Le chapitre 17 de Shmouel B est celui où se décide le sort de la révolte d'Avshalom. Ahitophel propose un conseil tranchant et précis : poursuivre David dès cette nuit même avec douze mille hommes, frapper le roi seul et ramener tout le peuple vers Avshalom. Face à lui se dresse Houshaï l'Arki, envoyé par David pour déjouer le conseil d'Ahitophel, et qui propose d'attendre que tout Israël soit rassemblé de Dan jusqu'à Beer Sheva. À partir de là, nous voyons comment la Providence conduit les événements : le bon conseil est déjoué, le message parvient à David par un miracle, Ahitophel met fin à ses jours, et David commence à voir les premiers signes du salut.
וַיֹּאמֶר אַבְשָׁלוֹם וְכׇל־אִישׁ יִשְׂרָאֵל טוֹבָה עֲצַת חוּשַׁי הָאַרְכִּי מֵעֲצַת אֲחִיתֹפֶל, וַה' צִוָּה לְהָפֵר אֶת־עֲצַת אֲחִיתֹפֶל הַטּוֹבָה לְבַעֲבוּר הָבִיא ה' אֶל־אַבְשָׁלוֹם אֶת־הָרָעָה׃ - Avshalom et tous les hommes d'Israël dirent : le conseil de Houshaï l'Arki est meilleur que le conseil d'Ahitophel. Et Hachem avait ordonné de déjouer le bon conseil d'Ahitophel, afin que Hachem fasse venir le malheur sur Avshalom.
Remarquez la précision du langage du verset. À propos du conseil d'Ahitophel, il est dit qu'il était droit aux yeux d'Avshalom et aux yeux de tous les anciens d'Israël, tandis qu'ici il n'est plus fait mention des anciens d'Israël, mais d'Avshalom et de tous les hommes d'Israël. Le Malbim explique : le Saint béni soit-Il a déjoué et embrouillé leur raisonnement. Naturellement, s'ils avaient suivi le conseil d'Ahitophel, ils auraient réussi ; mais le Saint béni soit-Il a déjoué le bon conseil, et tous ont adopté justement le conseil de Houshaï l'Arki, pensant que c'était là la bonne voie pour éliminer David.
וַיֹּאמֶר חוּשַׁי אֶל־צָדוֹק וְאֶל־אֶבְיָתָר הַכֹּהֲנִים כָּזֹאת וְכָזֹאת יָעַץ אֲחִיתֹפֶל אֶת־אַבְשָׁלֹם וְאֵת זִקְנֵי יִשְׂרָאֵל, וְכָזֹאת וְכָזֹאת יָעַצְתִּי אָנִי׃ - Houshaï dit à Tsadok et à Evyatar, les kohanim : voici et voici ce qu'Ahitophel a conseillé à Avshalom et aux anciens d'Israël, et voici et voici ce que moi j'ai conseillé.
Pourquoi Houshaï doit-il détailler aux kohanim les deux conseils ? La réponse se trouve dans le verset suivant.
וְעַתָּה שִׁלְחוּ מְהֵרָה וְהַגִּידוּ לְדָוִד לֵאמֹר אַל־תָּלֶן הַלַּיְלָה בְּעַרְבוֹת הַמִּדְבָּר וְגַם עָבוֹר תַּעֲבוֹר, פֶּן יְבֻלַּע לַמֶּלֶךְ וּלְכׇל־הָעָם אֲשֶׁר אִתּוֹ׃ - Et maintenant, envoyez vite et annoncez à David en disant : ne passe pas la nuit dans les plaines du désert, et de plus, traverse absolument, de peur que le roi ne soit englouti, ainsi que tout le peuple qui est avec lui.
Houshaï dit deux choses : ne laisse pas le peuple passer la nuit dans les plaines du désert (le mot arava désignant une plaine), et non seulement cela, mais "traverse absolument" - fuis de là aussi vite que possible. Et la raison en est la suivante : Ahitophel a conseillé d'attaquer cette nuit, et moi j'ai conseillé d'attendre, mais je ne sais pas avec certitude ce qu'il adviendra en fin de compte. Il se peut que l'avis d'Avshalom change et qu'il adopte le conseil d'Ahitophel, et alors vous serez attaqués dès cette nuit. C'est pourquoi Houshaï transmet les deux conseils : voici ce qu'a conseillé Ahitophel et voici ce que j'ai conseillé, et je ne suis pas certain à cent pour cent qu'ils agiront selon mes paroles - c'est pourquoi fuyez le plus vite possible.
De là aussi la réponse à la question qui s'impose : si le conseil de Houshaï est de rassembler des foules et d'attaquer David, quel bien lui rend-il par là ? Le bien est en ce moment précis - le sauver et lui permettre de fuir le pays. Dès que David fuit, Avshalom ne le poursuivra pas hors du pays ; ou bien David aura le temps de s'organiser. Car le conseil d'Ahitophel était juste, c'est-à-dire qu'il menait au but. Il y avait en lui une grande méchanceté, mais il aurait atteint l'objectif de venir à bout de David. Et il en va de même du dernier conseil d'Ahitophel, celui d'après lequel s'est forgée l'expression "conseil d'Ahitophel" - lui aussi était juste. C'est pourquoi Houshaï craignait beaucoup qu'en fin de compte Avshalom ne l'adopte, et c'est pourquoi il fit dire à David : fuis.
