Le chapitre 20 du livre de Melakhim A ouvre une nouvelle étape : les guerres d'Aram contre Israël du temps d'Achav. Ce chapitre, ainsi que les suivants, traitent de l'histoire d'Achav. Des parties considérables du livre de Melakhim lui sont consacrées, car il fut un roi très dominant qui accomplit de nombreux actes, et Eliyahou le prophète ainsi que d'autres prophètes lui furent envoyés. C'est pourquoi son histoire est rapportée avec autant de détails.
וּבֶן־הֲדַד מֶלֶךְ־אֲרָם קָבַץ אֶת־כׇּל־חֵילוֹ וּשְׁלֹשִׁים וּשְׁנַיִם מֶלֶךְ אִתּוֹ וְסוּס וָרָכֶב וַיַּעַל וַיָּצַר עַל־שֹׁמְרוֹן וַיִּלָּחֶם בָּהּ׃ - Ben Hadad, roi d'Aram, rassembla toute son armée, et trente-deux rois étaient avec lui, avec chevaux et chars, et il monta assiéger Shomron et lui livra combat.
Ben Hadad, roi d'Aram, rassemble son armée pour venir combattre Israël, et il ne s'en contente pas : il réunit avec lui trente-deux rois de plus. Avec une force aussi immense, il monte et assiège Shomron.
וַיִּשְׁלַח מַלְאָכִים אֶל־אַחְאָב מֶלֶךְ־יִשְׂרָאֵל הָעִירָה׃ וַיֹּאמֶר לוֹ כֹּה אָמַר בֶּן־הֲדַד כַּסְפְּךָ וּזְהָבְךָ לִי־הוּא וְנָשֶׁיךָ וּבָנֶיךָ הַטּוֹבִים לִי־הֵם׃ - Il envoya des messagers à Achav, roi d'Israël, dans la ville. Et il lui dit : Ainsi a parlé Ben Hadad : Ton argent et ton or sont à moi, et tes femmes et tes bons fils sont à moi.
Avant l'explication, arrêtons-nous sur la grande difficulté de ce passage : celle de la double ambassade. Au début, Ben Hadad envoie dire : « Ton argent et ton or sont à moi, et tes femmes et tes bons fils sont à moi », et Achav accepte. Puis il envoie de nouveau dire : « Car je t'ai envoyé dire : ton argent et ton or, et tes femmes et tes fils, tu me les donneras » - or cela, il l'avait déjà envoyé dans la première ambassade ! Qu'y a-t-il de nouveau dans la seconde ? Et aussitôt après, Achav répond qu'il est prêt à la première chose mais qu'il n'est pas prêt à la seconde. Quelle était la première, quelle était la seconde, et quelle est la différence entre elles ? Et aussi : qu'est-ce que « tout ce qui plaît à tes yeux » mentionné dans la seconde ambassade ?
Avançons comme à notre habitude avec le Malbim, puis nous verrons aussi les paroles de nos Sages. La phrase « ton argent et ton or sont à moi » peut se comprendre de deux manières. Première signification : ils m'appartiennent. Tu es mon serviteur, et en tant que mon serviteur, tout ce que tu possèdes m'appartient. Concrètement, cela signifie : tu me paies des impôts. C'était une chose très courante dans les temps anciens : une nation soumise à une autre lui verse des impôts et est considérée comme placée sous son autorité. Et pourquoi le faisait-elle ? Non par bonne volonté, mais par crainte : de peur que je ne fonde sur vous par la guerre et ne prenne tout votre pays. Il valait mieux pour le roi baisser la tête, verser un tribut au roi rival et dire : tout ce que je possède t'appartient.
Et deuxième signification : il ne s'agit pas ici d'une soumission générale, mais d'une exigence concrète. « Ton argent et ton or sont à moi » - mon seigneur, commence à rassembler l'argent et l'or de ton royaume et à me les faire parvenir. « Tes femmes et tes bons fils sont à moi » - prends tes femmes et tes bons fils et livre-les-moi effectivement.
La seconde signification est la plus vraisemblable. Car si son intention était que vous soyez placés sous mon autorité et que vous soyez mes serviteurs, seuls l'argent et l'or appartiendraient donc à Aram ? Or tout appartient à Aram. Et pourquoi a-t-il précisé « tes femmes et tes bons fils » - seuls les bons lui appartiendraient-ils, et non les mauvais et les inférieurs ? Tout est à lui. On comprend donc qu'il veut dire : mon seigneur, je veux que tu me les apportes effectivement - ton argent, ton or, tes femmes et tes fils.
וַיַּעַן מֶלֶךְ־יִשְׂרָאֵל וַיֹּאמֶר כִּדְבָרְךָ אֲדֹנִי הַמֶּלֶךְ לְךָ אֲנִי וְכׇל־אֲשֶׁר־לִי׃ - Le roi d'Israël répondit et dit : Selon ta parole, mon seigneur le roi, à toi je suis, moi et tout ce qui m'appartient.
