Dans cette partie du neuvième chapitre, nous abordons l'organisation des portiers et des Léviim dans le Sanctuaire : qui ils étaient, d'où ils avaient hérité leur charge, combien ils étaient, comment ils se répartissaient en gardes (michmarot), et qui étaient les responsables des salles, des trésors et des ustensiles. Ensuite, le texte revient sur la généalogie de Chaoul, afin d'aboutir au sujet central du livre des Chroniques - la royauté de David.
וְהַשֹּׁעֲרִים שַׁלּוּם וְעַקּוּב וְטַלְמֹן וַאֲחִימָן וַאֲחִיהֶם שַׁלּוּם הָרֹאשׁ׃ - Et les portiers : Challoum, Akkoub, Talmon, Ahiman et leurs frères ; Challoum était le chef.
Le Metsoudat David explique : ce même Challoum mentionné en premier dans la liste - c'est à son sujet que le verset précise qu'il était le chef de tous. C'est-à-dire que « et leurs frères, Challoum le chef » ne désigne pas un autre Challoum, mais vient indiquer que le Challoum cité au début était le préposé sur tous les autres.
וְעַד־הֵנָּה בְּשַׁעַר הַמֶּלֶךְ מִזְרָחָה הֵמָּה הַשֹּׁעֲרִים לְמַחֲנוֹת בְּנֵי לֵוִי׃ - Et jusqu'à présent à la porte du roi, vers l'orient, ils étaient les portiers des camps des enfants de Lévi.
Le Radak explique : « Jusqu'à présent » signifie qu'ils continuent encore - tout comme ils officiaient à l'époque du Premier Temple, ils se tiennent encore à la porte du roi, à l'orient. Ce sont les préposés à la porte par laquelle le roi entrait, qui se trouvait du côté est, et cette même charge s'est perpétuée au cours du Second Temple. Le Malbim ajoute que ces portiers tenaient cela en héritage de leurs pères : dès l'époque de David, ils étaient portiers à la porte du roi située à l'est. C'est-à-dire que non seulement les Léviim y étaient préposés de manière générale, mais ce sont précisément les mêmes familles qui avaient obtenu ce rôle à l'époque qui ont retrouvé leur fonction initiale. Et comme on le verra plus loin dans les divisions des portiers pour les Korahites, Chélémya fils de Koré parmi les fils d'Assaf, et le sort pour l'est échut à Chélémya.
וְשַׁלּוּם בֶּן־קוֹרֵא בֶּן־אֶבְיָסָף בֶּן־קֹרַח וְאֶחָיו לְבֵית־אָבִיו הַקָּרְחִים עַל מְלֶאכֶת הָעֲבוֹדָה שֹׁמְרֵי הַסִּפִּים לָאֹהֶל וַאֲבֹתֵיהֶם עַל־מַחֲנֵה ה' שֹׁמְרֵי הַמָּבוֹא׃ - Et Challoum, fils de Koré, fils d'Ebyassaf, fils de Kora'h, et ses frères de la maison de son père, les Korahites, étaient préposés à l'ouvrage du service, gardiens des seuils de la Tente, et leurs pères avaient la garde de l'entrée du camp de l'Éternel.
Le commentaire attribué à Rachi explique : Challoum fils de Koré et ses frères de sa maison paternelle, les Korahites, étaient les gardiens des seuils de la Tente d'assignation. C'est-à-dire qu'ils ne laissaient personne s'approcher de l'entrée de la Tente d'assignation, hormis les Cohanim lors de leur service. Ils se tenaient au seuil et empêchaient d'entrer.
Le Radak fait une remarque sur la généalogie : « Ebyassaf » est Evyassaf fils de Kora'h, déjà mentionné plus haut, mais Challoum fils de Koré n'y est pas mentionné. Il est possible qu'il ait fait partie des descendants d'Héman, et que le texte ait abrégé ici la généalogie sans énumérer toute la lignée. « Gardiens des seuils de la Tente » - ils gardaient les montants de l'entrée du Saint des Saints, tout comme leurs pères de la famille de Kora'h, issus des Kehatites, étaient responsables de l'Arche, du Kaporet (propitiatoire) et du Parokhet (voile de séparation). Selon cette explication, il s'agit précisément du Saint des Saints, car les Kehatites étaient préposés aux objets les plus intérieurs : l'Arche, le Kaporet qui couvre l'Arche, et le Parokhet du Saint des Saints - ce qui est appelé « le camp de l'Éternel ». Et ils veillaient à ce que nul n'y pénètre, comme il est dit à leur propre sujet : « Ils n'entreront point pour voir engloutir les objets saints, de peur qu'ils ne meurent ».