וִיהוֹנָתָן וַאֲחִימַעַץ עֹמְדִים בְּעֵין־רֹגֵל וְהָלְכָה הַשִּׁפְחָה וְהִגִּידָה לָהֶם וְהֵם יֵלְכוּ וְהִגִּידוּ לַמֶּלֶךְ דָּוִד, כִּי לֹא יוּכְלוּ לְהֵרָאוֹת לָבוֹא הָעִירָה׃ - Yehonatan et Ahimaats se tenaient à Ein Roguel, et la servante allait leur rapporter, et eux allaient rapporter au roi David, car ils ne pouvaient se montrer en entrant dans la ville.
La manière de transmettre le message fut elle aussi pleine de ruse. Yehonatan et Ahimaats, les fils d'Evyatar et de Tsadok, n'entrèrent pas du tout dans la ville, de crainte d'être remarqués et que l'on comprenne qu'ils étaient des espions au service de David. Ils se tenaient à Ein Roguel, à l'extérieur de la ville, et une servante servait de lien : elle allait leur transmettre les paroles de leurs pères, et eux allaient les rapporter à David. C'est le sens de "car ils ne pouvaient pas se montrer en entrant dans la ville" - de crainte qu'on ne les remarque.
וַיַּרְא אֹתָם נַעַר וַיַּגֵּד לְאַבְשָׁלֹם, וַיֵּלְכוּ שְׁנֵיהֶם מְהֵרָה וַיָּבֹאוּ אֶל־בֵּית־אִישׁ בְּבַחוּרִים וְלוֹ בְאֵר בַּחֲצֵרוֹ וַיֵּרְדוּ שָׁם׃ - Un jeune homme les vit et le rapporta à Avshalom, mais tous deux partirent en hâte et arrivèrent à la maison d'un homme à Bahourim, qui avait un puits dans sa cour, et ils y descendirent.
Ici le texte montre à quel point l'aide du Ciel était avec eux. Pendant qu'ils marchaient, un jeune homme les voit et le dévoile à Avshalom. Mais la bonté de Hachem était sur eux : premièrement, eux-mêmes remarquèrent qu'on les avait vus - car s'ils avaient continué à marcher sans s'en apercevoir, ils auraient fini par être pris. Deuxièmement, le Saint béni soit-Il leur procura un lieu de refuge : la maison d'un homme à Bahourim, dans la cour duquel se trouvait un puits, et ils y descendirent pour s'y cacher.
וַתִּקַּח הָאִשָּׁה וַתִּפְרֹשׂ אֶת־הַמָּסָךְ עַל־פְּנֵי הַבְּאֵר וַתִּשְׁטַח עָלָיו הָרִפוֹת, וְלֹא נוֹדַע דָּבָר׃ - La femme prit une couverture, l'étendit sur l'ouverture du puits et y étala des grains, et rien ne fut découvert.
Le puits était un puits ordinaire, saillant au-dessus du niveau du sol. La femme prit une couverture, une sorte de natte, l'étendit sur l'ouverture du puits, et par-dessus elle étala les grains. Les "ripot" sont une sorte de légumineuses et de choses semblables, que l'on étalait au soleil pour les faire sécher, comme nos grands-parents étalaient le poivre ou les graines de pastèque au soleil. Cela aussi était une bonté de Hachem envers eux, que cette idée soit venue à cette femme.
וַיָּבֹאוּ עַבְדֵי אַבְשָׁלוֹם אֶל־הָאִשָּׁה הַבַּיְתָה וַיֹּאמְרוּ אַיֵּה אֲחִימַעַץ וִיהוֹנָתָן, וַתֹּאמֶר לָהֶם הָאִשָּׁה עָבְרוּ מִיכַל הַמָּיִם, וַיְבַקְשׁוּ וְלֹא מָצָאוּ וַיָּשֻׁבוּ יְרוּשָׁלִָם׃ - Les serviteurs d'Avshalom vinrent vers la femme dans la maison et dirent : Où sont Ahimaats et Yehonatan ? La femme leur répondit : Ils ont traversé le cours d'eau. Ils cherchèrent et ne trouvèrent pas, et ils retournèrent à Jérusalem.