Achav a compris selon la première explication : je suis ton serviteur, et tout ce que je possède t'appartient. C'est vrai et exact, tu as raison en tout ce que tu as dit. Et remarquez l'insistance « et tout ce qui m'appartient » - non seulement mon argent et mon or, mais aussi les autres choses ; non seulement mes femmes et mes bons fils, mais aussi ceux qui ne trouvent pas grâce à tes yeux. Tout est à toi. Car si je suis ton serviteur, ce qu'acquiert le serviteur, son maître l'acquiert, et donc tout t'appartient.
וַיָּשֻׁבוּ הַמַּלְאָכִים וַיֹּאמְרוּ כֹּה־אָמַר בֶּן־הֲדַד לֵאמֹר כִּי־שָׁלַחְתִּי אֵלֶיךָ לֵאמֹר כַּסְפְּךָ וּזְהָבְךָ וְנָשֶׁיךָ וּבָנֶיךָ לִי תִתֵּן׃ - Les messagers revinrent et dirent : ainsi a parlé Ben-Hadad : j'ai envoyé vers toi pour dire : ton argent et ton or, tes femmes et tes fils, à moi tu les donneras.
Tu n'as pas compris, Ahav. Le sens est celui du second aspect. Non pas qu'ils soient à moi, cela est évident qu'ils sont à moi, et pour cela je n'aurais pas eu besoin d'envoyer des messagers. Mon intention était : "à moi tu donneras" : commence à faire tes bagages et à envoyer. Je veux les avoir chez moi. Telle était la demande.
כִּי אִם־כָּעֵת מָחָר אֶשְׁלַח אֶת־עֲבָדַי אֵלֶיךָ וְחִפְּשׂוּ אֶת־בֵּיתְךָ וְאֵת בָּתֵּי עֲבָדֶיךָ וְהָיָה כׇּל־מַחְמַד עֵינֶיךָ יָשִׂימוּ בְיָדָם וְלָקָחוּ׃ - Car demain à cette heure j'enverrai mes serviteurs vers toi, ils fouilleront ta maison et les maisons de tes serviteurs, et tout ce qui fait le désir de tes yeux, ils le mettront dans leur main et l'emporteront.
Ici il ajoute un aiguillon et une menace : tu as intérêt à envoyer toi-même, car si je dois envoyer mes serviteurs, tu perdras sur deux points. Premièrement, "ils fouilleront ta maison et les maisons de tes serviteurs" : jusqu'à présent il n'a nullement parlé des maisons des serviteurs, et maintenant il annonce que ses hommes y fouilleront aussi, et qu'il ne restera rien. Deuxièmement, "et tout ce qui fait le désir de tes yeux" : ils ne se contenteront pas de l'argent et de l'or seuls, mais prendront tout objet précieux de ta maison. Il est possible que tu possèdes des choses particulières et de grande valeur qui ne sont ni argent ni or : pour l'instant je ne les réclame pas, mais si mes serviteurs viennent, sache que tout ce qui fait le désir de tes yeux, ils le prendront. En bref : des méthodes de mafia : tu as intérêt à donner de bon gré, pour que nous ne venions pas prendre par la force.
וַיִּקְרָא מֶלֶךְ־יִשְׂרָאֵל לְכׇל־זִקְנֵי הָאָרֶץ וַיֹּאמֶר דְּעוּ־נָא וּרְאוּ כִּי רָעָה זֶה מְבַקֵּשׁ כִּי־שָׁלַח אֵלַי לְנָשַׁי וּלְבָנַי וּלְכַסְפִּי וְלִזְהָבִי וְלֹא מָנַעְתִּי מִמֶּנּוּ׃ - Le roi d'Israël appela tous les anciens du pays et dit : sachez donc et voyez que c'est le mal que celui-ci recherche, car il a envoyé vers moi pour mes femmes, mes fils, mon argent et mon or, et je ne les lui ai pas refusés.
L'usage courant à leur époque était le suivant : si l'on assiégeait un pays et que le pays assiégé levait un drapeau blanc de reddition, cela signifiait : nous sommes tes serviteurs et te payons tribut. Et si tu ne te soumets pas, nous entrons et prenons tout. Que gagne celui qui se soumet ? Il reste à sa place, le roi reste sur son trône, son argent et son or lui demeurent, et il est seulement asservi et paie un tribut. Tandis que le roi qui fait la guerre gagne de tout prendre. Or, cet homme veut obtenir par des voies pacifiques ce que l'on prend par la guerre. C'est là "le mal que celui-ci recherche". Et Ahav dit : voici que "je ne les lui ai pas refusés", j'étais prêt à être son serviteur, avec les personnes de ma maison, avec mon argent et mon or. Si tel est le cas, pourquoi envoie-t-il pour prendre effectivement mes femmes et mes fils ?
וַיֹּאמְרוּ אֵלָיו כׇּל־הַזְּקֵנִים וְכׇל־הָעָם אַל־תִּשְׁמַע וְלוֹא תֹאבֶה׃ - Tous les anciens et tout le peuple lui dirent : n'écoute pas et ne consens pas.