וּפִינְחָס בֶּן־אֶלְעָזָר נָגִיד הָיָה עֲלֵיהֶם לְפָנִים ה' עִמּוֹ׃ - Et Pin'has, fils d'El'azar, était autrefois leur chef, l'Éternel étant avec lui.
Le Radak explique : « Était autrefois leur chef » - sur la famille des Qor'hites. « Chef » (naguid) signifie préposé, responsable, et « autrefois » (lefanima) signifie du temps de leurs pères. Tout comme son père El'azar était préposé sur eux, ainsi qu'il est écrit : « La charge d'El'azar, fils d'Aharon le Cohen », de même, après lui, son fils Pin'has devint leur chef. « L'Éternel étant avec lui » - car il était plus grand que les fils d'Itamar, et pour cette raison, durant toute sa vie, il resta leur chef, occupant une fonction plus éminente que celle des descendants d'Itamar.
Certains de nos Sages expliquent que Pin'has n'est autre qu'Élie (Eliyahou). Il ne faut pas s'en étonner, car Pin'has a vécu de très nombreux jours. À l'époque de la concubine de Guiv'a, Pin'has était encore vivant, comme il y est dit : « Et Pin'has, fils d'El'azar », alors que trois cents ans s'étaient déjà écoulés depuis la sortie d'Égypte - nous constatons donc bien qu'il a vécu trois cents ans.
Nos Sages enseignent également que la Présence divine (Chekhinah) s'est retirée de lui, car il n'avait pas délié le vœu de Yifta'h (Jephté). C'est pourquoi le verset dit : « Était leur chef » - il n'est pas écrit « est leur chef », mais « était ». Nos Sages remarquent : il n'est pas écrit « est sur eux », mais « était ». Bien plus encore, il est précisé : « autrefois l'Éternel étant avec lui » - quand donc ? Au moment où il s'était levé pour protester contre l'acte de Zimri, et que le Saint, béni soit-Il, lui accorda « Mon alliance de paix » : à ce moment-là, l'Éternel était avec lui, mais ce ne fut qu'« autrefois ». En revanche, lors de l'affaire de la concubine de Guiv'a, il est rapporté qu'il n'a pas protesté, et de ce fait, pour ainsi dire, l'Éternel s'éloigna de lui, comme s'Il n'était plus avec lui. À l'époque de Zimri, il avait la force de protester et il s'interposa, tandis qu'à l'époque de la concubine de Guiv'a, sans doute affaibli par l'âge, il ne protesta point - et l'on vit combien de milliers d'hommes périrent en Israël avant de vaincre les Benjaminites.
Le Radak rapporte une autre explication au nom de certains commentateurs : « Pin'has, fils d'El'azar, était autrefois leur chef » ne désignerait pas Pin'has le Cohen, mais un autre Pin'has, qui était un Lévi. Quant à l'expression « autrefois l'Éternel était avec lui », elle signifierait que pour ce premier Pin'has d'autrefois, l'Éternel était avec lui, tandis que le Pin'has actuel n'a pas mérité l'esprit de prophétie (Roua'h HaKodech). Selon cette approche, le texte viendrait précisément nous apprendre qu'il ne s'agit pas de Pin'has fils d'El'azar fils d'Aharon le Cohen qui a accédé à la prêtrise, mais d'un Lévi, la différence étant que l'ancien Pin'has avait l'Éternel avec lui, alors que celui-ci n'a pas mérité l'esprit de sainteté. Cependant, le Radak conclut : la véritable explication est celle que j'ai d'abord exposée - il s'agit bien du célèbre Pin'has fils d'El'azar.
זְכַרְיָה בֶּן מְשֶׁלֶמְיָה שֹׁעֵר פֶּתַח לְאֹהֶל מוֹעֵד׃ - Zekharyah, fils de Mechélemyah, était portier à l'entrée de la Tente d'assignation.
Le Metsoudat David explique que telle était sa fonction : portier à l'entrée de la Tente d'assignation. Et le Malbim ajoute que sa garde se tenait du côté nord, comme nous le verrons plus loin au chapitre 26.
