַמַּעֲרֶכֶת וּלְסֹלֶת לְמִנְחָה וְלִרְקִיקֵי הַמַּצּוֹת וְלַמַּחֲבַת וְלַמֻּרְבָּכֶת וּלְכׇל־מְשׂוּרָה וּמִדָּה׃ - Et pour les pains de proposition, pour la fleur de farine destinée à l'offrande, pour les galettes azymes, pour ce qui est cuit à la poêle ou ébouillanté, et pour toute mesure de capacité et de dimension.

Le Radak explique que les lévites étaient également chargés d'étalonner les mesures nécessaires au Temple : le hin, l'épha, le tiers de hin, le quart, le dixième, ainsi que la « messoura » - qui désigne l'ensemble des petites mesures de volume, le terme « mida » englobant les grandes mesures. Il fallait préparer des instruments d'une contenance rigoureusement exacte. Aujourd'hui encore, quiconque veut fabriquer un mètre étalon ne peut pas le faire de sa propre initiative : il existe un mètre étalon conservé dans un endroit sécurisé en Europe, à une température constante, d'après lequel tout est calibré - car si chacun fabriquait selon la référence de son voisin, imaginez ce qu'il adviendrait de ce mètre ! Il en allait de même pour les récipients du Temple : impossible de les fabriquer sans un étalon rigoureux, et il fallait des préposés pour calibrer les instruments, vérifier que chaque récipient soit fidèle à sa contenance, et mesurer et fabriquer des ustensiles d'une précision absolue - et cela était confié aux jeunes lévites. De même, ils avaient pour rôle de préparer le pain de proposition (Lehem HaPanim), la fleur de farine pour les offrandes végétales (Min'ha), les galettes de matsa et les diverses autres sortes d'offrandes mentionnées dans la Torah, tout en assurant la gestion des matières liquides et sèches requises dans la cour du Sanctuaire (Azara).

Le chant du Tamid - matin après matin
וְלַעֲמֹד בַּבֹּקֶר בַּבֹּקֶר לְהֹדוֹת וּלְהַלֵּל לַיהֹוָה וְכֵן לָעָרֶב׃ - Et pour se tenir chaque matin afin de louer et de célébrer l'Éternel, et de même le soir.

Il s'agit du cantique entonné lors de l'offrande des sacrifices perpétuels (les Temidim), et l'expression « chaque matin » (« baboker baboker ») renvoie au fait que l'offrande du Tamid avait lieu très tôt le matin. On trouve d'ailleurs chez les fidèles de rite ashkénaze la coutume de se lever un peu moins tôt le Chabbat - chacun selon sa mesure - car pour le sacrifice perpétuel des jours de semaine, il est écrit « baboker baboker » (le matin, le matin, répété), alors que pour le Chabbat, il n'est écrit « le matin » qu'une seule fois, ce qui suggère qu'il n'est pas nécessaire d'avancer l'heure deux fois et qu'un seul « matin » suffit. Quoi qu'il en soit, tel était le chant des Léviim au moment de l'offrande du Tamid. Et remarquez bien : il est question ici de Léviim âgés d'au moins trente ans, car pour se tenir et chanter, ce n'étaient pas les jeunes qui intervenaient, mais ceux qui étaient déjà pleinement astreints au service, comme l'explique le Malbim. Cependant, selon la seconde explication que nous avons vue, les plus jeunes pouvaient également faire partie du chœur des Léviim qui se tenaient pour chanter.

וּלְכֹל הַעֲלוֹת עֹלוֹת לַיהֹוָה לַשַּׁבָּתוֹת לֶחֳדָשִׁים וְלַמֹּעֲדִים בְּמִסְפָּר כְּמִשְׁפָּט עֲלֵיהֶם תָּמִיד לִפְנֵי יְהֹוָה׃ - Et pour tout holocauste offert à l'Éternel, aux Chabbats, aux néoménies et aux fêtes solennelles, selon le nombre prescrit par la règle qui les concerne, continuellement devant l'Éternel.