Que signifie la répétition "n'écoute pas et ne consens pas" ? "N'écoute pas" : à ce qu'il t'a dit, "à moi tu donneras", n'écoute pas. "Et ne consens pas" : et même ce que tu as déjà accepté dans ton cœur, d'être son serviteur, à cela non plus ne consens pas. Au contraire, extérieurement dis-lui "tout à fait", mais dans ton cœur aie l'intention de secouer son joug. C'est-à-dire : n'accepte pas de te soumettre à lui.
וַיֹּאמֶר לְמַלְאֲכֵי בֶן־הֲדַד אִמְרוּ לַאדֹנִי הַמֶּלֶךְ כֹּל אֲשֶׁר־שָׁלַחְתָּ אֶל־עַבְדְּךָ בָרִאשֹׁנָה אֶעֱשֶׂה וְהַדָּבָר הַזֶּה לֹא אוּכַל לַעֲשׂוֹת וַיֵּלְכוּ הַמַּלְאָכִים וַיְשִׁבֻהוּ דָּבָר׃ - Il dit aux messagers de Ben-Hadad : dites à mon seigneur le roi : tout ce que tu as demandé à ton serviteur la première fois, je le ferai, mais cette chose-ci je ne puis la faire. Et les messagers s'en allèrent et lui rapportèrent la réponse.
"La première fois" : ce que j'ai compris de tes paroles lors de la première ambassade, que nous serions serviteurs de mon seigneur, cela je le ferai. "Mais cette chose-ci", que je te les donne effectivement, je ne puis la faire. En aucun cas. Et les messagers s'en vont rapporter la réponse à Ben-Hadad.
Nos Sages voient ici quelque chose de plus, comme le rapporte le Radak et comme cela figure dans la Guemara : tout ce qu'il avait exigé la première fois, il l'a de nouveau exigé la seconde fois. Que s'est-il donc ajouté la seconde fois ? Que la seconde fois il lui a dit : "Et tout ce qui est précieux à tes yeux, ils le mettront en leur main et le prendront." Et qu'est-ce que "ce qui est précieux à tes yeux" ? Nos Sages disent : l'argent et l'or, les femmes et les enfants, tout cela est précieux. Alors qu'est-ce que "tout ce qui est précieux à tes yeux" ? Une chose qui est convoitée parmi les choses convoitées : il y a des choses désirables, et il y a une chose qui est la plus désirable de toutes, une chose que tout le monde convoite. Et laquelle est-ce ? C'est la Torah, "plus désirables que l'or et que l'or fin". Lorsque le roi d'Israël entendit cela, il dit : cette chose ne m'appartient pas, elle appartient aux anciens. Une telle chose, la Torah, ne relève plus de ma responsabilité : la Torah a été transmise aux sages, aux anciens, et ce sont eux qui doivent décider. C'est pourquoi aussitôt "le roi d'Israël appela tous les anciens du pays", et ils lui dirent de ne pas consentir et de ne pas l'écouter. Et parce qu'il écouta le conseil des anciens, aussitôt "le roi d'Israël sortit et frappa le cheval et le char" : parce qu'il écouta leur conseil, il vainquit au combat.
Le Radak dit : il est impossible d'expliquer que la "chose précieuse" qu'il réclamait était la chose précieuse d'A'hav lui-même. En effet, A'hav servait l'idolâtrie, et peut-être s'agissait-il du dieu des Sidoniens, du Baal qu'il servait. Sur cela, le Radak dit que ce n'est pas possible, car il est écrit "et tous les anciens et tout le peuple lui dirent : ne l'écoute pas et n'y consens pas". Or s'il en était ainsi, il en résulterait que tous les anciens et tout le peuple lui disent : ne renonce pas à ton idolâtrie ! Est-ce concevable ? Il y avait pourtant sept mille genoux qui ne s'étaient pas pliés devant Baal, et une part considérable du peuple y aurait renoncé avec joie. C'est pourquoi, forcément, "ce qui est précieux à tes yeux" désigne le rouleau de la Torah.
Et nos Sages disent : pourquoi A'hav mérita-t-il un règne de vingt-deux ans, l'un des rois ayant régné parmi les plus longues périodes ? Parce qu'il honora la Torah écrite en vingt-deux. Certains disent vingt-deux mots, et d'autres vingt-deux lettres. Selon l'opinion de ceux qui disent des mots : si vous comptez les mots du verset 9, depuis "et il dit aux messagers de Ben-Hadad" jusqu'à "et les messagers s'en allèrent et lui rapportèrent réponse", il y a là vingt-deux mots. À vrai dire, celui qui compte en trouvera vingt-trois, mais "Ben-Hadad" est compté comme un seul mot. Parce qu'il honora la Torah par vingt-deux mots, il mérita un règne de vingt-deux ans. Et selon l'opinion de ceux qui disent des lettres : parce qu'il honora la Torah qui fut écrite avec les vingt-deux lettres de l'alphabet, il mérita un règne de vingt-deux ans.