כֻּלָּם הַבְּרוּרִים לְשֹׁעֲרִים בַּסִּפִּים מָאתַיִם וּשְׁנֵים עָשָׂר הֵמָּה בְחַצְרֵיהֶם הִתְיַחְשָׂם הֵמָּה יִסַּד דָּוִיד וּשְׁמוּאֵל הָרֹאֶה בֶּאֱמוּנָתָם׃ - Tous ceux qui furent choisis pour être portiers des seuils étaient deux cent douze ; ils furent enregistrés selon leurs généalogies dans leurs villages ; ce sont David et Samuel le voyant qui les avaient établis avec pérennité.
וְהֵם וּבְנֵיהֶם עַל־הַשְּׁעָרִים לְבֵית־ה' לְבֵית הָאֹהֶל לְמִשְׁמָרוֹת׃ - Eux et leurs fils étaient préposés aux portes de la Maison de l'Éternel, à la maison de la Tente, pour assurer les gardes.
Le Radak explique : David et Samuel instituèrent les gardes (mishmarot) de la prêtrise et des Lévites, et fixèrent qu'ils ne devaient pas être moins de deux cent douze - c'est là le décompte mentionné ici. « Dans leur fidélité » (bé-émounatam) signifie qu'ils établirent et confirmèrent cette organisation pour qu'elle perdure fermement, au sens du mot « qayyam » (pérenniser) dans la Meguilat Esther. Le terme « émouna » renvoie en effet à la pérennité et à la constance : « Je te fiancerai à Moi avec fidélité (bé-émouna) » - des fiançailles durables et immuables ; de même : « La sécurité (émounat) de tes temps », ou « foi constante (émouna omen) ». De même, le mot « Amen » procède de la vérité, de ce qui est stable, certain et durable : celui qui répond « Amen » confirme et valide la parole. Ils établirent donc et consolidèrent cette institution pour qu'elle subsiste à jamais.
Nos Sages enseignent à propos de l'expression « dans leur fidélité » (be-émounatam) : il y avait là une remarquable intégrité, car aucune garde ne portait atteinte au domaine de l'autre. De plus, ces deux cent douze gardiens ne servaient pas tous en même temps, mais ils venaient de sept jours en sept jours, selon un roulement fixe - la garde changeait tous les sept jours. C'est ce qui est précisé plus loin : « Et leurs frères, dans leurs villages, devaient venir tous les sept jours », car ils se relayaient chaque semaine, une garde succédant à la précédente, formant un cycle complet de vingt-quatre gardes. Chacun était inscrit selon sa généalogie, chaque garde rattachée à sa maison paternelle, et d'après cette généalogie - précise le Radak - était déterminé leur lieu de résidence : chaque garde habitait de manière groupée dans les villes où résidait sa maison ancestrale, et non pas dispersée avec une partie d'une garde dans une ville et le reste ailleurs.
Le Malbim explique que le terme « choisis » (haberourim) désigne des hommes d'élite, selon le sens de trier et sélectionner : ils avaient été choisis et retenus pour être les gardiens des portes. Le Malbim établit ensuite le calcul suivant : lorsque l'on divise deux cent douze par les sept jours de la semaine, on obtient environ trente préposés en fonction chaque jour. En effet, les deux cent douze ne servaient pas tous les jours en même temps, mais la garde hebdomadaire était divisée en sept groupes - un septième le premier jour, un septième le deuxième jour, et ainsi de suite.
Et comment se décompose ce nombre de trente ? Le Malbim précise : il y avait vingt-quatre Léviim préposés aux portes, et six autres chargés de fonctions particulières - l'un préposé aux salles (lechakot), un autre aux trésors, un aux ustensiles de service utilisés pour le culte, un autre aux récipients, à la farine et au vin, un aux galettes frites (havitim), et un au pain de proposition (lé’hem hapanim). Toutes ces charges sont détaillées une à une dans les versets suivants, et le Malbim ne fait qu'ordonner et synthétiser : vingt-quatre gardiens de faction et six titulaires de charges spécifiques, ce qui fait bien trente par jour.
