Dans le chapitre 7 de Melakhim A, nous voyons trois sujets : l'achèvement du Beth HaMikdach de l'intérieur, les ustensiles fabriqués pour le Beth HaMikdach, et la construction de la demeure privée de Chelomo. Le chapitre s'ouvre sur ce que Chelomo a fait pour lui-même, puis il revient au travail du Mikdach et de ses ustensiles.
וְאֶת־בֵּיתוֹ בָּנָה שְׁלֹמֹה שְׁלֹשׁ עֶשְׂרֵה שָׁנָה וַיְכַל אֶת־כׇּל־בֵּיתוֹ׃ - Quant à sa maison, Chelomo la bâtit en treize ans, et il acheva toute sa maison.
Chelomo a construit le Beth HaMikdach en sept ans et sept mois, tandis qu'il a construit sa propre maison en treize ans. À première vue, on serait tenté de dire qu'il a investi davantage dans sa demeure privée. Les 'Hazal disent que c'est le contraire qui est vrai : cela nous enseigne que Chelomo fut lent dans la construction de sa maison. Dans la construction du Beth HaMikdach il agit avec empressement, alors que dans la construction de sa maison il fut lent. Il y a beaucoup de gens qui apprennent du roi Chelomo : ils construisent pendant vingt ans, trente ans, et sont lents dans la construction de leur maison. Parfois c'est par manque de trésorerie, mais nous leur trouverons un mérite comme pour le roi Chelomo.
Et que signifie "il acheva toute sa maison" ? Cela nous dit qu'il ne se lassa pas de la peine de la construction. Bien qu'il y ait eu là une grande peine et un long temps, malgré tout il la termina jusqu'au bout.
וַיִּבֶן אֶת־בֵּית יַעַר הַלְּבָנוֹן מֵאָה אַמָּה אׇרְכּוֹ וַחֲמִשִּׁים אַמָּה רׇחְבּוֹ וּשְׁלֹשִׁים אַמָּה קוֹמָתוֹ עַל אַרְבָּעָה טוּרֵי עַמּוּדֵי אֲרָזִים וּכְרֻתוֹת אֲרָזִים עַל־הָעַמּוּדִים׃ - Il bâtit la maison de la forêt du Levanon : cent coudées de longueur, cinquante coudées de largeur et trente coudées de hauteur, sur quatre rangées de colonnes de cèdre, et des poutres de cèdre sur les colonnes.
Devant sa maison, Chelomo fit "la maison de la forêt du Levanon". Deux raisons à ce nom : les 'Hazal disent qu'elle fut ainsi appelée parce qu'elle était riche en cèdres comme une forêt, et une deuxième raison, parce qu'elle fut construite dans la forêt du Levanon qui était proche de Yerouchalayim. Les rois de leur temps, il y a deux mille ans, n'avaient pas de climatiseurs, c'est pourquoi ils avaient une maison d'hiver et une maison d'été. La maison d'hiver avait peu de fenêtres et un plafond bas, et la maison d'été avait de nombreuses fenêtres et un plafond haut, et était bâtie en un lieu exposé aux vents. Cette maison fut construite dans la forêt du Levanon, en un lieu où l'on pouvait s'aérer.
Ses dimensions : cent coudées de longueur, cinquante coudées de largeur, et trente coudées de hauteur, soit quinze mètres de hauteur, ce qui représente entre quatre et cinq étages. Le bâtiment reposait sur quatre rangées de colonnes, et sur les colonnes furent posées des poutres de cèdre, qui étaient les quatre poutres principales. Entre les rangées furent tendues des planches qui formaient le plafond.
וְסָפֻן בָּאֶרֶז מִמַּעַל עַל־הַצְּלָעוֹת אֲשֶׁר עַל־הָעַמּוּדִים אַרְבָּעִים וַחֲמִשָּׁה חֲמִשָּׁה עָשָׂר הַטּוּר׃ - Et il était couvert de cèdre au-dessus, sur les poutres qui étaient sur les colonnes, quarante-cinq, quinze par rangée.
La longueur de chaque planche tendue entre les rangées était d'environ trente-trois coudées (le tiers de cent), et la largeur de chaque planche était d'environ trois coudées et un peu plus, car dans cinquante coudées entraient quinze unités. Et puisque dans chaque rangée il y avait quinze unités et qu'il y avait au total trois rangées de ce genre, quinze plus quinze plus quinze, cela fait quarante-cinq. Et c'est là "quarante-cinq, quinze par rangée".