Si "ce qui est précieux à tes yeux" désigne le rouleau de la Torah, il faut comprendre : quel intérêt Ben-Hadad, roi d'Aram, avait-il pour un rouleau de la Torah ? Et s'il le désirait tant, qu'il s'en fasse une copie : qu'il prenne un scribe pour lui écrire son propre rouleau de la Torah ! Que signifie la demande "donne-moi le rouleau de la Torah" ?
Le Malbim explique : le roi reçoit l'ordre de ne pas multiplier ses femmes, de ne pas multiplier ses chevaux, de ne pas multiplier son argent et son or, et il lui est en outre ordonné d'écrire pour lui cette copie de la Torah et qu'elle demeure avec lui. Le roi avait un petit rouleau de la Torah attaché à lui et collé à lui partout où il allait. Un homme d'Israël a l'obligation d'écrire pour lui un rouleau de la Torah, mais il n'a pas l'obligation qu'il soit collé à lui ; le roi, lui, a l'obligation qu'il soit collé à lui. Et pourquoi ? Parce que les épreuves du roi sont difficiles : tout est entre ses mains, la force et le gouvernement sont entre ses mains, et en un instant il peut décider du sort d'un homme, à la vie ou à la mort. Afin qu'il tienne face à ces épreuves, il lui est dit : que le rouleau de la Torah soit toujours collé à toi, et par cela tu te souviendras toujours qu'il y a quelqu'un au-dessus de toi et que tu es soumis à la sainte Torah.
Et désormais, dit le Malbim : Ben-Hadad lui réclama ses femmes, son argent et son or, ces choses mêmes qu'il avait multipliées illégalement, et qu'il était donc juste qu'on lui prenne. Et il lui dit : si tu refuses et ne me les donnes pas, je te prendrai aussi le rouleau que tu ne gardes pas, la Torah que tu n'accomplis pas. En effet, A'hav allait certes avec un rouleau de la Torah bien qu'il ne l'observait pas, car cela faisait partie des insignes de la royauté : de même que le roi va avec une couronne, ainsi le roi d'Israël va avec un rouleau de la Torah collé à lui. C'est pourquoi le sens de la menace "je te prendrai le rouleau de la Torah" n'est pas qu'il désirait le rouleau, mais : je te prendrai la royauté. Le rouleau de la Torah collé au roi est l'un des insignes et attributs de la royauté, et le prendre signifie le faire descendre de son trône et de son rang royal.
וַיִּשְׁלַח אֵלָיו בֶּן־הֲדַד וַיֹּאמֶר כֹּה־יַעֲשׂוּן לִי אֱלֹהִים וְכֹה יוֹסִפוּ אִם־יִשְׂפֹּק עֲפַר שֹׁמְרוֹן לִשְׁעָלִים לְכׇל־הָעָם אֲשֶׁר בְּרַגְלָי׃ - Ben-Hadad lui envoya dire : que les dieux me fassent ainsi et qu'ils y ajoutent, si la poussière de Samarie suffit pour les pas de tout le peuple qui est à mes pieds.
Les paroles dures d'A'hav ne plurent pas à Ben-Hadad, et il lui envoie une menace grave. "Que les dieux me fassent ainsi et qu'ils y ajoutent" est une expression qui apparaît de nombreuses fois dans le Tanakh, et sa signification est : que le pire m'arrive si je ne fais pas telle et telle chose. Et pourquoi ne détaille-t-il pas ? Parce qu'à leur époque, on était très prudent concernant "l'alliance conclue avec les lèvres", et on ne prononçait de sa bouche aucune parole mauvaise sur soi-même. Il y a de nombreuses preuves de cela dans le Tanakh, que même les non-Juifs étaient prudents à ce sujet. Comme le dirent les Égyptiens : "et il combattra contre nous et montera hors du pays" : qui montera hors du pays ? Ils voulaient dire : il combattra contre nous et nous chassera d'ici, et pourtant ils n'ont pas dit "et nous monterons hors du pays", afin de ne pas dire sur eux-mêmes une chose négative. Ainsi ici également : malheur à ce que Dieu me fera si je n'accomplis pas ce que je promets.
Et que sont les "pas" ? Des enjambées, comme dans "pas même l'espace d'un pas", et comme dans "dans le sentier des vignes", un endroit où l'on marche entre les vignes. Et son intention est : la poussière qui collera aux souliers de mes soldats ne suffira pas. C'est-à-dire : mes soldats sortiront combattre contre toi, et rien que la poussière que chacun d'eux emportera dans ses souliers, et il ne te restera déjà plus de poussière. Et à plus forte raison tu n'auras pas d'armées ni de troupes pour combattre contre moi. Même la poussière, nous la prendrons, et il ne restera rien.
Certains expliquent que "choalim" signifie poing, comme dans "מי מדד בשעלו מים" - qui a mesuré dans sa main les eaux du monde. Selon cette interprétation : si chacun de nos soldats prend un peu de poussière dans sa main à Chomron, votre poussière s'épuisera. "לכל העם אשר ברגלי" - chacun prendra une poignée, et votre poussière sera épuisée.