« Ce sont eux que David établit » - et ils se maintinrent, note le Malbim, dans leur fidélité et leur fonction, « eux et leurs fils aux portes de la Maison de l'Éternel », même ultérieurement lorsque le Temple fut édifié. En effet, David avait instauré cette organisation alors qu'il n'y avait encore que le Tabernacle et la Tente d'assignation, bien avant la construction du Temple ; l'Écriture vient souligner qu'ils conservèrent leur rang et leur charge, puis que leurs familles officièrent dans le Beth Hamikdach.
לְאַרְבַּע רוּחוֹת יִהְיוּ הַשֹּׁעֲרִים מִזְרָח יָמָּה צָפוֹנָה וָנֶגְבָּה׃ - Aux quatre directions se tenaient les portiers : à l'est, à l'ouest, au nord et au sud.
Aux quatre points cardinaux se trouvaient des portiers, des hommes désignés pour se tenir aux portes et monter la garde. Quelle était la finalité de cette garde ? Il a déjà été rappelé que la présence de gardes constitue un honneur pour la Maison de l'Éternel. Un homme qui pénètre dans un palais royal et constate qu'aucun garde ne veille à l'entrée - quand bien même on lui assurerait qu'il n'y a rien à dérober - y verrait un manque d'égard pour le lieu. Lorsqu'on entre dans un palais, on s'attend à voir une garde, même en l'absence de nécessité matérielle ; c'est une marque de respect qu'une sentinelle se tienne à la porte et contrôle les accès. Il en allait de même ici : la garde du Temple était une marque d'honneur et de majesté, et non une précaution dictée par la crainte d'un vol.
וַאֲחֵיהֶם בְּחַצְרֵיהֶם לָבוֹא לְשִׁבְעַת הַיָּמִים מֵעֵת אֶל־עֵת עִם־אֵלֶּה׃ - Et leurs frères, dans leurs villages, devaient venir tous les sept jours, d'une période à l'autre, avec ceux-ci.
Le commentaire attribué à Rachi explique que « pour les sept jours » signifie à la fin des sept jours : au terme de chaque semaine, la garde était relevée, et ce changement s'opérait le Chabbat. C'est le sens de « d'une période à l'autre » (mé'et el 'et) - de Chabbat en Chabbat. Et le Malbim explique que chaque semaine, une nouvelle équipe de Léviim montait pour prendre son service.
Selon ce principe, tout s'éclaire : il y avait vingt-quatre Léviim affectés aux postes de garde, et six autres préposés aux différentes fonctions mentionnées par le Malbim - salles, trésors, ustensiles de travail, fournitures, etc. - soit un total de trente. Si l'on fait le compte, l'effectif hebdomadaire des portiers atteignait cent soixante-huit hommes, soit vingt-quatre par jour multiplié par sept jours. Or, au chapitre 23, nous verrons qu'il y avait au total quatre mille portiers, et les gardes se relayaient sur vingt-quatre semaines, puisqu'il y avait vingt-quatre gardes (mishmarot), chacune officiant une semaine. En multipliant vingt-quatre par cent soixante-huit, on parvient exactement à quatre mille trente-deux. Pourquoi le texte arrondit-il alors à quatre mille ? Par simplification (« lo dak »), car l'Écriture retient souvent les chiffres ronds sans s'attarder sur le détail des unités.
À présent, complétons la différence entre cent soixante-huit et deux cent douze : nous avons compté vingt-quatre portiers par jour, mais en réalité ils étaient trente, car il y avait encore six préposés aux tâches que nous avons énumérées - les salles, les trésors, les ustensiles de service et similaires. Lorsque l'on multiplie également ces derniers par sept et par les vingt-quatre gardes, on obtient au total mille cinquante-six Lévites préposés à la Maison de Hachem.
Et pourquoi le Malbim effectue-t-il tout ce calcul ? Pour montrer qu'il concorde avec le décompte du livre de Néhémie, au chapitre 11, où il est écrit que les portiers étaient au nombre de cent soixante-douze, alors que chez nous ils sont cent soixante-huit. Or, si l'on soustrait les quatre responsables - Chaloum, Akouv, Talmon et Ahiman - de cent soixante-douze, on parvient exactement à cent soixante-huit. Ainsi, Néhémie n'a pas inclus les responsables des trésors, des ustensiles et des autres fonctions mentionnées ici, et c'est pourquoi il n'a mentionné que cent soixante-huit Lévites ; tandis qu'ici, on en mentionne deux cent douze, parce que le texte ajoute aussi les préposés aux ustensiles.
