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Ouktzin, chapitre 1, michna 1 : Yad et Chomer

Ouktzin, chapitre 1, michna 1. Cette massekhta reprend là où s'arrêtent les massekhtos précédentes consacrées à la toum'a et à la tahara : elle traite des aliments qui ont contracté la toum'a et de leur capacité à transmettre cette toum'a à d'autres aliments et à d'autres objets. Ce que notre massekhta vient définir, c'est la question des limites : quelles parties d'un aliment sont considérées comme l'aliment lui-même à cet égard, et quelles parties ne le sont pas.

Imaginez une pomme dont dépasse une queue. Ce petit morceau de bois, qui reliait autrefois le fruit à l'arbre, est ce que notre massekhta appelle l'ouktz, et c'est de lui que la massekhta tout entière tire son nom. La question est de savoir si cette queue est traitée comme une partie du fruit, de sorte que la toucher équivaudrait à toucher le fruit lui-même. La conséquence pratique est claire : si un objet tamé entre en contact avec la queue, le fruit lui-même deviendra-t-il tamé par ce contact ?

Avant d'entrer dans la michna, il vaut la peine de poser quatre règles fondamentales qui régissent les aliments et la toum'a :

  • L'aliment doit être meyou'had lemaakhal adam, destiné à la consommation humaine. Un produit que les gens ne mangent pas habituellement n'entre pas de lui-même dans ces halakhos ; il faut qu'une personne le désigne activement pour la consommation, même si elle est prête à le manger tel quel.
  • Il doit être moukhchar lekabalas toum'a, rendu apte à recevoir la toum'a. Cette aptitude naît lorsque l'aliment est mouillé par l'un des sept liquides : la rosée, le vin, l'huile, le sang, le lait, le miel d'abeilles et l'eau.
  • Un produit encore me'houbar lekarka, attaché au sol dans lequel il pousse, est totalement à l'abri de la toum'a aussi longtemps qu'il reste attaché.
  • Une fois le hekhcher lekabalas toum'a survenu, même la plus petite quantité d'aliment peut elle-même devenir tamé. En revanche, pour transmettre la toum'a à autre chose, il faut un chiour : l'aliment doit avoir le volume d'un œuf, une kabeitza.

Cela posé, la michna commence : "Kol chehou yad velo chomer, mitamé oumitamé velo mitstaref." Un yad est une partie de l'aliment que l'on ne mange pas, mais qui sert de manche, d'endroit où tenir l'aliment pendant qu'on le mange. À l'époque de la michna, les figues et les dattes se mangeaient précisément de cette façon : on tenait la queue et on en mâchait la chair. Une telle excroissance est un yad. La michna ajoute que nous parlons ici de quelque chose qui est velo chomer, qui ne protège pas le fruit. Autrement dit, s'il était arraché, la fraîcheur du fruit et sa durée de conservation n'en seraient pas affectées le moins du monde.

Au sujet d'un tel manche, la michna enseigne la loi dans deux directions. Mitamé : si le fruit devient tamé, le manche qui y est attaché devient tamé avec lui. Oumitamé : et dans l'autre sens, si un objet tamé touche le manche, le fruit lui-même devient tamé par son intermédiaire. Dans les deux sens, le manche est traité comme lié au fruit.

Mais il y a une limite : velo mitstaref, il ne s'associe pas au fruit pour compléter la mesure requise. Puisqu'un aliment a besoin d'une kabeitza pour transmettre la toum'a plus loin, si le fruit n'atteint la kabeitza qu'en comptant la queue, celle-ci ne complète pas le chiour, et le fruit ne peut pas transmettre la toum'a.

La michna passe maintenant au chomer, la partie dont la fonction est de protéger le produit, la peau d'un fruit en étant le cas type : "Chomer af al pi ché'eino yad, mitamé oumitamé oumitstaref." Bien qu'une telle enveloppe n'offre aucune prise à la main, elle partage le statut du fruit dans les deux sens : la toum'a qui atteint le fruit se répand dans la peau, et la toum'a qui ne touche que la peau rend tamé également ce qui se trouve à l'intérieur. Ici, cependant, un troisième mot s'ajoute : oumitstaref. Puisqu'un chomer a le statut d'un véritable aliment, l'enveloppe se mesure avec ce qu'elle recouvre, et si les deux ensemble atteignent une kabeitza, le fruit est en mesure de transmettre la toum'a à tout ce qu'il touche.

Enfin, la michna traite d'une partie qui n'est ni l'un ni l'autre : "Lo chomer velo yad, lo mitamé velo mitamé." Quelque chose d'attaché à l'aliment qui ne le protège pas et ne sert pas non plus à le tenir n'est tout simplement pas compté avec l'aliment. Il ne devient pas tamé lorsque l'aliment devient tamé, et il ne transmet pas la toum'a à l'aliment s'il devient lui-même tamé. Et s'il n'entre même pas dans ces lois, il ne s'associe certainement pas à l'aliment pour compléter la kabeitza nécessaire à la transmission de la toum'a.

Trois catégories se dégagent donc de cette michna d'ouverture : le yad, qui est lié à l'aliment pour la toum'a dans les deux sens mais n'ajoute rien à sa mesure ; le chomer, qui est traité comme l'aliment lui-même à tous égards ; et une partie qui n'est ni l'un ni l'autre, qui demeure entièrement hors des lois de toum'a de l'aliment.