וַיַּעַן מֶלֶךְ־יִשְׂרָאֵל וַיֹּאמֶר דַּבְּרוּ אַל־יִתְהַלֵּל חֹגֵר כִּמְפַתֵּחַ׃ - Le roi d'Israël répondit et dit : Dites-lui, que celui qui ceint son épée ne se vante pas comme celui qui la dégaine.
Le mot "dites" peut se comprendre de deux façons. La première : dites à Ben Hadad de ne pas se vanter ainsi. La seconde : parler, on peut le faire beaucoup, c'est à dire, tu peux parler autant que tu veux, mais tu n'as pas encore "dégainé". Le "choguer" est celui qui ceint ses armes pour partir au combat, et le "mefateach" est le vainqueur de la bataille, celui qui range déjà ses armes, ôte de sur lui les boucliers et les épées. Toi, tu ne fais que ceindre, tu ne fais qu'entrer dans la guerre, et que celui qui ceint son épée ne se vante pas comme celui qui la dégaine.
Et le Malbim explique pourquoi celui qui ceint son épée ne doit pas se vanter : l'homme qui ceint son épée pour le combat élabore tous les plans possibles afin de vaincre, et prend aussi en compte la possibilité d'être vaincu, c'est pourquoi il bâtit la tactique et la stratégie les plus efficaces. En revanche, celui qui se vante au moment de ceindre comme s'il avait déjà dégainé ne prend pas la peine de planifier : il est sûr de remporter la bataille "les doigts dans le nez". Et c'est déjà une première raison de sa défaite : tu n'as pas planifié le combat comme il faut, parce que tu étais certain d'une victoire facile. Et une seconde raison : dès l'instant où tu as une confiance absolue de remporter la bataille, le camp adverse combat jusqu'à son dernier souffle. Il sait que c'est une question de survie, c'est pourquoi il combat de toutes ses forces et donne sa vie. Ainsi, quand tu arrives avec une telle confiance absolue, le peuple qui te fait face combattra au péril de sa vie et tes chances de vaincre sont plus faibles. C'est pourquoi que celui qui ceint son épée ne se vante pas comme celui qui la dégaine : la victoire n'est pas encore entre tes mains, et il est trop tôt pour se vanter.
וַיְהִי כִּשְׁמֹעַ אֶת־הַדָּבָר הַזֶּה וְהוּא שֹׁתֶה הוּא וְהַמְּלָכִים בַּסֻּכּוֹת וַיֹּאמֶר אֶל־עֲבָדָיו שִׂימוּ וַיָּשִׂימוּ עַל־הָעִיר׃ - Lorsqu'il entendit cette parole, alors qu'il buvait, lui et les rois, sous les tentes, il dit à ses serviteurs : Placez-vous, et ils se placèrent contre la ville.
Au moment où il entendit cette parole, il était assis à boire, lui et les rois venus le seconder, ces trente deux rois que nous avons vus au verset 1. Cette position d'assis enseigne l'ampleur de la confiance absolue qu'ils avaient : assis à boire sous les tentes, sans même avoir besoin de sortir ni d'organiser l'armée. "Il dit à ses serviteurs : placez-vous" - les serviteurs sont les simples soldats, les hommes de troupe, et c'est à eux qu'il ordonne de mettre le siège devant la ville. Il les envoie faire le travail, tandis que lui et les rois restent à boire sous les tentes. "Et ils se placèrent contre la ville" - ils préparent les engins de guerre pour faire irruption dans la ville.
וְהִנֵּה נָבִיא אֶחָד נִגַּשׁ אֶל־אַחְאָב מֶלֶךְ־יִשְׂרָאֵל וַיֹּאמֶר כֹּה אָמַר יְהֹוָה הֲרָאִיתָ אֵת כׇּל־הֶהָמוֹן הַגָּדוֹל הַזֶּה הִנְנִי נֹתְנוֹ בְיָדְךָ הַיּוֹם וְיָדַעְתָּ כִּי־אֲנִי יְהֹוָה׃ - Et voici, un prophète s'approcha d'A'hav, roi d'Israël, et dit : Ainsi a parlé Hachem, as-tu vu toute cette grande multitude ? Voici que je la livre aujourd'hui entre tes mains, et tu sauras que je suis Hachem.
Nos Sages disent que ce prophète était Mikha bar Yimla. À première vue, la phrase "as-tu vu toute cette grande multitude" semble superflue : est-il besoin d'annoncer à A'hav qu'il voit ? Il aurait suffi de dire d'emblée "voici que je la livre aujourd'hui entre tes mains, et tu sauras que je suis Hachem".
Le Malbim explique : le prophète vient lui dire - as-tu vu cette multitude ? Il n'y a aucune possibilité de la vaincre par la voie naturelle, car ils sont une si grande multitude, aguerris et rompus à la guerre, et il est totalement impossible de les vaincre. Et ce n'est qu'ensuite : "voici que je la livre aujourd'hui entre tes mains". Et pourquoi était-il important de le souligner ? Parce que tant qu'un homme pense avoir une quelconque chance, il ne s'appuie pas sur Hachem et n'attend pas Son salut. C'est pourquoi il lui dit : comprends qu'il n'y a aucune chance, une multitude si grande qu'il est impossible de lui tenir tête, et ce n'est qu'après avoir compris qu'il n'y a aucune chance qu'il te sera clair que si tu as vaincu, c'est parce que c'est moi qui l'ai livrée entre tes mains.