Une bonté supplémentaire : le Saint béni soit-Il mit dans la bouche de la femme la réponse juste. Elle se comporta comme s'était comportée Rahav. Rahav n'avait pas dit à ceux qui la questionnaient "des hommes ? il n'y a eu personne ici" - car ils lui auraient répondu : on les a bien vus entrer, c'est le signe que tu as quelque chose à cacher, et par la torture ils lui auraient arraché la vérité. Elle dit plutôt : oui, ils étaient bien ici, mais ils sont déjà partis. Et il en est de même ici : elle ne nie pas, mais dit "ils ont traversé le cours d'eau" - ils ont franchi le ruisseau, ils étaient là et sont déjà partis. Et qui la soupçonnerait ? Comme si elle ne cachait rien. Ainsi "ils cherchèrent et ne trouvèrent pas" - les poursuivants retournèrent à Jérusalem les mains vides.
Il est rapporté dans le Midrach Chmouel, parracha 32 : Rabbi Chmouel bar Nahmane a dit au nom de Rabbi Yonatan : pourquoi Mordekhaï et Esther ont-ils mérité qu'un miracle soit accompli par leur intermédiaire et que tout Israël soit sauvé grâce à eux ? À cause de l'épouse de Chimi ben Kich, la mère de leur ancêtre, qui sauva deux justes de la mort - à savoir Ahimaats et Yehonatan. Au moment où les serviteurs d'Avshalom les poursuivaient, ils entrèrent dans la maison de Chimi. Que fit cette femme juste ? Elle les fit descendre dans le puits, dénoua les cheveux de sa tête comme l'épouse de Ône ben Pélet, et s'assit sur l'ouverture du puits. Quand les serviteurs d'Avshalom entrèrent et la virent les cheveux dénoués, ils rebroussèrent chemin et dirent : est-il possible que deux justes soient cachés dans le puits et qu'une femme aussi respectable soit assise dessus les cheveux dénoués ? Seraient-ils entrés ici au moment où une femme aux cheveux dénoués s'y trouve assise ?
Et d'où cela est-il appris ? Du verset "elle y étala les grains (haripot)". Le Midrach précise : ne lis pas "haripot" mais "harifout" (l'affront) - car elle s'affronta et s'avilit elle-même afin de sauver les deux justes de la mort. Car c'est une honte pour une femme d'avoir les cheveux dénoués, et elle s'avilit ainsi pour eux. Le Saint béni soit-Il lui dit : puisque tu t'es avilie pour ces deux justes, je ferai sortir de toi deux justes qui se tiendront sur les brèches d'Israël, et grâce à eux je sauverai Israël de l'extermination. De là nous voyons quelle est la force du mérite qui perdure pour de nombreuses générations : ils eurent une telle mère juste, qui mérita que de ses descendants sortent les sauveurs de tout Israël.
וַיְהִי אַחֲרֵי לֶכְתָּם וַיַּעֲלוּ מֵהַבְּאֵר וַיֵּלְכוּ וַיַּגִּדוּ לַמֶּלֶךְ דָּוִד, וַיֹּאמְרוּ אֶל־דָּוִד קוּמוּ וְעִבְרוּ מְהֵרָה אֶת־הַמַּיִם כִּי־כָכָה יָעַץ עֲלֵיכֶם אֲחִיתֹפֶל׃ - Et il arriva, après leur départ, qu'ils remontèrent du puits, allèrent avertir le roi David et lui dirent : Levez-vous et traversez vite les eaux, car voici ce qu'Ahitophel a conseillé contre vous.
Comme nous l'avons dit, on ne sait pas si le conseil d'Ahitophel sera finalement accepté, et c'est pourquoi la consigne est de traverser immédiatement.
וַיָּקׇם דָּוִד וְכׇל־הָעָם אֲשֶׁר אִתּוֹ וַיַּעַבְרוּ אֶת־הַיַּרְדֵּן, עַד־אוֹר הַבֹּקֶר עַד־אַחַד לֹא נֶעְדָּר אֲשֶׁר לֹא־עָבַר אֶת־הַיַּרְדֵּן׃ - David se leva, ainsi que tout le peuple qui était avec lui, et ils traversèrent le Jourdain ; à la lumière du matin, il n'en manquait pas un seul qui n'eût traversé le Jourdain.
Tous, jusqu'au dernier d'entre eux, traversèrent le Jourdain.
וַאֲחִיתֹפֶל רָאָה כִּי לֹא נֶעֶשְׂתָה עֲצָתוֹ וַיַּחֲבֹשׁ אֶת־הַחֲמוֹר וַיָּקׇם וַיֵּלֶךְ אֶל־בֵּיתוֹ אֶל־עִירוֹ, וַיְצַו אֶל־בֵּיתוֹ וַיֵּחָנַק וַיָּמׇת וַיִּקָּבֵר בְּקֶבֶר אָבִיו׃ - Ahitophel, voyant que son conseil n'avait pas été suivi, sella son âne, se leva et s'en alla dans sa maison, dans sa ville ; il donna ses ordres à sa maison, s'étrangla et mourut, et il fut enseveli dans le tombeau de son père.