וּשְׁקֻפִים שְׁלֹשָׁה טוּרִים וּמֶחֱזָה אֶל־מֶחֱזָה שָׁלֹשׁ פְּעָמִים׃ - Il y avait des fenêtres en trois rangées, et une ouverture faisait face à une ouverture, trois fois.
Les "chekoufim" sont des fenêtres à travers lesquelles on peut regarder au loin. Au dessus de chaque ouverture se trouvaient trois fenêtres l'une au dessus de l'autre, trois rangées. "Une ouverture face à une ouverture, trois fois" : de chaque côté il y avait trois ouvertures de ce type, et une ouverture se tenait exactement face à une autre, de sorte que celui qui se tenait dans une ouverture pouvait voir jusqu'au côté opposé. Trois d'un côté et trois de l'autre, six ouvertures, et au dessus d'elles dix huit fenêtres.
וְכׇל־הַפְּתָחִים וְהַמְּזוּזוֹת רְבֻעִים שָׁקֶף וּמוּל מֶחֱזָה אֶל־מֶחֱזָה שָׁלֹשׁ פְּעָמִים׃ - Toutes les ouvertures et les montants étaient carrés, avec des fenêtres, et une ouverture faisait face à une ouverture, trois fois.
"Carrés" : il y avait quatre ouvertures, et le texte a de nouveau répété qu'une ouverture faisait face à une ouverture trois fois, qu'un homme pouvait voir d'un côté à l'autre trois fois.
וְאֵת אוּלָם הָעַמּוּדִים עָשָׂה חֲמִשִּׁים אַמָּה אׇרְכּוֹ וּשְׁלֹשִׁים אַמָּה רׇחְבּוֹ וְאוּלָם עַל־פְּנֵיהֶם וְעַמֻּדִים וְעָב עַל־פְּנֵיהֶם׃ - Il fit la salle des colonnes, longue de cinquante coudées et large de trente coudées, avec une salle devant elles, des colonnes et une poutre devant elles.
Il y avait une salle devant la maison, et devant elle une autre salle, et devant elles des colonnes. Ces colonnes sont comme celles que l'on voit dans les endroits somptueux : de grandes colonnes ornées de sculptures particulières, sauf qu'ici elles n'étaient pas arrondies vers le haut mais de forme carrée. "Une poutre devant elles" : une poutre extrêmement épaisse posée sur le sommet des colonnes, formant comme des ouvertures. On faisait cela avant l'entrée du lieu, afin que celui qui entre ressente la crainte et la splendeur requises, la beauté, la majesté et la magnificence de la maison du roi.
וְאוּלָם הַכִּסֵּא אֲשֶׁר יִשְׁפׇּט־שָׁם אֻלָם הַמִּשְׁפָּט עָשָׂה וְסָפוּן בָּאֶרֶז מֵהַקַּרְקַע עַד־הַקַּרְקָע׃ - Il fit la salle du trône où il devait juger, la salle du jugement, lambrissée de cèdre d'un sol à l'autre.
La salle du trône est la salle du jugement, où le roi siégeait et rendait la justice. "Lambrissée de cèdre d'un sol à l'autre" : un sol de cèdre d'un bout du sol à l'autre, ce qu'on appelle aujourd'hui d'un mur à l'autre.
וּבֵיתוֹ אֲשֶׁר־יֵשֶׁב שָׁם חָצֵר הָאַחֶרֶת מִבֵּית לָאוּלָם כַּמַּעֲשֶׂה הַזֶּה הָיָה וּבַיִת יַעֲשֶׂה לְבַת־פַּרְעֹה אֲשֶׁר לָקַח שְׁלֹמֹה כָּאוּלָם הַזֶּה׃ - Et sa maison où il habitait, dans l'autre cour, à l'intérieur de la salle, était faite de la même manière. Et il fit une maison, semblable à cette salle, pour la fille de Pharaon que Chelomo avait épousée.
Il y avait là la maison du roi, l'endroit où le roi s'asseyait pour manger et boire, et elle se trouvait dans l'autre cour, plus intérieure que le portique, et construite selon le même modèle. Au-delà de cela, après avoir achevé tous ces bâtiments, Chelomo commença à construire une maison pour la fille de Pharaon, selon le plan de ce portique, exactement de la même forme, une maison spéciale pour elle.