Et si l'on demande : le calcul ne donne-t-il pas seulement deux cent dix (sept fois trente), alors pourquoi deux cent douze ? Le Malbim répond : deux s'y ajoutent - un surveillant général des portiers, et un surveillant général des préposés. Il s'avère donc qu'il s'agit en pratique de deux cent dix, auxquels s'ajoutent les deux surveillants généraux, soit deux cent douze.
כִּי בֶאֱמוּנָה הֵמָּה אַרְבַּעַת גִּבֹּרֵי הַשֹּׁעֲרִים הֵם הַלְוִיִּם וְהָיוּ עַל־הַלְּשָׁכוֹת וְעַל הָאוֹצָרוֹת בֵּית הָאֱלֹהִים׃ - Car c'est avec fidélité qu'agissaient ces quatre chefs des portiers, ces Lévites, et ils étaient préposés aux salles et aux trésors de la Maison de Dieu.
Le Radak explique que ces quatre-là étaient les chefs des autres gardiens des portes, car il n'y avait pas que quatre gardes. Et le Malbim explique « car c'est avec fidélité » : ils étaient intègres et dignes de confiance, et c'est pourquoi ces mêmes portiers étaient également préposés aux salles ; en effet, pour être responsable des salles, il faut un homme intègre, car il s'agit là d'argent, d'or et d'ustensiles précieux. Pour chaque fonction, un seul préposé suffisait, étant donné leur fidélité irréprochable : on n'avait pas besoin d'autres personnes pour s'assurer qu'ils ne prendraient ni ne déroberaient rien lorsqu'ils étaient seuls. En revanche, pour la Tsedaka, nos Maîtres ont enseigné que l'on nomme toujours deux préposés et que l'on ne se fie jamais à une seule personne, car lorsqu'ils sont deux, l'un veille sur l'autre.
וּסְבִיבוֹת בֵּית־הָאֱלֹהִים יָלִינוּ כִּי־עֲלֵיהֶם מִשְׁמֶרֶת וְהֵם עַל־הַמַּפְתֵּחַ וְלַבֹּקֶר לַבֹּקֶר׃ - Ils passaient la nuit autour de la Maison de Dieu, car la garde leur incombait, et ils étaient chargés de la clef chaque matin.
« Ils passaient la nuit autour de la Maison de Dieu » : parce que la garde se faisait la nuit, selon l'avis du Rambam. C'est une divergence d'opinions parmi les Rishonim : certains affirment que la garde avait lieu également de jour, tandis que selon le Rambam, elle s'effectuait la nuit. C'est pourquoi ils passaient la nuit autour de la Maison de Dieu afin d'assurer la garde nocturne. « Car la garde leur incombait » : c'est-à-dire que leur rôle était de monter la garde. « Et ils étaient chargés de la clef chaque matin » : leur fonction consistait à ouvrir les portes chaque matin, comme nous l'avons appris dans les traités Shekalim et Yoma, où l'ouverture des portes le matin incombait aux Lévites.
וּמֵהֶם עַל־כְּלֵי הָעֲבוֹדָה כִּי־בְמִסְפָּר יְבִיאוּם וּבְמִסְפָּר יוֹצִיאוּם׃ - Certains d'entre eux étaient préposés aux ustensiles du service, car ils les rentraient au compte et les sortaient au compte.
וּמֵהֶם מְמֻנִּים עַל־הַכֵּלִים וְעַל כׇּל־כְּלֵי הַקֹּדֶשׁ וְעַל־הַסֹּלֶת וְהַיַּיִן וְהַשֶּׁמֶן וְהַלְּבוֹנָה וְהַבְּשָׂמִים׃ - D'autres parmi eux étaient préposés aux ustensiles et à tous les ustensiles sacrés, ainsi qu'à la fleur de farine, au vin, à l'huile, à l'encens et aux aromates.
Le Radak explique que les « ustensiles » mentionnés ici, qui ne sont pas les instruments du service sacrificiel, désignent les ustensiles de cuisson ; les « ustensiles sacrés » sont les tables, les chandeliers et leurs semblables ; « la fleur de farine » et l'huile servaient aux offrandes végétales (menahot), et le vin aux libations ; quant à l'encens (lévona), on le déposait dans des coupelles, avec l'agencement des pains de proposition (lehem hapanim), dans deux coupelles disposées sur la table.