וַיֹּאמֶר אַחְאָב בְּמִי וַיֹּאמֶר כֹּה־אָמַר יְהֹוָה בְּנַעֲרֵי שָׂרֵי הַמְּדִינוֹת וַיֹּאמֶר מִי־יֶאְסֹר הַמִּלְחָמָה וַיֹּאמֶר אָתָּה׃ - A'hav dit : Par qui ? Il répondit : Ainsi a parlé Hachem, par les jeunes gens des chefs des provinces. Il dit : Qui engagera le combat ? Il répondit : Toi.
"Avec qui" - qui sortira au combat. Et la réponse : avec les jeunes gens des chefs des provinces. Et qui sont-ils ? Le Radak explique que les rois avaient coutume d'élever dans leurs cours les fils des dignitaires, afin de leur enseigner les sciences et les stratégies de gouvernement, pour qu'ils puissent à l'avenir remplacer leurs parents et diriger le royaume comme il se doit. Nous trouvons cela également chez Nabuchodonosor, qui prit Daniel et ses compagnons pour qu'ils se tiennent devant lui et soient ses conseillers, et dès leur jeune âge on les habitua aux stratégies de gouvernement et à l'étude des sciences en vogue à l'époque.
Une autre explication : ce sont ceux que l'on appelle ailleurs "bnei hataarovot", non pas au sens de mélange mais au sens de gage. Le roi prenait les fils de ses dignitaires et de ses fonctionnaires comme gage auprès de lui. En effet, un chef ou un gouverneur d'une ville dispose d'un lieu, de soldats et d'une ville entourée de murailles, et il pourrait décider de se rebeller contre le roi et de réclamer l'autonomie. C'est pourquoi, par précaution, les enfants de tous les dignitaires se trouvaient auprès du roi, et dès que l'un d'eux tentait de faire quoi que ce soit : ton fils est chez moi. Tels sont les "bnei hataarovot", et ce sont eux les jeunes gens des chefs des provinces, et "provinces" désigne les districts entre lesquels le pays était divisé. En termes simples : point besoin de grands héros ni de guerriers aguerris, les jeunes gens des chefs des provinces suffisent pour mener la guerre.
"Qui engagera la guerre" - qui sera le commandant, le chef d'état-major. Et à première vue, quelle est la question, n'est-il pas évident que c'est le roi ! Mais Ahav comprit qu'il y avait là un miracle, et pour un miracle il faut a priori un homme digne du miracle. Or Ahav savait fort bien qu'il n'était pas de ceux qui méritent un miracle : il était idolâtre, et il n'y avait pas un sillon en terre d'Israël dans lequel il n'eût dressé une idole. C'est pourquoi il demanda qui engagerait la guerre, et le prophète lui répondit : toi. Toi, tu iras en tête du combat.
וַיִּפְקֹד אֶת־נַעֲרֵי שָׂרֵי הַמְּדִינוֹת וַיִּהְיוּ מָאתַיִם שְׁנַיִם וּשְׁלֹשִׁים וְאַחֲרֵיהֶם פָּקַד אֶת־כׇּל־הָעָם כׇּל־בְּנֵי יִשְׂרָאֵל שִׁבְעַת אֲלָפִים׃ - Il fit le recensement des jeunes gens des chefs des provinces, et ils étaient deux cent trente-deux ; après eux il recensa tout le peuple, tous les enfants d'Israël, sept mille.
Se pourrait-il que sept mille fût le nombre total des habitants de Chomron ? Rachi dit : sept mille - je dis qu'il s'agit de ceux dont il est dit "tous les genoux qui n'ont pas plié devant le Baal", exactement sept mille. Ce sont eux qu'il prend pour la guerre. Car si le Saint béni soit-Il accomplit un miracle, il faut que les combattants soient des hommes intègres et dignes.
וַיֵּצְאוּ בַּצׇּהֳרָיִם וּבֶן־הֲדַד שֹׁתֶה שִׁכּוֹר בַּסֻּכּוֹת הוּא וְהַמְּלָכִים שְׁלֹשִׁים־וּשְׁנַיִם מֶלֶךְ עֹזֵר אֹתוֹ׃ - Ils sortirent à midi, tandis que Ben-Hadad buvait, ivre, sous les tentes, lui et les trente-deux rois qui étaient venus à son aide.
"Buvait, ivre" - comme s'il ne pouvait plus boire seul et qu'on devait l'aider à boire. "Venus à son aide" : ces rois qui étaient venus l'assister au combat virent qu'il ne sortait pas, et dirent : pourquoi transpirerions-nous ? S'il reste assis à boire, nous aussi nous resterons assis à boire. Bien qu'ils fussent venus dans l'intention d'aider, dès qu'ils virent qu'il ne sortait pas engager la guerre, eux non plus ne voulurent pas sortir.