Et pourquoi une maison spéciale pour elle ? Car il est écrit que Chelomo aima de nombreuses femmes étrangères ainsi que la fille de Pharaon, et nos Sages disent que la fille de Pharaon fut le principal grief contre Chelomo, car c'est à elle qu'il était le plus attaché. Il est écrit que le jour où il inaugura le Temple furent aussi célébrées ses noces avec la fille de Pharaon, et il y eut là toutes sortes de musiques, et le lendemain, lorsqu'il fallut ouvrir le Beth Hamikdach, on ne trouva pas les clés parce qu'il s'était endormi. Il y a de longs développements dans les midrachim et chez nos Sages au sujet de la fille de Pharaon, et c'est pourquoi elle est mise en avant ici. Bien qu'il ait eu mille femmes, la principale était la fille de Pharaon, et l'on peut dire que l'essentiel de la colère à son encontre portait sur ce sujet.
Il était interdit à la fille de Pharaon de l'épouser, bien qu'elle fût convertie. Il est écrit que Chelomo convertit les femmes qu'il épousa, et malgré cela elle lui était interdite, car au sujet de l'Égyptien il est dit "la troisième génération pourra entrer dans l'assemblée de l'Éternel", et il n'est pas possible de convertir un Égyptien et de l'épouser aussitôt. Cela inclut aussi les femmes : ni l'Égyptien ni l'Égyptienne ne viendront. Ce n'est pas comme pour l'Ammonite et le Moabite, où l'on a interprété : un Ammonite et non une Ammonite, un Moabite et non une Moabite.
כׇּל־אֵלֶּה אֲבָנִים יְקָרֹת כְּמִדּוֹת גָּזִית מְגֹרָרוֹת בַּמְּגֵרָה מִבַּיִת וּמִחוּץ וּמִמַּסָּד עַד־הַטְּפָחוֹת וּמִחוּץ עַד־הֶחָצֵר הַגְּדוֹלָה׃ - Tous ceux-ci étaient en pierres précieuses, taillées aux dimensions de pierres de taille, sciées à la scie, à l'intérieur et à l'extérieur, depuis les fondations jusqu'aux corniches, et à l'extérieur jusqu'à la grande cour.
Tous ces bâtiments furent construits en pierres précieuses. "Précieuses" (yekarot) : des pierres lourdes, grandes et de qualité supérieure. De même qu'il y a le marbre de Hébron et le marbre italien, dont les prix sont éloignés comme le ciel et la terre, ainsi ici il bâtit avec les pierres de qualité et non avec les pierres bon marché et ordinaires.
"Sciées à la scie" (megorarot bamegera) : on lissait les pierres et on les découpait. Megera vient du terme gorer (raboter), comme une scie. "À l'intérieur et à l'extérieur" : les pierres étaient polies et lissées de l'intérieur comme de l'extérieur. Bien souvent, on n'investit pas dans la partie extérieure et on ne travaille que l'intérieur, laissant la pierre au dehors avec toutes ses aspérités. Aujourd'hui c'est même devenu une décoration, mais à leur époque le caractère unique résidait précisément dans la pierre lisse, comme à Jérusalem. Lorsqu'on construisait un bâtiment somptueux et particulier, on sciait à la scie même le côté extérieur, et cela témoignait de la qualité et de la singularité de la construction.
"Depuis les fondations jusqu'aux corniches" : massad désigne les fondations, et tefahot vient du terme tefah : en haut, dans la partie supérieure, on faisait une sorte de décoration large d'un tefah. Et lorsqu'on veut dire du bas jusqu'en haut, on dit depuis les fondations, depuis le socle, jusqu'aux corniches du sommet. Comme l'expression "Tu as fait de mes jours des tefahot", ce qui signifie courts comme un tefah. "Et à l'extérieur jusqu'à la grande cour" : il fonda le tout en pierres jusqu'à la grande cour, qu'il réalisa dans un autre bâtiment, comme nous le verrons aussitôt.
וּמְיֻסָּד אֲבָנִים יְקָרוֹת אֲבָנִים גְּדֹלוֹת אַבְנֵי עֶשֶׂר אַמּוֹת וְאַבְנֵי שְׁמֹנֶה אַמּוֹת׃ - Fondé sur des pierres précieuses, de grandes pierres, des pierres de dix coudées et des pierres de huit coudées.