"Il donna ses ordres à sa maison" : il rédigea un testament. "Il s'étrangla" : il s'étrangla lui-même et se suicida. Et pourquoi agit-il ainsi ? Ahitophel était un homme d'une immense sagacité, et il savait que le seul conseil juste était le sien. Si l'on ne suivait pas son conseil, il n'y avait aucune possibilité de réussir. De là il tira clairement sa conclusion : la révolte d'Avchalom est sur le point de s'effondrer, et David va revenir à la royauté. Et qui sera la première tête que l'on réclamera ? La sienne. Or, puisque nous avons pour principe que les biens de ceux qui sont exécutés par la royauté reviennent au roi, qu'on ne fait pas non plus leur éloge funèbre et qu'ils ne sont pas ensevelis dans les tombeaux de leurs pères, il se dit : je vais priver David de ce plaisir. Il ne prendra pas mes biens, et je serai enseveli dans le tombeau de mes pères. C'est pourquoi il rédigea un testament, car il n'entre pas dans la catégorie de ceux qui sont exécutés par la royauté mais dans celle du suicidé, et c'est pourquoi "il fut enseveli dans le tombeau de son père", puisqu'il ne fut pas mis à mort par la royauté.
Il y a toutefois quelque chose à comprendre : celui qui se suicide est enseveli en dehors de l'enclos. Deux explications à cela. Certains disent que la formulation du verset n'impose pas nécessairement qu'il se soit suicidé, et il existe une opinion selon laquelle il s'étouffa de lui-même : il avala quelque chose et s'étrangla, ou pour toute autre raison. Mais ce n'est pas le sens simple communément admis, car le sens simple est que "il s'étrangla" signifie qu'il se suicida. C'est pourquoi certains disent qu'Ahitophel prit soin de dissimuler la manière de sa mort, et que c'est le verset qui nous la révèle ; il était assez sage pour mettre en scène une mort naturelle, et ainsi on l'ensevelit dans les tombeaux de ses pères sans savoir qu'il s'était suicidé, garantissant de la sorte que ses biens passeraient à ses fils.
Dans le Yalkout Chimoni sur "il donna ses ordres à sa maison et s'étrangla" : Rabbi bar Yehezkel dit : d'où sait-on que le don d'un malade sur son lit de mort a valeur de loi selon la Torah ? De ce qu'il est dit "il donna ses ordres", une simple instruction verbale. Un homme sur le point de mourir qui dit : donnez mes biens à untel, on les lui donne. Et d'où le sait-on ? De ce verset, car "il donna ses ordres" désigne une simple instruction, et elle a déjà pris effet.
Et encore : nos maîtres ont enseigné qu'Ahitophel ordonna trois choses à ses fils. Il leur dit : mes fils, ne soyez pas dans la dispute, car il avait vu de ses propres yeux ce que provoque une dispute. Et ne vous révoltez pas contre la royauté de la maison de David : il en avait tiré la juste conclusion, ayant vu ce que provoque une révolte contre la royauté de la maison de David. Et la troisième est un conseil pratique sans rapport avec notre sujet : lorsque le jour de fête de Atséret est clair, semez du blé. Certains lisent "barour" (clair) et d'autres "baloul" (mêlé), et il ne s'agit ni de tout à fait mêlé ni de tout à fait clair, mais mêlé avec un vent du nord qui souffle, et c'est cela "barour". C'est-à-dire : si vous voyez que le jour de fête de Atséret, la fête de Chavouot, se présente bien, sachez que le blé semé par la suite réussira très bien.
Dans le Yalkout Chimoni sur Chmouel II chapitre 5, sont rapportées des paroles qui expliquent à la fois la haine immense d'Ahitophel envers David, et la raison de sa mort par étranglement. Rabbi Berakhia au nom de Rabbi Abba bar Kahana : David nomma quatre-vingt-dix mille anciens en un seul jour (chefs de Sanhédrin, juges et sages) et il ne nomma pas Ahitophel parmi eux. Pourquoi ? Parce qu'il savait que son intérieur ne correspondait pas à son extérieur et que ses traits de caractère étaient corrompus.
L'arche soulevait les Cohanim dans les airs et les projetait à terre. David envoya chercher Ahitophel et lui dit : ne vas-tu pas me dire pour quelle raison l'arche projette les Cohanim vers le ciel et les jette à terre ? Ahitophel lui répondit avec cynisme : demande aux sages que tu as nommés, qu'ils se lèvent et t'aident. Moi, tu ne m'as pas nommé, je ne suis pas un sage. David dit : celui qui sait donner la réponse à une chose et ne la donne pas, sa fin sera d'être étranglé. Et qui connaissait la réponse ? Ahitophel. Aussitôt il dit : des choses que les enfants disent chaque jour à la synagogue, tu ne les connais pas ? "Et aux fils de Kehat il ne donna pas, car le service du sanctuaire leur incombait, ils devaient porter sur l'épaule." On ne porte l'arche que sur l'épaule, et vous, vous ne la portez pas sur l'épaule, alors quel étonnement que l'arche les déchire et les jette à terre ?