וַיֵּצְאוּ נַעֲרֵי שָׂרֵי הַמְּדִינוֹת בָּרִאשֹׁנָה וַיִּשְׁלַח בֶּן־הֲדַד וַיַּגִּידוּ לוֹ לֵאמֹר אֲנָשִׁים יָצְאוּ מִשֹּׁמְרוֹן׃ - Les jeunes gens des chefs des provinces sortirent les premiers ; Ben-Hadad envoya des hommes qui lui rapportèrent : des hommes sont sortis de Chomron.
Les jeunes gens des chefs des provinces, deux cent trente-deux, sortent en premier. Ben-Hadad envoie des guetteurs pour voir ce qui se passe du côté adverse, et ils rapportent : "des hommes sont sortis de Chomron" - non pas "une armée", mais des hommes, c'est-à-dire un groupe encore considéré comme quelques isolés, et dont l'intention n'est pas non plus claire.
וַיֹּאמֶר אִם־לְשָׁלוֹם יָצָאוּ תִּפְשׂוּם חַיִּים וְאִם לְמִלְחָמָה יָצָאוּ חַיִּים תִּפְשׂוּם׃ - Il dit : s'ils sont sortis pour la paix, prenez-les vivants, et s'ils sont sortis pour la guerre, vivants prenez-les.
Le verset est difficile. La solution la plus simple serait de dire que les deux parties sont identiques, mais d'un autre côté on voit qu'il y a ici un changement : dans le premier cas "saisissez-les vivants" (tifsoum haïm) et dans le second "vivants saisissez-les" (haïm tifsoum). S'il avait employé la même formulation dans les deux cas, on aurait pu dire qu'il n'y a aucune différence. Et de fait, le Radak, le Ralbag, le Metsoudat David et d'autres commentateurs expliquent que c'est la même chose, mais qu'il a changé la formulation pour la beauté du style. En effet, quand une personne rédige un article, une lettre ou un livre, elle ne répète pas les mêmes mots mais les varie, et ainsi trouvons-nous à maintes reprises chez le roi David qu'il a varié les mots à l'intérieur d'un verset. La manière du Radak est de dire que la répétition d'une idée avec des mots différents relève de la beauté du style. Mais le Malbim, comme on le sait, explique toujours quel est le sens de la répétition et pourquoi tel mot a été choisi et non un autre, et donne une signification à chaque chose. Selon le Radak et ceux qui le suivent, en tout cas, les deux expressions viennent dire : capturez-les de toute façon vivants et ne les tuez pas.
Une explication est celle du Metsoudat David dans son second commentaire : "haïm" au sens de vivacité, comme "ben ich haï", c'est à dire avec vivacité, comme "ben ich haïl". Et selon cela il leur a dit : si vous voyez qu'ils sortent en paix, c'est à dire pour se rendre en captivité, et à quoi le reconnaîtrez-vous ? Vous les verrez sortir avec lenteur, les bras baissés, car un captif ne court pas vers sa captivité mais avance courbé, alors il n'est pas convenable ni juste de les frapper, c'est pourquoi capturez-les avec vivacité avant même qu'ils aient le temps de dire "nous venons nous rendre". Car s'ils disent explicitement qu'ils viennent se rendre, il convient de les épargner ; mais si je n'ai pas encore entendu de leur bouche de parole de reddition, et que je les ai saisis avec vivacité, je peux dire que je les ai pris au combat, et alors j'en ferai à ma guise. En revanche "s'ils sortent vivants pour la guerre" : si vous les voyez sortir avec vivacité, c'est le signe qu'ils viennent pour la guerre, et alors "saisissez-les" seulement, sans besoin de se hâter, car il est clair qu'ils viennent au combat, et en tant que tels il vous est permis d'en faire ce que vous voulez.
Et il y a une autre explication, celle du Malbim. La manière du Malbim, en de nombreux endroits, est que lorsqu'il y a une répétition, il faut examiner quel est le premier mot de la phrase : c'est lui le plus important, c'est sur lui que porte l'accent. Ainsi trouvons-nous dans le jugement de Chelomo : la première dit "mon fils est le vivant et ton fils est le mort", et la seconde dit "non, car ton fils est le mort et mon fils est le vivant". Et comment Chelomo sut-il laquelle avait raison ? Du fait que l'une avait mis en premier "ton fils est le mort" : peu lui importe que son fils vive, ce qui lui importe est que le fils de l'autre soit mort ; tandis que l'autre avait mis en premier "mon fils est le vivant" : peu lui importe le fils de l'autre, ce qui lui importe est que son fils vive. Et de là il sut laquelle disait la vérité.
Et selon cela le Malbim explique : "s'ils sortent vivants pour la guerre saisissez-les", l'accent est sur le mot "vivants", car lorsqu'on sort à la guerre, ce qu'une personne est censée faire à celui qui vient la combattre est de le tuer ; et la nouveauté ici est de le prendre vivant. C'est pourquoi il a mis en premier "vivants". Tandis que "s'ils sortent pour la paix saisissez-les vivants", l'accent est sur "saisissez-les", car celui qui sort pour la paix, la manière n'est pas de le capturer mais de le libérer, et la nouveauté est que bien qu'ils soient sortis pour la paix, capturez-les. Chacun d'eux place en premier l'élément essentiel et la nouveauté qu'il contient.