Le Malbim propose une autre interprétation : les « ustensiles du service » désignent les ustensiles sacrés du culte ; « les ustensiles » ne sont pas des récipients de cuisine mais des instruments de musique ; et « tous les ustensiles sacrés » ne renvoient pas aux tables et aux candélabres, mais aux tisserands du Parokhet (le rideau) et des vêtements sacerdotaux. C'est précisément ce que nous enseigne la Michna dans le traité Chékalim (chapitre 5) : quinze préposés officiaient dans le Temple, chacun avec sa tâche propre, parmi lesquels ceux qui étaient chargés de tisser les rideaux et les vêtements sacerdotaux.
וּמִן־בְּנֵי הַכֹּהֲנִים רֹקְחֵי הַמִּרְקַחַת לַבְּשָׂמִים׃ - Et certains d'entre les fils des prêtres préparaient le mélange aromatique pour les parfums.
Ils confectionnaient le mélange. Le verbe « liro'akh » signifie mélanger et piler : ils mélangeaient et broyaient les aromates nécessaires à la confection de la Kétoret (l'encens).
וּמַתִּתְיָה מִן־הַלְוִיִּם הוּא הַבְּכוֹר לְשַׁלֻּם הַקָּרְחִי בֶּאֱמוּנָה עַל מַעֲשֵׂה הַחֲבִתִּים׃ - Et Mattitia, l'un des Lévites, premier-né de Chaloum le Koréhite, avait la charge permanente de la confection des galettes frites.
Mattitia, l'un des Lévites, était le premier-né de Chaloum le Koréhite, et sa mission était exercée « avec fidélité » (béèmouna). Le Metsoudat David explique : de manière pérenne et inamovible, c'est-à-dire qu'il occupait une charge permanente, celle d'être responsable de la confection des galettes frites (les 'havitine). Il s'agit des offrandes végétales préparées à partir d'un dixième d'épha de farine, que le grand-prêtre offrait chaque jour, pour moitié le matin et pour moitié le soir. Mattitia était chargé de veiller et d'inciter à ce que cette offrande soit apportée en son temps. L'expression « ma'assé 'havitine » désigne une offrande cuite à la poêle.
וּמִן־בְּנֵי הַקְּהָתִי מִן־אֲחֵיהֶם עַל־לֶחֶם הַמַּעֲרָכֶת לְהָכִין שַׁבַּת שַׁבָּת׃ - Et certains de leurs frères, parmi les fils de Kehat, étaient préposés au pain d'agencement pour le préparer chaque Chabbat.
D'autres frères des fils de Kora'h mentionnés plus haut, qui comptaient également parmi les descendants de Kehat - car Kora'h appartenait à la famille kéhatite - étaient préposés au « pain d'agencement » (Lé'hem haMa'arékhet), c'est-à-dire le pain de proposition (Lé'hem haPanim) disposé sur la table d'or. Le terme « ma'arékhet » vient de la racine signifiant disposer et ordonner, car on disposait les pains de proposition en rangées ordonnées sur la table, d'où cette appellation.
וְאֵלֶּה הַמְשֹׁרְרִים רָאשֵׁי אָבוֹת לַלְוִיִּם בַּלְּשָׁכֹת פְּטוּרִים כִּי־יוֹמָם וָלַיְלָה עֲלֵיהֶם בַּמְּלָאכָה׃ - Et ceux-ci sont les chantres, chefs de famille des Lévites, logés dans les salles, dispensés de tout service, car jour et nuit ils se consacraient à leur tâche.
Le Malbim explique qu'ils étaient exempts de tout autre ouvrage : ils résidaient dans les salles du Temple, et jour et nuit leur tâche pesait sur eux, à savoir enseigner et perfectionner l'art du chant et de la musique. Leur fonction exigeait une telle consécration qu'elle les dispensait de tous les autres travaux.
אֵלֶּה רָאשֵׁי הָאָבוֹת לַלְוִיִּם לְתֹלְדוֹתָם רָאשִׁים אֵלֶּה יָשְׁבוּ בִירוּשָׁלָ͏ִם׃ - Tels étaient les chefs de famille des Lévites, chefs selon leurs lignées ; ceux-là habitaient à Jérusalem.