Toutes les pierres n'avaient pas la même taille : les pierres de fondation étaient plus épaisses que le reste des pierres du mur. Les pierres de fondation faisaient dix coudées, et le reste du mur des pierres de huit coudées, soit quatre mètres. Celui qui est allé au Kotel et voit quelles pierres s'y trouvent comprend. Une telle pierre, si les fondations en dessous ne sont pas bonnes, le mur s'enfoncera, car il s'agit d'un mur pesant des tonnes et des tonnes. C'est pourquoi les fondations doivent être plus solides.
וּמִלְמַעְלָה אֲבָנִים יְקָרוֹת כְּמִדּוֹת גָּזִית וָאָרֶז׃ - Et au-dessus, des pierres précieuses, aux dimensions de pierres de taille, et du cèdre.
Au-dessus des fondations se trouvaient des pierres précieuses jusqu'aux corniches, "aux dimensions de pierres de taille et de cèdre" : comme nous l'avons vu pour le Beth Hamikdach, où l'on construisait des rangées de pierres de taille surmontées de cèdre, puis à nouveau des pierres de taille surmontées de cèdre. On procédait ainsi pour l'ornement du bâtiment, et il y avait certainement aussi en cela l'objectif que nous avons mentionné : lorsque le Temple serait détruit, ainsi que la maison de Chelomo, sa destruction se ferait aisément.
וְחָצֵר הַגְּדוֹלָה סָבִיב שְׁלֹשָׁה טוּרִים גָּזִית וְטוּר כְּרֻתֹת אֲרָזִים וְלַחֲצַר בֵּית־יְהֹוָה הַפְּנִימִית וּלְאֻלָם הַבָּיִת׃ - Et la grande cour tout autour comportait trois rangées de pierres de taille et une rangée de poutres de cèdres, comme la cour intérieure de la maison de l'Éternel et comme le vestibule de la maison.
Le mur qui entourait tous les bâtiments constituait la grande cour : trois rangées de pierres de taille et une rangée de cèdres taillés par-dessus, comme c'était le cas dans la cour intérieure de la maison de l'Éternel et comme dans le vestibule de la maison - trois rangées de pierres et une rangée de cèdres, puis à nouveau trois rangées de pierres et une rangée de cèdres.
וַיִּשְׁלַח הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה וַיִּקַּח אֶת־חִירָם מִצֹּר׃ - Le roi Chelomo envoya chercher 'Hiram de Tsor.
בֶּן־אִשָּׁה אַלְמָנָה הוּא מִמַּטֵּה נַפְתָּלִי וְאָבִיו אִישׁ־צֹרִי חֹרֵשׁ נְחֹשֶׁת וַיִּמָּלֵא אֶת־הַחׇכְמָה וְאֶת־הַתְּבוּנָה וְאֶת־הַדַּעַת לַעֲשׂוֹת כׇּל־מְלָאכָה בַּנְּחֹשֶׁת וַיָּבוֹא אֶל־הַמֶּלֶךְ שְׁלֹמֹה וַיַּעַשׂ אֶת־כׇּל־מְלַאכְתּוֹ׃ - Il était fils d'une femme veuve de la tribu de Naphtali, et son père était un homme de Tsor, ouvrier en cuivre ; il était rempli de sagesse, d'intelligence et de savoir pour exécuter tout travail du cuivre. Il vint auprès du roi Chelomo et exécuta tout son ouvrage.
Chelomo fait venir un homme qui était un grand expert dans la réalisation de la partie intérieure du Temple. Son père était de la tribu de Naphtali, sa mère faisait partie des filles de Dan, et il habitait à Tsor, au Liban.
Le Malbim relève ceci : dans Divré HaYamim, il est écrit que le roi 'Hiram envoya une lettre à Chelomo en lui disant : "Je t'ai envoyé un homme sage", fils d'une femme parmi les filles de Dan, dont le père était un homme de Tsor, sachant travailler l'or, l'argent et tout ouvrage. Or ici il est écrit que c'est Chelomo qui envoya le chercher. Qui donc a envoyé qui ? Le Malbim explique qu'il y avait deux hommes, un père et un fils, tous deux nommés 'Hiram, et le roi aussi s'appelait 'Hiram : trois hommes portant le même nom. Comme cela se pratique encore aujourd'hui aux États-Unis, où l'on trouve le père et le "junior" portant le même nom, comme dans la famille Bush.