Le commentaire attribué à Rachi explique qu'ils étaient préposés aux chambres du Temple, ainsi qu'à la chambre des agneaux (Lichkat Beth HaTlaïm) où se trouvaient les bêtes destinées aux sacrifices, et qu'ils amenaient les offrandes aux Kohanim - constituant ainsi une force d'appoint dans le Beth HaMikdach. Selon le décompte requis, ils apportaient les sacrifices chaque jour : les jours de semaine, les Chabbats, aux néoménies (Rachei 'Hodachim) et lors des fêtes, moments où s'ajoutaient au Tamid des sacrifices supplémentaires, et tout cela « selon le nombre prescrit par la règle ». De plus, ils aidaient les Kohanim à dépouiller les sacrifices, tâche particulièrement éprouvante qui exigeait de la force pour retirer la peau de la bête. C'est ce que l'on retrouve à l'époque de 'Hizkiyahou (Ézéchias) : « Seulement les Kohanim étaient en trop petit nombre et ne purent dépouiller tous les holocaustes ; et leurs frères les Léviim leur prêtèrent main-forte » - les Kohanim étaient peu nombreux et ne suffisaient pas à la tâche ; ils eurent donc besoin que leurs frères les Léviim les soutiennent, c'est-à-dire les aident à dépouiller les bêtes sacrifiées.

La garde des factions - une garde d'honneur
וְשָׁמְרוּ אֶת־מִשְׁמֶרֶת אֹהֶל־מוֹעֵד וְאֵת מִשְׁמֶרֶת הַקֹּדֶשׁ וּמִשְׁמֶרֶת בְּנֵי אַהֲרֹן אֲחֵיהֶם לַעֲבֹדַת בֵּית יְהֹוָה׃ - Ils veillaient à la garde de la Tente d'assignation, à la garde du sanctuaire, et à la garde des fils d'Aaron, leurs frères, pour le service de la maison de l'Éternel.

« Ils veillaient à la garde de la Tente d'assignation » - afin qu'aucun profane ne s'en approche ; et c'est ce que nous avons mentionné au sujet des portiers, dont la fonction était de garder le Beth HaMikdach. Même s'il n'y avait là aucune crainte de vols, la garde dans le Sanctuaire ne ressemblait pas à celle de notre époque, où l'on engage une société de sécurité pour son commerce, mais relevait d'une garde d'honneur : il n'est pas digne que le palais du Roi soit ouvert à tout venant. Aujourd'hui encore, il existe une garde royale, et aussi théâtrale qu'elle puisse paraître, c'est une marque de respect : une sentinelle se tient à la porte et n'importe qui ne peut y pénétrer. « La garde du sanctuaire » concerne les objets sacrés, et « la garde des fils d'Aaron, leurs frères » consistait à leur prêter main-forte, comme nous l'avons vu pour le dépouillement des holocaustes et d'autres tâches similaires, pour le service de la maison de l'Éternel.

En résumé :

Au chapitre 23, le roi David, âgé et rassasié de jours, intronise Salomon et organise les factions des Léviim en vue de la construction du Temple. Il dénombre les Léviim et les répartit en vingt-quatre maisons paternelles - neuf de Guerchon, neuf de Kehat et six de Merari - et définit leurs fonctions : le chant vocal et instrumental, la garde des portes, les prévôts et les juges, l'assistance aux Kohanim, la purification des objets sacrés, la préparation du pain de proposition (Lé'hem HaPanim) et des offrandes végétales (Mena'hot), ainsi que le contrôle des mesures de volume et de longueur. Et puisque le travail de transport des éléments du Tabernacle a pris fin avec l'installation définitive de la Chekhina à Jérusalem, David modifia la règle dans ses dernières ordonnances en comptant les Léviim dès l'âge de vingt ans au lieu de trente ans, afin que les plus jeunes prêtent main-forte pour les besognes secondaires. Au fil du chapitre, nous avons également relevé la mise à part d'Aaron et de ses descendants pour le sacerdoce à perpétuité, par opposition aux fils de Moïse qui furent rattachés à la tribu de Lévi, ainsi que l'épisode du Malbim qui nous a enseigné que seul compte d'accomplir la volonté divine : lorsque prévaut le principe « Ne réponds pas à l'insensé selon sa folie », il n'y a plus de place pour les querelles d'amour-propre ou le désir d'avoir le dernier mot.