Ceux que nous avons mentionnés plus haut étaient « chefs selon leurs générations », c'est-à-dire qu'ils se trouvaient à la tête des descendants de leurs pères. Et cette fonction de chef, explique le Malbim, se transmettait par héritage de père en fils : si le père était chef de famille, son fils après lui l'était également pour tous ceux placés sous son autorité, et de même pour le petit-fils, de génération en génération. Et ceux-là habitaient à Jérusalem.
וּבְגִבְעוֹן יָשְׁבוּ אֲבִי־גִבְעוֹן יְעִיאֵל וְשֵׁם אִשְׁתּוֹ מַעֲכָה׃ - Et à Guivon habitaient le père de Guivon, Yeiel, et le nom de sa femme était Maakha.
Le Radak explique que tous ceux que nous découvrons à présent ont déjà été mentionnés plus haut, mais le texte avait interrompu son fil pour s'intéresser aux Cohanim et aux Léviim qui habitaient à Jérusalem, chacun dans sa garde ; il revient désormais présenter la généalogie dans l'ordre. Son dessein est d'arriver au point où la royauté appartenait à Chaoul, avant de passer à David - ce qui constitue l'objet principal du livre des Chroniques (Divré HaYamim) : exposer et détailler la royauté de David. Ce sera précisément le sujet du chapitre suivant, le dixième chapitre, qui abordera la confrontation entre Chaoul et David. Les noms mentionnés ici constituent donc une forme de rappel de ce que nous avons vu plus haut, afin d'aboutir finalement à Chaoul, dont la royauté passa à David ; à partir de là, le texte poursuivra en décrivant dans l'ordre l'histoire des rois de Juda jusqu'à l'exil.
Le Malbim commente : « Et à Guivon habitaient » - nous l'avons déjà mentionné plus haut au chapitre 8, et l'on ne voit pas d'emblée pourquoi le verset s'y reprend à deux fois, ni pourquoi il n'a transcrit ici que jusqu'à Atsel, alors que plus haut il avait aussi écrit : « Et les fils d'Eshek son frère ». C'est sur ce point que nos Sages ont dit qu'entre un « Atsel » et l'autre « Atsel », ils possédaient de quoi charger quatre cents chameaux d'enseignements midrashiques - comme nous l'avons expliqué précédemment : depuis l'endroit où « Atsel » a été mentionné plus haut jusqu'à ici, pour comprendre la raison d'une telle répétition, il y a quatre cents chameaux chargés de Midrashim. Et une partie des variantes constatées entre les deux passages ayant déjà été soulignée, il n'est pas nécessaire de les répéter.
וּבְנוֹ הַבְּכוֹר עַבְדּוֹן וְצוּר וְקִישׁ וּבַעַל וְנֵר וְנָדָב׃ - Et son fils premier-né était Abdon, puis Tsour, Kish, Baal, Ner et Nadav.
Ces hommes étaient eux aussi les fils du père de Guivon, et ils habitaient avec lui à Guivon.
וּגְדוֹר וְאַחְיוֹ וּזְכַרְיָה וּמִקְלוֹת׃ וּמִקְלוֹת הוֹלִיד אֶת־שִׁמְאָם וְאַף־הֵם נֶגֶד אֲחֵיהֶם יָשְׁבוּ בִירוּשָׁלַ͏ִם עִם־אֲחֵיהֶם׃ - Et Guedor, Ahio, Zekharia et Miklot. Et Miklot engendra Chimeam ; et eux aussi habitaient à Jérusalem vis-à-vis de leurs frères, avec leurs frères.
« Et eux aussi » - bien qu'ils fussent établis à Guivon, ils résidaient parfois à Jérusalem en face de leurs frères, ceux dont nous avons vu qu'ils demeuraient à Jérusalem ; selon cette explication, « négued » signifie en face, vis-à-vis. Le Malbim, quant à lui, explique « négued a'héhem » dans le sens de contrairement à leurs frères.
וְנֵר הוֹלִיד אֶת־קִישׁ וְקִישׁ הוֹלִיד אֶת־שָׁאוּל וְשָׁאוּל הוֹלִיד אֶת־יְהוֹנָתָן וְאֶת־מַלְכִּישׁוּעַ וְאֶת־אֲבִינָדָב וְאֶת־אֶשְׁבָּעַל׃ - Et Ner engendra Kish, et Kish engendra Chaoul, et Chaoul engendra Yehonatan, Malki-Choua, Avinadav et Echbaal.