Cela résout plusieurs questions. Dans Divré HaYamim, il est écrit qu'il savait travailler l'or, l'argent et tout ouvrage, alors qu'ici il est écrit qu'il était expert en cuivre. Les autres commentateurs répondent que le verset ici parle de ce dont Chelomo avait besoin à ce moment précis, et c'est pourquoi il a mis en avant sa maîtrise du cuivre, bien qu'il possédât encore de nombreuses autres compétences. Mais selon le Malbim, cela n'est pas nécessaire : le père était expert en tout ouvrage - or, argent et cuivre - tandis que le fils n'était expert qu'en cuivre. Le roi 'Hiram envoya d'abord le père, et après la mort de celui-ci - c'est pourquoi il est dit ici "fils d'une femme veuve" - Chelomo demanda à 'Hiram de lui envoyer le fils. Le fils n'était pas au niveau de son père, mais il était expert en cuivre, et c'était exactement ce dont Chelomo avait besoin à présent pour les nombreux ustensiles.
Pourquoi le verset a-t-il eu besoin de dire "et son père était un homme de Tsor, ouvrier en cuivre" ? On peut le lire de deux façons : soit c'est le père qui est l'ouvrier en cuivre, soit la division est "et son père était un homme de Tsor", et "ouvrier en cuivre" se rapporte à 'Hiram le fils. Nos Sages disent : les deux. Le verset a employé cette formulation parce que tous deux étaient ouvriers en cuivre. Et de là, nos Sages ont appris qu'un homme doit apprendre le métier de son père.
Et la raison en est la suivante : lorsqu'il possède le métier de son père, il prolonge l'expertise de celui-ci, il détient son savoir, et bien souvent aussi sa clientèle, et lorsque le père se retire, il y a une continuité. Ce n'est ni une obligation ni une nécessité, mais une bonne chose. Parfois, un homme voit combien son père souffre dans ce métier et fait le vœu de ne jamais y travailler, cherchant pour lui-même un travail facile et propre. Mais s'il s'agit d'un travail porteur de bénédiction et de réussite, il y a là un intérêt, et particulièrement dans un travail d'artisanat et d'expertise comme dans le cas qui nous occupe, où l'on transmet le savoir et le métier aux générations futures.
Avant de passer aux colonnes, quelques mots en préambule : nous ne nous attarderons pas sur les détails des colonnes ni sur ceux des mécanismes, mais nous expliquerons les choses de manière générale. Pour s'attarder sur les détails, il faudrait des illustrations, et celles dont nous disposons, comme dans l'encyclopédie Carta du Rav Israël Ariel, sont très pauvres pour tout ce qui touche au premier Temple, et ne reflètent pas ce qui existait réellement, et certainement pas selon les paroles de nos Sages. Elles viennent donner une orientation générale de l'aspect des choses, et non une description précise. Le principal problème est que presque tous ceux qui traitent de la construction du Temple s'occupent du second Temple ou des ustensiles, tandis que le premier Temple, avec toute la splendeur et la magnificence qu'il possédait, est très peu abordé. Nous n'avons pas de visite guidée du premier Temple, ni même du second, et si cela existait, nous paierions beaucoup pour avoir ce privilège. Nous nous efforcerons donc de comprendre les choses dans leurs grandes lignes, et celui qui connaît des illustrations ou des modèles précis, qu'il me les montre.
וַיָּצַר אֶת־שְׁנֵי הָעַמּוּדִים נְחֹשֶׁת שְׁמֹנֶה עֶשְׂרֵה אַמָּה קוֹמַת הָעַמּוּד הָאֶחָד וְחוּט שְׁתֵּים־עֶשְׂרֵה אַמָּה יָסֹב אֶת־הָעַמּוּד הַשֵּׁנִי׃ - Il façonna les deux colonnes de cuivre, la hauteur d'une colonne étant de dix-huit coudées, et un fil de douze coudées entourait la seconde colonne.
Les deux colonnes se tenaient à l'entrée du Héikhal, ce sont Yakhin et Boaz. La hauteur de chaque colonne était de dix-huit coudées, soit neuf mètres. "Et un fil de douze coudées l'entourait", c'est la circonférence, six mètres pour en faire le tour.
Et comment les a-t-il fabriquées ? Il les a coulées. Nous verrons plus loin qu'il se rendit dans la vallée du Jourdain, et là on confectionnait dans le sol un moule en terre, sans doute une terre dure particulière, dans lequel on coulait le cuivre, et une fois durci on obtenait une colonne parfaite. Ainsi on coulait là de nombreux ustensiles de cette manière, et on transportait les ustensiles sur des chameaux ou des ânes sur lesquels on posait des planches, en caravane de huit ou dix, ou sur des charrettes.