Et de même tu trouves (voici encore une occasion où Ahitophel gagna à juste titre le droit d'être étranglé) au moment où David vint creuser les fondations, les bases du Temple. Il creusa mille cinq cents coudées et ne trouva pas l'abîme. Finalement il trouva un tesson et voulut le soulever. Ce tesson lui dit : tu ne peux rien contre moi. Il demanda : pourquoi ? Il lui répondit : parce que je suis posé ici pour contenir l'abîme. Il demanda : depuis quand es-tu ici ? Il lui répondit : depuis l'heure où le Saint béni soit-Il fit entendre Sa voix au Sinaï et dit "Je suis l'Éternel ton Dieu", et la terre trembla et s'affaissa, et on me plaça ici pour contenir l'abîme. Malgré cela David ne l'écouta pas, et dès qu'il le souleva, l'abîme monta et voulut inonder la terre. Ahitophel se tenait là et se dit en son cœur : maintenant David meurt et je serai roi. Écoutez quels projets il nourrissait. David dit : celui qui a un conseil pour faire refluer l'abîme et ne le fait pas, sa fin sera d'être étranglé. Ahitophel dit ce qu'il dit, écrivit un Nom et ce genre de choses, et fit refluer l'abîme. David se mit à monter et récita le Chir Hamaalot (les degrés par lesquels il remonta de l'abîme et fut sauvé).
Et malgré tout cela, dit le Midrach, la fin d'Ahitophel fut d'être étranglé. Et c'est le sens de ce qu'on dit en proverbe : l'homme doit craindre la malédiction d'un grand homme même sans raison. Et c'est ce qu'ont dit nos Sages, la malédiction d'un sage vient même sans raison : car même si le sage a maudit en disant "si tu ne fais pas ainsi", et qu'au final tu l'as fait, de sorte que la malédiction n'a plus de raison de se réaliser, quoi qu'il en soit, puisqu'elle est sortie de la bouche d'un sage, elle finit par s'accomplir.
Terminons par un autre court passage du Midrach qui montre qui était Ahitophel : Rabbi Chmouel bar Its'hak dit, le rouleau que Chmouel remit à David, c'est Ahitophel qui l'avait dit à David par l'esprit saint. Ahitophel savait tout par l'esprit saint. Que faisait-il ? Un homme venait le consulter, et il lui disait : va faire ceci et cela, et si tu ne me crois pas, va interroger les Ourim et Toumim. Et l'homme allait interroger, et trouvait exactement selon ses paroles. Et c'est ce qui est dit : "Et le conseil d'Ahitophel qu'il conseillait en ces jours-là était comme si l'on interrogeait la parole de Dieu." Et le Midrach précise : "un homme" se lit mais ne s'écrit pas (dans le texte), car les Écritures ne pouvaient pas l'appeler "un homme", puisqu'il était à un tel niveau que si tu l'avais appelé "un homme" tu l'aurais abaissé de sa grandeur.
וְדָוִד בָּא מַחֲנָיְמָה, וְאַבְשָׁלֹם עָבַר אֶת־הַיַּרְדֵּן הוּא וְכׇל־אִישׁ יִשְׂרָאֵל עִמּוֹ׃ - Et David vint à Ma'hanaïm, et Avchalom traversa le Jourdain, lui et tout homme d'Israël avec lui.
Ma'hanaïm est un nom de lieu. Et Avchalom traverse le Jourdain afin de poursuivre David.
וְאֶת־עֲמָשָׂא שָׂם אַבְשָׁלֹם תַּחַת יוֹאָב עַל־הַצָּבָא, וַעֲמָשָׂא בֶן־אִישׁ וּשְׁמוֹ יִתְרָא הַיִּשְׂרְאֵלִי אֲשֶׁר־בָּא אֶל־אֲבִיגַל בַּת־נָחָשׁ אֲחוֹת צְרוּיָה אֵם יוֹאָב׃ - Et Avchalom plaça Amassa à la place de Yoav sur l'armée, et Amassa était fils d'un homme du nom de Yitra l'Israélite, qui était venu vers Avigal fille de Na'hach, sœur de Tserouya mère de Yoav.
Yoav ne fait pas partie de ceux qui soutiennent Avchalom, c'est pourquoi Avchalom eut besoin d'un autre chef d'armée, qui est Amassa. Et qui est Amassa ? Fils d'un homme du nom de Yitra l'Israélite, qui vint vers Avigal fille de Na'hach. Et qui est Na'hach ? Nos Sages disent : c'est Yichaï. Et pourquoi est-il appelé Na'hach (serpent) ? Parce qu'il était de ceux qui moururent à cause du serpent. Voici le sens de la chose : en eux-mêmes il n'y avait aucune faute ni aucun péché, et la seule raison de leur mort est que lorsque le Saint béni soit-Il décréta un décret sur toute l'espèce humaine à la suite de la faute de l'arbre de la connaissance et de l'acte du serpent originel, son âme aussi faisait partie de l'espèce humaine et la mort fut décrétée sur lui. En lui-même il n'avait pas acquis l'obligation de mort par ses actes en ce monde (il était entièrement juste, saint des saints) et pourquoi mourut-il ? À cause du serpent.