וּבֶן־יְהוֹנָתָן מְרִיב בָּעַל וּמְרִי־בַעַל הוֹלִיד אֶת־מִיכָה׃ - Et le fils de Yehonatan fut Meriv-Baal, et Meriv-Baal engendra Mikha.
Ces noms, nous les avons déjà vus plus haut et nous avons déjà rapporté les explications rabbiniques à leur sujet ; rappelons-les brièvement. « Echbaal » est Ich-Bochet, et « Meriv-Baal » est Mefibochet. Et pourquoi l'appelle-t-on Bochet (« honte ») ? Parce que le terme « Baal » évoque la souveraineté et la maîtrise ; l'Écriture lui substitue donc ce terme dépréciatif de « Bochet », de peur que l'on s'imagine que cette idole possède une quelconque souveraineté.
Rabbi Yits'hak bar Chemouel de Narbonne a enseigné : dès lors qu'Israël se mit à servir le Baal, le Baal fut désigné sous le nom de Bochet (« honte »), ainsi qu'il est écrit : « pour faire brûler de l'encens à la honte » - c'est-à-dire au Baal. Et pourquoi est-il appelé Bochet ? Parce qu'il rend honteux ceux qui le servent : l'homme place en lui ses espérances, le supplie et crie vers lui sans jamais recevoir de réponse - quelle honte pour lui ! D'où l'appellation « Ich-Bochet ». De même, Guideon fut appelé Yeroubaal parce que le Baal plaida contre lui, et il fut aussi appelé Yeroubochet, comme il est écrit dans le livre de Chemouel : « Qui a frappé Avimelekh, fils de Yeroubochet ? » On constate donc que Yeroubochet et Yeroubaal sont un seul et même nom, car Baal et Bochet sont synonymes : que la honte plaide contre lui ou que le Baal plaide contre lui, cela revient au même.
וּבְנֵי מִיכָה פִּיתֹן וָמֶלֶךְ וְתַחְרֵעַ׃ וְאָחָז הוֹלִיד אֶת־יַעְרָה וְיַעְרָה הוֹלִיד אֶת־עָלֶמֶת וְאֶת־עַזְמָוֶת וְאֶת־זִמְרִי וְזִמְרִי הוֹלִיד אֶת־מוֹצָא׃ - Fils de Mikha : Piton, Melekh et Ta'hréa. Et A'haz engendra Yaara ; Yaara engendra Alemet, Azmavet et Zimri ; et Zimri engendra Motsa.
וּמוֹצָא הוֹלִיד אֶת־בִּנְעָא וּרְפָיָה בְנוֹ אֶלְעָשָׂה בְנוֹ אָצֵל בְּנוֹ׃ - Et Motsa engendra Binea ; Refaya était son fils, Elassa son fils, Atsel son fils.
« Refaya son fils » - c'est-à-dire le fils de Binea, et ainsi de suite pour chacun d'entre eux, de père en fils.
וּלְאָצֵל שִׁשָּׁה בָנִים וְאֵלֶּה שְׁמוֹתָם עַזְרִיקָם בֹּכְרוּ וְיִשְׁמָעֵאל וּשְׁעַרְיָה וְעֹבַדְיָה וְחָנָן אֵלֶּה בְּנֵי אָצַל׃ - Et Atsel eut six fils, et voici leurs noms : Azrikam, Bokhrou, Ichmael, Chearya, Ovadia et 'Hanan. Ce sont là les fils d'Atsel.
Nous achevons ainsi le neuvième chapitre, et l'on peut dire que nous en avons terminé avec la partie la plus ardue du livre des Chroniques - cette longue section consacrée aux généalogies, aux listes de noms et aux registres de filiation retrouvés par Ezra. Nous avons étudié l'organisation des portiers qui héritaient de leur fonction de leurs pères, les gardiens des seuils de la Tente, l'établissement des tours de garde fondés par David et Chemouel « avec fidélité » - terme désignant la pérennité et la constance -, ainsi que les responsables des chambres, des trésors, des ustensiles, des galettes frites et des pains de proposition, tous accomplissant leur tâche avec une entière intégrité. Enfin, le texte est revenu sur la généalogie de Chaoul afin d'aborder le thème central de l'ouvrage. Dès lors, la voie s'aplanit : la suite revêt un caractère beaucoup plus narratif, retraçant le règne de David et la façon dont la royauté lui fut dévolue après la fin du règne de Chaoul.