וּשְׁתֵּי כֹתָרֹת עָשָׂה לָתֵת עַל־רָאשֵׁי הָעַמּוּדִים מֻצַק נְחֹשֶׁת חָמֵשׁ אַמּוֹת קוֹמַת הַכֹּתֶרֶת הָאֶחָת וְחָמֵשׁ אַמּוֹת קוֹמַת הַכֹּתֶרֶת הַשֵּׁנִית׃ - Il fit deux chapiteaux à placer sur le sommet des colonnes, coulés en cuivre : la hauteur d'un chapiteau était de cinq coudées, et la hauteur du second chapiteau de cinq coudées.
Le chapiteau est la partie supérieure de la colonne, comme une sorte de couronne au sommet, ainsi qu'il est d'usage encore aujourd'hui de faire aux colonnes un chapiteau à des fins décoratives.
שְׂבָכִים מַעֲשֵׂה שְׂבָכָה גְּדִלִים מַעֲשֵׂה שַׁרְשְׁרוֹת לַכֹּתָרֹת אֲשֶׁר עַל־רֹאשׁ הָעַמּוּדִים שִׁבְעָה לַכֹּתֶרֶת הָאֶחָת וְשִׁבְעָה לַכֹּתֶרֶת הַשֵּׁנִית׃ - Des treillis en forme de résille, des cordons en forme de chaînettes, pour les chapiteaux qui étaient sur le sommet des colonnes, sept pour un chapiteau et sept pour le second chapiteau.
"Des treillis en forme de résille", un ornement en forme de filet autour du chapiteau. "Des cordons en forme de chaînettes", en forme de chaînes, sept pour chaque chapiteau. Et dans le verset qui suit, il est dit qu'il fit deux rangées tout autour, sur le treillis, pour couvrir les chapiteaux : à l'endroit de la jonction se trouvait une bande, et il fit une sorte de résille qui la recouvrait, cela aussi à des fins d'embellissement.
וְכֹתָרֹת אֲשֶׁר עַל־רֹאשׁ הָעַמּוּדִים מַעֲשֵׂה שׁוּשַׁן בָּאוּלָם אַרְבַּע אַמּוֹת׃ - Et les chapiteaux qui étaient sur le sommet des colonnes étaient en forme de lis, dans le Oulam, sur quatre coudées.
Sur les chapiteaux était gravé un ouvrage en forme de lis, c'est-à-dire une forme de lis et de fleurs martelées dessus.
וְכֹתָרֹת עַל־שְׁנֵי הָעַמּוּדִים גַּם־מִמַּעַל מִלְּעֻמַּת הַבֶּטֶן אֲשֶׁר לְעֵבֶר הַשְּׂבָכָה וְהָרִמּוֹנִים מָאתַיִם טֻרִים סָבִיב עַל הַכֹּתֶרֶת הַשֵּׁנִית׃ - Et il y avait des chapiteaux sur les deux colonnes, également au-dessus, tout près du renflement qui se trouvait au bord du treillis, et les grenades étaient au nombre de deux cents, en rangées tout autour du second chapiteau.
C'est-à-dire qu'il y avait un chapiteau aussi tout en haut, descendant sur les côtés, et non seulement à un seul endroit. Et les grenades étaient au nombre de deux cents, disposées en rangées tout autour du chapiteau.
וַיָּקֶם אֶת־הָעַמֻּדִים לְאֻלָם הַהֵיכָל וַיָּקֶם אֶת־הָעַמּוּד הַיְמָנִי וַיִּקְרָא אֶת־שְׁמוֹ יָכִין וַיָּקֶם אֶת־הָעַמּוּד הַשְּׂמָאלִי וַיִּקְרָא אֶת־שְׁמוֹ בֹּעַז׃ - Il dressa les colonnes pour le vestibule du Heikhal ; il dressa la colonne de droite et l'appela du nom de Yakhin, et il dressa la colonne de gauche et l'appela du nom de Boaz.
Pourquoi a-t-il donné des noms aux colonnes ? Où avons-nous trouvé que l'on donne un nom à une chose matérielle ? En vérité, dans le Beth Hamikdash, on trouve des noms aussi pour les portes, et ici il donne des noms également aux colonnes. Le Malbim dit : il a voulu ainsi faire allusion aux deux conduites par lesquelles le Saint béni soit-Il dirige Son monde.