Et il y a encore une explication, celle de Rabbenou Bahya, qui suit lui aussi la voie selon laquelle le premier mot est le plus important. "Saisissez-les vivants" (tifsoum haïm) : capturez-les et laissez-les en vie, c'est à dire ne les tuez pas. Mais "vivants saisissez-les" (haïm tifsoum) : prenez d'eux la vie, la vitalité qui est en eux, c'est à dire tuez-les. En bref : s'ils sortent pour la paix, capturez-les et laissez-les en vie ; et s'ils sortent pour la guerre, ôtez-leur la vie.
וְאֵלֶּה יָצְאוּ מִן־הָעִיר נַעֲרֵי שָׂרֵי הַמְּדִינוֹת וְהַחַיִל אֲשֶׁר אַחֲרֵיהֶם׃ - Et ceux-ci sortirent de la ville : les serviteurs des chefs des provinces, et l'armée qui était derrière eux.
Pendant que les hommes d'Aram s'organisent autour de la question de savoir s'il faut capturer vivants ou ôter la vie, les serviteurs des chefs des provinces sortent, et l'armée qui est derrière eux est le soutien à l'arrière.
וַיַּכּוּ אִישׁ אִישׁוֹ וַיָּנֻסוּ אֲרָם וַיִּרְדְּפֵם יִשְׂרָאֵל וַיִּמָּלֵט בֶּן־הֲדַד מֶלֶךְ אֲרָם עַל־סוּס וּפָרָשִׁים׃ - Chacun frappa son homme, et Aram s'enfuit, et Israël les poursuivit, et Ben Hadad, roi d'Aram, s'échappa sur un cheval avec des cavaliers.
"Chacun frappa son homme" : chacun frappa l'homme qui lui faisait face. Et alors se révèlent soudain sept mille hommes de plus, et à une telle surprise les Araméens ne s'attendaient pas. Les fuyards arrivent jusqu'à Ben Hadad qui se trouve à Soukot, il n'avait même pas de bunker, seulement une soukka, et il comprend que la situation est grave, et aussitôt monte sur un cheval et s'enfuit, un cheval accompagné de deux cavaliers.
וַיֵּצֵא מֶלֶךְ יִשְׂרָאֵל וַיַּךְ אֶת־הַסּוּס וְאֶת־הָרָכֶב וְהִכָּה בַאֲרָם מַכָּה גְדוֹלָה׃ - Le roi d'Israël sortit et frappa les chevaux et les chars, et il infligea à Aram une grande défaite.
Après que le roi d'Israël eut vu que le premier coup avait été porté par les serviteurs des chefs des provinces comme l'avait dit le prophète, et après eux les sept mille, il sort maintenant avec tout le peuple pour achever la besogne. Une fois que la délivrance est déjà là, et voyant que l'affaire réussit, il fait venir tout le peuple.
Et que signifie "il frappa le cheval et le char" ? Le char est une sorte de chariot placé derrière le cheval, sur lequel se tenait le combattant, comme on le voit sur les dessins anciens où les guerriers sont debout sur le char. Le but n'était pas de frapper le char lui même : quel intérêt y aurait il à frapper du bois et du métal ? En réalité, ils frappaient le cheval, et lorsque le cheval tombait, le char tombait aussi ainsi que celui qui le montait, et alors ils frappaient les cavaliers.
Ben Hadad monte contre Shomron avec une immense armée et trente deux rois, et il exige d'A'hav par deux messages : dans le premier, la reconnaissance de sa soumission, et dans le second, la remise effective de l'argent, de l'or, des femmes et des enfants, avec la menace de prendre "tout ce qui est le désir de tes yeux", que nos Sages ont interprété comme désignant le Sefer Torah, et selon le Malbim : la menace de prendre le symbole de la royauté et la couronne. Sur le conseil des anciens et du peuple, A'hav refuse et répond "que celui qui ceint son épée ne se glorifie pas comme celui qui la dépose", car on ne doit pas se vanter d'une victoire qui n'est pas encore acquise. Et tandis que Ben Hadad et les rois sont assis, ivres dans leurs cabanes, remplis d'assurance, un prophète est envoyé et révèle à A'hav que c'est précisément parce qu'il n'y a aucune chance selon la voie naturelle qu'il saura que la victoire vient de Hachem. Par les jeunes gens des chefs des provinces et par les sept mille qui n'avaient pas plié le genou devant le Baal, avec A'hav à leur tête, Aram est brisée d'une grande défaite. De là découle un double enseignement : l'orgueil et l'excès de confiance en soi sont eux mêmes la cause de la défaite, et la reconnaissance de son impuissance est la porte du salut, et c'est l'écoute du conseil des anciens et du respect de la Torah qui a assuré au roi sa royauté et sa victoire.