Et je vous ai déjà raconté ce que le Ari za"l dit en éloge funèbre du Ramak, Rabbi Moché Cordovéro. Il expliqua le verset "Et si un homme a commis une faute passible de mort, et qu'il soit mis à mort et que tu le suspendes à un arbre" : si tu vois un homme qui est de l'ordre d'un "homme", c'est-à-dire un grand homme, et "une faute passible de mort" (le mot 'faute' en langue sainte signifie manque, comme dans "manquer la cible" qui exprime un manque, et comme "et moi et mon fils Chelomo serons des pécheurs", c'est-à-dire dépourvus de la royauté), il en ressort : il lui manque une raison pour le rendre passible de mort, et malgré cela "il fut mis à mort", tu vois qu'il est mort. "Et tu le suspendras à un arbre" : suspends la cause de sa mort à l'arbre, à la faute de l'arbre de la connaissance. Ainsi dit-il au sujet du Ramak : il n'y avait en lui aucune cause de mort, alors pourquoi mourut-il ? Uniquement à cause de l'affaire de l'arbre de la connaissance.
Et voici la généalogie : la mère d'Amassa et la mère de Yoav étaient soeurs, toutes deux filles de Yichaï. Yoav est appelé "Yoav fils de Tserouya", et Tserouya était la soeur de David, de sorte que Yoav était le neveu de David, tout comme ses frères Assaël et Avichaï, fils de Tserouya. De même, la mère d'Amassa était la soeur de David parmi les filles de Yichaï, et il en ressort qu'Amassa aussi était le neveu de David.
Mais remarquez l'avantage qu'avait Amassa sur Yoav, et c'est ce que le verset mentionne ici : "Et Amassa fils d'un homme". Son avantage est qu'il est appelé du nom d'un homme, du nom de son père Yitra, alors que Yoav est appelé du nom d'une femme, Yoav fils de Tserouya, et son père n'est ni connu ni mentionné.
Ici, il est appelé "Yitra l'Israélite", et dans les Chroniques nous trouvons "Yitra l'Ismaélite". Nos Sages donnent plusieurs explications : il est appelé Israélite et Ismaélite parce qu'il était un converti issu des fils d'Ismaël. Une autre explication, celle du père du Radak : lorsqu'il était en terre d'Israël, on l'appelait Ismaélite, et lorsqu'il était chez Ismaël, on l'appelait Israélite. Cela correspond aussi à la réalité de nos jours : d'un homme venu de Tunisie, on dit ici "le Tunisien a dit", et lorsqu'il retournera là bas, on dira "l'Israélien a dit", car partout il est comme un étranger et on l'appelle du nom de son lieu d'origine.
Nos Sages donnent encore une raison à l'appellation Ismaélite : il ceignit son épée comme un Ismaélite. Et quand cela eut il lieu ? Lorsque Chaoul chercha à disqualifier David pour l'empêcher d'entrer dans l'assemblée. On lui dit : avant même de te demander si David est digne de la royauté, s'il descend de Pérets ou de Zérah, demande s'il est digne d'entrer dans l'assemblée, car David est le fils de Ruth la Moabite, et "un Ammonite et un Moabite n'entreront pas dans l'assemblée de l'Éternel". Et qui se leva l'épée à la main pour sauver David ? Yitra l'Ismaélite. Il ceignit son épée et dit : quiconque n'écoute pas cette loi sera transpercé par l'épée, car voici la tradition que j'ai reçue du tribunal de Chmouel : Ammonite et non Ammonite, Moabite et non Moabite.
Et pourquoi a t il pris soin de dire "telle est la tradition que j'ai reçue du tribunal de Chmouel" ? Les commentateurs du Ein Yaakov expliquent : puisqu'on avait déjà consenti à le disqualifier, il aurait été possible de lui dire : toi, Yitra, qui viens maintenant affirmer le contraire, tu es un ancien rebelle, dont la sentence est la mort, et nous ne recevrons certainement pas de toi de décision halakhique. C'est pourquoi il dit "telle est la tradition que j'ai reçue du tribunal de Chmouel" : un ancien qui déclare avoir reçu cela des sages de la génération précédente, et qui ne vient pas contredire les décisionnaires de sa génération, n'est pas soumis à la loi de l'ancien rebelle.
Et pourquoi précisément "il ceignit son épée comme un Ismaélite", alors que ceux qui ceignent l'épée sont les fils d'Édom ? En réalité, il voulait leur dire : au moment où vous le disqualifiez, quelle loi lui appliquez vous ? La loi de l'Édomite, comme s'il appartenait à Édom. C'est pourquoi il ceignit son épée et leur dit : si vous faites cela, vous le rejetez parmi ceux dont il est dit "et tu vivras de ton épée". Il n'y consentit en aucune manière, et il ceignit l'épée pour protéger David.