La conduite naturelle est la conduite fixe depuis les six jours de la Création, et elle est attribuée à la gauche, et elle s'appelle Boaz, de l'expression oz (force), car la force de Hachem y est fixée et ne changera jamais. Le soleil se lève le matin et se couche au crépuscule, il y a des étoiles, il y a de l'air pour respirer et il y a des vents : tout cela est une conduite fixe.
En face d'elle, il y a la conduite miraculeuse, qui elle se modifie : le Saint béni soit-Il accomplit soudain une chose qui n'est pas dans l'ordre de la nature. Et tout provient de Lui, béni soit-Il, comme le dit le 'Hazon Ich : la conduite fixe est la volonté la plus constante du Créateur du monde, mais tout est selon Sa volonté. Que l'on ne pense pas, à Dieu ne plaise, qu'Il a mis la machine en marche et l'a abandonnée : la nature elle-même, à chaque instant, le Saint béni soit-Il l'accomplit et la fait fonctionner, et tout est miracle, selon les paroles célèbres du Ramban à la fin de la parachat Bo.
Et la colonne de droite correspond à la conduite miraculeuse. Et selon quoi Hachem accomplit-Il des miracles pour nous ? Selon nos actes, selon la mesure de la préparation des créatures. C'est pourquoi il l'a appelée Yakhin : selon la mesure de la préparation que l'homme réalise, ainsi le miracle repose sur lui et Hachem accomplit pour lui des choses qui dépassent le cadre de la nature.
Il est connu que les cuisses sont Nétsa'h et Hod, « les deux cuisses », comme nous disons « les deux jambes » dans le Peta'h Eliyahou, et d'elles provient la racine de la prophétie. La droite influence et la gauche reçoit, comme Yessod et Malkhout : Malkhout est de l'ordre du récepteur, elle est la plus basse, et elle ne fait que révéler les neuf midot qui sont au-dessus d'elle, et Yessod est de l'ordre de celui qui influence. Selon cela, la conduite miraculeuse est influencée par Yessod, qui est de l'ordre du Vivant des mondes.
Et tout cela n'est pas fortuit, car tout le Beth Hamikdash entier était dirigé en correspondance avec les mondes supérieurs et avec les sefirot : dans les nombres, dans la taille et dans la quantité, tout était orienté selon des sujets sublimes qui se trouvent dans la profondeur des secrets de la Torah. De même, tous les ustensiles, tout était dans des mesures précises, « de la main de Hachem sur moi, Il m'a rendu sage ». Chelomo n'a rien fait parce que cela lui semblait devoir être beau, mais uniquement parce qu'il en était ainsi de la main de Hachem.
Tout ce que nous lisons à partir d'ici concerne déjà le Temple, et non plus la maison de Chelomo. Ce qui nous induit en erreur, c'est la division en chapitres, qui est une division chrétienne. À la fin du verset 12 se trouve la lettre pé, signe d'une nouvelle paracha, et c'est là que commence une autre section : "Et le roi Chelomo envoya chercher Hiram de Tsor", suivie de "Et il façonna les deux colonnes". Tout cela concerne déjà le Temple, mais les chapitres nous ont embrouillés, comme en bien d'autres endroits où la division chrétienne des chapitres prête à confusion.
Dans ce chapitre, nous avons vu la construction de la maison de Chelomo : treize années, par une forme de lenteur pour laquelle nos Sages l'ont loué, car pour le Temple il avait agi avec empressement ; la maison de la forêt du Liban sur quatre rangées de colonnes de cèdre, avec ses portes et ses fenêtres ; le portique des colonnes, le portique du jugement, la maison du roi et la maison de la fille de Pharaon ; les pierres précieuses sciées à la scie depuis les fondations jusqu'aux corniches, ainsi que la grande cour. De là, nous sommes passés à Hiram de Tsor, qui selon le Malbim étaient un père et un fils portant le même nom, le père expert en tout métier et le fils dans le cuivre, et nos Sages en ont déduit qu'il est bon qu'un homme apprenne le métier de son père. Et enfin les deux colonnes, Yakhin et Boaz, leurs chapiteaux, leurs treillis et leurs grenades, dans lesquels se trouve une allusion aux deux conduites : Boaz, la force de la nature fixe, et Yakhin, le miracle qui vient selon la mesure de la préparation de l'homme.