Et le Radak rapporte au nom de son père une autre raison pour laquelle Yichaï est appelé "Nahach" (serpent) : parce que de lui sont sortis des vipères qui ont frappé les nations du monde, ainsi qu'il est dit "car de la racine du serpent sortira une vipère", de la racine de Yichaï appelé serpent est sortie une vipère, et c'est Hizkiyahou.
וַיִּחַן יִשְׂרָאֵל וְאַבְשָׁלֹם אֶרֶץ הַגִּלְעָד׃ - Et Israël et Avchalom campèrent au pays de Guilad.
וַיְהִי כְּבוֹא דָוִד מַחֲנָיְמָה, וְשֹׁבִי בֶן־נָחָשׁ מֵרַבַּת בְּנֵי־עַמּוֹן וּמָכִיר בֶּן־עַמִּיאֵל מִלֹּא דְבָר וּבַרְזִלַּי הַגִּלְעָדִי מֵרֹגְלִים׃ - Et lorsque David arriva à Mahanaïm, Chovi fils de Nahach, de Rabba des fils d'Ammon, Makhir fils d'Ammiel, de Lo Devar, et Barzillaï le Guiladite, de Roguelim...
Lorsque David arriva à Mahanaïm, des aides et des soutiens commencent déjà à se manifester, et beaucoup s'éveillent pour le soutenir, selon les paroles du Malbim. Car par le fait qu'Avchalom vint vers les concubines de son père, s'était déjà accomplie la parole du prophète "Voici que je fais surgir contre toi le malheur de ta propre maison... et il couchera avec tes femmes à la vue de ce soleil". Le châtiment avait déjà été reçu, et à partir de là, dit le Malbim, commence le lever du soleil. Après l'obscurité et les ténèbres, nous commencerons à voir David se libérer progressivement de la révolte, jusqu'à ce qu'il retrouve pleinement la royauté.
Mais qui est "Shovi ben Nahash de Rabat des enfants d'Ammon" ? Le Radak rapporte qu'il s'agissait d'un Juif qui habitait à Rabat des enfants d'Ammon après que David l'eut conquise, et c'est pourquoi il fut nommé d'après le lieu bien qu'il fût israélite. Mais nos Sages expliquent qu'il s'agit de Hanoun ben Nahash, roi des enfants d'Ammon. Le Radak dit qu'il est difficile de comprendre que David l'ait laissé en vie, car il est écrit qu'il exerça des châtiments sur tout le peuple qui se trouvait à Rabat des enfants d'Ammon, sur tous il exerça des châtiments. En effet, c'est Hanoun qui avait humilié les serviteurs de David, leur rasant la moitié de la barbe et les renvoyant avec des vêtements déchirés jusqu'aux fesses. Il est donc plus vraisemblable de dire qu'il s'agissait d'un israélite qui habitait à Rabat des enfants d'Ammon.
מִשְׁכָּב וְסַפּוֹת וּכְלִי יוֹצֵר וְחִטִּים וּשְׂעֹרִים וְקֶמַח וְקָלִי וּפוֹל וַעֲדָשִׁים וְקָלִי׃ וּדְבַשׁ וְחֶמְאָה וְצֹאן וּשְׁפוֹת בָּקָר הִגִּישׁוּ לְדָוִד וְלָעָם אֲשֶׁר־אִתּוֹ לֶאֱכוֹל, כִּי אָמְרוּ הָעָם רָעֵב וְעָיֵף וְצָמֵא בַּמִּדְבָּר׃ - Des couvertures, des bassins et des ustensiles de potier, du blé, de l'orge, de la farine, du grain grillé, des fèves, des lentilles et du grain grillé, du miel, du beurre, du menu bétail et des fromages de vache, ils les apportèrent à David et au peuple qui était avec lui pour qu'ils mangent, car ils disaient : le peuple a faim, il est épuisé et assoiffé dans le désert.
Qu'est-ce que "les fromages de vache" (chefot bakar) ? Le Radak explique d'après le Targoum qu'il s'agit de fromages de lait, ainsi nommés d'après ce que l'on tire (chefim) de la vache. Et que signifie "chefim" ? De la racine du frottement, comme dans "et ses os seront frottés", car la traite se fait en frottant les pis, et c'est pourquoi ce que l'on extrait ainsi de la vache est appelé "chefot bakar", ce sont les fromages. Et tout cela, on l'apporta à David parce qu'ils disaient que le peuple qui était avec lui avait faim, était épuisé et assoiffé dans le désert, afin qu'ils puissent se remettre du long chemin et de la difficulté de la marche.
Il y a une guemara dans le traité Berakhot : "Cantique de David lorsqu'il fuyait devant Absalom son fils" - un cantique ?! Il aurait fallu dire une lamentation pour David. Rabbi Chimon ben Avichalom dit : à quoi cela ressemble-t-il ? À un homme sur qui pesait une reconnaissance de dette. Avant de l'avoir remboursée, il était triste ; après l'avoir remboursée, il était joyeux. Un homme honnête, quand on lui dit qu'il doit dix mille dollars, cela l'oppresse, et après avoir payé il est apaisé. (Il y a des gens chez qui c'est l'inverse : quand il doit, il est tranquille, et quand l'argent du remboursement est chez lui, il est stressé, car il préfère que l'argent reste chez lui.) Il en va de même pour David : bien que le Saint béni soit-Il lui eût dit "voici que je vais susciter contre toi le malheur de ta propre maison", il était triste et disait : peut-être sera-ce un esclave ou un mamzer, qui n'aura pas pitié de moi. Lorsqu'il vit que c'était Absalom, il se réjouit, et c'est pourquoi il dit "cantique".
Et celui qui observe le déroulement des événements voit qu'en effet c'était une bonne raison de se réjouir. Car si cela avait été un homme vil comme un esclave ou un mamzer, il aurait aussitôt accepté le conseil d'Ahitofel. Seul Absalom, comme nous l'avons expliqué, avait des hésitations et des craintes à aller tuer son père, ce n'est pas si simple, et c'est en réalité cela qui sauva David. Et il est clair que tout est orchestré par le Ciel, mais telle fut la voie.
Dans le Zohar il y a une autre explication, et remarquez que le Zohar n'accepte pas la voie du sens simple de la guemara. Zohar, tome I, folio 151b : Rabbi Yehouda ouvrit et dit : "Cantique de David lorsqu'il fuyait devant Absalom son fils" - ce verset a suscité l'étonnement des compagnons : un cantique ? Pourquoi a-t-il dit un chant ? Et si c'est parce que son fils s'était dressé contre lui, au contraire, il aurait dû dire une lamentation plus grande encore, car c'est un déshonneur plus grand qu'un proche se dresse contre soi que n'importe quel autre homme. Celui qui est poursuivi préfère être poursuivi par des étrangers plutôt que par son fils ; quel déshonneur terrible que le fils poursuive son père. Si tel est le cas, c'est une raison de pleurer davantage et non de chanter.
Mais le Zohar dit : ainsi parla David - je pensais que le Saint béni soit-Il me réservait cette dette pour le monde à venir, qu'Il me gardait le châtiment pour l'affaire de Bat-Chéva dans le monde à venir. Lorsque j'ai vu que Tu me l'as réclamée ici dans ce monde-ci, je me suis réjoui. Voilà le sens de "cantique de David" : je me réjouis que Hachem se soit acquitté de moi ici.
Et le Zohar dit encore : David vit que de meilleurs que lui avaient existé dans le monde et qu'eux aussi avaient fui, et tous avaient fui seuls. Yaakov s'enfuit, comme il est dit "Yaakov s'enfuit dans les champs d'Aram", et il s'enfuit seul. Moché s'enfuit, comme il est écrit "Moché s'enfuit devant Pharaon", et il s'enfuit seul. Et David s'enfuit, et tous les chefs du pays, les puissants du pays et les dirigeants du peuple s'enfuyaient avec lui, l'entourant à sa droite et à sa gauche pour le protéger de tous côtés. Voyant cela, il entonna un chant : eux ont fui et personne n'était avec eux, tandis que moi je fuis et voici que le Saint béni soit-Il m'a pourvu d'une escorte aussi importante et d'une protection aussi excellente, cela mérite bien un chant. Il ressort donc que selon le Zohar il y a deux raisons de chanter : que Hachem se soit acquitté de lui dans ce monde-ci, et que dans sa fuite le Saint béni soit-Il ait adouci le coup et la chute, en faisant qu'elle soit accompagnée d'autres personnes, et qu'ainsi il soit sauvé.
Dans ce chapitre se joue le sort de la révolte. Le conseil d'Ahitofel était juste et efficace, mais "Hachem avait ordonné de déjouer le bon conseil d'Ahitofel", et le Saint béni soit-Il déjoua l'avis d'Absalom et de tous les hommes d'Israël qui adoptèrent justement le conseil de Houchaï. Houchaï presse David de fuir, le message passe par une chaîne ingénieuse : une servante, Ahimaats et Yonatan, et par la miséricorde du Ciel : un puits pour s'y cacher, une femme qui étend une couverture et répand du grain, et une réponse avisée à la manière de Rahav. Cette juste, qui s'était avilie pour sauver deux tsadikim, mérita que sortent d'elle Mordekhaï et Esther, les sauveurs d'Israël. Ahitofel, qui s'était acquis par les malédictions des Sages sa fin par strangulation, mit un terme à sa vie après avoir compris que la révolte s'effondrerait, et ordonna à ses fils de ne pas se mêler de querelle et de ne pas se rebeller contre la royauté de la maison de David. Et à partir de là commence l'aurore : des partisans se rassemblent autour de David à Mahanayim et lui fournissent, à lui et à son peuple, de la nourriture, et David lui-même dit "cantique" et non "lamentation", parce qu'on s'est acquitté de lui dans ce monde-ci, et parce qu'il n'est pas resté seul dans sa fuite.